«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Dossier : relations Québec — Terre-Neuve

La réconciliation ...pourquoi et avec qui

Question avant de se réconcilier : d’où vient la discorde avec Terre-Neuve ?

Tribune libre de Vigile
lundi 14 novembre 2016
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Dans Le Devoir des 12-13 novembre 2016, le chroniqueur Michel David offre à ses lecteurs un texte intitulé "La réconciliation" (page A 3). Michel David s’adresse à des Québécois pour leur recommander "La réconciliation". Force est de constater que le journaliste d’expérience fait dans la facilité en plus de s’adresser aux mauvaises personnes. Son analyse est superficielle et répète des lieux communs. Son texte est déplorable. Voici une commentaire que je lui ai fait parvenir.

Bonjour Michel David. Pourquoi vous adressez-vous aux Québécois pour parler de "réconciliation" dans un contrat commercial où la discorde n’est le fait que des politiciens de Terre-Neuve. Les Québécois y sont pour rien. Allez faire votre prêche aux Terre-Neuviens.

Pour des raisons partisanes, ces messieurs de Terre-Neuve ont constamment cassé du sucre sur le dos des Québécois. Ils ont pour nom Joey Smallwood, Brian Peckford et Danny Williams. La même stratégie de victimisation a été utilisée par Danny Williams envers le fédéral cette fois dans le dossier des réclamations de hausse des redevances pétrolières devant revenir à la province.

Vous n’êtes pas sans ignorer que c’est Joey Smallwood qui a recruté la firme Brinco et ses capitaux anglais pour investir à Terre-Neuve. C’est cette firme qui, détentrice des droits hydrauliques sur le fleuve du Haut-Churchill, ont formé la filiale CF(L)Co détenue à 80% par Brinco et 20% par la Shawinigan Water & Power avec le mandat de construire la centrale Churchill Falls. Avec l’évolution des négociations entre Hydro-Québec et CF(L)Co, Joey Smallwood était mal venu de vouloir s’ingérer dans la gestion du mandataire du Gouvernement de Terre-Neuve.

Si le promoteur CF(L)Co a signé le contrat en mai 1969, cela lui était agréable...

Vous semblez accréditer les récriminations des PM Terre-Neuviens qui sont des mythes répandus, des faussetés fabriquées, je vous cite : « Ce contrat signé en 1969 engageait Hydro-Québec à acheter jusqu’en 2041, et à un prix dérisoire, ... » C’est faux de parler de "prix dérisoire" à moins de plaider votre ignorance des parties du contrat de mai 1969 qui listent toutes les obligations dont se rend garant Hydro-Québec, obligations contractuelles mentionnées ci-dessous. Ces engagements étaient obligatoires pour permettre le financement de ce projet de 900 M$.

On sait que c’est le prix unitaire du kWh (kilowattheure) qui fait problème pour les Terre-Neuviens. Ce prix unitaire fut de 0,25¢/kWh jusqu’au 31 août 2016 et de 0,20¢/kWh à compter du 1er septembre 2016 jusqu’en 2041. Pour quelqu’un qui connaît le "contrat d’électricité" en question sait que plusieurs conditions financières et techniques s’ajoutent au prix unitaire et sont des obligations auxquelles s’est engagée Hydro-Québec.

✦H.-Q. s’engage à terminer les travaux si le promoteur fait défaut. H.-Q. possède cette expertise.

✦H.-Q. s’engage à payer un différentiel de taux de change qui peut se produire dans un financement sur le long terme.

✦H.-Q. s’engage à payer un différentiel de taux d’intérêt si le financement l’exige.

✦H.-Q. s’engage à acheter presque 100% des +/- 30 TWh produit par année. Ceci inclut la construction à ses frais de trois lignes de 735 KV sur plus de 1000 km pour transporter l’électricité jusque dans la région de Montréal.

Hydro-Québec était la seule société qui pouvait sortir l’hydroélectricité du Labrador à ce moment pour plusieurs raisons :


✦ la raison commerciale = posséder un bassin de clients suffisamment important pour vendre les 30 TWh / an (térawattheure = 1 000 000 000 kWh) produit par la centrale Churchill Falls

✦ la raison financière = posséder la capacité financière pour réaliser un projet de 900 M$


✦ la raison technique = posséder la technologie du transport de grandes quantités d’électricité sur plus de 1000 km entre le lieu de production et les marchés de consommation.

Le contexte qui prévaut à la négociation du prix unitaire du kilowattheure comprend deux autres éléments importants :

A) Il faut savoir qu’à cette époque, on est antérieur à la 1ère crise internationale du pétrole de 1973. De plus, l’achat par Hydro-Québec de 30 TWh représente 60% de ses besoins actuels en électricité et une bonne partie est destinée à l’exportation vers l’État de New-York.

B) Consolidated Edison (N.Y) offre de payer 3 mils / kWh à la frontière du Québec. Un mil = un millième de dollar. Si H.-Q. peut vendre à 3 mils le kWh, il doit acheter à un prix inférieur tout en tenant compte des coûts de transport entre le Labrador et la frontière de l’État de New-York.

En 1969, Danny Williams avait 19 ans et ne se souciait pas de Churchill Falls.

Vous écrivez encore, je cite : «  la totalité de l’électricité de Churchill Falls, qu’elle (H.-Q.) revend depuis avec un profit qui en a fait un véritable marché de dupes pour Terre-Neuve. » Cette affirmation est fausse parce que vous ignorez le contexte de 1969 qui est antérieur à la 1ère crise du pétrole de 1973.

Vous jugez d’un événement de 1969 avec des éléments postérieurs qui n’étaient pas connus par les signataires du contrat de mai 1969. Il est faux d’associer le promoteur CF(L)Co, une société privée avec actionnaires ( Brinco avec 80% et Shawinigan W & P à 20%) à la province de Terre-Neuve. Lors de la signature du contrat en mai 1969, le Gouvernement de Terre-Neuve n’était pas parti au contrat. Chaque parti au contrat était représenté par 2 signataires qui possédaient les autorisations de leur conseil d’administration respectif pour signer. Chaque parti avait ses raisons de signer et ses raisons pour ne pas signer.

Vous qui êtes un journaliste d’expérience, vous pourriez fouiller pourquoi le promoteur CF(L)Co a précarisé son pouvoir de négociation auprès d’un acheteur éventuel comme Hydro-Québec en commençant des travaux de 900 M$ sans posséder la capacité financière requise.

Sauf erreur, je crois que le siège social de CF(L)Co était situé au centre-ville de Montréal. Dans les années 60, Montréal est encore un centre financier important qui attire les gestionnaires des grandes corporations. Il existe à Montréal un réseau financier puissant propice pour attirer d’autres financiers d’envergure. On ne doit pas se représenter les dirigeants de CF(L)Co comme des juniors. Ils dirigeaient un projet de 900 M$. Convertir ce budget de 900 M$ selon la variation de l’IPC de 1969 versus l’IPC de 2016, cela donne un multiplicateur de 6 ou 5,4 G$ en dollars 2016.

Juste retour des choses : le cafouillis de la centrale Muskrat Falls s’additionne à la mauvaise foi des politiciens de Terre-Neuve.

En sus du sujet du prix dérisoire mentionné ci-haut, vous y ajoutez la problématique de la centrale Muskrat Falls en construction sur le fleuve Churchill, 300 km en aval de la centrale Churchill Falls. Vous écrivez, je cite : «  ... mais cela peut aussi être interprété comme une invitation à entreprendre des discussions qui, au-delà du cas de Muskrat Falls, pourraient inclure le vieux contentieux autour du contrat de vente ( ndlr : mai 1969 après 10 ans de pourparlers...) de l’électricité produite par la centrale de Churchill Falls, qui empoisonne les relations entre Québec et Terre-Neuve depuis des décennies. »

Soyons clairs, ce ne sont pas les Québécois qui se sont faits les propagateurs de cette détérioration "présumée" des relations entre Québec et Terre-Neuve.

Malheureusement, votre approche porte votre lecteur à la confusion. Pour éviter cette confusion, ce que le journaliste en vous devrait avoir à coeur, il faut prendre chacun des dossiers problématiques un à un. Nous avons déjà traité ci-haut du contrat de Churchill Falls signé en mai 1969 à Montréal. Passons maintenant au cafouillis de Muskrat Falls.

Le cafouillis de Muskrat Falls est reconnu par le pdg de Nalcor et par les politiciens.

Dans le 1er paragraphe de votre article, vous mentionnez avec raison, je cite : «  ... le projet hydroélectrique de Muskrat Falls, qui se dirige tout droit vers un désastre. » C’est le nouveau PDG de Nalcor, Stan Marshall, qui reconnaît publiquement (2015) que la construction de la centrale Muskrat Falls n’aurait jamais due être autorisée. La construction de la centrale Muskrat Falls a été autorisée en 2012 par Mme Kathy Dunderdale du même parti conservateur que son prédécesseur Dany Williams qui a quitté le même poste en 2010.

Les coûts de Muskrat Falls explosent de 6,2 G$ en 2012 à 11,4 G$ aujourd’hui incluant 2 G$ d’intérêts. Cela se répercute sur le prix unitaire que le kWh sera vendu en 2021 estimé à 21¢/kWh alors que le prix actuel à Terre-Neuve est de 12¢/kWh, une hausse équivalent à 150$ par mois pour une résidence ordinaire. (source : Muskrat Falls officially a boondoggle, The Telegram, June 24, 2016 par Ashley FITZPATRICK)

Beaucoup de prévisions de consommation erratiques ont été retenues pour autoriser la centrale Muskrat Falls. Voici ce que retient le journal The Telegram dans la référence mentionnée au paragraphe précédent, je cite ; « Les prévisions de consommation d’électricité pour la province de Terre-Neuve ont dramatiquement changées depuis l’autorisation ( de la centrale Muskrat Falls en 2012). Au moment présent, la demande prévue initialement pour 2020 ne se produira pas avant 2036.

Cette différence de demande à la baisse s’explique de plusieurs façons : par un nouveau processus d’affinage du nickel à Long Harbour (Inco) requérant beaucoup moins d’électricité que prévu, par une récession provinciale (ndlr : baisse du prix du pétrole, baisse de la production des plates-formes en mer et baisse des redevances du pétrole dans les coffres du Gouvernement de Terre-Neuve), et l’annulation de gros utilisateurs d’électricité et d’autres utilisateurs potentiels. Et les coûts (de la centrale Muskrat Falls) furent sous-estimés. Des coûts additionnels ont surgi. " Le projet fut construit sur de fausses prévisions, sur des prévisions défectueuses et le projet a commencé comme cela" a dit Stan Marshall. ( le nouveau PDG du promoteur et société d’État de Terre-Neuve, NALCOR) » (notre traduction)

Même si le dossier des coûts de Muskrat Falls est catastrophique, il faut relativiser la production d’électricité de cette centrale dans le contexte des besoins globaux en électricité des quatre provinces de l’Atlantique. À cela, des taxes s’ajouteront pour faire baisser les émissions de GES responsables du réchauffement climatique qui engendrera des catastrophes climatiques telle que la hausse du niveau des mers.

Ironiquement, puisque les 4 provinces de l’Atlantique sont des Îles ou presqu’île 4 fois sur 4, elles sont concernées au premier chef par la hausse du niveau de la mer Atlantique.

Voici en chiffres la consommation d’électricité, en 2010, des Provinces de l’Atlantique : elles consommaient 35 TWh/an dont 50% de cette électricité était d’origine thermique fossile. Ce 50% représente 17 TWh qui devront dans le futur proche provenir d’autres sources moins polluantes. Muskrat Falls vers 2020 produira 5 TWh/an. Il est facile d’imaginer que ce 5 TWh sera le bienvenu pour remplacer une petite partie des 17 TWh d’électricité d’origine fossile et de plus en plus taxée pour rencontrer des cibles de diminution de GES.

Autre point : comment s’insérera dans la dynamique du marché de l’électricité la future centrale voisine de Muskrat Falls, la centrale de Gull Island qui produira 12 TWh/an ? Je crois que l’hydroélectricité propre à faible émission de GES trouvera sa place dans le marché des besoins d’électricité de quatre Provinces de l’Atlantique. Nous serons alors en 2025-2030, c’est-à-dire, ce seront nos enfants qui géreront ce dossier.

De grâce, cesser de parler de "réconciliation" aux Québécois, message que vous devriez adresser aux politiciens Terre-Neuviens. Je vous remercie de votre attention.

Commentaires

  • Jean Lespérance, 26 novembre 2016 13h26

    L’avocat Chiara n’est pas millionnaire, mais milliardaire. C’est comme si Richard Le Hir intentait un procès contre un itinérant parce qu’il s’est senti insulté. Surtout qu’à l’époque où l’article a été écrit , que valait Vigile ? C’était quoi l’impact de Vigile ? 99.999% des gens du Québec ne connaissait même pas Vigile.

  • François A. Lachapelle, 18 novembre 2016 18h18

    @ Marcel HACHÉ
    Votre analyse est perspicace parce qu’elle est polygonale, parce qu’elle met en scène plusieurs dossiers qui se recoupent sur la scène du Québec.

    En terme de stratégie politique, les acteurs sont les fédéralistes contre les indépendantistes et les fédéralistes au pouvoir pigent sans fin dans les richesses du Québec sous prétexte qu’elles sont à la disposition du grand Canada, d’une mer à l’autre.

    Vous écrivez, je cite : « Le casting (de la gang à Couillard) consiste alors pour eux, ensemble, à donner le mauvais rôle au P.Q.,... » Ici, il ne faut pas oublier qu’il existe aussi des enjeux de protection de la qualité de notre environnement qui tiennent à coeur à des centaines d’organisations qui débordent le parti politique du PQ.

    C’est là que les indépendantistes ne sont pas seuls pour s’opposer au passage de l’oléoduc Énergie Est, pour s’opposer au passage d’une 4e ligne 735 KV en provenance du Labrador vers les États-Unis pour transporter les futurs, très futurs 12 TWh/an que produira la future centrale de Gull Island de 2200 MW.

    En plus d’Énergie Est et en plus de la 4e ligne 735KV Labrador-États-Unis, il y a toute la merde de pétrole qui voyage déjà au Québec sur les Saint-Laurent, par des centaines de train par année et par les 4-5 oléoducs existants. Par exemple, on apprenait cette semaine que des travaux d’entretien sur l’oléoduc 9B sur les terrains du pénitenciers de Ste-Anne-des-Plaines étaient en cours. Rien de rassurant.

    Et au Québec, la Gang à Couillard s’apprête à doper la société du Québec avec le voile islamique par la loi 62 de la Ministre Vallée, à doper les terres agricoles des foreuses de gaz de schiste avec la loi 106 du Ministre Arcand.

    Vous avez raison d’écrire, je cite : « La gang à Couillard est un gouvernement de lâches, prêts qu’ils sont tous à brader tous les intérêts du Québec, qui ne sont pour eux que des intérêts canadiens ...  »

    Et le procès intenté contre vigile.quebec et contre Richard Le Hir par un avocat millionnaire de Montréal est aussi une atteinte à la liberté de presse qui anime vigile. C’est une belle lâcheté que d’utiliser le pouvoir de son argent pour faire taire ceux qui s’expriment, mais encore plus lâche de faire un job de bras au service de politiciens hypocrites d’Ottawa qui se drapent des droits et libertés qu’ils bafouent en secret.

    L’action civique doit être menée sur tous les fronts.

  • Marcel Haché, 18 novembre 2016 07h28

    @ F.A. Lachapelle.

    Maintenant que le P.Q. a décidé de faire une pause historique, i.e. cesser de souffler temporairement dans le ballon crevé du référendum, les rouges ne peuvent plus simplement crier « au feu » pour que tout l’Électorat du Nous se rassemble autour de la gang à Couillard, oubliant ainsi, du même coup, de ce même mauvais coup. que la C.A.Q. existe. En effet, maintenant que le « feu » référendaire s’est éloigné, lui si utile aux campagnes de peur des rouges, maintenant que le référendum est reporté pour quelque part après 2022…la C.A.Q. existe soudainement elle aussi comme alternative politique aux rouges, ceux-ci n’étant plus les fédérateurs et les seuls bénéficiaires de la posture anti-référendum. Alors…

    Observez alors les rouges et les bâtards en action, depuis que Lisée a été élu chef du P.Q. (avec cette position si singulière sur le référendum) : la gang à Couillard ne renonce pas une minute pour autant, et continue dorénavant de s’appliquer simplement mais autrement à diviser l’Électorat du Nous, l’électorat du West Island lui restant toujours acquis quoi qu’il arrive.

    Comment s’y prend-t-elle, la gang à Couillard ? De cette façon : picosser artificiellement sur la loi de l’Aide Sociale pour feeder Québec-Solidaire. Picosser tout à fait artificiellement encore avec le projet de loi 62, permettant ainsi à la C.A.Q. de paraître plus nationaliste (auprès de l’Électorat péquiste) que le P.Q. lui-même. Et…Et puis…Eh oui… puis paraissant conciliant, paraissant accommoder Terre-Neuve (une simple apparence) sur les deux barrages sur Churchill, les deux, la gang à Couillard compte pouvoir ainsi s’attirer un allié de taille, un anti-séparatiste dur, un fondamental en la matière, en appui et en prévision de 2018, celui-là bien plus dur et bien plus redoutable que Stephen Harper ne le fut jamais au Québec…

    « Accommoder »Terre-Neuve, faire même semblant d’être « accommodant » maintenant, ou demain, c’est accommoder l’Alberta le lendemain. Que croyez-vous qu’il désire faire à la fin le gouvernement Trudeau, sinon faire qu’un jour la province de l’Alberta (et tout l’ouest canadien) soit accommodé avec un ou des pipelines ? Cet objectif devenu « national », qui se trouve comme par hasard être un sourd impératif politique de la gang du West Island (qui domine encore le P.L.C.) NE PEUT PAS PASSER ET NE PASSERA JAMAIS PAR UNE CHICANE Québec-Terre-Neuve.

    La gang à Couillard est un gouvernement de lâches, prêts qu’ils sont tous à brader tous les intérêts du Québec, qui ne sont pour eux que des intérêts canadiens, afin de s’attirer l’appui actif du gouvernement fédéral. L’appui « actif » contre qui, je vous le demande ? Le casting consiste alors pour eux, ensemble, à donner le mauvais rôle au P.Q., soit celui du mauvais coucheur, du peu accommodant et même du chicanier avec les voisins du Québec.

    Pour répondre à votre interrogation : une politique inverse, décidée et déterminée, « accommodante » elle aussi ou le paraissant… pourrait être menée à l’extérieur par un gouvernement péquiste provinchial, si bien décidé… exactement sous les mêmes apparences accommodantes que les rouges, mais avec une toute autre finalité intérieure…

    C’est un dossier sur lequel un millage politique considérable peut être fait dans un sens (intégration) ou dans l’autre (séparation). Pour le moment, l’ « autre » c’est nous, la gang de « separatists ».

  • François A. Lachapelle, 17 novembre 2016 12h59

    @ Marcel Haché
    Je suis d’accord avec vous qu’il y a un enjeu politique d’attaché au dossier du contrat d’achat d’électricité par Hydro-Québec, électricité produite par la centrale Churchill Falls.

    Pourriez-vous être plus explicite lorsque vous écrivez, je cite : « Je crois que la gang à Couillard s’apprête à faire un sacré millage politique sur un front politique oublié. » De votre point de vue, de quoi s’agit-il ?

    Je crois qu’il serait juste que le Québec mette dans la balance des négociations en cours avec Terre-Neuve la rouverture de la décision "arbitraire" du Conseil privé de Londres de 1927 concernant les frontières entre le Québec et Terre-Neuve. En 1927, le Québec n’a pas eu voix au chapitre.

    Si pour faire plaisir à Terre-Neuve, MM Couillard et Arcand sont prêts à négocier 50-50 le contrat du 12 mai 1969, il faudrait qu’en échange, Terre-Neuve consente aussi 50-50 pour un nouveau tracé des frontières labradoriennes.

  • Marcel Haché, 17 novembre 2016 07h20

    "À moins de fermer la centrale, l’enjeu est commercial ( j’exclus le problème politique des frontières )" F.A.Lachapelle .

    Vous sous-estimez l’enjeu politique. Faire passer un pipeline provenant de l’ouest canadien est-il seulement un enjeu commercial ?

    Vous avez raison sur l’enjeu commercial de Churchill, mais tort sur l’enjeu politique qui s’y trouve. Je crois que la gang à Couillard s’apprête à faire un sacré millage politique sur un front politique oublié. Un gouvernement péquiste pourrait lui aussi y faire un millage politique considérable, mais inverse à celui de la gang qui mène la maudite province de Québec

  • François A. Lachapelle, 16 novembre 2016 17h03

    @ Gaston Carmichael
    N’étant pas avocat, et sachant que le système judiciaire est animé par des avocats où on trouve du pire au mieux, tout peut arriver avec un procès.

    Dans le passé, avant la signature finale du contrat le 12 mai 1969 et malgré les pressions du PM Smallwood auprès du Fédéral, c’est la force politique du Québec qui a bloqué l’intrusion des lois fédérales dans le dossier Churchill Falls.

    Qu’en est-il des forces politiques du Québec en 2016 ? Exemple : Justin Trudeau autorisera-t-il le passage de l’oléoduc Énergie Est au travers du Québec ? Si plusieurs Québécois comme Yvon Deschamps disent publiquement, écrivent qu’ils sont prêts à s’interposer physiquement pour empêcher cet oléoduc de passer au Québec, l’oléoduc ne passera pas.

    Malgré les hypocrisies des ministres Couillard et Arcand, je crois que la force politique du Québec est encore forte au Canada. Malgré les apparences, les canadiens-anglais nous craignent, ils craignent notre courage, même si c’est un courage de désespoir.

    @ Marcel Haché
    Quelle différence cela peut faire en 2016-17 rouvrir ou pas le contrat de vente d’électricité signé le 12 mai 1969 ?

    À moins de fermer la centrale, l’enjeu est commercial ( j’exclus le problème politique des frontières ) et porte sur 30 TWh/an. Arrondissons les chiffres et cela représente pour Hydro-Québec des revenus nets de 1 G$/an = 1 000 M$/an. Oublions tout ce qui s’est fait depuis 1969 dans ce contrat.

    1 000 M$ sont en jeu. Divisons-le 50-50 en n’oubliant pas que la société d’État NALCOR reçoit en vendant à H.-Q. 30 TWh/an = 75 M$. 50-50 de 1075 M$ = 533 M$/an qui irait à NALCOR.

    Est-ce que ce 50-50 rend tout le monde contant ? Non pour ceux qui savent compter et ce sont les Québécois qui seraient perdants.

    Évidemment, on se trouve en matière de négociations. Regardons l’hypothèse de retrait complet d’H.-Q. de ce contrat. Que peut-il arriver ? À vous de continuer.

  • Marcel Haché, 16 novembre 2016 09h07

    @ F.A. Lachapelle

    Les référendeux du P.Q. n’ont jamais été en mesure de bien discerner que c’était (et ce l’est encore) dans la nature même du référendum de diviser radicalement l’opinion publique en deux. Le référendum s’est révélé être tout le contraire de ce que les rêveurs du Pays espéraient : il Nous (la nation) a divisé durablement.

    Tôt ou tard, F.A. Lachapelle, il faudra que le « contrat » sur Churchill soit ou reconduit ou renégocié. C’est incontournable. Une dure réalité va s’imposer.

    Je suggère simplement que les indépendantistes cessent de défendre l’indéfendable. La maudite « province de Québec », ce n’est après tout qu’une prison constitutionnelle. Qu’on le veuille ou non, que le Québec devienne un État-nation ou non, Terre-Neuve Labrador va continuer de resté un voisin.

    Frustré qu’il est (même s’il a tort à propos du « contrat maudit »), ce voisin-là trouve avantage à enligner sa politique interprovinciale sur celle d’Ottawa. Dans ce contexte-là, non seulement l’encerclement politique subi par Québec Nous (la nation) nuit, et cela Nous l’avons et Nous continuons de le payer très cher, cela nuit ultimement à notre Cause.

    Plutôt que de rêver qu’un hypothétique référendum pourrait devenir hypothétiquement rassembleur dans un non mois hypothétique futur, un gouvernement péquiste aurait tout à gagner (et notre Cause itou) si évidemment ce gouvernement était suffisamment « décidé » pour jouer la game politique « provinchiale » nécessaire, afin de
    a) mettre fin à son propre isolement politique.
    b) faire monter une « ferveur » politique que, manifestement, le référendum n’est plus en mesure de faire monter au niveau que nous, de Vigile, nous espérons.

    « Churchill » est ouvrable F.A.Lachapelle. Seulement, il y a une clisse de différence entre ce qu’un gouvernement d’ indépendantistes décidés pourraient faire sur un front politique hautement explosif. Toute chose que la gang à Couillard s’apprête à faire à l’envers, i.e. éteindre précisément tous les risques inhérents de dérapage et d’explosion…On jase.

  • Gaston Carmichael, 16 novembre 2016 08h18

    Ce dossier s’en va en Cour Suprême. Se pourrait-il que l’on craigne que la CS découvre une virgule mal placée, et rende une décision en faveur de TN&L ?

    Cela serait l’équivalent d’un Meech 2.0, et remettrait le PQ définitivement en selle. Pour éviter un tel scénario, nos fédéraleux préfèrent peut-être arrivé à une entente négociée avec TN&L, plutôt qu’une entente imposée par la CS.

  • François A. Lachapelle, 15 novembre 2016 17h52

    J’intitule mon commentaire : combien le Québec peut-il donner de millions à Terre-Neuve en 2016-17 grâce à la brillante idée de Couillard-Arcand ?

    Encore un geste démissionnaire à la Couillard-Arcand dans le contrat d’électricité de mai 1969 entre la société privée CF(L)Co ( Churchill Falls Labrador Corporation ) et Hydro-Québec.

    Le Journal de Montréal d’aujourd’hui nous apprend, je cite : «  Le gouvernement Couillard songe à renégocier l’entente de Churchill Falls, qui empoisonne les relations entre le Québec et Terre-Neuve depuis des décennies, pour enterrer la hache de guerre avec la province voisine. » selon le journaliste Charles Lecavalier.

    Cette position de Couillard-Arcand relève de la rêverie politique canadienne.

    Les Québécois n’y sont pour rien dans cet empoisonnement. Ce sont 3 premiers ministres de Terre-Neuve ( Smallwood, Peckford et Williams ) qui pour des raisons bassement partisannes ont brandi la hache de guerre contre le Québec.

    L’universitaire terre-neuvien, James FEEHAN, a reconnu que Terre-Neuve ne pouvait pas espérer de gros bénéfices de la centrale Churchill Falls parce que le gouvernement de Terre-Neuve a investi ZÉRO piastre dans ce projet de 900 M$.

    C’est uniquement grâce à Hydro-Québec que la centrale Churchill Falls a pu être construite.

    L’idée de rouvrir le contrat de mai 1969 est une traîtrise comme seul le Parti libéral du Québec est capable d’en faire. Ce projet est aussi dommageable pour le Québec que l’idée de Jean Charest entre octobre 2009 et mars 2010 qu’Hydro-Québec se porte au sauvetage d’Énergie Nouveau-Brunswick. Ce sont les Québécois qui auraient subventionné avec leurs tarifs Énergie Nouveau-Brunswick.

    La province voisine de Terre-Neuve est en récession surtout à cause de la baisse du prix du pétrole et non à cause de la mauvaise décision prise en 2012 de construire la centrale Muskrat Falls. Même si le prix de l’électricité en 2020 de Muskrat Falls coûtera deux fois plus cher qu’actuellement ( 21¢/kWh à comparer à 12¢/kWh ), cette énergie propre sera la bienvenue pour remplacer l’électricité produite par des énergies fossiles à 50% de toute l’électricité consommée des les 4 provinces de l’Atlantique. ( 17TWh/an sur 35 TWh/an)

    Actuellement, H.-Q. achète 30 TWh/an de la centrale Churchill Falls qui représente environ la même quantité d’électricité exportée à environ 5,0¢/kWh. Cela donne un revenu brut par an de 1 500 M$ moins un coût d’achat de 75 M$ moins les coûts de transport et de financement de 300 M$ pour un bénéfice net de 1 025 M$.

    Il faut poser la question à Couillard-Arcand puisque le Québec regorge d’argent après quelques années de "fausse austérité" : combien le Québec peut-il donner de millions à Terre-Neuve en 2016-17 ? Ça servira à construire des écoles et des hôpitaux à Terre-Neuve où les Québécois iront se faire soigner.

    L’absurdité politique est dans nos maisons avec des émules de Monsieur Trump. Par contre, les Terre-Neuviens sont morts de rire.

  • Marcel Haché, 15 novembre 2016 10h14

    Quel texte ! Non mais quel texte absolument remarquable sur Vigile… ! Merci à vous François A. Lachapelle.

    J’ai toujours cru pour ma part (je le crois encore et de plus en plus) que ce front politique en dormance qu’est le contrat sur « Churchill », qu’il aurait dû être le premier-premier-premier, oui, le premier de tous les fronts politiques à être activé par un gouvernement indépendantiste québécois, bien avant toutes les questions supposément « progressistes » des chartes et des référendums qui n’ont jamais mené loin… Ce serait, à mon sens, la démarche la plus « prometteuse » qu’un gouvernement péquiste sérieux puisse faire, s’il s’adonnait, sur ce front-là, à faire de la realpolitik la plus dure et la plus implacable et même la plus cynique. Mais pour ouvrir le « contrat »… ça demanderait un gouvernement décidé…mais décidé… à jouer une autre Game politique.

    Mais c’est en même temps la démarche politique la plus totalement ruineuse à laquelle Nous pourrions consentir si Nous laissions les rouges de la gang à Couillard occuper tout seuls ce front politique inanimé depuis trop longtemps.

    La realpolitik n’a que faire de la chorale de mémères du Devoir, non plus que d’une grande réconciliation entre Québec et Terre-Neuve Labrador. C’est vous qui avez raison, F.A.Lachapelle. Mais…Mais une occasion en or est là, elle existe indéniablement -de l’or pur, en barre, pour notre Cause- une occasion qui s’offre et qui attend que les indépendantistes se réveillent à la politique canadienne d’encerclement du Québec, celle qui a toujours prévalue à Ottawa.

    C’est cette game d’encerclement qu’ont toujours joué, cela depuis l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération canadian, et que jouent encore tous ces misérables politiciens de Terre-Neuve.

    Or, hélas, mille fois hélas, un million de fois hélas si nécessaire, Nous avons un premier sous-ministre tout seul sur ce front-là, et qui fait d’autant plus le matamore, c’est-à-dire qu’il s’apprête lui aussi à jouer la même game que celle d’Ottawa et de St John. Il n’y a personne pour Nous défendre présentement.

    Fait suffisamment longtemps que dure cette clisse de game contre Nous pour que les indépendantistes se réveillent. J’y reviendrai.

  • Gaston Carmichael, 15 novembre 2016 08h54

    Wow !

    Ça, c’est un dossier bien fouillé et bien rendu.

    Si on ajoute à cela la façon dont le Québec fut spolié du Labrador, ça commence à faire un contentieux pas mal épais.

    Merci, M. Lachapelle.

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