«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La désinformation et la crise en Côte d’Ivoire (2)

La propagande radiocanadienne et les mercenaires onusiens

Deuxième article d’une série de quatre

Chronique de Bernard Desgagné
samedi 8 janvier 2011
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Dans plusieurs bulletins de nouvelles radiophoniques ainsi que dans son site Web, Radio-Canada relaie depuis plusieurs semaines les mensonges de l’AFP visant à flétrir Laurent Gbagbo et à préparer l’opinion publique à l’usage de la force. Par exemple, le 23 décembre à 17 heures, Radio-Canada nous raconte que M. Gbagbo « s’accroche au pouvoir » même si la « communauté internationale » considère qu’Alassane Ouattara a gagné l’élection. Le 24 décembre à 8 heures, Radio-Canada retransmet l’appel à la guerre du camp Ouattara contre le président Gbagbo. Le 24 décembre à midi, Radio-Canada répète que la communauté internationale considère Alassane Ouattara comme le vainqueur. L’analyste François Brousseau dresse la liste des sanctions prises contre le gouvernement de Laurent Gbagbo. Il souligne que, selon la Commission des droits de l’homme de l’ONU, les milices fidèles à M. Gbagbo commettraient des exactions contre ses opposants. M. Brousseau récidive dans son carnet Web, en traitant M. Gbagbo de tricheur — ce qui est le contraire de la vérité, comme nous l’avons vu dans la première partie — et en faisant diverses affirmations sans autre fondement que les assertions de l’Empire et ses laquais.

Or, ni la Commission des droits de l’homme, ni M. Brousseau ne détiennent de preuves incriminant le camp de M. Gbagbo pour les prétendues exactions. Leurs graves accusations ne sont fondées que sur de vagues soupçons colportés par des menteurs notoires. En effet, les dirigeants des casques bleus envoyés sur place sont au service de leurs maitres de Washington et ne s’intéressent qu’accessoirement à la vérité et la justice. À l’instar du secrétaire général des Nations Unies, le chef de l’ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire) vient de la Corée du Sud, un pays gouverné par des serviteurs dociles de l’Empire. Les casques bleus se comportent en Côte d’Ivoire un peu comme leurs collègues installés en République démocratique du Congo, qui font semblant de maintenir la paix mais favorisent les viols et assistent aux massacres sans bouger. L’ONUCI ressemble aussi à la MINUSTAH, une force d’occupation déguisée qui a pris la relève des putschistes étasuniens venus kidnapper le président Aristide, dans un pays qui aurait grandement besoin d’écoles et d’hôpitaux et qui n’a certainement pas besoin de soldats étrangers.


En 2008, des casques bleus indiens de la MONUC font des photos souvenirs sur un blindé, à Kiwanja, en RDC, pendant que la population locale se fait massacrer par les tueurs de Laurent Nkunda, à la solde de Paul Kagame.

Le cloporte Ki-moon et ses amis du Rwanda

Le même Ban Ki-moon qui affirme aujourd’hui que Laurent Gbagbo doit partir n’hésitait pas, en septembre dernier, à rendre gentiment visite au plus grand assassin sur terre, le président du Rwanda, Paul Kagame. Le cloporte Ki-moon est allé au Rwanda s’excuser gentiment pour la fuite d’un rapport détaillé, qui a été produit au bout de plusieurs années d’enquête et qui incrimine le génocidaire en chef de Kigali pour le massacre de centaines de milliers de civils innocents en RDC. Et ce rapport n’est que la confirmation de nombreux autres rapports et de nombreux témoignages frappants, parfois gardés secrets par l’ONU, parfois largement diffusés, mais laissés sans suite et ensevelis sous des montagnes de propagande médiatique enracinée dans l’histoire convenue et fausse, du génocide rwandais. Paul Kagame est un criminel, mais c’est un bon client de l’Empire, alors il n’est aucunement inquiété. Le secrétaire général de l’ONU s’agenouille devant lui tandis qu’il se plaint avec vigueur de la désobéissance de M. Gbagbo.


Ban Ki-moon rassure le génocidaire notoire Paul Kagame : Il peut continuer ses massacres ; les patrons de Washington n’ont pas l’intention de le lâcher.

Vu les antécédents troublants des porte-paroles de l’ONU, comment peut-on croire un seul mot de ce qu’ils racontent au sujet de la Côte d’Ivoire ? Comment peut-on encore accorder crédit à l’Empire et ses laquais après les innombrables mensonges qu’ils nous ont servis chaque fois qu’ils ont voulu installer un gouvernement malléable dans un pays avec leurs fusils et leurs médias, dans le cadre de leurs sordides mises en scène ? Les journalistes qui forgent la crédibilité de façade de ces manipulateurs sont-ils complices ou incompétents ?

Les victimes et les adeptes des visées impérialistes occidentales en Côte d’Ivoire ont déjà joué dans une version antérieure de la même mise en scène, au Rwanda, où l’on fabriquait mensonge après mensonge à propos des « extrémistes hutus » et du gouvernement Habyarimana, alors que massacres et attentats étaient commis par le camp des bons autoproclamés, c’est-à-dire le FPR de Paul Kagame. Si un tueur porte un uniforme de l’armée nationale ou d’une milice, il n’en est pas forcément membre. Tout comme les tueurs du FPR, ceux des Forces nouvelles sont tout à fait capables de se déguiser et de sacrifier quelques partisans pour faire illusion. Mais, dans la bouche des menteurs onusiens et des journalistes ignorants ou complices, une rumeur ou une accusation lancée par le camp favori devient rapidement une vérité incontestable. L’enflure verbale a toujours la cote : tandis qu’au Rwanda, on qualifiait « d’extrémiste » quiconque était contre le FPR, tout Ivoirien opposé à l’insurgé Ouattara et à sa bande de mercenaires onusiens est considéré comme un « ultranationaliste ».

Soit dit en passant, il est remarquable de constater l’absence des médias étrangers dans les régions occupées par les Forces nouvelles, ce qui est une répétition du procédé employé au Rwanda, entre 1990 et 1994. À l’époque, les médias n’étaient pas admis dans la zone du FPR. Aujourd’hui, les reportages que nous voyons concernent essentiellement ce qui se passe à Abidjan. Le reste de la Côte d’Ivoire n’existe pas, semble-t-il. Des exactions peuvent donc y être perpétrées à l’abri des regards indiscrets par les Forces nouvelles.

La suffisance du cartel médiatique occidental

Il est remarquable de constater également la méfiance qu’entretient constamment le cartel médiatique occidental à l’égard des médias ne souscrivant pas à son monopole de l’information. Ainsi, les moralisateurs du cartel remettent en question la crédibilité de la RTI (Radiodiffusion télévision ivoirienne) sous prétexte qu’elle serait « contrôlée par Gbagbo ». Ils voient la paille dans l’oeil du voisin, mais oublient la poutre dans le leur, puisque l’AFP et Radio-Canada sont des organes de presse subissant une forte influence respectivement du gouvernement français et du gouvernement canadien.

Dans le cas de Radio-Canada, c’est le gouvernement qui nomme la totalité des membres du conseil d’administration, et les nominations sont nettement partisanes. Elles sont rarement motivées par le besoin de choisir les personnes les plus compétentes.

Quant à l’AFP, dont le site Web est truffé d’énoncés vantant sa rigueur et son objectivité, elle oublie de préciser que trois ministres siègent à son conseil d’administration, et pas n’importe quels : le premier ministre, le ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie ainsi que le ministre des Affaires étrangères. On retrouve aussi au sein de ce conseil d’administration des magnats de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle française. Aucun représentant du public ne siège au conseil d’administration de l’AFP. Pas étonnant que, lorsqu’on lit les communiqués de l’AFP sur le Rwanda, on y sente l’influence de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de 2007 à 2010, grand copain du génocidaire Kagame et grand partisan du FPR.


Bernard Kouchner s’entretient avec son ami Paul Kagame et veille à ce que l’AFP ne l’embête pas.

Radio-Canada et l’AFP mettent systématiquement en doute les affirmations du président Gbagbo, par exemple lorsque des civils sont blessés par l’ONUCI. Elles ont annoncé au public québécois, le 4 janvier 2011 à 10 h 21, que Laurent Gbagbo cédait sous la pression internationale et acceptait de négocier. Encore une fois, les rôles sont complètement inversés. Depuis le début de la crise, Laurent Gbagbo préconise la négociation, le recomptage des voix et la mise sur pied d’une commission d’évaluation indépendante, tandis que son adversaire Ouattara et ses commanditaires étasuniens réclament le départ sans condition du président Gbagbo, qu’ils essaient de soudoyer avec une promesse d’exil doré.

En outre, Radio-Canada présente le concept « d’ivoirité » comme une « politique raciale », mais omet d’indiquer que les États-Unis ont une règle analogue, qui empêche une personne naturalisée étasunienne d’être candidat à la présidence. Seul un Étasunien de naissance peut devenir président. Encore une fois, c’est la règle des deux poids, deux mesures : ce qui est considéré comme normal dans les démocraties occidentales devient un crime de lèse-majesté en Afrique.

Si un bain de sang a lieu en Côte d’Ivoire, on l’imputera très certainement à M. Gbagbo, alors qu’en réalité, la violence sera indéniablement le résultat de la politique d’agression des puissances occidentales et de leurs valets, qui ont appuyé la rébellion armée, qui massent de plus en plus de troupes dans ce pays ainsi qu’au large de ses côtes et qui jettent constamment de l’huile sur le feu, au lieu de chercher un accord. Comme au Rwanda jadis, les riches détenteurs exclusifs de la vertu attribuent à leurs mauvais clients le bellicisme dont ils sont eux-mêmes coupables et misent sur leurs énormes moyens de diffusion pour que leurs fables se transforment en évidence dans l’esprit de leur public captif.


Prochain article : Qui sont Gbagbo et Ouattara ?


Lire le premier article

Commentaires

  • Antoine Gueye Gbaouo, 7 avril 2016 13h57

    La vérité finit toujours par se savoir même si le mensonge a couru pendant un siècle dans les rapports nord-sud.
    La crise en côte d’Ivoire a dépeint le visage antéchrist qu’est l’occident dans ce monde des systèmes ...C’est la fin qui nous dira qui était Satan et qui est l’Ange de Dieu dans les crimes contre l’humanité commis en Côte d’Ivoire par r l’ONU et le bloc occidental.

  • MEZ, 23 janvier 2011 16h13

    Pour connaitre la vérité en cote d’ivoire, il suffit de regarder les solutions proposées par les parties.
    1. le camp Ouattara propose la guerre aux Forces de défenses et de sécurité (régulières) fidèles à Gbagbo.
    2. le camp Gbagbo propose de faire revisiter les PV et les résultats par une commission internationale, un recomptage des voix.
    Entre nous, au XXIè siècle, si ce n’est pour cacher des choses, quel intérêt a-t-on à faire la guerre à la suite d’une dispute électorale.
    les observateurs honnêtes savent que des dizaines de milliers de partisans de gbagbo préfèrent mourir que d’accepter cette énième injustice après toutes les fleurs qui ont été faites aux rebelles. Je vous informe que les réfugiés ivoiriens actuels fuient les zones rebelles.

  • Sam, 20 janvier 2011 08h23

    M.Bernard D.
    Avant tout je vous remercie de ces articles pertinents
    je me suis permis de publier sur mon blog
    les trois primières parties de vos articles. J’espère que vous m’accordez cette permission.
    Un lecteur y a laissé ce commentaire que je vous transmets vu que c’est vous manifestement le bon destinataire :
    quote
    Bernard,
    Je ne saurai me prononcer sur les exemples tirés du Rwanda parce que justement ce pays est loin de la Côte d’Ivoire et quand je vois ce que l’on raconte sur mon pays, j’ai du mal croire ce qui est dit sur un autre. Ceci dit, votre analyse sur la Côte d’Ivoire est pertinente. Il faut simplement recompter les voix ou reprendre les élections. Tout le bruit du monde ne pourra jamais étouffer la vérité. On a fini par savoir qu’en Irak, il n’y avait pas d’armes de destruction massive. On finira un jour par se rendre compte que les réclamations de Gbagbo sont fondées. On finira par reconnaitre qu’on ne peut pas avoir plus de votants que d’inscrits sur une liste électorale. On finira par reconnaitre que les deux représentants de Gbagbo dans les bureaux du Nord devaient voter pour lui donner deux voix au lieu de 0. Malheureusement, quand on va reconnaitre ces vérités évidentes, ce sera trop tard. La vérité est petite mais elle fini toujours par triompher ou du moins se savoir.
    Jean Claude Melan
    unquote

  • Bernard Desgagné, 16 janvier 2011 03h19

    Je tiens à remercier M. Mercier pour sa franchise dans le résumé de son point de vue qu’il nous offre ci-dessus. Comme il le dit, il travaillait en Côte d’Ivoire pour le Programme des Nations Unies pour le développement et il a toujours cru qu’il était dans l’intérêt des Ivoiriens de se débarrasser de Laurent Gbagbo.

    Il me semble que ce point de vue est assez représentatif de l’oeuvre de « développement » des Nations Unies en Côte d’Ivoire : il ne s’agit pas tant de favoriser la démocratie que d’aider les Ivoiriens à se débarrasser de M. Gbagbo.

    Maintenant, tout est clair.

  • Frédéric Mercier, 15 janvier 2011 11h33

    @ Black Mamba

    Je dois préciser que je ne travaille pas pour l’ONUCI, mais comme volontaire pour le PNUD qui a investi beaucoup dans la consolidation de paix ces dernières années.
    Il est vrai que le désarmement n’avait pas encore été complété au moment du scrutin, mais de toute façon vous savez bien que les armes peuvent sortir d’un côté et rentrer de l’autre, tant chez un clan que l’autre.
    Donc le problème est plus complexe.

    J’ai aussi rappelé ce pays vit depuis longtemps des tensions ethniques (60 ethnies et une trame religieuse chrétien-musulman qu’on évoque trop rarement), et qu’il est prévisible (quoique pas souhaitable) qu’un clan veuille cherche à s’armer pour s’imposer ou se défendre de l’autre.
    J’ai aussi souligné que les rebelles ne sont pas toujours nécessairement les méchants de l’histoire.
    C’est leur guerre, pas la nôtre (les Québécois).

    Visiblement, Choï a quand même jugé que les conditions étaient assez bonnes, ce qui a été confirmé par la plupart des observateurs internationaux après le 1er et le 2e tour.

    Mais si je devais me résumer en quelques mots je dirais ceci : supposons que Gbagbo a gagné et qu’il reste en poste ; les Ivoiriens sont très mal barrés avec lui, et leurs souffrances des 10 dernières années (comparé au faste des années 80 sous Ouattara-H.-Boigny) vont continuer.
    Avant d’être pro-Gbagbo ou pro-Ouattara, je suis pour les Ivoiriens, et je vous assure que cette opinion trouve écho chez mes collègues, malgré que nous ayions tous nos préférences de président.

    J’ai surtout avancé que la grande complexité de la situation ivoirienne exige un devoir de réserve au moment de l’analyser.

  • Black Mamba, 15 janvier 2011 06h23

    Bonjour à tous,

    D’abord je voudrais saluer M.DESGAGNE pour les efforts qu’il fait pour apporter la contradiction en ce qui concerne la crise que traverse la Côte d’Ivoire.

    Ensuite, je voudrais avoir le point de vue de M. Mercier qui, dit-il, travaille à l’ONUCI à propos de la signification de la certification demandée à son patron, M. Choi.
    Sur votre site(celui de l’onuci), au chapitre des FAQ, à la question de savoir "Qu’est ce que la certification des élections ?", il est écrit ceci : "Le Certificateur est mandaté par le Conseil de Sécurité pour certifier que tous les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales.
    Le Certificateur doit donc s’assurer que toutes les garanties nécessaires sont réunies pour la réussite des élections en Côte d’Ivoire. Il s’agit de sauvegarder aussi bien le processus que les résultats des élections.
    Le mandat de certification est un outil au service du peuple ivoirien pour organiser des élections dont il sera fier."
    La FAQ se trouve à l’adresse suivante : http://www.onuci.org/pdf/faqcertification.pdf
    Il y est clairement indiqué ce qu’il doit faire, à savoir certifier le processus électoral qui part de l’enrôlement et de l’établissement des listes électorales jusqu’au verdict prononcé par le Conseil Constitutionnel.De plus, la sauvegarde des élections ne signifie en rien la validation, encore moins la proclamation des résultats comme a pu le faire votre patron.
    En faisant cela, M. Choi a agi en dehors de ses prérogatives oui ou non ?

  • Bernard Desgagné, 12 janvier 2011 17h22

    Monsieur Mercier,

    Votre passé de journaliste et vos activités d’onusien, bénévole ou non, expliquent parfaitement votre tendance naturelle à la désinformation systématique. Pendant des années, vous vous êtes autolavé le cerveau.

    Contrairement à ce que vous prétendez, les « horreurs dans les rues d’Abidjan » sont le résultat de la présence de rebelles armés dans ces mêmes rues, avec la complicité de vos amis de l’ONUCI. Qu’on commence par désarmer ces rebelles masqués, et on reparlera après de la CPI. De plus, des violations graves des droits de la personne ont lieu depuis que ces mêmes rebelles ont envahi le territoire de la Côte d’Ivoire et ont fait l’objet de rapports de l’ONU il y a longtemps. Cependant, comme par hasard, l’ONU n’en parle plus. Elle préfère répéter ad nauseam toutes sortes d’allégations pour lesquelles elle ne dispose d’aucune preuve. Je suis désolé de vous l’apprendre, mais messieurs Ouattara et Soro vont se retrouver devant la CPI longtemps avant M. Gbagbo.

    http://tinyurl.com/49qpbqr

    M. Ouattara se présente armé à l’élection et ne cesse de faire des appels à la violence et à l’usage de la force avec son chef de guerre Soro et leurs complices menteurs et assassins Sarkozy, Obama et Alliot-Marie. Voilà la vérité.

    http://www.abidjan-verites.net/rdr.html
    [Regarder le vidéo « La marche du RHDP jeudi 16 Déc 01 ou prise du pouvoir par la force »]

    Vous semblez bloqué dans le présent fil de discussion. Pendant ce temps, j’ai continué d’alimenter les lecteurs de Vigile avec des faits, notamment dans le quatrième article de ma série, paru ce matin :

    http://www.vigile.net/La-guerre-civile-et-le-parti-pris

  • Frédéric Mercier, 12 janvier 2011 16h08

    @ B. Desgagné

    "Il est normal qu’en tant qu’employé de l’ONU, vous preniez la défense de cet organisme, mais cela ne fait pas de vous un observateur mieux éclairé que moi."

    Je tiens à être clair : ma motivation n’est PAS de prendre la défense de l’ONU, mais PLUTÔT de critiquer votre méthode d’enquête qui a trop clairement choisi son méchant, dans un contexte d’une complexité qui mérite plus de discernement. Je suis journaliste depuis plus de 20 ans, c’est dans cette optique que vos textes m’ont fait bondir.

    Quand à la qualité d’observateur, je prétends, en pouvant me tromper, bénéficier d’un point d’observation qui vous manque. Je les ai rencontrés, moi, les soldats des deux camps, et les généraux, dans le nord comme dans le sud. J’ai même contribué à leurs formations pré-électorale (sur la démocratie, etc). Tout s’annonçait bien ! (Jusqu’à ce que le Conseil constitutionnel débarque avec ses gros sabots).

    Je fait aussi remarquer que ces derniers temps, quand on voit les horreurs survenues dans les rues d’Abidjan, c’est Gbagbo qui est mon candidat "winner" à une éventuelle COUR PÉNALE INTERNATIONALE. Vous pourriez me répondre, avec raison probablement, que les Forces Nouvelles soutenant Ouattara n’ont aucun intérêt à verser dans la violence puisque leur patron ADO est reconnu comme gagnant des dernières élections.

  • Frédéric Mercier, 12 janvier 2011 15h17

    Pour vous "distraire" quelques dernières nouvelles "croquantes" de la presse abidjanaise. "Non objectivité" n’est même plus le mot.
    Ce qui est inquiétant, M. Desgagné, c’est que la populace ivoirienne est BIEN PLUS influencée par ces torchons que par le "cartel" médiatique international.

    L’EXPRESS AFRIQUE - Quand la presse ivoirienne se fait un sang d`encre

    " Outrances, injures, rumeurs : on savait que la vérité est la première victime de toute guerre ; les médias en sont donc la deuxième. Revue de presse abidjanaise.

    Dans les périodes de crise aiguë, la lecture matinale des quotidiens ivoiriens est un exercice cocasse, souvent éprouvant, toujours instructif. Pour preuve, la revue de la presse de ce lundi 10 janvier.

    Le hasard, qui n’existe pas, fait bien les choses : parmi les onze titres cueuillis dans un kiosque du centre d’Abidjan, cinq roulent pour le chef sortant de l’État, Laurent Gbagbo, toujours maître du palais présidentiel, et autant en faveur de l’élu du 28 novembre, Alassane Dramane Ouattara (ADO). Quant au 11e, L’INTER, il peut se prévaloir d’une très méritoire neutralité. Au point de consacrer sa page 2 à une analyse équilibrée des erreurs tactiques commises par les deux clans.

    La palme de l’outrance partisane revient haut la main au journal LE TEMPS, édité par l’agence Cyclone, que dirige Nady Bamba, la seconde épouse de Gbagbo.

    ADO ayant imprudemment prophétisé la chute imminente du leader bété, "tel un fruit pourri", le journal intitule finement son édito "Pourriture". Sa chute flétrit "des propos infectés qui ne peuvent que venir d’un corps en putréfaction avancée." Chers lecteurs, à vos pince-nez.

    L’article voisin puise son encre aux sources de l’hyperbole assassine. Il y est question des "parrains mafieux tapis dans l’ombre", qui "financent à coups de milliards le massacre des Ivoiriens."
    Coquille juteuse : d’après LE TEMPS, le Ghana et la Gambie se "désodorisent" - au lieu de se désolidariser - des va-t-en-guerre.

    Plus fort que le pince-nez, la bombe aérosol. En page 6, LE TEMPS élève la validation de l’élection de Ouattara par l’Onuci au rang de "3e grande manipulation mondiale de l’ONU", juste après le carnage imputé en 1990 aux envahisseurs irakiens dans une maternité de Koweït-City et la fiole bactériologique brandie à la tribune par Colin Powell, alors secrétaire d’Etat américain. Rien de moins. Ça devait rigoler (jaune) ce matin à l’ONUCI.

    Le journal nous apprend aussi qu’ADO s’apprête à braquer la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et qu’une cohorte de rebelles nordistes et de mercenaires burkinabés, parrainés par le dispositif français Licorne et convoyés par la "logistique onusienne", attaquera Abidjan avant le 22 janvier. Vient ensuite le plan détaillé de l’assaut, truffé comme d’habitude de "dit-on", de conditionnels et de "sources concordantes" jamais identifiées, dont tout bon journaliste se méfiera.

    Tout est bien qui finit bien : le papier décrit la fuite en Zodiac, "par voie fluviale", d’un ADO en déroute. Et au même instant, une trentaine de tireurs d’élite "d’origine américaine", perchés sur le toit de la résidence de l’ambassadeur de France, s’apprêtent à enlever Laurent Gbagbo.

    Serait-ce tout ? Mais non. En page 8, un scoop planétaire : dans la région de Duékoué, endeuillée depuis le 3 janvier par de violents affrontements intercommunautaires, l’Onuci recruterait des gamins de dix ans, aussitôt lestés d’une kalachnikov.
    L’un d’eux "témoigne" : "la crise post-électorale qui a dégénéré dans le département", et après "recoupement", le reporter du TEMPS nomme Pierre Legrand - c’est beau comme pseudo - qui tient à confirmer la "véracité" du récit.

    NOTRE VOIE, l’organe du Front populaire ivoirien (FPI) le parti fondé dans la clandestinité par Gbagbo, éreinte les États-Unis, la France et le "machin" onusien. On y apprend que "des services de renseignement français révèlent des mouvements suspects de militaires convoyés par la France" via Dakar (Sénégal). À qui se fier ?
    Tout comme NOTRE VOIE, les directeurs des journaux FRATERNITÉ-MATIN et le QUOTIDIEN D’ABIDJAN, accusés d’"incitation à la haine et à la violence", figurent sur la liste des 59 personnalités visées par les sanctions de l’Union européenne.
    Le dernier titre cité dénonce pourtant un "vrai drame humanitaire" : celui que vivent maints cadres de l’équipe Ouattara, "retenus en otages" à l’Hôtel du Golf, quartier général de l’élu sans trône ni palais, et "prêts à se soulever contre leurs bourreaux."

    La presse hostile à Gbagbo ne brille pas davantage par sa retenue ou son discernement.
    Au détour d’une brève, LE NOUVEAU RÉVEIL avance que Gbagbo fait creuser un tunnel "pour aller au Golf Hotel aux fins d’en déloger ses adversaires en les faisant sauter à la dynamite". Chantier confié il va de soi à une entreprise chinoise. (Quoique la Chine a annoncé le même jour soutenir Ouattara - FM).
    En dessous, en vertu d’une insolite symétrie, ce journal rapporte les rumeurs selon lesquelles le clan Gbagbo envisagerait lui aussi - ça va faire du monde - de braquer l’agence abidjanaise de la BCEAO, histoire de payer les fonctionnaires, puis accuse un sous-préfet fidèle au régime de facto d’enrôler des mineurs.

    Dévoué à Ouattara, le journal L’EXPRESSION décrit d’étranges sessions de prières orchestrées par des pro-Gbagbo dans la résidence présidentielle de Cocody, à la lueur de bougies rouges ou blanches, dans une salle tapissée des murs au plafond de portrait à l’effigie de Ouattara. "De nombreux prêtres coptes, vaudous, indous (sic) et africains prennent part à ces séances sataniques."

    On l’aura compris : rien de plus rébarbatif que la lecture de l’intégrale de la presse du cru.
    Ah si, quand même : regarder de bout en bout le journal de 20h00 de la RTI, la Radio-télévision ivoirienne maintenant entièrement au service de la propagande Gbagbo.
    Un de ces jours, on vous racontera."

  • Frédéric Mercier, 11 janvier 2011 19h21

    @ jhyapi
    "Le gagnant dopé du tour de France finit toujours par se faire retirer son titre. C’est ce qui est arrivé à Ouattara grâce à la vigilance du Conseil Constitutionnel."

    Bon, supposons. Alors que faites-vous des 7 départements annulés, un par un, par le Conseil constitutionnel, jusqu’à arriver à la victoire de Laurent ?

  • jhyapi, 11 janvier 2011 18h24

    Certains s’appuient sur ’article 64 du code électoral pour dire que le Conseil constitutionnel devait annuler toutes les élections.

    Que dit la loi ivoirienne ?

    - Article 63 : « Le résultat définitif de l’élection du président de la République est proclamé, après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d’urgence. »

    - Article 64. « Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du
    scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection.
    La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des ministres sur proposition de la Commission chargée des
    élections.
    Le scrutin a lieu au plus tard quarante cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. »

    - Article 98 : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux Pouvoirs Publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale. »

    Je précise que la CEI a invalidé tout le vote de la France qui représente la plus grosse partie de la diaspora ivoirienne et qui est favorable à Gbagbo.

  • jhyapi, 11 janvier 2011 15h56

    Fraudes massives, violence entrainant parfois mort d’homme.
    C’est dans les circonscriptions où cela a eu lieu que le vote a été annulé par le Conseil Constitutionnel qui, au demeurant, est le seul habileté à proclamer le résultat définitif des élections, la CEI n’ayant pour rôle que d’organiser et proclamer les résultats provisoires. Enfin le rôle de l’ONUCI est de certifier les résultats définitifs proclamés par le Conseil Constitutionnel. Mais il s’est empressé de certifier le résultat provisoire proclamé dans le QG de Ouattara et des rebelles.

    La fraude :
    • Des bureaux de vote où le nombre de votants est supérieur
    au nombre d’inscrits ?
    • Des bureaux de vote sans isoloirs ?
    • Plus de 400 bureaux de vote où le candidat Gbagbo
    n’obtient aucune voix, même pas celle de ses
    représentants et de ses accesseurs. Pourquoi ?
    • Des procès verbaux dont les chiffres ne concordent pas et
    qui sont donc rejetés par le système informatique de
    consolidation des résultats ?

    Pour le 2nd Tour, la CEI avait officiellement annoncé un taux de participation d’environ 70%, ce qui signifie que le nombre de votants devrait être :
    Nombre de votants = (5 712 348 * 70) / 100 = 3 998 643

    Un Issouf Bakayoko (kydnappé par la France au QG de Ouattara et ses rebelles) a donné, sur FRANCE24, les résultats suivants :

    GBAGBO 2 107 055 45,9%
    OUATTARA 2 483 164 54,1%

    Soit un suffrage exprimé de :
    2 107 055 + 2 483 164 = 4 590 219
    Le suffrage exprimé 4 590 219 qui est normalement inférieur au nombre de votants (à cause des bulletins nuls) représente :
    = (Suffrage exprimé * 100) / Nbre d’inscrits
    = (4590 219 * 100) / 5 712 348
    = 80,35%.

    FRAUDE 1
    Le pourcentage des suffrages exprimés (80,35%) est supérieur au taux de participation général annoncé officiellement par la CEI (env 70%).
    Si l’on devait comptabiliser les bulletin nuls, on aurait un pourcentage plus élevé et supérieur à celui du 1er tour.

    FRAUDE 2
    Sur la base du suffrage exprimé, nous avons un surplus de voix de l’ordre de :
    = Suffrage exprimé - (Nbre d’inscrits * Taux de participation)
    = 4 590 219 - (5 712 348 * 70%)
    = 4 590 219 - 3 998 643
    = 591 576 voix supplémentaires. D’où viennent- elles ?

    FRAUDE 3
    En se basant sur le suffrage exprimé du deuxième tour : 4 590 219
    Et en considérant les résultats du 1er Tour
    GBAGBO : 1 738 889
    OUATTARA : 1 473 970
    En se basant sur le fait que tous les militants de GBAGBO et OUATTARA qui ont voté au 1er tour ont fait de même au 2ième, il devrait rester comme voix à se disputer :
    Suffrage exprimé - (1er Tour GBAGBO 1er Tour OUATTARA)
    = 4 590 219 - (1 738 889 1 473 970)
    = 4 590 219 - 3 212 859
    = 1 377 360

    Ce nombre est supérieur au nombre de voix de BEDIE et de tous les autres candidats au 1er Tour (1 356 399). Quand on sait qu’il y a eu des empêchements de votes et de nombreuses abstentions on devrait avoir un nombre beaucoup plus bas.

    FRAUDE 4
    L’image scannée du procès-verbal consolidant les résultats dans la région du Bandama circule sur le net. Il est éloquent. Presque 95 000 voix attribuées frauduleusement à Ouattara.

    FRAUDE 5
    Les violences dans les zones occupées par les rebelles et dénoncées par les observateurs africains plus crédibles que ceux de "la communauté internationale" occidentale sont réelles et d’une telle gravité qu’elles ne peuvent qu’entacher sérieusement les résultats du scrutin dans ces zones. La photo montre la représentante de GBAGBO dénudée et piétinée par les rebelles à Korhogo. Cette dame est décédée suite aux blessures qui lui ont été infligées. Sa faute : faire son travail de surveillance des élections au profit de son candidat.(http://www.abidjan-verites.net/rdr.html)

    La vidéo disponible sur http://69.64.50.160/ montre le climat de terreur qui prévaut dans ces zones occupées par les rebelles protégés par la France, les États-Unis et "la communauté internationale". L’ONU avait pour mission d’aider au désarmement des rebelles.

    Le holdup électoral orchestré par les ennemis de la Côte d’Ivoire qui veulent ses ressources pétrolières ne passera pas.

    Le gagnant dopé du tour de France finit toujours par se faire retirer son titre. C’est ce qui est arrivé à Ouattara grâce à la vigilance du Conseil Constitutionnel.

  • Frédéric Mercier, 11 janvier 2011 09h51

    @ M. Meloche
    "Gbagbo a-t-il gagné par l’annulation du second tour ou par le rejet des résultats de certains bureaux de scrutin lors du même second tour ?"

    Le second tour n’a pas été annulé, il a été validé par tout le monde sauf le Conseil constitutionnel, ami de Gbagbo. Or si le C.C. avait raison de crier aux fraudes, son DEVOIR CONSTITUTIONNEL était de reprendre le second tour, et non pas d’ANNULER les circonscriptions pro-Ouattara pour ainsi faire gagner Laurent.
    Donc pour répondre à votre question, Gbagbo a gagné en trichant. Mais que cela ne vous choque pas trop : il nous avait tous PRÉVENUS pendant les élections en disant : "On gagne... ou on gagne", ainsi que son fameux "J’y suis, j’y reste."

    Autrement dit, si le règne actuel de Ouattara et anticonstitutionnel selon le C.C., celui de Gbagbo est illégal selon le Comité électroal indépendant et le reste du monde. Faites vos choix.
    Vous voyez que la réalité est plus complexe que dans l’analyse partiale de M. Desgagné qui semble ne connaître l’Afrique que par Wikipédia.

  • Frédéric Mercier, 11 janvier 2011 09h41

    @ M. Desgagné : Un autre point de vue dont on ne parle presque jamais : et si Gbagbo s’entêtait à cause des pressions de son entourage encore plus douteux que lui ?
    Vous avez vu la suite d’émissaires, la plupart Africains, venus rencontrer les deux belligérants ? Ça ne vous donne pas un indice sur la complexité de la situation ?
    Votre héros serait-il effectivement victime, mais de ses faux amis ?

    Journal LE MANDAT, 11 janvier 2011
    http://news.abidjan.net/h/386736.html

    "Laurent Gbagbo, candidat malheureux à l’élection présidentielle du 28 novembre dernier, continue de se maintenir illégalement au pouvoir.
    Dans ce projet cynique, il est soutenu par des individus sans scrupule qui continuent de lui témoigner fidélité et de lui faire croire qu’il a toutes les chances de demeurer au pouvoir malgré les menaces de la communauté internationale.
    Ainsi, ils le poussent à tenir tête au monde entier et à proférer des propos guerriers à l’endroit des plus grandes puissances au monde.
    Au nombre de ses proches qui accompagnent l’ex-Chef de l’Etat dans cette voie suicidaire, figure en bonne place Lida Kouassi MOISE, ex-ministre de la Défense de Laurent Gbagbo.
    Cet individu, il est su de tous les Ivoiriens qu’il n’est pas à son premier acte. En effet, il a toujours induit Laurent Gbagbo en erreur. La preuve, en sa qualité de ministre de la Défense, lorsque en 2001, des informations persistances faisaient état de ce qu’une attaque imminente se préparait contre le pouvoir FPI, il avait rassuré Gbagbo que la situation était sous contrôle.
    Au vu de cela, Laurent Gbagbo se permettait de rassurer les Ivoiriens de dormir en paix. Pis, il s’est même permis d’effectuer un voyage en Italie, en septembre 2002. A la grande surprise, les Ivoiriens vont être réveillés par des coups de canons, dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002..."

  • Bernard Desgagné, 10 janvier 2011 17h39

    Monsieur Mercier,

    Je pense avoir cité suffisamment de sources et avoir fait preuve de suffisamment de rigueur dans l’analyse pour que vous ne m’accusiez pas comme vous le faites d’écrire un texte digne d’un « torchon », de faire une « enquête parmi les plus partiales et non objectives », d’écrire comme un « étudiant de secondaire 5 » et de vous « rentrer mon opinion dans la gorge comme une enquête sérieuse ».

    Je ne crois pas que vous arriviez à convaincre beaucoup de monde que j’ai tort et que vous avez raison en m’insultant de la sorte. Je considère que tous les arguments que vous nous avez présentés, de manière très agressive, ont été réfutés dans mes trois articles et dans les commentaires que les lecteurs et moi y avons ajoutés. Justement, vous trouverez, dans le troisième article, la réponse à votre argument selon lequel un représentant de M. Gbagbo aurait arraché des mains de Bamba Yacouba les résultats dument compilés de l’élection. Je vous invite à lire le troisième article et à nous dire ce que vous en pensez, de préférence sans insulter gratuitement les gens.

    http://www.vigile.net/Qui-sont-Gbagbo-et-Ouattara

    J’ai approuvé moi-même la publication de votre dernier commentaire, mais ma patience a des limites. Sur Vigile, nous sommes généralement civilisés entre nous tout en étant cinglants envers les détenteurs du pouvoir financier, politique ou médiatique qui méritent qu’on les dénonce parce qu’ils oeuvrent contre l’intérêt du peuple. Je ne suis ni un politicien, ni un scribouilleur professionnel à la solde d’un empire médiatique. Je ne suis qu’un simple citoyen qui écrit bénévolement, sans rien attendre en retour. J’essaie d’éclairer mes compatriotes sur des questions que je considère comme cruciales. Je n’ai pas l’habitude d’insulter les gens gratuitement et je pèse chacun de mes mots, y compris lorsqu’ils sont durs.

    Il est normal qu’en tant qu’employé de l’ONU, vous preniez la défense de cet organisme, mais cela ne fait pas de vous un observateur mieux éclairé que moi. Au contraire. Je suis prêt à croire que vous êtes de bonne foi, mais je vous prierais de vous ouvrir les yeux : toutes les principales missions de « maintien de la paix » de l’ONU sont de gigantesques fiascos humanitaires ; les porte-paroles de l’ONU sont de fieffés menteurs.

    Dites-nous donc, par exemple, ce que vous pensez des mensonges de Roger Meece, lors de l’épidémie de viols à Luvungi, en RDC.

    http://www.tagtele.com/videos/voir/59294/

    Dites-nous ce que vous pensez des casques bleus qui font des photos souvenirs pendant que des Congolais se font massacrer, à Kiwanja.

    http://web.me.com/bernarddesgagne/Rwanda/Nkunda.html

    (Les deux derniers liens figuraient dans mon deuxième article, « La propagande radiocanadienne et les mercenaires onusiens ».)

    Dites-nous sans rire que la « communauté internationale » veut le bien des Afghans lorsqu’elle avalise l’élection d’un des gouvernements les plus corrompus sur terre. Dites-nous que les casques bleus qui apportent le choléra aux Haïtiens sont là pour leur bien.

    En tant qu’employé de l’ONU, vous êtes très mal placé pour me faire la leçon et pour faire des reproches à M. Gbagbo.

  • Frédéric Mercier, 10 janvier 2011 16h59

    @ Serge Charbonneau

    Je n’ai pas lu l’article de François Brousseau dont vous parlez, mais chose certaine, si les texte de M. Desgagné à propos de la Côte d’Ivoire étaient publiés à titre de journaliste, je le dénoncerai immédiatement à tous les Conseil de presse du monde.

    Seul le journal Notre Voie, un véritable torchon ivoirien, publierait avec plaisir son "enquête" qui est parmi les plus partiales et non objectives qu’il me fut donné de lire. Dignes d’un journal étudiant de secondaire 5.

    Si ses textes étaient présentés comme une opinion, passe encore, mais non, il nous rentre ça dans la gorge comme une enquête sérieuse.

    Sincèrement, je suis déçu de voir ça sur Vigile, un site que je respecte et que j’appuie.

    Je travaille pour l’ONU en Côte d’Ivoire mais, non, je n’ai pas besoin de ça pour comprendre que tant Ouattara que Ggabgo sont des tricheurs, et que le second ne mérite certainement pas l’apologie naïve que lui consacre Desgagné, et que Ouattara, enfin, a au moins fait ses preuves comme dirigeant d’un pays, contrairement à Laurent.

  • Pierre Desgagné, 10 janvier 2011 09h25

    Très intéressant ce texte, il fait le lien entre Ouattara (Ado pour les intimes) et le la CIA, DSK et le FMI. .

    À ne pas douter, ce drame qui se joue présentement en Côte d’Ivoire, aura des répercussions dramatiques (construction d’un Bloc Africain unifié, pour le plus grand bonheur des marchés, multinationales et autres vampires apatrides.), sur tout le continent Africain.

    Voir le lien de l’article : http://www.medias-france-libre.fr/index.php/chroniques/25-communiques-politique/1014-cote-divoire-le-couple-ouattara-proche-de-la-ciadskfmi.html

  • Serge Charbonneau, 9 janvier 2011 15h06

    Merci pour votre réponse explicite, M. Desgagné.

    Je vais continuer à bien analyser, avec les éléments que vous me suggérez, et dont je connaissais déjà l’existence, ce Rwanda et ses démons.

    Je n’ai vraiment pas étudié ce gouffre suffisamment pour pouvoir pencher de façon claire dans un sens ou dans l’autre.

    Le Rwanda est à l’image de l’Afrique entière : un territoire fort complexe.

    J’ai souvent l’impression qu’il faut laisser les mauvaises (sic) herbes de la réalité pousser avant de pouvoir prendre le risque de se prononcer « catégoriquement ».

    Je rejette encore une fois votre trop "catégorique" : « Le plus grand assassin sur terre »

    Concernant Mme Braeckman qui est une amie de la première heure du FPR, je ne cite aucunement son opinion, mais je vous propose ce que Kagamé dit. On peut toujours affirmer haut et fort qu’il est menteur et crosseur à l’os, tout comme l’on fait présentement pour Gbagbo, mais ces gens, parfois nous disent des choses vérifiables et qui sont aussi des vérités.

    Je ne dis cependant pas que Kagamé, tout comme Gbagbo sont des anges qui ne livrent que la "pure" Vérité avec un grand V.

    Je dis simplement que Kagamé, tout comme Gbagbo, dit des choses qui méritent d’être écoutées.

    Je ne rejette pas du tout du revers de la main votre position, mais j’ai beaucoup de difficulté avec le noir et blanc qui nous rend radicaux et catégoriques et qui nous amène à devenir juges.

    Merci, pour votre ouverture.

    Journalistique ment vôtre,

    Serge Charbonneau
    Québec

  • Bernard Desgagné, 9 janvier 2011 14h34

    Monsieur Charbonneau,

    Votre contribution est utile. Votre correspondance avec M. Brousseau constitue une démonstration de plus de l’occultation systématique à laquelle se livre Radio-Canada.

    Cependant, je peux vous dire que mon analyse de la question rwandaise est loin de « reposer sur les observations de Robin Philpot ». Il est vrai que lui et moi sommes du même avis, mais il y a aussi des dizaines d’experts qui le sont également et qui, comme par hasard, sont tous muselés par le cartel médiatique.

    Si vous avez le temps, vous pouvez consulter le site Web que j’ai constitué sur le drame rwandais et congolais.

    http://web.me.com/bernarddesgagne/Rwanda/Accueil.html

    Ce site contient une grande quantité d’articles venant de divers auteurs. Il contient aussi beaucoup de liens ainsi qu’une bibliographie, des films et des entrevues.

    http://web.me.com/bernarddesgagne/Rwanda/Biblio.html

    http://web.me.com/bernarddesgagne/Rwanda/Films.html

    http://web.me.com/bernarddesgagne/Rwanda/Carnet_audio/Carnet_audio.html

    Vous trouverez justement, parmi ces liens et dans cette bibliographie, beaucoup de gens qui ne peuvent pas se faire entendre et qui, pourtant, connaissent très bien la question, par exemple les avocats de la défense du TPIR et le colonel Luc Marchal, pour ne nommer qu’eux.

    Le colonel Marchal et l’avocat étasunien Peter Erlinder ont publié des articles dans mon site, de même que la Canadienne Susan Thomson, qui a subi les méthodes de Kagame elle-même. Je la connais personnellement et j’ai moi-même traduit en français son article sur les camps de rééducation ingando.

    http://tinyurl.com/ydywz78

    http://tinyurl.com/ygdeglg

    http://tinyurl.com/yhrvujo

    Vous trouverez également dans mon site une analyse des inégalités actuelles au Rwanda par un économiste, Emmanuel Hakizimana.

    http://web.me.com/bernarddesgagne/Rwanda/Economie.html

    Au sujet de Mme Colette Braeckman, que vous citez dans l’un de vos commentaires, je vous précise que c’est une amie de la première heure du FPR. Elle est à tu et à toi avec James Kabarabe, le chef d’état-major devenu ministre de la Défense de Paul Kagame. Son opinion, vivement contestée en Belgique et ailleurs, ne peut pas être qualifiée d’impartiale.

    Je porte aussi à votre attention ma lettre à Paul Kagame, parue sur Vigile en 2008, qui a eu une certaine résonance dans le monde. Elle a été reprise par de nombreux sites Web.

    http://www.vigile.net/Lettre-a-Paul-Kagame

    Enfin, je vous suggère de lire « La justice-spectacle au service de l’impunité », un article paru dans Le Devoir sur la parodie de justice qu’a été le procès de Désiré Munyaneza. Le vertueux Canada est loin d’être bien placé pour faire la leçon à la Côte d’Ivoire en matière de démocratie et de justice.

    http://www.ledevoir.com/international/afrique/274475/condamnation-de-desire-munyaneza-la-justice-spectacle-au-service-de-l-impunite

    Je pourrais vous en dire encore beaucoup plus, mais je vous laisse digérer tout cela.

    Je peux vous assurer - et j’en ai la conviction absolue - que l’histoire convenue du drame rwandais racontée par des menteurs comme Roméo Dallaire et les propagandistes de Radio-Canada est fausse. J’ai passé des années à étudier le dossier.

    Votre opinion actuelle sur la question rwandaise est la preuve de la grande efficacité de la désinformation. Les sources que vous citez ne sont pas à l’opposée de ce que nous raconte Radio-Canada. Au contraire, elles vont exactement dans le même sens. Mme Braeckman fait partie des chouchous de Radio-Canada. Vous n’avez manifestement pas beaucoup entendu les points de vue des contradicteurs de l’histoire convenue, et pour cause. Radio-Canada et les autres antennes du cartel médiatiques se sont employées à vous les dissimuler savamment. Si toute cette information avait été portée à votre attention, il est certain qu’en personne intelligente, vous auriez une opinion bien différente.

    Je vous suggère d’utiliser Firefox ou Safari, plutôt qu’Internet Explorer, pour consulter mon site. Certains éléments textuels sont invisibles avec Internet Explorer.

  • Serge Charbonneau, 9 janvier 2011 13h47

    J’aimerais porter à votre attention un autre document faisant réfléchir.

    Un documentaire fait lors du retour de Roméo Dallaire au Rwanda du diable Kagamé en 2004.

    On y voit les éloges que le démon fait à l’endroit de Roméo Dallaire, alias le menteur.
    On y voit aussi le sénateur belge, Alain Destexhe accusé sans fondement, sous le regard des télés internationales, Roméo Dallaire. Une accusation totalement fausse qui lançait la campagne de réécriture de l’Histoire du génocide.

    C’est à ce moment que le processus visant à faire passer Roméo Dallaire de héros à menteur commença.

    C’est trrrrès intéressant.
    Et ça porte à réflexion, lorsque notre opinion n’est pas figée par la propagande.

    C’est à voir du début à la fin, mais surtout à 17 minutes 36 secondes du début, là où Dallaire est accusé.

    http://www.dailymotion.com/video/x6qsb6_2-romeo-dallaire-de-retour-au-rwand_news

    Roméo Dallaire a-t-il « inventé » son histoire ?
    A-t-il inventé les atrocités ?
    A-t-il joué sa tentative de suicide ?

    Sa version est-elle « mensongère » et était-il de mèche avec le démon, Kagamé pour que celui-ci puisse tuer impunément ?

    Bien des questions auxquelles nous sommes très mal placés pour répondre de façon « C A T É G O R I Q U E ».

    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S. : Heureusement, sur Vigile on ne censure pas !

  • Serge Charbonneau, 9 janvier 2011 13h22

    M. Desgagné, j’aimerais porter à votre attention cette entrevue du démon Kagamé faite en septembre 2008.

    Parfois, ces gens diabolisés à la limite de la caricature, valent la peine d’être entendus.

    Est-il sincère ?
    Est-il honnête ?

    Peut-être que oui, peut-être que non.
    Mais chose sûre, Kagamé est Rwandais, Africain, et qu’il est un des acteurs présents lors du terrible génocide qui extermina 800 000 personnes (surtout Tutsi, comme lui) en cent jours.

    800 000 personnes horriblement tuées sous le regard ONUSIEN , Américain et Français passif.
    Totalement passif.

    Il faut vraiment se questionner sur ce génocide et sur ladite implication de Kagamé sur des massacres qui ont suivi.

    Il faut lire calmement ce que disait et dit toujours ce diable de Kagamé.

    http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2008/09/06/le-president-kagame-a-coeur-ouvert/

    Serge Charbonneau
    Québec

  • Serge Charbonneau, 9 janvier 2011 11h06

    Bravo M. Desgagné pour cette excellente mise au point.

    Il faut vraiment donner l’heure juste. Il est temps que des journalistes sérieux reprennent du service, parce que nous baignons dans la propagande médiatique la plus totale.

    J’ai tenté, sur le site de Radio Canada, là où le mal se fait (là et ailleurs, bien entendu) de corriger de mon mieux la situation. J’ai démontré par de très nombreux liens et commentaires que l’information radio-canadienne s’est totalement transformée en propagande intense et vraiment sans gène.

    Malgré ces mises au point répétées, Radio Canada ne bronche pas.
    Nous assistons à un autre Coup d’État médiatique orchestré, entre autres, par AFP avec le soutien indéfectible de Radio-Canada, de CyberPresse et de tous ces journaux mondiaux au service du néolibéralisme.

    Des articles comme le vôtre sont essentiels pour corriger la situation.

    Dommage que Vigile ne soit pas plus lu, mais avec le temps, les gens sérieux devraient découvrir de plus en plus le sérieux de ce journal essentiel pour la santé de notre démocratie.

    Merci

    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S. : Je ne suis pas aussi catégorique que vous concernant les crimes "prouvés" de Paul Kagamé. J’ai toujours tendance à faire confiance aux populations locales et celle-ci semble soutenir leur Président. On peut toujours dire qu’ils sont de la même tribu, mais c’est facilement faire le jeu du prétexte "ethnique" toujours soulevé en propagande et toujours utilisé par les organismes souterrains (services secrets) pour enclencher les divisions. Je trouve cette histoire beaucoup trop complexe pour trancher aussi radicalement.

    Paul Kagamé est un Tutsi.
    Il y a eu 800 000 morts en cent jours au Rwanda sous l’œil bienveillant de l’ONU.
    La majorité était Tutsi.
    Kagamé a renversé les génocidaires.
    Aujourd’hui on l’accuse d’en faire partie.

    Des livres sont publiés pour dénigrer Roméo Dallaire et Kagamé.
    On dirait qu’on s’efforce de réécrire l’Histoire. Ou alors, Dallaire est un témoin-menteur.

    http://mdrwi.org/livres/livre%20detenu%20tpir.htm

    Le « MYTH OF SAINT ROMEO »
    http://www.orwelltoday.com/rwandadallaire.shtml

    On ne peut souffrir autant que les victimes du genocide (Kagame)
    http://fr.hirondellenews.com/content/view/11140/295/

    Votre condamnation repose sur les observations de Monsieur Philpot.

    « Dans Rwanda : Crimes, mensonges et étouffement de la vérité, l’auteur de Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali s’appuie entre autres sur une entrevue exclusive d’un ancien capitaine sénégalais qui travaillait pour Dallaire au Rwanda et qui contredit complètement la thèse de son ancien général, soutenue par le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni. »

    http://bengarno.over-blog.com/article-7199611.html

    « … la thèse de son ancien général, soutenue par le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni. »

    Étrange qu’avec tant de soutien à la thèse de Dallaire, celui-ci n’ait pas eu de renfort pour éviter la mort de ces 800 000 malheureux.

    Nous sommes dans le jeu du Qui dit vrai ?
    Il faut s’accrocher aux faits.

    On dit Kagamé "client" de l’empire et ce même empire, par moment, le traîne dans la boue ?
    Il y a des choses qui nous échappent, Monsieur Desgagné.

    Il faut encore une fois, étudier les intérêts économiques en jeu au Rwanda. Quelles compagnies oeuvrent au Rwanda. Qui exploite les richesses du sous-sol ? Quels sont les contrats entre le gouvernement Kagamé et les entreprises étrangères ? Et bien sûr, et même surtout, comment se porte la population du Rwanda ?

    Lorsque tout est noir ou tout est clair, j’ai « toujours » des doutes.
    Je crois que l’Histoire est malléable, M. Desgagné.

    Lorsque vous dites : « Le plus grand assassin sur terre » en parlant de Kagamé, vous faites exactement ce que nous reprochons à François Brousseau. Vous ne faites plus du journalisme, mais vous jouez au juge ayant l’infaillibilité papale.

  • Serge Charbonneau, 9 janvier 2011 09h40

    Radio Canada nous offre deux liens pour deux entrevues avec Alassane Ouattara.

    Une à RFI et l’autre à Europe 1

    (( ( Pourquoi ) )) Radio Canada n’offre pas le lien donnant accès à l’entrevue que Laurent Gbagbo a donné à Euronews le 5 (ou 3 janvier) dernier ???

    Voici le lien (une entrevue de 53 minutes)

    http://www.dailymotion.com/video/xgeqw3_entretien-du-president-avec-euronews_news

    ou

    http://cncnws.com/blog/2011/01/05/entrevue-du-pr-laurent-gbagbo-avec-euronews-rti-tv2-la-chaine-en-mouvement/

    Radio Canada peut-elle corriger cette anomalie ?

    Si non, peut-elle nous dire pourquoi ?

    Merci

    Serge Charbonneau
    Québec

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/06/004-ouattara-crimes-gbagbo.shtml

  • Serge Charbonneau, 9 janvier 2011 09h35

    Bonjour Monsieur Brousseau,

    Je sais bien que vous ne me répondrez pas.
    Mais bon, moi je ne refuse jamais la discussion civilisée avec qui que ce soit.

    Je viens de visionner à l’instant une entrevue de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, M. Pierre Kipré.
    Une entrevue menée par M. Jean-Pierre Elkabbach d’Europe1.

    http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/L-interview-de-Jean-Pierre-Elkabbach/Videos/Ouattara-n-est-pas-le-president-elu-323019/

    Je vous invite à regarder cette entrevue.

    J’aimerais bien avoir vos commentaires concernant le sens "journalistique" de l’intervieweur, M. Elkabbach.
    Selon vous, est-ce du journalisme valable ?

    Est-ce que ce type d’entrevue rend bien la situation actuelle ?

    Il y a aussi l’entrevue récente (3 ou 5 janvier) de M. Laurent Gbagbo faite par François Chignac sur Euronews.
    http://www.youtube.com/watch?v=43hjwclitak

    Lequel des deux journalistes fait le mieux son boulot ?

    Vous ne me répondrez probablement pas,
    mais, s’il vous plait, posez vous ces questions sérieusement à vous-mêmes et répondez-y honnêtement.

    Merci
    et désolé pour le dérangement.

    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S. : Vous pouvez lire quelques-un de mes très nombreux commentaires sous la nouvelle.
    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/05/001-cote-ivoire-mercredi.shtml#commentaires

    Vous avez censuré mon commentaire sous votre carnet concernant « le tricheur ».
    Commentaire où je vous "accuse" de jouer au juge... Merci, c’est le respect de la liberté d’expression.
    Ceux, comme vous qui avez une chaire médiatique peuvent dire un peu plus leur simple opinion sans être importuné par la censure.

    Bien évidemment, M. Brousseau ne m’a pas répondu.

    Ce désinformateur est-il payé par quelqu’un pour faire son sale boulot ou s’il est tout simplement d’une naïveté incroyable, ou encore est-il sous l’emprise d’un Mesmer manipulateur ?

    Une question que je me pose depuis longtemps.

  • Serge Charbonneau, 9 janvier 2011 09h28

    Voici mon commentaire censuré envoyé le 30 décembre sous le carnet de François Brousseau accusant Laurent Gbagbo de tricheur :


    Quel titre !

    Une condamnation sans équivoque.
    Est-ce du journalisme ?

    Le "sans équivoque", est-ce du journalisme ?
    Non.

    Le "sans équivoque" c’est de la propagande.
    Près de la moitié de la population ivoirienne soutient Gbagbo. Il est incroyable qu’un journaliste ne tienne pas compte de ce que près de la moitié de la population ivoirienne pense et soutienne.

    Il est incroyable qu’un journaliste reprenne la version de ladite « communauté internationale » ce petit groupe de pays qui manipule les Nations Unies et veut imposer sa vision du monde à la planète entière. Gbagbo n’est pas plus tricheur que Ouattara et il n’est pas plus "isolé".

    Monsieur Ali-Ber Soni pose une très bonne question :
    « M. Francois Brousseau sait-il de quoi il parle ? »

    Monsieur Brousseau ne fait que reprendre ce qu’il lit sur les agences de presse tel AFP qui impose une vision « unique » et biaisée du monde dans lequel nous vivons. Un copié-collé, sans analyse et sans réflexion. Une absence totale de l’autre côté de la médaille. On nous présente le monde comme une caricature, comme si nous vivions dans une bande dessinée où il n’y avait que des "tricheurs" et des "justiciers" sans tache.

    Je partage entièrement l’opinion de M. Ali-Ber Soni : M. Brousseau ne semble pas du tout savoir de quoi il parle. Et surtout son propos est bien loin d’être les propos qu’un journaliste honnête doit avoir.

    Un journaliste n’est pas là pour condamner, mais bien pour tenter de livrer l’image la plus juste de la réalité.

    Les propos de M. Brousseau sont une insulte à tous ces Ivoiriens qui soutiennent Laurent Gbagbo.

    Quel triste journalisme !

    Serge Charbonneau
    Québec

  • 8 janvier 2011 20h16

    Voici un article repris du site de Bernard Lugan. Si l’on en croit son analyse, la souveraineté des nations selon des découpages ethniques serait la sortie de crise la plus souhaitable. Je me demande à la lumière de cet éclairage si les deux « présidents » ne seraient pas tous les deux à leur manière déphasés par rapport à l’initiative qui serait appropriée. Un référendum pour un découpage du pays comme au Soudan ?

    GV

    * * *

    VENDREDI 31 DÉCEMBRE 2010

    Communiqué du nouvel an

    Côte d’Ivoire : une seule solution, la partition[1]

    En ce 1° janvier, mes vœux vont à la Côte d’Ivoire où les élections ont provoqué une situation de quasi guerre civile qui menace d’embraser une partie de l’Afrique de l’Ouest et où, par son refus de prise en compte de la réalité ethnique, la « communauté internationale » s’est délibérément placée dans une impasse.

    Voilà en effet un président « démocratiquement » élu, M. Alassane Ouattara, qu’elle a adoubé, mais qui est incapable de s’installer au pouvoir par ses propres moyens. Face à lui, M. Laurent Gbagbo, électoralement battu mais auto proclamé président, a réussi le coup de génie d’apparaître comme un résistant au diktat international. Chaque jour qui passe, sa stature de chef ne pliant pas devant les injonctions étrangères se renforce cependant que M. Ouattara apparaît de plus en plus comme une sorte de fondé de pouvoir du nouvel ordre mondial, comme un agent comptable du FMI coupé des forces vives du continent.

    La « communauté internationale » est désormais prise à son propre piège pour avoir obstinément refusé de voir que LA Côte d’Ivoire n’existe pas. Trois zones ethniques sont en revanche bien vivantes : celle du Nord avec les Malinké, les Dioula, les Senoufo, les Lobi et les Kulango ; celle du centre avec les Baoulé et celle du Sud, où l’alliance entre les Kru de l’Ouest et les peuples dits « Lagunaires » de l’Est assure une solide base à M. Gbagbo. Aucune solution d’avenir ne pourra s’abstraire de cette réalité.

    Ceci étant, quelles options peuvent désormais être envisagées pour faire respecter le verdict des urnes et l’ordre mondial démocratique ?

    1- Celle du verbe à l’image de l’ultimatum de huit jours que le président français a fixé à Laurent Gbagbo pour quitter le pouvoir.
    2- Celle de sanctions économiques aussi inutiles qu’inapplicables.
    3- Celle d’un embargo qui ne sera pas suivi d’effet et qui ne pénalisera que la population.
    4- Celle de la menace de futures poursuites devant la CPI ; mais qui va venir arrêter Laurent Gbagbo ?
    5- Celle d’une intervention militaire pour installer M.Ouattara au pouvoir.

    Les quatre premières options ont pour corollaire le maintien de M. Gbagbo à la Présidence, du moins dans l’immédiat, donc la reconnaissance de la réussite de son coup de force. L’option militaire pose quant à elle deux grands problèmes :

    1- Qui pourrait intervenir ? Une expédition militaire de l’ONU est difficilement envisageable car il faudrait pour cela, d’abord un consensus politique, puis ensuite trouver des Etats volontaires pour fournir des contingents dont la disparité ne serait pas un gage d’efficacité. Il faudra en effet éviter d’y incorporer des contingents « blancs » pour ne pas prêter le flanc au développement d’une campagne anti néo-colonialiste. La Cedao (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest) semblerait, dit-on, prête à une action militaire. Peut-être, mais son seul contingent « opérationnel » étant celui du Nigeria, deux autres questions se posent immédiatement :
    - Serait-il de taille à combattre l’armée ivoirienne chez elle ? Rien n’est moins certain.
    - Comment réagirait le grand rival du Nigeria qu’est l’Angola ? N’y aurait-il pas un risque de régionalisation puis d’internationalisation du conflit ?

    2- Même et à supposer que M. Ouattara soit installé au pouvoir à la suite d’une expédition militaire internationale, il sera dans tous les cas incapable de s’imposer dans le sud du pays où il apparaîtra toujours comme étant l’homme de l’étranger.

    Au moment où ces lignes sont écrites, à savoir le 31 décembre 2010, cinq points sont établis :

    1- Couverts de sang et gavés de leurs rapines, les partisans de M. Gbagbo ne rendront pas le pouvoir pacifiquement.
    2- Chaque jour qui passe renforce Laurent Gbagbo car, contrairement à ce que ne cessent d’affirmer les butors de la sous culture mediatico-africaniste, il est loin d’être isolé. En Afrique, si, pour le moment, seul l’Angola s’est rangé dans son camp, plusieurs autres pays sont prêts à le faire. De plus, il dispose de soutiens partout dans le monde là où la résistance au « diktat impérialiste » est vue avec sympathie.
    3- M. Gbagbo tient le Sud utile avec ses ports, ses puits de pétrole, son café et son cacao et il peut très bien se passer du Nord déshérité comme il le fait d’ailleurs depuis 2002.
    4- M. Ouattara est certes assuré du soutien du FMI, de la Banque mondiale et des présidents Obama et Sarkozy, mais il vit retranché dans l’hôtel du golf sous la fragile protection de l’ONU. Coupé du monde, ravitaillé par hélicoptère, il n’y est en quelque sorte qu’un « roi de Bourges » qui aura du mal à trouver sa Jeanne d’Arc chez les casques bleu népalais ou sri lankais…
    5- M. Gbagbo sait qu’il doit éviter de s’en prendre à la communauté française car, à la faveur d’une intervention de secours et d’évacuation, les troupes envoyées par Paris seraient, elles, en mesure de neutraliser militairement ses forces.

    Ceci étant, une sortie de crise est possible, mais à la condition de prendre enfin en compte la seule réalité qui tienne, à savoir la nécessaire adéquation entre une terre et un peuple. C’est pourquoi la solution réaliste serait une forme de partition car M. Gbagbo ne cherche pas à prendre le contrôle du Nord, tandis que M.Ouattara n’est pas en mesure de s’imposer au Sud.
    Au Soudan, après un demi siècle de guerre, la partition est apparue comme la seule issue raisonnable. Combien de décennies de souffrances faudra t-il encore à la malheureuse Côte d’Ivoire pour que la « communauté internationale » fasse le même constat ?

    Bernard Lugan

  • Frédéric Mercier, 8 janvier 2011 19h24

    " Le FPI de Gbagbo tente de faire croire que J-Y Choi (ONUCI) veut imposer un président aux Ivoiriens.

    Ce faisant, Gbagbo veut emprunter un de ses raccourcis pour manipuler les Ivoiriens. Malheureusement pour lui, les Ivoiriens sont mûrs.

    Au regard des de Prétoria et de la Résolution 1765/2007 du Conseil de sécurité de l’ONU, Gbagbo a pris l’ordonnance N°2008/133 du 14 avril 2008 pour ajuster notre code électoral.

    C’est ainsi que Choi a certifié d’abord les audiences foraines et Gbagbo a accepté.

    Le même Choi a certifié la liste électorale provisoire et Gbagbo a accepté.

    Ensuite le diplomate onusien a certifié la liste définitive et Gbagbo a encore accepté.

    Toujours le même Choi a certifié les résultats du premier tour de la présidentielle et Gbagbo a accepté.

    Pourquoi la dernière certification voudrait-elle dire soudainement que l’extérieur impose un président aux Ivoiriens ?
    Pour qui Gbagbo et LMP nous prennent-ils ?
    Non, Choi n’a fait qu’entériner la volonté du peuple exprimée clairement dans les urnes avec 54,10% pour lez président Alassane Ouattara.
    Arrêtons donc les mensonges et la manipulation."

    (Kouadio Konan Bertin Président de la JPDCI)

  • Jacques Dubreuil, 8 janvier 2011 13h23

    Ils sont très forts, ces laveurs de cerveaux des tout-puisants médias canadiens. Nous les subissons ici depuis 1760. Avec l’élégante plume de Durham, l’idéologie canadienne officielle, fer de lance de la propagande fédérale, fut cultivée avec toute la grâce de Trudeau (je ne nomme que ces deux maîtres en désinformation) contre les Québécois. L’ICO nous passe tous les sapins. Même les Canadiens errants, le pire exode dans l’histoire de l’humanité, plus d’un million de Québécoise, plus de la moitié de notre peuple chassés par la famine organisée en système pour faire disparaître notre peuple... Et l’ICO nous apprend que ce fut un joyeux déménagement.

  • Bernard Desgagné, 8 janvier 2011 13h02

    Les résultats de certains bureaux ont été rejetés par le Conseil constitutionnel. Dans certaines urnes, il y avait plus de bulletins que le nombre d’électeurs inscrits. Il y a eu aussi beaucoup d’autres irrégularités. J’ai donné les liens suivants dans le premier article de la série.

    http://www.cotedivoirepr.ci/?action=show_page&id_page=14729

    http://www.guineeweb.org/article-cote-d-ivoire-les-raisons-d-une-impasse-63224318.html

  • Agasi Shindikana, 8 janvier 2011 11h26

    Après nous avoir imposé des dictateurs de la trempe de Bokassa et Kagame, les voilà qui viennent installer leurs démocrates fabriqués dans les manufactures à vautours en quête de proie à dépecer. Peine perdue : les Africains ne sont pas nés pour mourir idiots !

    Les Ivoiriens - et le reste de l’Afrique - ont eu la chance de voir patauger la communauté internationale au Rwanda et en RD Congo. Et ils en ont naturellement tiré des leçons. Les exploits de la Communauté internationale ? Fouillez-moi, je les cherche encore.

    Droits de l’homme bafoués, découverte des charniers en CI, allongez la liste. Belle campagne de diabolisation ! Qu’a fait la soi-disant compatissante communauté internationale de charniers congolais ? Qu’elle réussise ce qu’elle a entamé en RDC avant de se pointer en sauveur en Côte d’Ivoire. C’est ainsi qu’elle se bâtira une certaine crédibilité.

    La majorité des Africains ne sont plus dupes. Nous avons compris que les Occidentaux n’ont rien à cirer de notre bien-être. Pour eux le continent noir est avant tout une bête à saigner. Sauf qu’aujourd’hui la bête a cessé d’être un mouton. Il faudra donc travailler un peu fort avant de déposer sa tête sur le billot.

    La crise en cours en CI n’est plus uniquement une affaire ivoirienne, mais celle de toute la jeunesse africaine. Les Jeunes patriotes ivoiriens se multiplieront dans toute l’Afrique où règne un sentiment de ras-le-bol à l’égard de cet Empire, comme vous le dites si bien, qui s’amuse à perpétuer la traite de Noir.

    Voilà donc pourquoi cette fois-ci la supposée communauté internationale se servira d’une fourchette pour boire de l’eau, puisque tous les verres auront été cassés dans le bras de fer en cours en Côte d’Ivoire. À votre soif !

  • Jean Claude Pomelreau, 8 janvier 2011 09h55

    Paul Kagamé : « Our Kind of Guy »
    par Edward S. Herman *, David Peterson*

    "Et si nous n’avions rien compris aux massacres qui ont ravagé le Rwanda ? Pour Edward S. Herman et David Peterson, il ne serait pas agi d’un génocide des tutsis par le Hutu Power, mais d’une guerre secrète des Etats-Unis ayant coûté la vie tout autant à des hutus qu’à des tutsis. Au centre de ce jeu sanglant : l’impénétrable Paul Kagamé."

    http://www.voltairenet.org/article167964.html

    ...

    JCPomerleau

  • André Meloche, 8 janvier 2011 09h12

    Monsieur Desgagné,

    Merci pour votre texte. Ses références sont essentielles pour bien comprendre la situation ivoirienne. Cela dit, Monsieur Gbagbo a-t-il gagné par l’annulation du second tour ou par le rejet des résultats de certains bureaux de scrutin lors du même second tour ? Tout ça n’est pas clair pour moi...

    André Meloche

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