«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La trahison du Devoir

Rejet du drapeau national du Québec ?

Le Devoir administre une gifle à la Nation

Sous prétexte que l’étendard est « trop francais », « trop catholique »...

Chronique de Jean-Pierre Bonhomme
vendredi 1er juillet 2016
2 447 visites 9 messages

Le weekend dernier, soit celui de la Fête nationale du Québec (ce qui en reste), Le Devoir a publié le brûlot d’un citoyen de la région de la capitale sous la signature d’un certain Antoine Baby. Celui-ci, sans crier gare, et sans cause connue, propose rien de moins que le rejet du drapeau national du Québec sous prétexte que l’étendard est « trop francais », « trop catholique », trop ceci, trop cela.

Or Le Devoir, jadis classé minimalement nationaliste - dans les meilleures années - publie ce texte sur huit colonnes en page 5, tout en haut et sans point d’interrogation, tout à côté de la page éditoriale ; comme s’il y avait une vague de fond pour mettre notre drapeau à la poubelle.

Le journal nous dit que ce M. Baby est de Saint-Antoine-de-Tilly, une banlieue assez bien nantie de notre capitale, dit-on, c’est tout. Il faut aller voir dans google pour apprendre que l’auteur est « sociologue » et qu’il a œuvré, à l’Université Laval, dans le domaine de l’éducation, si tant est qu’il n’y a pas un homonyme par là-bas.

M. Baby a bien droit à ses opinions ; la question n’est pas là. Ce qui n’est pas permis, c’est l’impolitesse du geste et le peu de cas qui est fait des restants d’âme que notre drapeau porte en sa forme et en ses couleurs. Et ce qui est parfaitement détestable c’est que le Devoir, connu comme « sérieux », assène ce coup bas au moment même où on fête ce symbole assez unificateur de la collectivité d’ici malgré tout. Une publication, la semaine suivante, sur deux colonnes, et avec un point d’interrogation ? cela aurait pu se concevoir… ! Mais c’est un peu comme si, dans le cas qui nous occupe, un Irlandais dénigrait son tricolore parce qu’il n’aime pas l’une de ses couleurs. Un journal n’en ferait pas de cas.

Que le drapeau du Québec soit français d’origine, oui, à n’en pas douter ; et est-ce un crime ? Pour ma part les Québécois qui cherchent à couper leurs racines avec la France sont nationalement suicidaires. Surtout dans la situation minoritaire où ils se trouvent, tout allié leur est précieux, ne serait-ce que pour survivre.

A moins que notre peuple soit devenu apatride ? Où M. Baby va-t-il trouver la source de sa culture ? A Disneyland, peut-être ? N’est-ce pas mieux chez Voltaire et Molière ? J’ai noté que, lors des fêtes du 400e anniversaire de la capitale, les citoyens n’ont pavoisé qu’avec un fanion neutre inventé par les relationnistes du jour. Il ne fallait pas sortir le tricolore (très nouveau régime) et le fleudelysé (un peu ancien régime), car il ne fallait pas heurter les sentiments des conquérants (qui ont de l’argent) et des prébendes.

Parlons-en des dominants ! Leur drapeau, le Red Enseign, est formé de trois croix. Dont une, rouge, celle de l’Angleterre, se trouve sur tous les immeubles de la municipalité de M. Coderre (notre métropole) ; à l’exclusion de ce qui est bleu et francais ! Et notre croix blanche serait trop religieuse ? En Europe, une dizaine de pays ont un drapeau où la croix domine. Cela a peu à voir avec la religion, du reste ; la croix est un symbole mondial de rencontre, de croisement, de convergences. En ce sens il est facile à comprendre ; et il est aimable. Quoi qu’il en soit, si l’on veut en découdre avec la royauté, il n’y a pas trente-six manières. Il suffit d’enlever les couronnes qui tapissent la capitale et de demander aux députés de se borner à prêter serment d’allégeance au peuple !

Pour moi, le drapeau du Québec est un symbole de libération et d’identité nationale. J’avais 16 ans quand il a été hissé au mât de la tour du parlement. A 20 ans j’en ai acheté un, en lin, - ça dure - et depuis ce temps-là, je le pose sur mon balcon, à Montréal où il est facile de voir que le moment n’est pas venu de provoquer de nouvelles fractions en notre nation en péril. Et puis enfin, le drapeau du Québec est « beau » et reconnu comme tel en Amérique ; cela suffit.

Commentaires

  • Marcel Leclerc, 27 juillet 2016 09h09

    Les anglais en trois eux. La croix de St George, la croix de ST.André, la croix de St.Patrice. Ça c’est du drapeau religieux "n’est-il pas".

  • Maria Soriano, 22 juillet 2016 17h25

    On n’est pas moins Québécois - ou souverainiste - si l’on préfère le tricolore républicain et laïc des Patriotes à l’étendard fleurdelisé un brin trop royaliste. À l’image des drapeaux irlandais, mexicain ... et français. Regardez la photo qui accompagne le commentaire du professeur Baby - il y a des tricolores patriotes entre les fleurdelisés.

    Et vouloir un Québec qui accueille bien les gens de tout horizon - en français, bien entendu - n’a rien à voir avec le multiculturalisme à la sauce Trudeau.

  • PierreSchneider, 21 juillet 2016 11h19

    À la rédaction du Devoir (pupître et journalistes) on sent beaucoup d’affinités avec les positions multiculturelles de Québec solidaire, dont 40% des membres sont fédéralistes.

    Heureusement qu’il y a Christian Rioux et Antoine Robitaille.

    On a limogé Lise Payette lui préférant Francine Pelletier et son mépris de tout ce qui est nationaliste.

    Très déçu du journal que je lis depuis ma plus tendre enfance.

    Ne me dites pas de ne plus le lire, SVP.

  • claude Dupras, 20 juillet 2016 12h38

    Les québécois aiment leur drapeau fleurdelisé, quelque soit leur position politique

    C’est le député indépendant et nationaliste René Chalout qui a proposé un drapeau québécois en 1947. Pour faire suite, Duplessis le convoqua à son bureau avec le chanoine Lionel Groulx pour discuter sur le design. Chacun avait son idée, plusieurs projets furent soumis et finalement c’est Duplessis qui trancha et le fit voter par l’assemblée nationale en 1948. Ce jour-là, il fut hissé sur le mat le plus haut du parlement. Depuis, la fierté des Québécois pour leur drapeau n’a fait que grandir.

    Il sera toujours là quoi qu’il advienne. Ne vous inquiétez pas !

  • Francis Déry, 6 juillet 2016 09h23

    Henri Bourassa est simplement trop catholique pour LeDevoir.

    Le drapeau mexicain est aussi trop irlandais. C’est à cause du bataillon San Patricio. Essayez de l’expliquer à ce Baby.

  • Frédéric Sébastien, 5 juillet 2016 00h09

    Votre texte illustre assez bien cette autre contribution, parue ici même chez Vigile, à propos du même Devoir.

    Et pendant ce temps, l’éditorialiste Guy Taillefer, tel un blogueur en mal de propos idéologiques (et en cela analogues à ce que l’on constate depuis presque toujours dans La Presse de Montréal et autres supports de la Gesca d’hier, ceux-ci maintenant entre les mains de Martin Cauchon), nous farcit en boucle sa fixation contre Marine Le Pen...

    J’étais de plus en plus déçu du Devoir. Mais avec la venue de Brian Myles à titre de nouveau directeur, en février dernier, je déchante puissamment.

    En outre, les intérêts supérieurs du Québec ne semblent pas peser lourd (hormis pour la forme...?) pour ces deux figures dominantes de la « nouvelle » page éditoriale.

    C’est inquiétant. Très inquiétant.
    Pour ne pas dire dramatique.

    Le Québec a besoin du Devoir.

    Mais - à moins d’un sérieux et rapide coup de barre - certainement pas celui que je lis désormais.

    Moins par goût d’ailleurs - ce qui est un très mauvais signe - que par fidélité…

    Cela dit, tout n’y est pas mauvais. Beaucoup s’en faut. Bien sûr.

    Sauf que la page éditoriale, ainsi que celle des « Idées », sont des institutions pour ainsi dire « sacrées » de la réflexion politique québécoise. Et ce, depuis 1910. Foi de La Bitte à Tibi !

    Or la nouvelle équipe de direction (et j’y inclus madame Luce Julien, une ancienne de Radio-Canada... à la fois rédactrice en chef et vice-présidente à la rédaction) ne semble pas du tout en prendre acte. De là à y voir une forme de forfaiture, il n’y a plus qu’un pas.

    Mais je ne veux pas tomber dans l’excès.

    Bref.

    M. Myles, faites ce que dois !
    Ou... faites autre chose.

    Merci.

    FS

  • Marcel Haché, 3 juillet 2016 07h26

    Si les péquistes étaient sérieux et qu’il envisagent de prendre le Pouvoir, puis, après l’avoir pris, ce qui n’est pas quelque chose d’insurmontable, c’est à l’Université Laval qu’il pourraient- s’ils sont encore sérieux- débuter ce que tout le Québec a grand besoin : un Redressement National.

    Faut-il expliquer longtemps qu’un Redressement National commencerait par redresser toute la capitale et chasser pour de bon le faux mystère Québec. La chose serait bien plus facile à faire qu’il n’y paraît à la condition, encore une fois, que les péquistes soient sérieux.

  • Caroline St-Laurent, 2 juillet 2016 11h28

    Ce n’est pas la première fois que des hurluberlus tentent de javelliser le fleurdelisé. Il ne faut pas leur accorder d’importance. Le responsable des pages Idées se couvre de ridicule.

    Mais, Le Devoir publie après tout la lettre d’un sociologue émérite de l’Université Laval. « Le journal nous dit que ce M. Baby est de Saint-Antoine-de-Tilly, une banlieue assez bien nantie de notre capitale. » Le « mystère de Québec » frappe encore...

    Les oikophobes peuvent couler des jours heureux, les pages du quotidien fondé par Henri Bourassa leur sont ouvertes. Notez cependant que le sensationnalisme est le trait dominant de la presse jaune.

  • Michel Charlebois, 1er juillet 2016 21h23

    Annuler votre abbonnement au Devoir, donner l’argent à Vigile, qui lui, défend nos intérêts. Dans mon cas c’est fait.

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