«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Lisée loser ?

La question qui tue

Pour faire progresser l’option souverainiste, « est-ce que le Parti québécois est encore le bon véhicule ? » Cette question brutale, mais lucide, l’ancien premier ministre Jacques Parizeau la posait lui-même en février 2015 dans sa dernière grande entrevue.

Chirurgicale, sa question allait au cœur du problème. À force de cacher son option, disait-il, le PQ est devenu un parti de perdants, sans cohérence ni vision. La lueur d’espoir avait été l’arrivée de Pierre Karl Péladeau. « Il ne craint pas l’indépendance », écrivait M. Parizeau en 2014. Depuis la démission de PKP l’an dernier, la suite au PQ est moins heureuse.

À 22 % d’appuis selon le dernier sondage Léger – un plancher qui s’approche du 36e dessous –, plusieurs blâment la stratégie ratée du chef péquiste Jean-François Lisée visant une « convergence » avec Québec solidaire. Or, cet échec n’est pas du ressort du PQ, mais des militants de QS.

À l’opposé, la question de M. Parizeau ramène l’analyse à l’essentiel. À quoi sert le PQ s’il s’entête encore à se délester de sa propre raison d’être ? Réponse : en se réduisant à une offre de « bon gouvernement », le PQ libère les électeurs souverainistes.

Butiner ailleurs

Libres d’aller butiner ailleurs, les plus « progressistes » d’entre eux sont séduits par l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois chez QS. La CAQ de François Legault fait la cour aux autres. D’ici le scrutin du 1er octobre 2018, les plaques tectoniques n’ont certes pas fini de bouger. Deux tendances se détachent cependant du lot.

La première est le combat pour le pouvoir qui se dessine entre les libéraux et la CAQ. Il est vrai que le PLQ a perdu le quart de ses appuis depuis son élection en 2014 – une saignée majeure. Un vote francophone fractionné, son quasi-monopole du vote anglophone et allophone, et un trésor public croulant sous les surplus après avoir affamé les services publics lui assurent néanmoins une force de frappe politique confortable.

La deuxième est une lutte pour le troisième rang entre péquistes et solidaires. Même s’il progresse, QS risque fort de la perdre. Du moment où le PQ est de nouveau recalé en troisième position, la question de M. Parizeau – ce parti est-il encore le bon véhicule pour la souveraineté – devient plus pertinente que jamais. C’est bien elle, la vraie question.

Accessoire

Car ce n’est pas tant la survie du PQ qui est en jeu que celle de son option. Un parti affaibli peut tenir le coup longtemps avant d’expirer. Si le prochain gouvernement est minoritaire, libéral ou caquiste, le PQ pourrait même détenir la balance du pouvoir, qui sait ?

Le vrai problème est qu’au PQ l’indépendance est de plus en plus accessoire. D’où l’autre question qui tue. Malgré sa quasi-victoire en 1995, l’option souverainiste mourra-t-elle un jour d’une lente agonie ou rebondira-t-elle ailleurs dans un tout nouveau véhicule ?

Quoi qu’il arrive, « tout va dépendre de la génération qui suit », concluait déjà M. Parizeau en 2015...


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