«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La réforme scolaire au banc des accusés

La pédagogie des Calinours

Tribune libre de Vigile
samedi 7 février 2015
253 visites

Une étude menée par des chercheurs de l’Université Laval révèle que la réforme scolaire introduite au secondaire à la fin des années ’90 a raté sa cible, particulièrement en ce qui a trait aux garçons, aux élèves en difficultés et au décrochage scolaire.

À titre de rappel, l’idée d’une réforme de l’éducation découle des États généraux tenus il y a 20 ans, sous le ministre de l’Éducation d’alors, Jean Garon. Il s’agissait de mettre en oeuvre une réforme du curriculum. Toutefois, ce fut finalement une réforme des méthodes pédagogiques — approche par compétence, disparition du bulletin chiffré et des dictées, réorganisation des cycles — qui a vu le jour et qui a été implantée par le ministre de l’Éducation François Legault. Dans une approche par compétences, le manuel n’est plus au coeur des apprentissages et l’enseignant cherche à créer des situations qui permettent aux élèves d’apprendre de manière active.

En termes clairs, nous en sommes venus à privilégier une approche pédagogique par compétence au détriment des acquisitions de connaissances visées par une approche traditionnelle. Utopie ! Le jour où nos décideurs comprendront que l’école a pour ultime objectif l’acquisition de connaissances, lesquelles ne peuvent s’acquérir que par un maître qui les communiquent à des élèves, ce jour-là, l’école redeviendra ce pour quoi elle existe, à savoir un lieu du savoir.

En attendant, nous sacrifions des milliers de Québécois sur les bancs d’école pendant que notre ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, se contente de dire que la réforme est encore jeune [quinze ans !...] et qu’il ne faut pas sauter trop vite aux conclusions…Désolant !

La pédagogie des Calinours

En lisant le billet de Mathieu Bock-Côté paru dans l’édition du Journal du 3 février sous le titre Enseignant, un métier extrême, je n’ai pu m’empêcher de me rappeler de vieux souvenirs du temps où j’exerçais le métier d’enseignant. Ce temps où l’enseignant fraîchement émoulu se présentait devant ses premiers élèves, tel un grand frère qui désirait les accompagner dans leur apprentissage.

Une approche que Bock-Côté qualifie de « pédagogie des Calinours », « la grosse menterie de notre époque, qui veut qu’un enfant a toujours besoin d’être cajolé, que jamais il ne doit frapper un mur, réfréner ses désirs, rencontrer l’autorité. » Foutaise ! Par expérience, j’ai vite compris que ce n’est pas en jouant à la nounou avec mes élèves qu’ils allaient me respecter pour autant. Bien au contraire, les jeunes, trop souvent élevés dans la ouate à la maison, « ont besoin qu’on leur dise non. Ils ont besoin de rencontrer un adulte qui ne parle pas en bébé. C’est indispensable à la formation de leur personnalité. »

À force de demander à l’école des rôles qui ne sont pas les siens, entre autres pallier ceux des parents à la maison, on est en train d’oublier ce pourquoi l’école ouvre ses portes à tous les matins, à savoir « communiquer des connaissances ». Et cela nécessite un climat propice à cet objectif, un climat où le jeune sera traité comme un élève responsable de sa formation, quitte à le ramener dans ce chemin au besoin….À défaut de quoi, l’école ratera sa cible au détriment des jeunes qui lui sont confiés !

Henri Marineau
Québec

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