«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le débat a repris de plus belle !

Laïcité : avant que Charles Taylor ne fasse encore volte-face

M. Charles Taylor est revenu récemment sur une recommandation du rapport Bouchard-Taylor déposé en 2008. Alors qu’il proposait avec son collègue Gérard Bouchard, que le port de signes religieux soit interdit à certains « agents de l’État », notamment le président de l’Assemblée nationale, les magistrats, les policiers, etc., il se ravise maintenant.

Après le drame du 29 janvier dernier à la Grande mosquée de Québec située à moins de 10 kilomètres de l’Assemblée nationale, nos leaders politiques avaient cherché à retrouver une civilité perdue dans leurs échanges et leurs débats. On voulait en finir avec la mauvaise foi, on désirait débattre au lieu de discréditer, on souhaitait cesser d’alimenter le cynisme des citoyens.

Hélas, depuis le 14 février, la confrontation est revenue en force. Tant et si bien que Gérard Bouchard a vu disparaitre une belle occasion de réconciliation des Québécois. Nous serions « ramenés à la case départ », dit-il.

Puisque tout serait à refaire, retournons justement à cette case départ. On se souviendra que le 22 mai 2008 - jour du dépôt du rapport Bouchard-Taylor -, tous les députés de l’Assemblée nationale ont rejeté précipitamment une recommandation voulant que le crucifix soit « retiré et replacé [...] à un endroit qui puisse mettre en valeur sa signification patrimoniale ». Ainsi, le crucifix apparait encore au Salon bleu, tout juste au-dessus du siège du président.

Neutralité de l’État

La commission Bouchard-Taylor a formulé cette recommandation « au nom de la séparation entre l’État et les Églises et au nom de la neutralité de l’État ». Plus que jamais, ces raisons restent éminemment pertinentes. Outre la bonne volonté des élus, il suffirait de trouver le lieu idéal où installer ce crucifix. À l’automne 2013, guidé par l’architecture du Parlement et par notre histoire religieuse, j’ai fait une proposition en ce sens.

Le Salon bleu, où se réunissent les 125 élus, et le Salon rouge de l’ancien Conseil législatif - qui sert maintenant à des Commissions parlementaires et à des cérémonies prestigieuses (assermentation, remise de prix, etc.) -, sont séparés, au centre de l’édifice, par un hall. Des niches s’y trouvent, et des diaporamas sont projetés en boucle. On pourrait très bien installer le crucifix dans l’une de ces niches. Une plaque ou un diaporama en raconterait l’histoire. Quiconque se rendant à l’un ou l’autre des deux grands salons du Parlement le verrait.

En outre, une solution de rechange se présente. En effet, un étage plus haut, un deuxième hall de même dimension sépare l’accès aux tribunes des deux salons. Par là passent les invités des parlementaires et les citoyens voulant entendre les débats. Ce hall pourrait très bien accueillir, lui aussi, le crucifix patrimonial.

Peu importe le hall choisi, le crucifix serait recentré dans l’édifice.

Peu importe le hall choisi, le crucifix serait recentré dans l’édifice. De ce fait, il ferait partie, « à la verticale », d’un ensemble témoignant de notre héritage religieux. Qu’on en juge. Tout en haut de la tour centrale du Parlement, flotte le fleurdelisé avec sa croix blanche dont la symbolique est évidente. Dans les niches de la façade de la tour prennent place les statues de quatre personnages de notre histoire religieuse : deux femmes, Marie de l’Incarnation et Marguerite Bourgeoys, et deux hommes, Jean de Brébeuf et Nicolas Viel.

En recentrant ainsi le crucifix de l’Assemblée nationale, nos députés lui donneraient enfin un sens patrimonial plus évident que s’il était simplement relégué à un quelconque musée. Plus que symbolique, ce geste, après le drame du 29 janvier 2017, devrait conduire à d’autres consensus.


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Laïcité - débat québécois
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