«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

il y a 42 ans ... débutait la crise d’octobre

Le FLQ, encore une année plus tard

Tribune libre de Vigile
vendredi 5 octobre 2012
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La décennie des années 2000 aura été marquée par plusieurs fléaux comme le terrorisme, les catastrophes naturelles, les pandémies, les crises financières et les guerres. Ce climat de terreur dans lequel nous vivons passe presque inaperçu aux yeux de la grande majorité de la population car cette dernière ne se sent pas concernée tant que le malheur ne s`acharne pas directement sur elle ou sur leur famille. Il faut dire que le Québec, province développée et industrialisée en 2012, semble bien équipé et préparé pour affronter de tels fléaux. Cependant, les gouvernements canadiens et québécois auront été confrontés à un nouveau problème durant les années 1960 à 1970 en étant confronté avec un groupe révolutionnaire qui souhaitait l`établissement d`une société de travailleurs au Québec. Pour régler définitivement le problème au moment fort de la crise en octobre 1970, le gouvernement du Canada a décidé de suspendre la déclaration des Droits de l`Homme et ainsi permettre à l`armée « d`envahir » le territoire québécois et d`arrêter qui bon lui semble. C`est dans cette optique qu`il est intéressant de se demander si le gouvernement fédéral de Pierre-Elliot Trudeau voyait dans le FLQ une véritable menace à la souveraineté du Canada et qu`il a agi de la sorte pour protéger les institutions canadiennes.

La situation au début des années 1960

Alors que les derniers affrontements de la Deuxième Guerre Mondiale remontent à plusieurs années, la société québécoise vit une vaste mutation avec plusieurs grands projets du gouvernement pour moderniser la province. Le gouvernement Lesage « favorise l`expansion du secteur public, sous la poussée d`un mouvement ouvrier en pleine montée. Il réalise plusieurs grands projets en matière d`éducation, de programmes sociaux et de développement économique » (Fournier, 1998, p.14) C`est dans cette période que la société québécoise se retrouve et vit une expansion industrielle, une modernisation de l’État et que plusieurs projets de société émergent, comme l`idée d`un projet indépendantiste.

En effet, plusieurs intellectuels se regroupent et forment le Rassemblement pour l`indépendance nationale (RIN) au début de l`année 1960 et comparent la situation du Québec à plusieurs pays qui vivent le contexte mondial de la décolonisation. Ils rédigèrent un Manifeste et leur principal objectif de se séparer du Canada y est clairement démontré : « À l`époque actuelle où dans le monde entier les peuples s`affranchissent du joug colonial et les nations revendiquent leur pleine indépendance, le Canada français ne peut plus accepter de demeurer sous la tutelle économique et politique de l`étranger. L`idéal de l`indépendance nationale, qui s`allie à celui de l`internationalisme lucide, est valable ici comme partout ailleurs. » (Fournier, 1998, p.16).
De plus, les statistiques de l`année 1961 démontre clairement que le peuple québécois est défavorisé comparativement aux anglais du reste du Canada : « entre les Québécois francophones et anglophones, l`écart de revenu moyen est de 35%. […] Le Québec, qui représente 27% de la population du Canada, n`en compte pas moins de 40% des chômeurs. En 1960 et 1961, le taux de chômage y dépasse les 9% de la main d`œuvre. Enfin, les francophones contrôlent moins de 20% de l`économie québécoise. » (Fournier, 1998, p.17-18). C`est alors qu`un mouvement patriotique frappe le Québec, autant chez les travailleurs, les étudiants que les politiciens. Même le Parti Libéral de Jean Lesage part en bataille pour la nationalisation de l`hydro-électricité et son parti choisit le slogan Maîtres chez nous, qui démontre bien la volonté des politiciens québécois de reprendre le contrôle. Plusieurs manifestations, qui tournent quelques fois à la violence, ainsi que les premiers graffitis sont peints sur des édifices fédérales pour encourager la lutte à l`indépendance.

La situation mondiale est aussi avantageuse à la cause du Québec car la décolonisation est à l`ordre du jour. Seulement en 1960, « 17 nations d`Afrique ont accédé à l`indépendance. Deux révolutions victorieuses, en Algérie et à Cuba, ont mis au premier plan la lutte armée comme moyen d`action privilégié » (Fournier, 1998, p.22). Il est évident que la lutte de Cuba, petite nation de 7 millions d`habitants, inspirera le FLQ dans sa cause et qu`il sera son modèle. C`est dans ce contexte que sera formé le FLQ, qui prône l`indépendance du Québec, suivi d`une révolution sociale.

Les actions « terroristes »

Dès sa fondation en 1963 le FLQ est décidé d`agir. Après avoir écrit un premier Manifeste, qui ne sera diffusé par aucun médias, le FLQ attaqua avec des bombes incendiaires trois casernes militaires en mars. Quelques mois plus tard un premier mort est attribué au FLQ. Il s`agit d`un gardien de sécurité qui a explosé avec une bombe placée derrière un centre de recrutement de l`Armée canadienne. Les médias, les politiciens et le milieu judiciaire réagissent fortement en condamnant le FLQ et les accusent d`être des meurtriers. Les felquistes répondent immédiatement à cette critique en expliquant que la mort était accidentelle et qu` « une révolution ne se produit pas hélas ! sans que le sang coule. Un homme est mort mais la révolution ne s`arrêtera pas pour cela » (Fournier, 1998, p.41).

Les nombreux attentats à la bombe continuent dans les semaines qui suivent et les felquistes attaquent toujours des symboles des canadiens-anglais, de la bourgeoisie, des militaires et de l`économie. Le 13 mai, une bombe cause pour plus de 100 000$ de dommage au quartier général de l`Aviation militaire canadienne à Ville Mont-Royal. Trois jours plus tard, cinq bombes explosent dans le riche quartier anglais de Westmount et l`armée y est appelé pour désamorcer les bombes qui n`ont pas explosées. Le sergent-major en charge de cette opération réalise une mauvaise manœuvre et une bombe lui ampute le bras !

Le mouvement semble prendre de l`ampleur et des rencontres ont lieu pour le restructurer en deux branches distinctes ; l`une politique (FLQ) et l`autre militaire (Armée de Libération du Québec). Des plans sont aussi rédigés pour inclure des cellules spécialisées dans des activités de financement (hold-up), de réquisitions d`armes, d`attentats à la bombe et un plan est aussi réfléchi pour la construction d`un camp d`entrainement pour les membres du FLQ.
La police s`infiltre dans l`organisation du FLQ juste au moment où ce dernier prenait de l`ampleur. 23 arrestations ont lieu et le noyau de l`organisation est démantelé. Le traitre, Jean-Jacques Lanciault, a reçu 60 000$ pour la dénonciation des jeunes militants.

La police et le gouvernement utilise les grands moyens et certains des jeunes arrêtés se plaignent d`avoir été battus. Le premier ministre Lesage répond : « Lorsqu`elle doit lutter pour écraser un mouvement révolutionnaire et anarchiste, c`est le temps pour la police d`utiliser tous les pouvoirs, même exceptionnels, y compris la détention illimitée sans comparution » (Fournier, 1998, p.46). C`est à ce moment que le Québec comptemporain détiendra ses premiers prisonniers politiques, qui seront tous libérés en 1967. À ce moment, les autorités croient sincèrement que le mouvement est mort et que le FLQ est condamné à disparaître.

Si nous voulions faire un bref résumé des actions militantes du FLQ, nous dirions que « de 1963 à 1970, le Front de Libération du Québec a posé une centaine de bombes, opéré un nombre considérable de vols de toutes sortes, procédé à deux enlèvements et causé directement la mort de sept personnes » (Cardin, 1990, p.19). De nombreuses théories indiquent cependant que le FLQ était infiltré par les forces de l’ordre et que la majorité des actes « terroristes » ont été perpétué par ses derniers dans le but d’enlever toute crédibilité au mouvement aux yeux de la population.

Le FLQ et le syndicalisme

À ses débuts, le FLQ se définissait plus comme un mouvement révolutionnaire. Cependant avec les années qui passaient et l`organisation qui grandissait, le FLQ a connu une « évolution de la pensée […] vers un socialisme toujours plus radical ne sera pas sans influencer sa perception des travailleurs. […] entre 1963 et 1970, le FLQ s`est graduellement rapproché des travailleurs pour en épouser totalement la cause » (Cardin, 1990, p.22). Le FLQ se battait en grande partie pour libérer les travailleurs et les ouvriers du joug de leurs employeurs. Il est donc confirmé que les felquistes étaient pour la cause des travailleurs, mais que pensaient-ils des syndicats ?

Presque unanimement, « les gens du FLQ ont tous amenés à condamner plus ou moins globalement la forme de syndicalisme pratiquée traditionnellement au Québec et en Amérique du Nord » (Cardin, 1990, p.27). Cette condamnation est plutôt dirigée sur le genre de lutte que les dirigeants syndicaux exercent, soit la simple revendication économique. Le FLQ croit fermement que cette revendication est importante, mais qu`il y a beaucoup plus que la situation économique pour juger la qualité de vie d`un travailleur. Le journal du FLQ, La Cognée, est très dur à l`endroit des chefs syndicaux et les accusent souvent de vivre une lune de miel avec le gouvernement. Le FLQ est certain que la grande majorité des travailleurs est prête à faire la révolution, mais que ce sont les dirigeants syndicaux qui les empêchent : « Ceux-ci refusent d`envisager le problème de face […]. Ils refusent de prôner l`unique solution : la décolonisation et l`indépendance. Ils préfèrent louvoyer et entraîner les travailleurs vers une impasse » (Cardin, 1990, p.28).

Malgré le fait que le FLQ et les syndicats n`avaient pas le même objectif final, les deux organisations se battaient néanmoins pour le même groupe de gens et les actions des uns pouvaient aider les autres.

La crise d`Octobre

Lorsque l`année 1970 commence, le FLQ n`a pas encore préparé ce qui allait devenir la crise d`Octobre. Il faut dire que plusieurs militants avaient quelques peu délaissé leur engagement révolutionnaire pour la durée de la campagne électorale, se rangeant derrière le Parti Québécois. Ce dernier subit un cuisant revers et ne fait élire que sept députés, malgré un appui de 25% de la population québécoise. Les membres du FLQ sont en colère et considèrent maintenant le mouvement comme mûr. Ils s`inspirent d`un nouveau type d`action révolutionnaire pratiqué en Uruguay. Cela consiste à « l`enlèvement de personnalités incarnant l`ennemi de classe ou l`adversaire métropolitain » (Bédard, 1998, p.63).

À l`automne, la cellule Libération planifie et exécute l`enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross. Le geste est réussi mais ne prend pas l`ampleur que les felquistes souhaitaient. Même le Premier ministre Bourassa ne modifie aucunement son agenda et préfère continuer les négociations salariales avec les médecins. Le FLQ dresse néanmoins une série de conditions pour la libération du diplomate, sinon il sera exécuté. Les conditions se résument à la libération de 23 prisonniers politiques, de 500 000$ en or, de la lecture du Manifeste et d`un avion dans lequel ils pourraient s`exiler vers Cuba.

À ce moment, les membres de la cellule Chénier sont déçus de voir la cellule Libération reculer sur toutes leurs demandes. Ils décident donc, presque sur un coup de tête, de procéder rapidement à un deuxième enlèvement pour avoir un effet significatif. Ils kidnappent le vice-premier ministre Pierre Laporte et la province ainsi que le pays se retrouvent alors sous le choc. La population « a l`impression que le FLQ est une organisation extrêmement bien structurée qui agit en fonction d`un plan très élaboré » (Bédard, 1998, p.66).

Dès lors, des mesures spéciales sont mises en place pour assurer la sécurité des personnalités publiques et les autorités pensent donner plus de pouvoirs aux policiers. Même si le gouvernement refuse de négocier, une lettre écrite par Pierre Laporte sème l`émoi. Il reconnaît que sa vie est entre les mains du premier ministre. De plus, les dirigeants du PQ, des centrales syndicales, et même le directeur du Le Devoir demande au gouvernement de négocier pour éviter des morts et « tous reconnaissent également que cette crise est l`expression d`un malaise social » (Bédard, 1998, p.67).
Le peuple aussi semble se ranger derrière le FLQ. Plusieurs se demandent si le Grand soir ne serait pas arrivé pour un changement profond dans la société québécoise. Le soir du 15 octobre, en pleine crise, plus de 3000 personnes se réunissent au centre Paul-Sauvé et la manifestation tourne pro-FLQ. Des discours révolutionnaires et indépendantistes y sont prononcés et la foule y est soulevée.

La loi sur les mesures de guerres

Le premier ministre Bourassa avait pourtant « demandé aux ravisseurs d’entrer en communication avec le gouvernement pour fins de négociation » (Rico, 1980, p.11) le 11 octobre, mais dès le lendemain la loi sur les mesures de guerres est déclarée. Le gouvernement fédéral « déclare alors un état d’« insurrection appréhendée » au Québec et l’on proclame des règlements d’urgence en riposte à la prise de deux otages » (L`encyclopédie canadienne).
Cette loi donne des pouvoirs spéciaux aux autorités et beaucoup plus de pouvoirs aux policiers. Effectivement, la Loi des mesures de guerre suspend les droits civils des Canadiens concernant la sécurité, la défense, la paix, l’ordre et le bien-être du Canada et permet aux autorités d`arrêter et de garder en détention sans mandat d`arrestation pour une durée de 90 jours.

C`est la première fois de l`histoire que le Canada utilise cette loi sur son propre territoire et il sème un climat de terreur. Le Premier ministre du Canada, Pierre-Elliot Trudeau, y va d`ailleurs d`une entrevue ou il démontre clairement son mépris et son sentiment de supériorité vis-à-vis le FLQ et la population québécoise : « Allez-y, pleurnichez ! Mais il est plus important de maintenir l`ordre et la loi dans la société que de s`apitoyer sur ceux dont les genoux flageolent à la seule vue de l`Armée. La société doit prendre tous les moyens dont elle dispose pour se défendre contre l`émergence d` un pouvoir parallèle qui défie le pouvoir des élus du peuple. […] Seules les poules mouillés auraient peur d`aller jusqu`au bout » (Fournier, 1998, p.322). Cette attitude méprisante de Trudeau cadre bien avec le dicton « la fin justifie les moyens ».
La prise d`otage du ministre Laporte se terminera, selon la version officielle, par la condamnation de la cellule Chénier pour meurtre et enlèvement de Pierre Laporte. Pour ce qui est du diplomate britannique, les membres du FLQ négocieront la vie du diplomate en échange d`un avion en direction de Cuba. Le gouvernement accepta.

En conclusion, il est évident que le gouvernement fédéral de M. Trudeau voyait dans le FLQ une organisation capable de menacer le pouvoir en place. Le FLQ comme tel n`avait aucune chance à lui seul de renverser le gouvernement dû à une organisation mal structurée et surtout par manque d`effectifs. Ce que le Premier ministre du Canada a perçu, c`est la sympathie que les intellectuelles et la population avaient pour le FLQ et cela aurait pu grandement dégénérée. Pierre-Eliot Trudeau a utilisé excessivement son pouvoir en gardant en « otage » son propre peuple durant plusieurs journées, mais son objectif premier de détruire le FLQ et la possible insurrection appréhendée a néanmoins réussi. Il a ainsi gardé en place les institutions et la souveraineté du Canada. Dans cette optique, il serait pertinent de continuer cette recherche en s`intéressant aux autres rebellions qui se sont produites dans l`histoire de notre pays pour étudier le comportement des divers gouvernements en place vis-à-vis le menace.

Bibliographie

- Ouvrages académiques :

Fournier, Louis. (1998). FLQ histoire d`un mouvement clandestin, Outremont, Lanctôt éditeur, 533 p.

Cardin, Jean-François. (1990). Comprendre octobre 1970 ; Le FLQ, la crise et le syndicalisme, Montréal, Les Éditions du Méridien, 226 p.

Bédard, Éric, (1998). Chronique d`une insurrection appréhendée la crise d`Octobre et le milieu universitaire, Sillery, Les Éditions du Septentrion, 199 p.

- Rubrique d`encyclopédie

Laurendeau , Marc. Front de Libération du Québec, L`encyclopédie canadienne, http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0003082, page consultée le 16 mars 2010

- Articles scientifiques :

Brodeur, Jean-Paul. La Crise d`Octobre et les commissions d`enquête, Criminologie, vol. 13, n° 2, 1980, p. 79-98, http://id.erudit.org/iderudit/017125ar

Rico, José M. Les événements d’octobre 1970 et l’administration de la justice pénale au Québec, Criminologie, vol. 13, n° 2, 1980, p. 7-45, http://id.erudit.org/iderudit/017123ar

- Média :

Octobre, Pierre Falardeau, Luc Picard et Hugo Dubé, Canada, 1994, Drame historique, 97 minutes.

Commentaires

  • Mikael St-Louis, 6 octobre 2012 10h20

    Cela m’intéresse grandement !

    Vous pouvez me contacter à
    mikstlouis@hotmail.com

    Mikael

  • 53, 5 octobre 2012 20h59

    le FlQ, encore une année plus tard

    Moi aussi j’ai connu la crise d’Octobre, je ne me rappelais plus que Gaétan Dostie et moi avions monté,
    le 18 au matin dans un véhicule et des soldats armés.

    Je peu dire que ça m’a pris six ans à me libérer du
    Choc de cette crise. Malheureusement Morin Guy lui ne
    s’en est jamais remis. Il est devenu intinérant.

    Je me rappelle aussi que Gagnon était dans la cellule
    voisine de moi, le 53 et lui dans le 54.

    Je suis d’accord sur tout le tapage publicitaire éhonté
    comme si nous venions de subir un Tsunami

    J’ai des documents que je me ferais un plaisir à remettre
    à Gaétant Dostie
    Merci roch gosselin East Angus

  • 5 octobre 2012 12h07

    SVP, j’ai tenté en vain de transmettre ce message à l’auteur de ce texte. Sauriez vous le lui transmettre. Merci
    Gaëtan Dostie

    Cher Monsieur,
    Je suis l’un des prisonniers politiques d’Octobre 70. J’ai été le président fondateur de ce qui fut la "Fondation Octobre 70". J’ai rassemblé une documentation importante d’autant plus que j’ai hérité de celle de Pierre Vallières. J’ai depuis créé une institution multidisciplinaire et muséale : voir mlgd.ca

    J’ai avec d’autres la volonté de faire l’histoire noire d’octobre 70. Je suis intéressé à vous connaître.

  • Laurent Desbois, 5 octobre 2012 11h38

    Retour sur la Crise d’octobre : un ouvrage essentiel

    Josée Legault
    20 septembre 2010

    http://voir.ca/josee-legault/2010/09/20/retour-sur-la-crise-doctobre-un-ouvrage-essentiel/#comment-25595

    Bouthillier, Guy
    Cloutier, Édouard

    Trudeau et ses mesures de guerre
    Vus du Canada anglais
    http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/Livre.asp?id=3483
    Il y a un peu plus de quarante ans, le 16 octobre 1970, au milieu de la nuit, le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau imposait les mesures de guerre à la suite de l’enlèvement par le Front de libération du Québec (FLQ) de deux personnalités politiques. Par ce coup de force, la constitution et toutes les libertés civiles furent suspendues. Douze mille cinq cents soldats furent déployés au Québec, dont 7500 rien qu’à Montréal. Près de 500 personnes furent arrêtées sans mandat, sans accusation et sans avoir le droit de recourir à une assistance juridique.

    Plus de 10000 maisons furent fouillées sans autorisation.
    « J’ai été ravi que quelqu’un ait finalement eu le ¬courage de dire la vérité : que Pierre Trudeau et Marc Lalonde m’ont tous les deux menti sur les raisons pour lesquelles les mesures de guerre ont été imposées, mais il a fallu 40 ans pour que les faits soient publiés. C’est un livre fascinant et essentiel. » Peter C. Newman

    Il y avait vingt députés NDP au parlement. Tommy Douglas fut le seul à avoir le courage de voter contre les mesures de guerre et il en a payé le prix politique.

    De plus, le NPD a appuyé les libéraux lors du rapatriement de la constitution de Trudeau en 1982 et lors de la loi sur la clarté de Dion !!!!

    Retour sur « Octobre 1970 »
    http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=3350#sdfootnote1sym

    28 novembre 2011
    Guy Bouthillier et Édouard Cloutier

    C’aurait dû être une opération de maintien de l’ordre et de lutte au crime, menée par la police.

    Le plus intéressant de cette affaire, c’est que personne n’avait songé jusqu’ici à y accoler le mot « guerre », alors que ce mot – et pas seulement le mot, on le verra –était pourtant présent à l’époque sur bien des lèvres et dans bien des esprits.

  • Laurent Desbois, 5 octobre 2012 11h35

    Trudeau avait tout planifié la Crise d’Octobre en 1969 !!!

    Cross était d’accord ! Il y avait une taupe ! On n’avait pas planifié l’enlèvement de Laporte ! Gros problème !

    Derrière l’information officielle
    1950-2000 ISBN : 9782894487068
    http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/livre.asp?id=3599

    On entend des histoires de "Parrain’ ces temps-ci, mais il y a aussi des histoires de ’James Bond’...

    Le journaliste Claude-Jean Devirieux publie un livre selon lequel l’enlèvement de James Cross était arrangé avec le gars des vues (MI5)

    À 7 :00 FLQ : L’enlèvement de James Cross était planifié par l’État, il avait consenti à se faire enlever ! 23 sept 2012 Entrevu à RC
    http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2012/CBF/DessinemoiUnDimanche201209230806_3.asx

  • Marcel Haché, 5 octobre 2012 11h32

    Votre texte est intéressant. Permettez que je raconte une petite histoire personnelle sans importance, et sans lien direct avec les événements d’Octobre.
    Ce matin-là, je déjeunais en compagnie de mon épouse dans un snack de camionneurs quelque part dans l’île du Prince Edward. Toute une animation dans le snack : mort d’homme annoncée dans une grève (Robins Hood) à Montréal. Dans une ville aussi grande que Montréal, une mort d’homme même violente ne revirait pas toute la ville à l’envers comme je pouvais l’observer là, dans le snack. C’est que les habitués du snack jugeaient Montréal avec leurs yeux de villageois. Comme tout le monde y connaissait presque tout le monde, tirer sur quelqu’un (forcément connu) apparaissait comme totalement étranger à leur situation. Montréal apparaissait de fait comme totalement étranger au Canada, ce pays étant alors composé de milliers de villages, avec la psychologie conséquente.

    Il faut avoir vécu les événements d’Octobre du côté des séparatistes pour bien se souvenir de l’immense impact qu’a pu avoir le défilement de l’armée dans les rues de Montréal. Ce n’est pas tout un peuple qui a été mis en prison, mais c’est tout notre peuple qui a été matraqué et battu. Tout l’impact médiatique du récent printemps érable n’a eu qu’une faible résonnance en comparaison de celui des événements d’Octobre.

    Mais Nous, du Québec, qui avons subi un matraquage épouvantable pendant ceux d’Octobre, je n’ai pas lu-cela existe peut-être-je n’ai rien lu de l’immense impact qu’ont sans doute eu les événements dans les milliers de villages du Canada. C’est aussi là-dessus, sur cet électorat lointain, éloigné, étranger, que les fédéraux avaient puissamment pesé. C’est peut-être tout autant là-bas qu’ici que le gouvernement issu du parti libéral, connecté encore sur le Québec, a cru de bonne stratégie de frapper si fort et si démesurément, comme souvent, le valet voulant surpasser le maître…

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