«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La Presse grande castratrice de la révolution tranquille (7e partie)

La « très subtile convergence » des médias fédéralistes

Tribune libre de Vigile
samedi 5 septembre 2015
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Une très subtile convergence

Voilà la façon que La Presse procède depuis qu’André Pratte en est devenu éditorialiste en chef. L’entente secrète qui lie Radio-Canada et Gesca permet aux éditorialistes et chroniqueurs de La Presse de venir faire entendre leur « fine analyse » de l’actualité à l’antenne de la radio-télé publique, mais pas ceux de Quebecor. Et à l’émission C’est bien meilleur le matin, Pratte avait son jour de la semaine. Et pouvait y pontifier à volonté.

Si tous ces journalistes de La Presse tiennent à donner une image de scrutateur objectif de la chose politique quand les Homier-Roy et les Lacombe de ce monde leur tendent le micro, ils deviennent par contre plus vindicatifs quand la cloche sonne rue Saint-Jacques. « Oyez, oyez, braves associés ! Soyez devant vos claviers. Un gros bonnet du PQ vient de sortir la carte identitaire de sa manche. »

Branle-bas de combat contre le NOUS

Si Chapleau peut se permettre de grossir personnages et événements politiques, à mon tour d’en grossir un brin. Grande réjouissance à La Presse quand on a appris la parution d’un nouvel essai de Lisée. Avec ce NOUS, un titre qui dit tout. Il était aisé de comprendre que ce que le politicien-auteur tentait de faire dans cet essai-pamphlet, son intention étant de déculpabiliser un trop grand nombre de péquistes, lesquels depuis un certain 30 octobre, veulent que le parti troque le « nationalisme ethnique », pour un plus acceptable « nationalisme civique ». Comme s’Il y avait deux sortes de nationalisme !

Les résultats catastrophiques des élections de 2007 avaient, au Salon bleu, rejeté le PQ dans le « grenier ». Desmarais devait être heureux de ce qui était en train de se passer. Pour lui, il importait peu que ce soit Pratte, Lysiane ou Dubuc qui glose sur le livre de Lysée, ce qui comptait c’est que le message passe : « Avec ce NOUS, le PQ démontre une autre fois que c’est un parti anti-immigrants »

Vincent Marissal en vint même à comparer les péquistes à un troupeau de caribous allant tous se noyer dans la rivière parce qu’incapables de ne point suivre l’animal de tête. On jubile à La Presse : « Lisée et son monde n’ont donc pas compris que le clivage dans la société québécoise se fait maintenant selon un axe gauche droite et non plus entre fédéralistes et souverainistes. François Legault l’a compris. C’est pour cela que la CAQ est devenu le parti de l’alternance. »

En politique, les choses ne sont pas si simples. A l’été 2013, après une année de pouvoir en tant que gouvernement minoritaire, Pauline Marois avait confié à Bernard Drainville le mandat de régler la brûlante question de la laïcité de l’État. Il en est sorti une charte des valeurs qui a vite démontré qu’au Québec, la bibitte identitaire n’avait pas fini de se montrer le nez.

Branle-bas de combat contre la charte

Surprise générale : loin d’être réfractaire à la charte, les sondages démontrèrent que la population y était majoritairement favorable. Ce fut la panique à La Presse mais beaucoup plus encore à Radio-Canada. De Médium large à la radio, jusqu’au Coulisses du pouvoir à la télé, on n’a tout fait pour dénigrer une charte de laïcité qui, pourtant allait beaucoup moins de mordants que les politiques mises en place en France afin de contrer la montée d’un intégrisme religieux, lequel sévit partout dans le monde depuis la chute du Mur.

La Presse s’est empressée d’accentuer le fait que d’éminents souverainistes étaient contre cette charte, mais sans trop expliquer qu’ils étaient contre pour une raison d’ordre stratégique : la crainte de voir les Néo-Québécois voter très majoritairement pour le non à l’occasion d’un éventuel troisième référendum. Quelle aubaine d’associer ces dissidents avec ceux qui sont satisfaits de la position d’un Philipe Couillard ne voyant aucune nécessité de légiférer afin d’empêcher qu’un jour une enseignante puisse se présenter devant ses élèves revêtue de son tchador.

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