«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Porteur du projet de pays

Le BQ d’hier doit devenir un BQ d’espoir

Tribune libre de Vigile
samedi 12 septembre 2015
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En 2011, le BQ dut manœuvrer pour échapper à trois tirs ciblés. Un premier, à l’ouest, d’un roi du pétrole. Un deuxième, messianique, encensé par les médias. Un troisième, au Québec, appuyé par des ethno-nationalistes de l’entourage de la cheffe du PQ.

Profondément touché, le BQ se retrouva avec quatre députés, perdit son statut de parti reconnu à la Chambre des communes et devint une organisation sans mordant. Le cerveau, les bras et les jambes étaient atteints. Mais pas le cœur.

Avec le retour de Gilles Duceppe, ce cœur se réanime. Très vite, les jambes et les bras reprennent de la force, car, d’entrée de jeu, il redonne de l’élan, rappelle les réalisations du BQ, dénonce celles des autres partis, car ils servent le Canada hors Québec.

C’était sûrement la chose à faire dans la première partie de la campagne. Pour la seconde, il faudra plus. Beaucoup plus. Et ce « beaucoup plus » implique de parler d’espoir en référence à l’indépendance. Voici pourquoi.

En 2011, l’appui du NPD au Québec s’explique en grande partie par l’espoir porté par Jack Layton. Espoir de renverser le gouvernement Harper. Espoir de politiques rejoignant la classe moyenne, les jeunes et le monde du travail. Espoir d’un transfert de programmes et d’impôts au Québec. Espoir d’une reconnaissance d’un référendum avec 50 % + 1 d’appuis.

Dans un contexte où le PCC règne à Ottawa et le PLQ au Québec avec une opposition, PQ et CAQ, ethno-nationaliste, ces espoirs furent mobilisateurs. Beaucoup plus que les politiques du PCC et du PLC. Même du BQ dont les propos parurent du « déjà vu ».

Si ce « déjà-vu » revient dans la deuxième phase, le résultat pourrait être décevant. Peut-être moins qu’avec le chef démissionnaire, mais décevant car inférieur à ceux du temps où le PQ prônait la « souveraineté partenariat » plutôt que la gestion d’une province.

En 2015, le contexte a changé. Le PCC et le PLQ sont toujours en place et le NPD, porteur d’espoir avec des réserves. Au Québec, par contre, le PQ s’affiche indépendantiste et entend s’associer aux autres indépendantistes pour faire du Québec un pays.

L’indépendance à portée de main, l’espoir revit au Québec. Aussi suis-je d’avis que le BQ, son chef et ses candidats, surtout les plus jeunes, s’ils en font l’assise de leurs propos de la deuxième phase, rejoindront le cœur des Québécois et des Québécoises qui veulent un pays différent du Canada.

Avec cette approche, il leur faut imaginer le pays, présenter des arguments imparables et dire, s’ils sont élus, ce qu’ils entendent faire au Québec, à la Chambre des communes, au Canada, à l’extérieur du Canada, en fait là où l’occasion se présentera.

En quelque sorte, au cours de cette phase, le BQ doit s’afficher promoteur du projet de pays et un allié des partis indépendantiste tout en se disant, d’ici l’indépendance, défenseur des intérêts du Québec dans l’optique du pays à créer.

Un pays, c’est un peuple, un territoire et des institutions, dont un parlement d’élus en autorité. C’est plus qu’une affaire d’impôts, de lois et de programmes politiques. C’est une volonté exprimée de « vivre ensemble » sur un territoire, de décider collectivement des politiques, de partager des règles de vie respectueuses des droits, d’aménager le territoire afin d’assurer la création et la distribution de la richesse, d’adopter des lois en conformité avec les choix des citoyens et des citoyennes et de participer aux instances internationales.

Le peuple québécois comprend et comprendra toujours les résidants du Québec : Autochtones, Franco-québécois, Anglo-québécois, Immigrants d’hier comme d’aujourd’hui. Ils sont tous concernés par le territoire et, en majorité, préconisent le développement des énergies renouvelables et refusent que le Québec se transforme en lieu de transit pour acheminer le pétrole d’ouest en est par pipelines, wagons et bateaux.

La définition du peuple et la protection du territoire sont des dossiers majeurs. D’autres s’y rattachent : les investissements canadiens au Québec, les compensations aux producteurs affectés par des ententes signées par le Canada, les médias sous le contrôle du CRTC, les décisions de la Cour suprême, les investissements militaires, le transport maritime, routier, ferroviaire et aérien, le pont Champlain, l’affirmation de la langue française, le financement en santé et en éducation, et cetera.

Les bloquistes doivent prendre position, s’engager à faire valoir leur approche de connivence avec les partis indépendantistes pour montrer comment ils seraient abordés au pays du Québec.

Il y a un autre dossier, primordial quand il s’agit de créer un pays : le régime politique du pays du Québec. Le BQ peut se faire le promoteur d’une réflexion dont l’objectif serait de dégager les principes de base et identifier les modèles qui assurent aux électeurs et électrices, par définition au peuple, leur emprise sur les décisions des parlementaires.

Si le BQ développe ces points dans la deuxième phase, les électeurs et les électrices du Québec verront en lui un espoir plus grand que celui du NPD. Un espoir qu’aucun parti canadien ne peut susciter. Un espoir qui rejoint le cœur et soulève l’enthousiasme. Un espoir d’avenir pour les futures générations, qui peut se concrétiser aux élections de 2018.

Dans les années ‘90, cette approche cadrait mal avec la « souveraineté partenariat ». Avec l’indépendance, elle s’impose. Un BQ associé aux partis indépendantistes au cours des prochaines années rendra incontournable l’indépendance du Québec, car de grands pas seront franchis d’ici les élections de 2018, pour lesquelles, ne l’oublions pas, le Canada et le PLQ se préparent avec l’énergie du désespoir en déconstruisant le Québec.

Commentaires

  • Johan Nachmanson, 14 septembre 2015 09h46

    Monsieur Bariteau vous avez tout à fait raison, mais j’ai très peu d’espoir.
    Il faut parler de la politique de Harper contre la Russie, avec la reponse d’arreter l’importation de porc, poulet, poison, homard etc. qui nous a coûter ± 563$ millions avec d’autres produits 1,7$ billion. Il faut parler de la dette de l’Union, qui n’a jamais été répayé par R.O.C. Il faut proposer come Norman Lester une "Loi du retour" pour encourager les 600 à 700.000 Franco-Canadiens à s’établir au Québec, au lieu de recruter des immigrants, qui nous coute ± 6.000$ chaque/ans.
    Après René Levesque, je n’ai pas vu aucun Prémier, qui a pu m’inspirer pour l’Indépendence de Québec, mon seul espoir c’est Monsieur PKP...
    Johan Nachmanson

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