«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Ce n’est pas encore le goulag, mais c’est en train de le devenir. Le goulag de la pensée unique

150 ANS PLUS TARD…

Le Canada reste un compromis inachevé

dimanche 2 juillet

C’est aujourd’hui qu’il faut lancer un « bonne fête » bien senti au Canada, un pays jeune de ses 150 ans…

Que de couleuvres faut-il avaler pour célébrer dans l’honneur et l’enthousiasme le 150e anniversaire de fondation du Canada. En 1867, les Pères de la Confédération n’ont pas accouché d’un pays, mais d’un projet politique de compromis faisant du Canada un État binational.

 

Aussi vrai que Rome a précédé l’Italie, le Canada est né bien avant, sur les berges du Saint-Laurent, en 1608, avec l’établissement de la première colonie permanente par Samuel de Champlain, à Québec.

 

Ce « Canada 150 » est un bel anachronisme, une occasion de réécrire l’histoire pour un gouvernement libéral épris de nation building sur le socle du multiculturalisme. Il est assez ironique de fêter le 150e anniversaire du Canada en même temps que le 409e anniversaire de Québec, ou encore le 225e anniversaire du Parlement du Bas-Canada, souligné à l’Assemblée nationale, mais passons.

 

L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 reconnaissait la nationalité canadienne-française, « distincte et séparée », pour citer George-Étienne Cartier, un des pères de la Confédération. Il voyait dans cette entente l’émergence « d’un État dans l’État, avec la pleine jouissance de nos droits, la reconnaissance formelle de notre indépendance nationale ».

 

Cette pièce maîtresse est cruellement absente de l’ensemble canadien contemporain, comme en témoigne l’enterrement de première classe réservé par le premier ministre Justin Trudeau à la politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes (Québécois. Notre façon d’être Canadiens), rendue publique par le gouvernement Couillard à quelques semaines des célébrations du 150e. « Au Québec, on adhère toujours à l’idée que le Canada est le fruit d’un compromis fédératif visant à préserver la spécificité de la Nation québécoise, alors que le reste du Canada s’éloigne graduellement de cette perspective », constate avec lucidité cette politique. Ce document, un cours d’histoire en accéléré, rappelle la nation québécoise au souvenir de sa ténacité dans l’affirmation de son identité propre et dans la poursuite d’une trajectoire singulière, en français, dans l’ensemble nord-américain.

 

Soyons honnêtes. C’est l’esprit du rapatriement unilatéral de la Constitution de 1982 sans l’accord du Québec, par Trudeau père, que nous célébrons aujourd’hui. Ce 150e anniversaire aurait pu servir de prétexte pour relancer les discussions sur la modernisation de la Confédération. Il mène au contraire à la sacralisation de la politique du verrou constitutionnel qui brime non seulement les aspirations de la nation québécoise, mais aussi celles des Premières Nations et des francophones hors Québec, complètement évacués de l’Acte de 1867.

 

Le Canada n’est pas le goulag, pour paraphraser René Lévesque. Dans la longue marche de l’histoire, en alternant entre un pas de côté, un pas en avant, le Québec a amélioré son sort dans la Confédération.

 

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Canada 150 - Chronique d’une faillite

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