«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La charte a ses valeurs

La nation, le pluralisme et le projet social

L’interdiction des signes : pas un bon message

Tribune libre de Vigile
jeudi 6 mars 2014
3 094 visites 14 messages

Encore une fois la vague d’un débat de nature religieux-identitaire déferle sur le Québec ! Sans grande surprise, aussitôt déposée par Bernard Drainville, le ministre péquiste des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, la « Charte des valeurs québécoises » (qui a depuis été renommée la « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement ») s’est vue critiquée par la presque totalité du spectre politique…

Philippe Couillard qui a récemment voulu s’approprier l’étiquette « progressiste » pour le PLQ est même allé jusqu’à utiliser une rhétorique à laquelle nous ont habitué les conservateurs fédéraux en parlant de la « Charte de la chicane » ! Société jeune s’il y en a, le Québec fait encore et toujours la preuve de sa difficulté à faire face à de telles questions collectives. Témoignant d’un fort sentiment d’indécision et d’ambivalence de leur identité nationale, il semble que les Québécois ont tendance à s’enfoncer dans ces débats qui ne semblent jamais trouver de dénouement. La situation minoritaire dans laquelle nous nous trouvons n’est pas étrangère à cette impression diffuse de honte de soi qui s’incarne souvent (consciemment ou non) par une difficulté à dire « nous » avec conviction.

La charte déposée par le PQ comporte, il est vrai, des points qui méritent de faire l’objet de débats et de discussions. Comme je l’ai mentionné dans un précédent article (voir « Éléments de réflexion sur le projet de loi 60 : Misons sur le bien commun », 16 février, 2014), si le port de signes religieux ostentatoires est effectivement problématique dans le cas de figures d’autorité qui incarnent la neutralité de l’État tels que les juges, les policiers et les gardiens de prison (mais également les professeurs et les éducatrices qui incarnent une autorité morale), je ne crois pas que d’interdire leur port à tous les employés de l’État serait une bonne initiative, d’une part parce que cela ne garantirait pas pour autant la neutralité de l’État et d’autre part, cela enverrait un message essentiellement négatif aux nouveaux arrivants qui seraient face à un choix déchirant, mais également aux individus ici depuis longtemps, pour lesquels le port du symbole religieux n’a jamais posé le moindre problème.

Par ailleurs, notons que si la charte comporte certaines dimensions problématiques, les clauses visant à baliser les demandes « d’accommodements raisonnables » sont tout à fait légitimes et souhaitables pour la préservation des convictions partagées par la majorité québécoise. À cet effet, il faut reconnaître au PQ le courage et la détermination d’affirmer la nécessité de fonder un projet social axé sur le commun.

Dans cette optique, en appuyant ma réflexion sur celle du sociologue Jacques Beauchemin dans le livre La société des identités. Éthique et politique dans le monde contemporain (Athéna Éditions, 2005), je pense que même si la charte n’est pas parfaite à l’heure actuelle, elle a tout de même le mérite de faire la promotion d’un « espace politique » qui seul rend possible la formulation d’un projet social solidariste qui valorise le commun tout en reconnaissant le pluralisme. Dans un contexte de fragmentation des luttes pour la reconnaissance et plus généralement de la représentation de soi en tant que communauté politique ancrée dans la nation, il est nécessaire d’édifier un projet politique qui transcende les appartenances particulières.

Cela ne veut absolument pas dire de nier ou d’occulter les particularités culturelles et religieuses, mais de favoriser leur rencontre dans l’horizon d’un projet de « vivre-ensemble » où reconnaissance de la différence et égalité vibreraient à l’unisson de valeurs communes marquées par l’héritage historique de la culture majoritaire francophone caractérisée par la solidarité, la justice et la tolérance. Contrairement à ce que l’on entend ces temps-ci dans les différentes tribunes, les Québécois ne sont pas majoritairement racistes et naturellement enclins à la discrimination. Notre histoire imprégnée par l’ouverture à l’immigration et au métissage en fait foi. De plus, soulignons que jamais autant d’individus, de groupes et de partis ne se sont portés à la défense du pluralisme qu’en ce moment au Québec.

En définitive, si le respect de la liberté d’expression religieuse et culturelle est fondamentale aujourd’hui, la vie sociale ne peut se réduire aux revendications particularistes des sujets et des groupes sociaux au cœur de la société civile. En effet, non seulement une telle situation crée une concurrence malsaine entre les sujets, mais plus fondamentalement, elle a comme conséquence de faire perdre de vue ce que nous avons en commun non seulement en tant qu’êtres de culture, mais qu’êtres humains. Le vivre-ensemble nécessite en effet le décentrement de son (ou ses) identité(s) particulière(s) qui mérite(nt) certes d’être reconnue(s), mais dans l’optique d’un dialogue à l’intérieur duquel se produit une influence réciproque et une hybridation qui s’incarnent par la suite dans des institutions partagées par l’ensemble de la population.

Cela ne signifie évidemment pas pour autant de renoncer à l’importance de défendre la culture francophone majoritaire puisqu’elle constitue justement la condition de possibilité du dialogue qui permet l’écriture de l’histoire comme trace mémorielle de l’« être au monde » au Québec, mais également comme dialogue constructeur. C’est dans cette perspective que Beauchemin a écrit dans un autre ouvrage que « [la] tentative de réconciliation des récits concurrents doit viser l’atteinte d’un compromis narratif raisonnable. » (L’histoire en trop. La mauvaise conscience des souverainistes québécois, VLB Éditeur, 2002, p.178)

Commentaires

  • Francis Déry, 11 mars 2014 23h18

    Oubliez le vidéo de Michael Tsarion que j’ai posté.
    Il n’a pas perdu son côté d’occultiste. Franc-maçon et rosicrucien à ce qu’il paraît. Je dirais plutôt un escroc comme Clotaire Rapaille. Je doute que Tsarion soit son vrai patronyme. Dommage que je ne retrouve plus le vidéo séminal sur la relation entre les anciens mythes, le symbolisme de la franc-maçonnerie et les logos corporatifs.

    La séparation entre l’État et l’Église est nécessaire pour éviter la manipulation des masses du peuple par la tyrannie de l’État.

    De même, une séparation doit se faire entre l’Ordre Marchand (le Capital, l’Establishment, le banksterisme) et l’Église pour éviter la tyrannie de l’Ordre Marchand qui nous a donné la société de consommation. À défaut du soutien de l’Église, l’Ordre Marchand va puiser dans les anciens mythes pour dénicher les archétypes et exploiter nos vices.

    Mais surtout, l’Ordre Marchand doit être séparé de l’État.
    C’est l’antithèse du Libéralisme. Trop de collusion entre Power Corporation et nos gouvernements.


    Le point du vidéo est de démontrer l’imprégnation du symbolisme religieux dans la vie ordinaire. Les degrés diffèrent. L’épithète "ostensiblement" dépendra toujours d’un degré arbitraire. C’est comme faire la différence entre "chaud" et "froid".
    Est-ce qu’une température de 4 degré Celsius est chaude ou froide ?

    Ou revenons au débat de l’usage d’une autre langue que le français dans l’usage commercial. C’est permis en autant que le français domine. Il a fallu gérer sur la taille des caractères. Encore, il y a la question des polices à revoir ("fonts"). Si une neutralité langagière devait s’appliquer, les marchands communiqueraient par pictogrammes ostentatoires. En pratique, la Loi est mal appliquée et ridiculisée.


    Le dernier point à souligner, c’est qu’un retrait complet de la religion implique la clause de la Suprématie de Dieu dans la Constitution. Sans elle, les lois perdent leur caractère sacré et ne font plus autorité. On revient à la règle du plus fort et d’un système de répression, à défaut de quoi, on pourra se moquer des ticounes de l’Assemblée Nationale et des avocats théologiens. Autant vendre de la drogue et de l’alcool frelaté sans payer un sous d’impôt.

  • Francis Déry, 10 mars 2014 14h54

    @Cloutier,

    Les chiens jappent, la caravane passe.
    C’est un dicton musulman. Je vous rappelle que vous avez dévié en invoquant la svastika. Religieux ou politique. C’est de la pensée binaire. Aucune place pour la logique floue.

    Votre problème est celle d’une vision étroite de la religion. Est-ce que c’est croire en Dieu ?
    Près de la moitié des Juifs Orthodoxes ne croiraient point en Dieu selon un sondage en 2011. L’appartenance est identitaire.

    Est-ce que la franc-maçonnerie est une secte ? Celle qui se dit régulière impose la croyance en un Dieu ou un principe supérieur.
    Il y aurait bien des symboles ostentatoires à passer dans le tordeur.
    Est-ce qu’une manifestation sportive peut être religieuse ?
    Les Jeux Olympiques, les combats de gladiateurs et la tauromachie avaient des origines religieuses.
    À voir les fans du CH parler de la conquête de la Coupe Stanley comme si c’était le Saint Graal, on pourrait croire que oui. Idem pour la Coupe Mondiale. Autant supprimer les symboles sportifs dans l’espace gouvernemental.

    Il appartient à l’État de démontrer qu’il s’agit d’un signe religieux qui marque par son caractère démonstratif une appartenance religieuse.
    Intervention de l’État dans la sphère religieuse pour définir ex-cathedra. On revient au débat de primauté entre l’Etat et la Religion. Une contradiction de la Laïcité.
    C’est à l’individu de définir ses signes. L’État ne fait qu’interpréter comme tout autre individu.

    Si je suis un fonctionnaire et que je porte un dastar en souvenir d’un voyage, je reste légal parce que je N’APPARTIENS PAS à la foi sikh. Idem pour une Chrétienne portant la burqa.

    La barbe ostentatoire est une observance religieuse chez les Wahhabites et les Sikhs. Symbole patriarcal, il projette une image autoritaire. C’est légal pour un athée, mais illégal pour le Musulman ou le Sikh.

    Je vois souvent des actrices Chinoises porter des petites croix dans le cou. Elles ne sont pas chrétiennes. L’objet est officiellement un bijou, possiblement un grigri.
    C’est alors permis.

    Si je porte un T-shirt arborant le bagua, je suis légal parce que je ne suis pas Daoïste.

    Séparation des sphères publique et privée : Si un employé de l’État doit remiser ses règles religieuses pendant son quart de travail, peut-il remiser les règles de loi quand il entre chez lui en s’allumant un joint ?

  • 9 mars 2014 15h47

    Message à Francis Déry

    Vous dites n’importe quoi. L’article 5 du projet de loi no 60 se lit comme suit :

    "Un membre du personnel d’un organisme public ne doit pas PORTER, dans l’exercice de ses fonctions, un objet, tel un couvre-chef, un vêtement, un bijou ou une autre parure, marquant ostensiblement, par son caractère DÉMONSTRATIF, une APPARTENANCE RELIGIEUSE".

    1 - Le projet vise exclusivement les membres du personnel d’un organisme public ;
    2 - Cette personne ne doit pas PORTER sur elle un objet (couvre-chef, vêtement, bijou ou autre parure) ;
    3 - qui marque ostensiblement, par son caractère, DÉMONSTRATIF,
    4 - une APPARTENANCE RELIGIEUSE.

    Lâchez-nous la grappe avec vos équipes de hockey, vos tasses de café ou votre judo et autres yoga.

    0 sur 10. C’est nul.

    Pierre Cloutier

  • 9 mars 2014 15h29

    Message à Francis Déry

    Votre spécialité c’est la diversion. Faire dévier le débat sur autre chose pour oublier la proposition principale.

    Le projet de loi no 60 vise l’interdiction du port de signes RELIGIEUX OSTENTATOIRES pour les employés des organismes publics.

    Il ne s’agit pas d’une interdiction qui vise l’espace public, mais l’espace civique, c’est-à-dire l’espace de l’État et de ses organismes. Il n’y a aucune discrimination puisque le projet de loi vise toutes les religions, y compris la religion catholique, encore majoritaire chez nous.

    Il appartient à l’État de démontrer qu’il s’agit d’un signe religieux qui marque par son caractère démonstratif une appartenance religieuse.

    Un club de hockey, une tasse de café de chez Starbuck, le judo et le yoga n’ont rien à voir avec l’appartenance religieuse.

    Soyez sérieux et trouvez mieux comme argument. C’est pas fort.

    De toute façon, si le PQ forme le prochain gouvernement majoritaire, la charte va être adoptée haut la main. Les chiens jappent, la caravane passe.

    Autre citation : "Offrir aux intégristes des accommodements raisonnables dans l’espoir qu’ils s’intègrent c’est comme de donner de la laitue à un crocodile dans l’espoir qu’il devienne végétarien" Boukar Diouf

    Pierre Cloutier

  • Francis Déry, 9 mars 2014 01h05

    Je ne veux pas me fâcher et sortir de mes gonds, mais vous ne semblez pas être adéquatement renseigné sur l’islam et le danger que fait courir à nos sociétés démocratiques - même avec tous leurs défauts - l’islamisme.

    Nos sociétés "démocratiques" ont fait entrer le judaïsme et son talmoud. Est-ce mieux ?
    http://forward.com/articles/194005/brave-beauty-queen-who-refused-to-go-to-back-of-is/

    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Pourim-et-Mardi-gras-10773.html

    Le peuple a-t-il approuvé l’intégration des autres cultures en son sein ?
    A-t-il approuvé un programme de laïcisation de la société ?
    Il me semble que le peuple voit bien d’autres problèmes. Discuter du sexe des anges, il ne veut pas savoir, mais il veut voir.


    Parlant de slogans sur les tasses de café, même les logos commerciaux ont une saveur religieuse.

    Les fonctionnaires vont devoir prendre leur café à la maison.
    Aussi, ils ne devraient pas apporter leur livre de chevet au bureau pour les temps morts. Un Harry Potter est rempli de symbolisme occulte. Plus généralement sur les logos, voici un documentaire où votre Marshall McLuhan est cité.

    Bon. Si une croix dans un cou génère un courroux, je n’ose imaginer votre peine à vivre dans notre société. Séparer tout symbolisme sacré des institutions de l’État est un bien ambitieux programme.

  • Francis Déry, 8 mars 2014 19h24

    Dernières questions : êtes-vous prêt à accepter la Svastika http://fr.wikipedia.org/wiki/Svastika comme symbole religieux pour les employés des organismes publics, au risque que les citoyens la confondent avec la croix gammée des nazis ?

    Réduction ad Hitlerum

    On peut supporter une équipe de hockey.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Windsor_Swastikas


    http://en.wikipedia.org/wiki/Fernie_Swastikas

    Ou bien un style de karaté, le Shorinji kampo ("kongfu de Shaolin")

    Avec les exercices de zen, ce sport peut être associé à une pratique religieuse.

    Dans certains édifices, comme au 600 Fullum, il y a des salles où l’on permet aux fonctionnaires d’aller méditer/relaxer/visualiser durant la pause ou peut être en classe programmée. Yoga, taïchi, zen sont des activités à saveur religieuse.

    Le drapeau du Québec, hormis la croix blanche, il y a la fleur de lys. Les trois feuilles représentent la Trinité.
    Faut-il évacuer ce drapeau ?

    Et si je démarrais une secte religieuse pour valoriser les études et l’accumulation des connaissances, je pourrais faire du stylo un objet sacré puisqu’il permet d’exprimer les idées nouvelles. Ira-t-on jusqu’à abolir les stylos dans la fonction publique ?
    Idem pour les breloques de la franc-maçonnerie.

    Qu’une employée utilise une pièce de lingerie pour exprimer son identité, ce n’est pas un appel à convertir les autres, ni à dénigrer la religion des autres. Contrairement aux slogans sur les chandails. Tant qu’à faire, abolissons les jupes et robes dans la fonction publique puisque cela souligne la féminité du porteur. Abolissons la cravate.
    Ou imposons un uniforme au frais de l’État.

  • 8 mars 2014 19h02

    M. Beaudoin-Guzzo,

    Je ne veux pas me fâcher et sortir de mes gonds, mais vous ne semblez pas être adéquatement renseigné sur l’islam et le danger que fait courir à nos sociétés démocratiques - même avec tous leurs défauts - l’islamisme.

    Si vous prenez la peine de faire un effort intellectuel de lire le Coran, comme je l’ai fait, vous allez vite réaliser qu’on ne peut absolument pas céder un pouce de terrain à ces gens-là tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas la certitude que l’islam puisse se réformer et jeter à la poubelle les éléments négatifs, violents, discriminatoires et inacceptables que contient le Coran. Car tout part de là : le refus des musulmans de considérer que ce livre n’émane pas de Dieu mais a été écrit par des hommes sur Dieu, au 7e siècle dans le désert.

    Il faut arrêter de considérer l’islam comme une simple religion mais réaliser et comprendre que c’est aussi une doctrine politique aussi nocive et mortelle pour nos sociétés que le fut le nazisme.

    Accepteriez-vous le port de signes nazis ostentatoires de la part des employés des organismes publics ? Sinon, pourquoi êtes-vous à accepter le symbole parfait de l’islamo-fascisme que représente le voile islamique ?

    Pierre Cloutier

  • Francis Déry, 8 mars 2014 18h44

    @Me Cloutier
    Ce forum n’est pas approprié pour un débat équilibré.

    Et où va la limite de l’interdiction ?
    Les tasses de café des fonctionnaires contiennent souvent plus de slogans que les chandails.
    Bientôt on lira "Islam is the Solution" dans les tasses personnelles laissées dans les aires de repos.
    L’interprétation du caractère religieux peut être floue.
    "Nietzsche est mort ! — Dieu"
    "La vie, c’est sacré"
    "Qui n’a point de maître, est l’esclave d’un sot"
    "Le sexe est sacré !"

    Fumer est un acte de communion chamanique. D’où l’impossibilité de l’interdire complètement à cause des traités. Devra-t-on cacher les paquets, voir interdire aux fonctionnaires de fumer à la porte des édifices ?
    Cachez-moi ce capteur de rêves que je ne saurai voir !
    Et si le signe est tatoué ostensiblement ?
    http://strangerush.com/wp-content/uploads/2011/01/Only-God-can-judge-me2.jpg

    Est-ce prohibé de vous offrir des dattes lorsqu’on brise le jeûne du Ramadan ?

    Les croyants sont-ils plus "égaux" que les non croyants ?
    Les croyants fondent des villes comme Montréal et des villages. Les mécréants s’y installent avec moins d’efforts. Par contre, il existe une fatwa interdisant aux Musulmans d’aller coloniser Mars...
    http://libnanews.com/2014/03/05/abou-dhabi-versus-planete-mars-fatwa-les-vols-spatiaux-vers-mars/
    "Dieu est meilleur qu’Allah", "Non c’est Yahvé le plus fort"
    Aspect sectaire. Autant régir pour un "Pauline Marois meilleure que Philippe Couillard" ou "Le Ciel aux Bleus. L’Enfer aux Rouges".

    Est-ce Dieu ou la Puissance qui est le fondement du Droit ?
    Interdire des aspects de conscience, c’est la marque du totalitarisme. Louis XIV a débuté ses querelles envers les Protestants en interdisant ses manifestations publiques.
    Les Huguenots se sont concoctés un nouveau signe de ralliement via des marqueurs catholiques : la Croix Huguenote.
    Les Juifs orthodoxes peuvent remplacer la kippa par une casquette des expos. Doit-on interdire aux hommes de porter un couvre-chef à l’intérieur des bâtisses gouvernementales ?

    L’État doit-il gérer l’enseignement religieux et contrôler le contenu comme certains ont proposé sur Vigile ?
    Ce faisant, il s’attribue un rôle de gourou. Et c’est contre le principe de la laïcité, soit la séparation entre l’État et l’Église.

  • 8 mars 2014 00h33

    Dernières questions : êtes-vous prêt à accepter la Svastika http://fr.wikipedia.org/wiki/Svastika comme symbole religieux pour les employés des organismes publics, au risque que les citoyens la confondent avec la croix gammée des nazis ?

    Oui ou non ?

    Êtes-vous prêt à accepter le symbole raëlien ? Voir ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_ra%C3%ABlien

    Et celui de toutes les sectes religieuses qui existent à travers le monde ? Voir ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Secte

    Si vous ouvrez cette boîte de Pandore, cher monsieur, vous vous préparez à avoir de grandes surprises.

    Votre position ne tient pas la route. Je vous prierais de fouiller un peu votre dossier avant d’écrire de nouveau sur le sujet.

    Pierre Cloutier

  • 7 mars 2014 21h26

    Je ne comprends pas votre ignorance, votre amnésie, un certain volontarisme qui vous fassent nous imposer tous ces charlatans porteurs d’un dieu et nier notre liberté de conscience.

    Que l’espace public soit déjà occupé par toutes les variantes du charlatanisme religieux depuis toujours, notre droit au respect, à la dignité, à la responsabilité est un droit aussi déterminant que le traditionalisme ostentatoire.

    Relisez attentivement les questions de Pierre Cloutier. Elles sont fondamentales dans ce débat. Méditez les. Le Vivre ensemble, notre liberté même, en dépendent.

    Gaëtan Dostie

  • 7 mars 2014 14h24

    C’est plutôt faible comme réponse.

    Une personne qui porte un chandail sur lequel il est écrit : "Je suis athée et fier de l’être" ou ’Dieu n’existe pas" n’essaie pas de convaincre qui que ce soit de penser comme elle. Elle exprime tout simplement un état de fait, comme une personne qui porte un hijab signifie qu’elle est musulmane et qu’elle croit en Allah. C’est le médium qui est le message, comme dirait MacLuhan.

    D’autre part, existe-t-il une loi qui empêche une personne de porter un macaron sur lequel il serait écrit, à titre d’exemple : N’oubliez pas de donner votre sang" ou tout autre message à connotation sociale ou humanitaire ?

    Existe-t-il une loi qui empêche le port d’un signe humanitaire ostentatoire, comme, par exemple, un coquelicot pour le jour du Souvenir ?

    Existe-t-il une loi qui empêche le port d’une casquette ou d’un béret, ou d’un chapeau ?

    C’est le message religieux que le projet de charte vise. Pas la personne.

    Si on permet le message religieux, on devra alors permettre le message a-religieux ou anti-religieux ou sectaire.

    Ce qui est bon pour Minou est bon pour Pitou.

    Le débat pour savoir si c’est un bon ou un mauvais employé ou une bonne ou une mauvaise personne, n’est absolument pas pertinent.

    Pas de message religieux dans les organismes publics. Me semble que c’est simple à comprendre. Comme citoyen, quand je reçois un service de l’État, je ne veux pas savoir si la personne qui rend ce service est religieuse ou pas. Je ne veux pas le savoir et surtout je ne veux pas le voir, car ce n’est pas pertinent de savoir ce que pense celui ou celle qui donne le service au nom de l’État.

    Pierre Cloutier

  • Samuel Beaudoin Guzzo, 7 mars 2014 12h03

    Je vous remercie pour vos commentaires et questions. Au sujet des employés de l’État qui voudraient porter un chandail, une casquette ou un macaron avec des messages tels que « Dieu n’existe pas »... je dirais que bien que je prône une interdiction des signes religieux ostentatoires limitée aux employés en position d’autorité, je dirais que peu importe la religion, l’adepte ne devrait pas tenter de convertir les autres avec des slogans tels que mentionnés par monsieur Cloutier. Il y a, à mon avis, une différence entre le fait de porter un symbole et un slogan. Bien que le symbole renvoie implicitement un ensemble de croyances et d’idées, le fait de le porter me semble plus personnelle au niveau identitaire qu’une phrase faite pour être lu par les autres.

    Par ailleurs, je dirais que tous les employés de l’État sont tenus de s’habiller de manière sobre et adéquate ce qui entre en contradiction avec les casquettes et chandails ayant des messages religieux. De tels agissements seraient vite critiqués par l’entourage et les patrons de la personne qui les interpréteraient comme une tentative délibérée de convertir et d’influencer les clients de l’État en se servant de leur travail comme haut-parleur religio-idéologique.

    Par ailleurs, comme je l’ai mentionné dans un précédent article (« Éléments de réflexion sur le projet de loi 60 : Misons sur le bien commun », 16 février 2014), tout ce débat ne devrait pas reposer sur les seuls symboles religieux entre autres en raison du fait qu’une personne qui accepterait de l’enlever pourrait tout aussi bien avoir des comportements aux travail qui sont teintés par sa religion particulière. Ce qui implique que, bien que personne ne sera jamais totalement neutre, qu’on le porte ou non, il faudrait valoriser individuellement et collectivement le fait que les convictions religieuses qui relèvent de la sphère privée ne devraient pas interférer avec les comportements au travail qui relèvent de la sphère publique.

    En définitive, si une personne employée de l’État qui n’est pas en position d’autorité désire porter un symbole religieux ostentatoire, c’est sa liberté, mais elle ne doit pas tenter de convertir les autres. Vous me direz que le simple fait de le porter est une prise de position qui envoie un message explicite. Je vous répondrais de discuter avec la personne pour en apprendre davantage sur sa réalité et j’ose croire que vous verrez que vous avez plus en commun que vous l’auriez cru au départ. Ne réduisons pas les gens aux symboles qu’ils portent et attardons-nous à l’humanité en eux !

  • Normand Paiement, 6 mars 2014 06h55

    Monsieur BEAUDOIN-GUZZO,

    Bien que je réprouve la dureté des propos de Me Cloutier à votre endroit, je ne peux m’empêcher de reprendre à mon compte la question de fond qu’il soulève dans son premier commentaire.

    En effet, les raëliens auxquels Pierre Cloutier fait allusion s’opposent farouchement au projet de loi 60 au motif que, selon eux, celui-ci "limite la liberté religieuse et la liberté d’expression" (http://fr.raelpress.org/news.php?item.531.1).

    Par conséquent, seriez-vous d’accord pour que les employés de l’État adeptes de la religion raëlienne puissent porter leur gros médaillon sur leur lieu de travail lorsqu’ils sont en contact avec le public (hôpital, salle de classe...) ?

    De façon plus générale, doit-on accommoder toutes les sectes et religions susceptibles d’exiger que leurs membres puissent afficher ouvertement leurs convictions, et ce même si ces derniers occupent un poste rémunéré par l’État ?

    Sinon, s’il convient, dans le cas des fonctionnaires, d’interdire certains signes religieux ostentatoires et d’en autoriser d’autres, si l’on juge nécessaire de restreindre la liberté d’expression des uns tout en permettant à d’autres de l’exercer, sur quels critères se baser de manière à éviter toute forme de discrimination ? Sur l’ancienneté ? sur la "dangerosité" ?

    Vous n’êtes certainement pas sans savoir que la plupart des religions "qui ont fait leurs preuves" ont commis au cours de l’Histoire plus de crimes contre l’humanité - et continuent souvent encore d’en commettre de par le monde - que bien des "sectes" (ou "nouvelles religions minoritaires", si vous préférez éviter tout jugement de valeur) jugées "dangereuses" ou "nuisibles"...

    Dans le même ordre d’idées, devrait-on continuer d’interdire aux employés de l’État d’afficher leurs convictions politiques ? Ou, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression, les autoriser désormais à le faire ?

    Bref, où doit-on tracer une limite, selon vous ? Je serais curieux d’avoir votre avis sur cette question pour le moins épineuse.

    Cordialement,

    Normand Paiement

  • 5 mars 2014 16h29

    Je vais reprendre ma question à laquelle les pourfendeurs du projet intégral proposé par le ministre Rainville n’ont pas encore répondu.

    Si on admet le port des signes religieux ostentatoires pour les employés des organismes publics, sauf les exceptions auxquelles vous faites référence, êtes-vous prêt admettre que des employés non croyants, athées ou agnostiques auront aussi le droit de se pointer au travail avec des chandails, des casquettes ou des macarons sur lesquels seront inscrits : "Dieu n’existe pas", "Dieu est mort", "Je suis athée et fier de l’être", "Ni Dieu, ni maître" etc ?

    Ne croyez-vous que la laïcité dite "ouverte" est un drôle de tango qui peut aussi se danser à deux, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas ?

    Les croyants sont-ils plus "égaux" que les non croyants ?

    Et qu’est-ce qui empêchera aussi des croyants de se présenter au travail avec des chandails, des casquettes ou des macarons sur lesquels seront inscrits :"Dieu est meilleur qu’Allah", "Non c’est Yahvé le plus fort" ou pourquoi pas "Raël u Akbar" ?

    J’espère que vous voyez la Tour de Babel d’ici.

    Pierre Cloutier

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  • 21/08 Gilbert Paquette: 10$
  • 20/08 Marius Morin: 25$
  • 20/08 Jean Lussier: 5$
  • 20/08 Carole Smith: 5$
  • 19/08 Alain Tousignant: 5$
  • 18/08 Laurent Chaubart: 10$
  • 17/08 Anonyme: 50$
  • 17/08 Henri-Paul Simard: 25$

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Merci beaucoup!

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