«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Des réponses SVP !

L’étrange prêt de 100 millions $ à une minière chinoise

La mauvaise mine de Philippe Couillard

L’Empire Desmarais tire encore les ficelles

Editorial de Vigile
lundi 13 avril 2015
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Le premier ministre Couillard annonçait la semaine dernière la relance du Plan Nord. La chose a de quoi surprendre dans un contexte d’effondrement de la demande mondiale et des prix des matières premières, mais il faut croire que les actions de son gouvernement répondent à une logique différente de celle du marché. Toute la question est de savoir laquelle.

Dans la foulée de cette annonce, le Journal de Montréal rapportait vendredi l’information suivante :

Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec, s’apprête à verser 100 M$ à la société minière Canadian Royalties et à sa société mère Jien Canada, qui possèdent la mine de nickel Nunavik Nickel, dans le Grand Nord québécois.
Canadian Royalties avait besoin de capitaux pour poursuivre le développement de sa mine, a indiqué à l’Agence QMI Xiaoman Qi, une porte-parole de l’entreprise. Mme Qi n’a pas donné plus de détails sur le prêt, car une annonce officielle est prévue dans quelques jours.

En lisant cette nouvelle, je me suis immédiatement rappelé que le premier ministre avait siégé au conseil d’administration de Canadian Royalties lorsqu’il avait temporairement quitté la politique en 2009, en compagnie de son comparse le Dr Arthur Porter qui croupit actuellement dans une geôle du Panama en attendant d’être extradé pour répondre aux accusations qui pèsent contre lui ici pour son rôle dans le méga-scandale du CUSM. 

Le communiqué émis par Canadian Royalties le 15 juin 2009 à l’occasion de son assemblée générale précise qu’en plus de siéger au conseil d’administration siégera également aux comités de vérification et au comité spécial des finances qui, vu les difficultés que traverse l’entreprise à ce moment, revêtent tous deux une importance très stratégique.

On notera en passant que l’un des collègues de Philippe Couillard au sein de ces comités est Andrew T. Pepper, un homme d’affaires bien connu dans les milieux anglophones de Montréal, ancien vice-président exécutif de Norshield Asset Management. Commentant sa nomination, le journal Les Affaires précise ceci :

« Norshield a cessé ses activités en 2005. Les investisseurs ont perdu la presque totalité des 472 millions investis. »

L’histoire de cette débâcle est l’une des pires épopées de l’histoire de la finance au Canada. Le propriétaire de l’entreprise, John Xanthoudakis dit John X a été accusé de fraude. Il est également accusé d’avoir orchestré une fraude de 100 millions $ chez Cinar avec Ronald Weinberg, le mari de feue Micheline Charest, et il a été roué de coups par la mafia en 2005 dans un bureau d’avocats de la Place-Ville-Marie pour avoir escroqué le clan Rizzuto de 5 millions $.

Même si aucune accusation n’a été portée contre Andrew Pepper, son passage chez Norshield n’en faisait pas nécessairement le candidat idéal pour siéger au conseil d’administration et aux comités de vérification et des finances d’une entreprise cotée en bourse. Et l’on peut s’interroger de la même façon sur ce qui pouvait bien prédisposer Philippe Couillard à assumer de telles responsabilités.

Le président de l’entreprise à l’époque, Glenn J. Mullan, avait expliqué son choix de la façon suivante au journal Les Affaires :

« Comme ministre de la Santé, il a géré le plus important budget du gouvernement. Il est évidemment bien qualifié pour aider un conseil d’administration d’une petite société minière qui essaie de trouver le financement et de mener à terme son projet de construction », dit Glenn J. Mullan, président par intérim de Canadian Royalties, qui souligne les contacts de l’ancien ministre au Moyen-Orient. Ce réseau va s’avérer utile dans la recherche de financement, ajoute-t-il.

Toujours selon Les Affaires, la minière cherchait alors à exploiter une mine de nickel à proximité de la propriété de Xstrata au Nunavik et comblait son conseil d’administration avec « de grosses pointures ayant en commun d’entretenir de bonnes relations avec les politiques. »

Enfin, toujours dans le même article, Les Affaires évoquait un autre défi pour l’entreprise,

« renégocier, avec les détenteurs de ses débentures convertibles, la Caisse de dépôt et le Fonds FTQ, les termes de l’emprunt qui portent intérêt à 7 % et qui arrivent à échéance en 2015. »

Bien entendu, Philippe Couillard n’a pas accepté ce rôle à titre bénévole. Lorsqu’on invite ce genre de personne à siéger au conseil d’administration pour profiter de ses contacts, il faut la rémunérer assez grassement, en espèces, en actions et/ou en options. L’entente à cet effet peut même prévoir en plus des considérations futures liées à la réalisation de certaines conditions, comme cela se produit assez fréquemment.

On voit donc déjà toute la problématique de conflit potentiel d’intérêts pour Philippe Couillard, désormais premier ministre, que soulève l’annonce d’un prêt de 100 millions $ à Canadian Royalties par Ressources Québec, une filiale d’Investissement-Québec. L’affaire serait déjà ultra-délicate si elle s’arrêtait là. Mais il y a plus... Beaucoup plus !

Il est d’abord nécessaire de comprendre la face cachée de l’industrie minière, son côté casino. En partant, l’exploration minière est une activité très aléatoire qu’il faut financer. Le niveau de risque est très élevé. Si vous parvenez à découvrir des sites commercialement exploitables, vous pouvez gagner des fortunes, Mais vous pouvez tout aussi bien faire chou blanc ou mettre des années à faire une découverte intéressante. À ce stade, vos investisseurs sont des spéculateurs, et, si vous voulez recueillir les fonds nécessaires, vous ne pouvez pas vous montrer trop scrupuleux sur la légitimité de leurs sources.

Canadian Royalties était dans cette situation-là, et c’est ce qui explique son choix d’Andrew T. Pepper pour faire le « marketing » du projet, avec son carnet d’adresses bourré de noms de personnes disposant du capital nécessaire pour faire un placement spéculatif sur l’impulsion du moment. C’est avec ce genre de capital qu’on établit un marché pour un titre minier et qu’on en fixe la valeur de départ.

Tous ces détails seraient sans importance si Philippe Couillard n’était pas revenu à la politique et ne serait pas devenu premier ministre, avec le pouvoir de faire approuver un prêt de 100 millions $ à l’entreprise dont il avait été administrateur et conseiller stratégique.

La question se pose donc de savoir ce que Philippe Couillard savait exactement de l’entreprise, de ses difficultés et de ses collaborateurs au moment où il en est devenu administrateur et conseiller stratégique aux finances, ou s’il ne servait que de façade pour quelqu’un d’autre. Il n’a occupé ses fonctions que pendant six mois, mais pendant cette période, l’entreprise s’est trouvé un acquéreur, non pas au Moyen-Orient où son président croyait que Couillard pourrait lui ouvrir des portes, mais en Chine.

La question se pose aussi du rôle que Couillard a pu jouer dans la recherche et le choix de Julin Jien Nickel qui allait être l’acquéreur chinois de Canadian Royalties. On comprendra en effet qu’il n’est pas tombé du ciel. Une compagnie minière chinoise ne débarque pas au Québec du jour au lendemain sans qu’on lui ait tenu la main. Les Chinois, comme tous les Asiatiques d’ailleurs, font des affaires avec des relations avec qui elles ont établi des liens de confiance sur plusieurs années, et il n’y a pas grand monde au Québec qui puisse se targuer d’avoir développé des rapports de ce genre avec des dirigeants chinois. En fait, on a trop des doigts d’une main pour les compter.

Pour s’acquitter de son mandat auprès de Canadian Royalties, il fallait donc que Philippe Couillard ait ce genre de contacts, ou qu’il ait accès à des personnes qui l’avaient, en supposant qu’il ait pris l’initiative. L’autre possibilité, c’est que des personnes qui avaient ces contacts et qui le connaissaient l’aient approché en lui offrant de lui donner un coup de main. Qui donc pouvait être en mesure d’agir de la sorte en pleine crise financière mondiale à l’automne 2009 ?

En fait, il n’y a qu’un seul groupe au Québec qui dispose d’un tel réseau de relations et qui pouvait avoir accès à Philippe Couillard, et c’est Power Corporation.

En effet, Power Corporation est active en Chine depuis la fin des années 1970, Voici ce que l’on retrouvait dans La Presse au moment du décès de Paul Desmarais père :

Les relations étroites avec les autorités chinoises tissées de longue haleine par Paul Desmarais, puis ses fils André et Paul, jr, ont constitué la clé de voûte de son succès en Chine, croit Karl Moore, professeur de gestion à l’Université McGill. « Les Chinois accordent une grande valeur à cela et surtout au fait de rencontrer le dirigeant lui-même. »

Pour développer ses affaires en Chine, Power a pris une participation dans CITIC Pacific, une filiale d’une très grosse société de portefeuille chinoise qui détient des participations dans tous les secteurs de l’économie. Et pour promouvoir ses intérêts dans ce pays, Paul Desmarais a mis sur pied le Conseil d’affaires Canada-Chine dont il a d’abord été le président pendant quelques années avant de passer la main à son fils André.

Même si d’autres entreprises se sont été associées au Conseil au fil des années, Power Corporation conserve la haute main sur son fonctionnement et ses activités. En effet, la présidence du conseil en est assumée par Peter Kruyt, vice-président de Power Corporation.

Notons en passant que la vice-présidence du conseil de cet organisme échoit à l’ancien ministre fédéral et ancien majordome de la famille Desmarais Martin Cauchon dont on apprenait récemment qu’il s’était porté acquéreur des journaux régionaux de l’Empire Desmarais au Québec. Le monde est décidément bien petit !

On notera aussi en passant que Peter Kruyt et Andrew T. Pepper dont on a parlé plus haut sont tous deux des diplômés de l’Université Concordia, qu’ils ont sont dans la même tranche d’âge et qu’ils évoluent dans les mêmes cercles. Intéressant pour ce que cela ouvre comme perspectives sur ce qui se cachait derrière la transaction de Canadian Royalties en 2009.

Pour en revenir à celle-ci, elle ne s’est pas faite sans heurts. L’offre initiale, trop basse, avait dû être révisée à la hausse pour les actionnaires, mais cette hausse n’avait pas été étendue aux détenteurs de débentures, ce qui constituait une différence de traitement illégitime aux yeux des détenteurs de débentures. Le fonds Jaguar avait émis un communiqué de presse invitant les administrateurs de Canadian Royalties, dont Philippe Couillard, à s’acquitter de leur responsabilité fiduciaire envers les détenteurs de débentures dans les termes suivants :

« Vic Alboini, Chairman and Chief Executive Officer of Jaguar stated : "From the point of view of the Debenture Holders, the effective price of the Revised Offer is not an increase from the Original Offer. The Original Offer was determined to be financially unfair by BMO and was rejected as inadequate by the CZZ directors. With no effective change in price for the debentures, the Revised Offer must continue to be considered financially unfair to the Debenture Holders. The only price increase in the Revised Offer is from $0.60 per share to $0.80 per share for the sole benefit of the shareholders."

The directors of CZZ are Bryan Coates, Phillipe Couillard, Robert Durham, Bernard Guarnera, Glenn Mullan, Andrew Pepper, Arthur Porter and Michael H. Wilson. "We ask these directors to be straight with the Debenture Holders and specifically recognize that the Revised Offer is financially unfair to the Debenture Holders. They are stunningly and mysteriously silent on the treatment of the Debenture Holders" said Mr. Alboini. »

On notera que parmi ces détenteurs de débentures se trouvaient la Caisse de dépöt et placement du Québec et le Fonds de solidarité de la FTQ qui ont donc été lésés par cette transaction, ce qui crée une autre situation délicate pour Philippe Couillard compte tenu de fait que la Caisse de dépôt relève désormais de son autorité.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là.

En 2012, à l’occasion d’un forum tenu à Beijing, le Conseil d’affaires Canada-Chine, contrôlé par Power Corporation, invitait le PDG de Jilin Jien Nickel, Wu Shu, à être panéliste dans un débat sur le thème des occasions de collaboration entre les entreprises canadiennes et chinoises dans les domaines de l’énergie et des mines.

Cette invitation se trouvait à confirmer l’intérêt de l’Empire Desmarais pour et dans cette entreprise. Il se trouvait à appliquer le troisième de ses principes de l’investissement stratégique énoncé sur le site de sa filiale Pargesa SA : mise en oeuvre continue d’un travail professionnel d’actionnaire stratégique auprès des participations.

En 2013, des difficultés surgissent. Voici comment le journal Les Affaires rapporte les faits  :

La face cachée de Canadian Royalties

On savait que les choses ne tournaient pas rond chez Canadian Royalties. Cette minière chinoise, qui vient d’ouvrir la mine Nunavik Nickel, doit plus de 70 millions de dollars à des fournisseurs québécois et inuits, comme l’a révélé Les Affaires en août dernier. Et il y a pire : l’entreprise fait l’objet de poursuites judiciaires qui fusent de toutes parts.

Après s’être apparemment fait couper les vivres par son prêteur, la China Development Bank, Canadian Royalties (CR) a recruté la banque d’affaires Forbes and Manhattan pour faire le pont vers une restructuration.

L’entreprise va-t-elle se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, avec les conséquences désastreuses que ça impliquerait sur la solvabilité des fournisseurs québécois ? On ne le sait pas encore. Mais ce qu’a appris Les Affaires, c’est que Canadian Royalties s’est fait bien des ennemis depuis qu’elle existe, tant à l’époque où elle était une petite société minière québécoise, dirigée par l’entrepreneur de Val-d’Or Glenn Mullan, que depuis son acquisition par la chinoise Jilin Jien Nickel à l’automne 2009, à la suite de la crise financière.

Ces ennemis, ce sont des actionnaires mécontents et ses partenaires d’affaires qui la poursuivent pour non-respect d’ententes, fausses représentations, omissions et transactions illégales. [...]

Recours collectif

CR fait aussi l’objet d’un recours collectif déposé le 17 juin 2010 devant un tribunal ontarien relativement à des actes commis en 2007 et 2008, avant la prise de contrôle par la chinoise.

Cette poursuite d’actionnaires mécontents s’élève à 500 M$, plus 20 M$ en dommages punitifs. Les plaignants accusent les dirigeants de CR de fausses représentations et d’omissions dans des prospectus publiés en vue de deux émissions de valeurs mobilières, le 29 juillet 2007 et le 12 mars 2008, qui ont permis à la société d’amasser près de 200 M$.

Parmi les personnes poursuivies se trouvent Glenn Mullan, fondateur et président du conseil d’administration de Canadian Royalties, à l’emploi de l’entreprise jusqu’à la fin de septembre 2013 ; Pierre Faucher, président de CR en 2008 ; Bryan Coates, administrateur de CR et actuel chef de la direction financière de la Corporation minière Osisko ; et Raymond Savoie, aussi membre du conseil et ancien ministre délégué aux Mines.

La poursuite touche aussi la firme d’ingénierie SNC-Lavalin, de même que les maisons de courtage Raymond James, Desjardins, BMO Nesbitt Burns et Macquarie Private Wealth. Elle allègue que, de juin 2007 à août 2008, le conseil de CR aurait fait croire que la mine s’était assurée d’un accès à l’aéroport Donaldson, ce qui a été contredit dans un communiqué émis le 5 août 2008, dans lequel l’entreprise évoque le refus d’accès.

SNC-Lavalin est l’auteur de l’étude de faisabilité et était responsable de l’infrastructure aéroportuaire. Quant aux maisons de courtage, on les accuse de ne pas avoir fait leur devoir de diligence dans ce dossier.

Après le 5 août 2008, Canadian Royalties n’a pas pu recueillir les autres fonds nécessaires au développement de la mine. Quelques mois plus tard, Jilin Jien Nickel a finalement avalé l’entreprise pour 192 M$, alors qu’au moins 300 M$ avaient été dépensés pour le projet.

Autrement dit, beaucoup de gens ont été lésés dans cette transaction. Grosse affaire ! Et d’autant plus grosse vue la possibilité très réelle que l’entreprise chinoise ait servi de paravent aux intérêts Desmarais. Le « voile corporatif chinois » est très large et très épais. Ne le soulève pas qui veut. On comprend en revanche combien il peut être commode pour conquérir des positions à l’insu de tous.

Sur les entrefaites, le PLQ dirigé par Philippe Couillard est réélu le 7 avril 2014. Et quelques mois plus tard, on apprend que c’est en Chine que Philippe Couillard effectuera son premier voyage officiel en tant que premier ministre du Québec, pour y vendre le Plan Nord.

Voici ce que j’écrivais au sujet de ce voyage le 6 novembre dernier dans un article intitulé « Les journalistes ne font pas leur travail » :

Six mois à peine après son élection, Philippe Couillard s’est donc rendu en Chine, à la tête d’une importante délégation de gens d’affaires, officiellement pour y faire la promotion des intérêts du Québec et du Plan Nord. Comme par « hasard », son prédécesseur Jean Charest faisait partie de cette délégation, de quoi piquer la curiosité de tout observateur attentif de la scène politique québécoise.

Le rôle joué par Jean Charest dans la promotion du Plan Nord lorsqu’il était premier ministre et l’intérêt qu’il représente pour l’Empire Desmarais sont bien connus. Dès juillet 2011, je les avais décrits ici-même sur Vigile dans un texte intitulé « L’appétit vorace de l’Oncle Paul ».

Il faut aussi savoir que Paul Desmarais père fut le président fondateur du Conseil d’affaires Canada-Chine, qu’André Desmarais en est toujours le président honoraire après l’avoir présidé pendant une dizaine d’années, que le président actuel du Conseil est Peter Kruyt, vice-président de Power Corporation, et que l’ancien ministre fédéral Martin Cauchon, un proche de la famille Desmarais, en est le vice-président.

Ajoutez à cela que le Conseil tenait son assemblée générale et son banquet annuels en Chine au moment de la visite de la délégation québécoise, qu’il y a été beaucoup question du Plan Nord à cause des intérêts de Power Corporation dans la société China Asset Management Co. Ltd et le très gros conglomérat chinois Citic Limited, deux entreprises très actives dans le secteur des mines et richesses naturelles, et vous comprendrez comment Philippe Couillard, après son prédécesseur Jean Charest, se prête à la stratégie de l’Empire Desmarais pour développer ses affaires.

Bien entendu, André Desmarais était de la partie.

Pendant son séjour en Chine, Philippe Couillard a rencontré les dirigeants de Jilin Jien, comme nous l’apprenait le journal Les Affaires le 30 octobre dernier :

Profitant de son passage à Pékin dans le cadre de sa mission commerciale en Chine, le premier ministre du Québec Philippe Couillard rencontrera vendredi la haute direction de la minière chinoise Jilin Jien Nickel.

On pourrait alors en savoir davantage sur ce qu’il adviendra de la mine Nunavik Nickel, de Canadian Royalties, située dans le territoire nordique du Québec. Un projet qui devait créer 400 emplois sur quinze ans, mais qui a été stoppé l’an dernier faute de liquidités et après d’importants ratés techniques.

« Nous rencontrons (les gens de Jilin Jien Nickel) à leur demande », a indiqué le premier ministre, interrogé par Les Affaires en marge d’une cérémonie de signatures d’ententes commerciales à Pékin. « Nous leur parlerons du Plan Nord, mais nous voudrons aussi connaître leurs intentions : combien d’emplois et combien de temps durera la mine », a-t-il ajouté.

Jilin Jien Nickel a acheté la mine de Canadian Royalties en 2010 pour moins de 200M$, une aubaine, à la suite de la crise financière qui a asphyxié le promoteur québécois. Elle était sur le point de démarrer, mais le projet qui devait livrer du cuivre et 160000 tonnes de concentré de nickel, a connu des problèmes techniques. L’extraction du nickel n’était pas optimale et un quai bâti par SNC-Lavalin, s’est effondré (SNC est d’ailleurs poursuivie pour 40M$ dans ce dossier).
Puis à l’été 2013, après avoir englouti 700M$ de plus dans le projet, la minière chinoise s’est fait couper les vivres par son principal bailleurs de fonds, la Bank of China. Résultat : une quinzaine d’entrepreneurs québécois n’ont pas été payés. La société a recruté la banque d’affaires Forbes and Manhattan pour réaliser une restructuration. Plus de la moitié du personnel a été mis à pied et l’équipe de direction a été éjectée. (Le président John Caldbick vient d’ailleurs de déposer une poursuite de 1,6M$ pour congédiement illégal).

Les rumeurs voulaient que la durée de vie de la mine soit réduite à trois ans. Depuis, la mine a réussi à faire des expéditions, d’abord de cuivre, pour payer une partie de ses sous-traitants.

En février 2014, les propriétaires ont annoncé l’injection de 200M$ additionnels dans la mine – s’ils obtenaient le financement - et en septembre, une première expédition de 23000 tonnes de nickel a été réalisée, via le passage du Nord-Ouest.

Philippe Couillard dit maintenant espérer voir « une phase deux » du projet. Il doit connaître assez bien le dossier, puisqu’il a lui-même siégé sur le conseil d’administration de la mine, quelques mois avant qu’elle ne devienne officiellement chinoise, en 2009.

La « phase deux », on vient de l’apprendre, elle sera financée par un prêt de 100 millions $ de Ressources Québec.

C’est du moins ce qu’on nous dit.

Mais peut-on croire ce qu’on nous dit ?

À qui est-on en train de sauver la mise ? À Philippe Couillard ? À l’Empire Desmarais ? Pourquoi Philippe Couillard s’intéresse-t-il autant à ce dossier ? À-t-il encore quelque chose à y gagner ? À y perdre ? Et pourquoi vole-t-il au secours d’une entreprise dans laquelle l’Empire Desmarais a des intérêts ? Pour payer des dettes ? Pour toucher une commission dans un paradis fiscal de ses connaissances et qu’il a reconnu avoir déjà utilisé ?

Où est l’opposition dans ce dossier ? Où sont les médias ?

Cette séquence d’événements n’est pourtant pas banale, et toutes ces questions méritent réponse, surtout de la part d’un gouvernement aussi marqué qu’il ne l’est par les exactions du gouvernement Charest. Le scandale du CUSM, ça vous dit quelque chose ?

Commentaires

  • Pierre Bourassa, 22 avril 2015 19h39

    15 avril 20h28 : Par anonyme :

    ’’Les journalistes professionnels veulent conserver leur job rémunéré. D’où la censure personnelle.’’

    En complément à votre propos,j’en profite pour relayer ce vidéo, disons...,très pédagogique, qui pourra surement servir un jour à Vigile.Québe et RadioInfocité.

    Alain Soral a été journaliste professionnel pendant 20 ans et puis a débarqué du Système pour fonder son propre site Égalité&Réconciliation.
    Dans le cas présent,il a été sollicité par la chaine Franco-Allemande,ARTE,pour faire une entrevue.
    N’ayant plus confiance aux médias de masse,il demande à son équipe de filmer l’entrevue en même temps qu’Arte, afin de comparer le montage de la chaine avec l’entrevue originale.
    Quelle bonne idée ! Une vraie leçon de journalisme s’en suit.
    Anticiper les coups,c’est ce qui manque à l’angélique PQ.

    Interview d’Alain Soral par la chaîne Arte : les images d’ERTV
    – Avril 2015
    http://www.dailymotion.com/video/x2ni1a2_interview-d-alain-soral-par-la-chaine-arte-les-images-d-ertv-avril-2015_news

  • Gaëtan Lavoie, 22 avril 2015 15h07

    COUILLARD ET LE PLAN NORD

    En Arabie saoudite il trouva le pactole.
    Au Québec maintenant il fait le mariole,
    Ce Philippe couilles en or :
    Il cherche à vendre le Plan Nord
    Aux Chinois. C’est vraiment un homme de paroles.

    CHEFS CHINÉS

    En Chine Couillard pense arriver à bon porc.
    « On verrat », dit Legault lui donnant son support.
    Pendant que Jean-François Lisier
    En ajoute à son bêtisier,
    L’ineffable Khadir ménage ses transports.

    ÉNERGIE EST

    TransCanada promet de grandes retombées
    Qui nous arriveraient par des voies dérobées.
    Énergie Est, c’est ce projet
    Pour lequel on sent un rejet
    Au Québec. Pierre Arcand en reste bouche bée.

    L’ARRACHEUR DEDANS

    Canadian Royalties embaucha son mandant,
    Monsieur Pierre Corbeil. À son corps défendant,
    Il servira son premier ministre
    Qui le nomma pour qu’il administre
    Le Plan Nord en montrant qu’il est accommodant.

  • PB, 22 avril 2015 15h07

    Dommage qu’on ne sache pas ce que M. Couillard a raconté devant la Chambre de commerce Canada-Chine le 3 février 2015 à Montréal

    http://www.ccbc.com/events/montreal-business-breakfast-with-quebec-premier-philippe-couillard/

  • André Gignac, 21 avril 2015 13h55

    Monsieur Le Hir

    Qu’est-ce qui arrive avec le gros projet de mine de nickel à ciel ouvert de la Canadian Royalties situé à une vingtaine de milles à l’ouest d’Amos en Abitibi ? Je me rappelle avoir lu dans un hebdo de Rouyn-Noranda, il y a quelques années, que la compagnie cherchait du capital pour la mettre en opération. Qu’en est-il aujourd’hui ? Cette mine serait la plus grosse mine à ciel ouvert au Canada mais plus polluante que celle de Malartic toujours en Abitibi. Très intéressant votre texte !

    André Gignac 21/4/15

  • Mario Goyette, 19 avril 2015 12h39

    Philippe Couillard n’a pas à craindre le retour d’Arthur Porter qui séjourne comme un pacha en prison au Panama, à la demande du Canada.

    Selon un fraudeur québécois recherché par la justice, la prison de La Joya au Panama, la même que celle où est enfermé le Dr Arthur Porter est un paradis pour quelqu’un de riche. Tu peux tout avoir : ordinateur, téléphone cellulaire, filles. Tu manges très bien. C’est beaucoup plus confortable qu’au Québec.

    Attrape-moi si tu peux
    Un Québécois nargue la justice canadienne en se cachant dans Les Antilles
    http://www.journaldequebec.com/2015/04/18/attrape-moi-si-tu-peux

  • Jean-Yves Papineau, 17 avril 2015 20h26

    Voici un article de La Presse de 2012 qui fait l’historique à cette date de cette aventure lancée par une petite "junior" de Vancouver.
    Si vous voulez poursuivre pour identifier le coté chinois, je peux vous envoyer les liens informatiques.
    Mon sentiment est que ce prêt de 100M$ accompagné d’une hypothèque de 120M$ veut dire que nous sommes maintenant propriétaires de ce désastre nommé Charest-Couillard.

    NORD DU QUÉBEC : UNE PREMIÈRE MINE 100% CHINOISE

    Jilin Jien a déposé à la mi-janvier une offre d’achat amicale de quelque 100 millions de dollars pour Goldbrook, une junior de Vancouver avec laquelle elle s’était associée pour racheter Canadian Royalties et son projet Nunavik Nickel en 2009.

    HUGO FONTAINE
    La Presse 8 févtier 2012
    (Montréal) Le rachat de la petite société canadienne Goldbrook Ventures par son partenaire chinois Jilin Jien Nickel permettra à l’empire du Milieu de détenir l’entier contrôle sur le projet Nunavik Nickel, dans l’extrême nord du Québec. Le projet deviendra de ce
    fait la première mine québécoise à propriété 100% chinoise.

    Jilin Jien a déposé à la mi-janvier une offre d’achat amicale de quelque 100 millions de dollars pour Goldbrook (V.GBK), une junior de Vancouver avec laquelle elle s’était associée pour racheter Canadian Royalties et son projet Nunavik Nickel en 2009.
    La société québécoise Canadian Royalties avait démarré en 2007 la mise en valeur de son projet de nickel à quelques pas de la mine Raglan, exploitée par Xstrata. Or, la crise financière a cassé les reins de la junior, la forçant à trouver un chevalier blanc.

    Malgré les appels à l’aide de son patron de l’époque, Glenn Mullan, personne au Québec n’a voulu ou n’a pu sauver la société. Est alors entrée en scène Jilin Jien Nickel, qui s’est associée avec Goldbrook Ventures pour former Jien Canada Mining, racheter Canadian Royalties et relancer le projet Nunavik Nickel. Les Chinois en détiennent 75% des actions, comparativement à 25% pour la minière canadienne.
    Depuis, les relations sont houleuses entre Goldbrook et les Chinois. Une source proche du dossier nous a déjà confié que des problèmes de compréhension et d’interprétation de l’entente originale minaient la bonne entente entre les partenaires.
    Les différends se sont transportés devant les tribunaux. Dans un des cas, Goldbrook accusait Jilin Jien d’avoir effectué une manoeuvre contraire à l’entente de partenariat, avec pour effet de diluer la participation de Goldbrook. Le tribunal d’arbitrage a demandé le rétablissement des participations originales. L’offre d’achat de Jilin Jien, si elle réussit, rendra caduques les disputes judiciaires.
    Jilin Jien Nickel investit environ 800 millions pour construire la mine et les installations portuaires. Son président en avait fait l’annonce en août dernier après une rencontre avec le premier ministre Jean Charest à Pékin, précisant que les mesures de soutien prévues au Plan Nord avaient convaincu l’entreprise de doubler son investissement. Le premier ministre avait quant à lui indiqué que des discussions étaient en cours à propos de l’alimentation en énergie du complexe minier. Le début des activités est prévu à la fin du troisième trimestre et la mine emploiera environ 500 travailleurs (250 en alternance).
    En mettant la main sur Goldbrook, Jilin Jien prend aussi le contrôle d’un nouvel ensemble de propriétés d’exploration dans la région de Raglan, de part et d’autre des propriétés de Xstrata et Canadian Royalties.
    En plus du nickel, les Chinois lorgnent également le fer de l’Est canadien. L’aciériste WISCO est le principal client de la mine du lac Bloom, exploitée par Cliffs Natural Resources près de Fermont. Le même aciériste est engagé dans le mégaprojet d’Adriana Resources, entre Schefferville et Kuujjuaq, et détient aussi 25% de Century Iron Mines, qui a des projets dans la Fosse du Labrador et à la Baie-James.

  • Mario Goyette, 17 avril 2015 13h50

    La neutralité d’Anne-Marie Dussault.
    Invité à commenter l’intégrité de Couillard (c’était le sujet de l’émission de 24/60), Stéphane Bédard, le chef intérimaire du Parti québécois, a du ramener à l’ordre Anne-Marie Dussault plusieurs fois qui a choisit de s’attarder uniquement sur la défense de l’argumentaire de panique de Couillard tout en se défendant de se faire accuser de partisannerie en faveur du parti libéral.
    L’intégralité de l’émission n’est pas encore disponible mais j’invite tous ceux qui se questionnent sur la rôle de Radio-Canada et de Gesca dans la démarche de notre volonté politique qui n’est jamais remis en question par le Directeur général des élections du Québec, lui-aussi au service du fédéralisme canadien à la visionner dès que possible.

    http://ici.radio-canada.ca/emissions/24_heures_en_60_minutes/2014-2015/

  • Jean-Paul St-Cyr, 16 avril 2015 19h53

    Monsieur Le Hir,

    Je vous remercie pour votre article révélateur. Ça me rappelle la lecture des trois livres suivants que vous avez écrits avec la même rigueur intellectuelle et le même souci de véracité, et toujours bien appuyés par des faits documentés et vérifiables :
    1) Desmarais : la dépossession tranquille
    2) Henri-Paul Rousseau, le siphonneur de la Caisse de dépôt
    3) Charles-Sirois, l’homme derrière François Legault

    Permettez-moi de saluer monsieur Jean-Pierre Bélisle pour son commentaire percutant. Il s’agit d’une véritable incitation à la recherche et à l’analyse. Je le remercie. J’aimerais bien qu’il élabore afin de mieux m’instruire à ce sujet.

    PS : J’ai hâte de lire votre prochain livre. En avez-vous un qui se trame présentement dans votre esprit ?

  • Gaston Lévesque, 16 avril 2015 12h35

    Bravo M. Le Hir pour une information aussi pertinente. Quant à Philippe Couillard, « le plus grand » neurochirurgien que le Québec ait connu, dit-on, Il a un parcours tellement chaotique que ceux qui ont voté pour ce super « bolé » se posent de sérieuses questions sur les motifs véritables qui animent cet individu. Son manque de compétence pour avoir nommé Yves Bolduc comme ministre de l’éducation va nous coûter très cher ! Une prime de départ de 155000$ dollars en plus de plusieurs centaines de milliers de dollars pour une élection partielle représente un montant considérable qu’aucune entreprise privée n’aurait pu tolérer de la part d’un chef d’entreprise en moins d’un an de service ! Son séjour de quatre ans comme conseiller médical en Arabie Saoudite (le pays qui finance le terrorisme international) lui a fait perdre beaucoup de matière grise et de nombreux neuronnes entre les deux oreilles ! Si Yves Bolduc était incompétent comme ministre de l’Éducation, est-ce que Philippe Couillard est compétent comme chef d’un gouvernement qui s’est fait élire avec seulement 35% de votes. C’est dire que 65% des gens n’ont pas voté pour le parti libéral ou ont voté pour un autre parti. Cela ressemble en tout point à un modèle de démocratie « poutinienne ». C’est vrai qu’au Québec il y a des oligarques qui gèrent notre gouvernement et dont on parle peu souvent. Dans une république de bananes c’est comme ça que ça se passe sans aucun doute ! Personne ne peut nier que M. Couillard a de plus en plus une mémoire sélective… A Quand le rapport de la commission Charbonneau ?

  • 15 avril 2015 20h28


    Du vrai journalisme d’enquête !Félicitation M. Le Hir.Mais comme le laissait entendre hier soir Julie Ducharme à Point de Bascule sur Radio Infocité,,vous êtes un journaliste bénévole et vous avez réussit à trouver tout çà,comment se fait-il que ceux qui sont rémunérés n’y ont même pas touché ?

    — Pierre Bourassa, 15 avril 10h25
    Les journalistes professionnels veulent conserver leur job rémunéré. D’où la censure personnelle.

  • Jean-Yves Duthel, 15 avril 2015 20h16

    Bravo monsieur Le Hir........hé oui, ou sont les journalistes québécois ? Ceux qui sont si prompts à s’offusquer de détails on, en fait, la chienne d’écrire quoique ce soit qui touche aux libéraux.

  • Jean-Pierre Bélisle, 15 avril 2015 20h07

    "Où était l’opposition", demandez-vous ?
    Permettez-moi la digression suivante :

    Invitez d’abord chacun des députés à répondre sans hésitation à la question : "Nunavik / Nunavut, quelle est la différence ?" - Facile !

    Alors continuons... : "sur la carte du Québec, situez rapidement Sagard puis le site minier Raglan". - Ah là, je parie que l’index pendule.

    Enfin, "nommez trois villages du territoire arctique Québécois". Je mets ma main au feu que c’est la déconfiture totale.

    Le fait est que le complexe minier Raglan est plus éloigné de Quebec city que ne l’est notre capitale nationale des Bermudes. Le Nunavik, c’est le monde secret des grandes minières.

    Tout le monde pense que les mines sont un bien collectif. Mais dans les faits concrets, tout est aussi privé et d’accès tout aussi exclusif que l’est Sagard. Le complexe Raglan, disent ses dirigeants, est tout à fait autonome et n’a besoin d’aucune subvention. Des installations du plus de 70km d’est en ouest, un réseau de routes et de porteurs privés ; un système de formation de la main d’œuvre autochtone et d’employabilité privés à faire pâlir les ministères Québécois concernés ; un système de soins tertiaires dispensés par le RUIS McGill.

    Alors, mis à part les quelques centimes la tonne et quelques emplois bien rémunérés, à qui profite vraiment toutes ces opérations ?

    Le concentré des mines Raglan est acheminé par bateau dans le sud de la province, puis est envoyé à Sudbury (4000km) pour y être transformé en « matte « (minerai sélectionné contenant d’autres métaux) puis envoyé en Norvège, petit pays de 5 millions d’habitants (et un autre trajet de 7000 km), où elle est affinée en métaux purs. Ne serons-nous toujours qu’un un peuple de paysans et de manœuvres ?

    Nos géopoliticiens-maison clament pourtant que « l’État agit avec envergure ». Quelles furent donc au Nunavik les fruits du « Raglan Agreement (1995) » (premier véritable contrat IBA minier (« Impact and Benefit Agreement ») signé au Canada entre une compagnie minière et un peuple autochtone) ?

    Bien le tant mieux pour le peuple Inuit et ses collectivités locales (j’y ai de très vieux amis que j’aime profondément). Mais moi, j’y vois l’embryon d’un État minier qui pourrait bien faire sécession le jour où nous pourrions faire la nôtre.

    Des nationalistes se plaisent à rappeler que ce sont les missionnaires catholiques qui ont permis le développement du Grand-Nord Québécois. Mais ils occultent par là que ce sont avant tout les grandes minières, comme Raglan dans les années 1930, qui ont amorcé l’exploration du territoire et qui l’occupent maintenant avec toute la loyauté et la reconnaissance du peuple Inuit.

    Au Nord du 55è parallèle, l’État Québécois et les francophones sont honnis partout comme à Blanc-Sablon du reste. Je n’exagère qu’un tantinet.

    Alors, des moulins à vent pour permettre à Raglan de baisser sa facture énergétique ? Qu’en dit Martine Ouellet ?

    P.S. : Votre article est formidable Monsieur Le Hir.

  • Maurice, 15 avril 2015 18h59

    Nous sommes mieux renseignés ici que dans les médias contrôlés.
    Couillard a déclaré à l’Assenblée Nationale ce matin l’incident clos.
    A-t-il agi comme juge et parti.....ou a-t-il agi en parrain ?

    Qu’avez-vous à dire Couillard ?
    J’ai rien à dire.
    Non mais........
    Je considère l’incident clos.

    Un vrai parrain......

  • Murielle Bernard, 15 avril 2015 16h42

    Un gros merci Monsieur Le Hir ! Toujours aussi efficace et valeureux.
    Qu’attendent les médias québécois et canadiens pour faire leur travail ? Vraiment désolant ! La nouvelle devraient déjà faire la manchette à l’international, ils le font bien pour les débordements étudiants pour faire mal paraître notre société québécoise ! En effet, quand il est question de soulever la couverture du bord Canadian, on devient soudainement frileux et pudique ! Quelle démocratie...Pathétique !

    Et, que fait le Canada dans le dossier de Arthur Porter...en janvier on nous annonçait que le Panama avait accepté son extradition, mais on niaise encore ! Apprendrions-nous de Porter des choses qui saliraient davantage la vertu de certains ? Pourquoi tarder, on espère quoi...que le tic tac du temps s’en occupe, pour enfin enterrer pour de bon, des sombres secrets avec lui ?

    M’enfin ! Toutes ces embrouilles, en plus des réactions de vierges offensées des députés du PLQ à l’Assemblée nationale, pour intimider et empêcher les justes questionnements de l’opposition sur le possible conflit d’intérêt de notre PM, donnent un bien mauvais exemple à notre belle jeunesse !

    Aussi, je souhaite que le peuple québécois se secoue et réagisse vigoureusement ! Car il est question ici, de l’intérêt supérieur de chacun-ne d’entre nous, de notre intégrité collective et celle de notre État ! D’autant plus que, actuellement, notre gouvernement a osé prendre l’initiative de déconstruire le modèle de notre société québécoise, en nous persuadant que, c’était la meilleure chose à faire pour notre bien ! Il s’est servi d’enflures et de demis-vérités pour convaincre ; il a instauré un climat d’angoisse et de division pour nous affaiblir et nous contraindre vers sa supposée "unique solution possible pour contrer notre déclin". Faudrait s’assurer, d’abord, d’où vient ce gaspillage, avant de se faire avaler définitivement, comme des cons !!!

  • Lynne Dufresne, 15 avril 2015 16h38

    Bravo pour cet article Monsieur Le Hir, très intéressant et informatif, le meilleur que j’ai lu sur le sujet.

    Merci

  • Pierre Bourassa, 15 avril 2015 10h25

    Du vrai journalisme d’enquête !Félicitation M. Le Hir.Mais comme le laissait entendre hier soir Julie Ducharme à Point de Bascule sur Radio Infocité,,vous êtes un journaliste bénévole et vous avez réussit à trouver tout çà,comment se fait-il que ceux qui sont rémunérés n’y ont même pas touché ?
    Surprenant tout de même que Radio-Canada en parle timidement ce matin en relayant l’info provenant du Journal de Montréal ainsi que de l’intervention de Stéphane Bergeron hier à l’Assemblée Nationale :
    Couillard de nouveau rattrapé par son passé
    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2015/04/15/001-canadian-royalties-conflit-interets.shtml

    Allégations de conflit d’intérêts : Philippe Couilllard affirme être la cible d’une campagne de démolition
    http://ici.radio-canada.ca/info#OS0xMzA1Mg==

  • Estelle Tremblay, 14 avril 2015 21h06

    M. Le Hir,
    Tout ce qui se passe avec le PLQ est épouvantable. Il faudrait qu’un million de personnes lisent votre excellent article. Péladeau peut-il le diffuser abondamment ? Pouvez-vous l’envoyer à Cloutier et Gaudreault ? Ce que je ferai mais c’aura un impact moindre.
    Je l’ai fait parvenir à 20 contacts et un ami l’a placé sur FB avec peu d’effet puisqu’il n’y a que mon commentaire.
    La fin des élections scolaires est la diversion du jour pour masquer leurs magouilles. Qu’est-ce qui pressait de sortir ça ? Et c’est comme ça à chaque jour.
    Mon tempérament optimiste commence à flancher car je crains le démantèlement rapide du Québec qui nous empêchera de faire l’indépendance.
    Félicitations pour votre apport gigantesque !

  • Jean Lussier, 14 avril 2015 21h00

    Voici le lien de l’émission sur cette question sur http://www.radioinfocite.com
    http://www.radioinfocite.com/emission/14-4-2015PDB.mp3
    Disponible dès 21:06 h mardi le 14 avril 2015

  • coccinelle , 14 avril 2015 15h38

    Il a été question de votre article à la période de questions aujourd’hui et les libéraux ont la rage après le p.Q et les accusent de faire du salissage.
    On a déjà vue ce film il me semble.
    Couillard est coupable et dans le merde c’est sure .Juste leurs réactions le prouve.
    Merci M.LeHir pour votre article.

  • Gilles Paquin, 14 avril 2015 15h31

    Le gouvernement Couillard a annoncé le versement d’un prêt de $100 millions à Canadian Royalties en dépit du fait que cette compagnie soit poursuivie par de nombreux fournisseurs et n’arrive pas à obtenir d’argent frais des banques ou du marché boursier. Ce n’est pas bon signe et je me demande si le M. Couillard investirait ses économies personnelles dans une telle entreprise. Le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, n’achèterait certainement pas d’actions dans cette mine comme en témoigne sa déclaration de cette semaine :
    « Bâtir un État moins interventionniste, voilà à quoi rêve le ministre de l’Économie.
    Les entreprises qui ne sont pas viables n’ont donc pas à être sauvées à tout prix par le gouvernement, surtout pas pour protéger l’ego d’un entrepreneur, selon lui.

    Une faillite peut parfois être inévitable. « Ca fait surtout mal à l’ego en région, parce que quand vous êtes le roi du village, et que vous devez faire faillite, c’est difficile », raconte-t-il.

    Mais ce n’est pas une raison pour injecter des fonds publics, car certaines entreprises en redressement affichent un tel niveau d’endettement « qu’il vaut mieux la laisser faire faillite, nettoyer son bilan et repartir, que simplement traîner ce boulet-là pendant 20 ans ».

    Laissons agir les lois du marché, semble être le credo du ministre âgé de 67 ans, qui affiche une longue feuille de route dans le secteur bancaire et le soutien financier public aux entreprises privées.

    « Au terme de tout ça, laissons la force des marchés s’exprimer », ajoute Jacques Daoust, qui privilégie le modèle d’un « État partenaire qui ne choisit pas les gagnants ».

    De toute façon, les entreprises en redressement, donc au bord de la faillite, sont souvent « mal gérées » ou bien elles occupent un secteur d’activité perdant. Aussi bien les laisser tomber.

  • marcandre allaire, 14 avril 2015 15h13

    je suis tres content que sa sorte et j,ajouterai que le plan nord que le peuple quebecois et quebecoise vont se faire avoir bcp de mentri hypocrisie y ne conte pas tout y cache bcp de chose

  • Multruhar, 14 avril 2015 14h32

    C’est à se demander combien de temps ils pourront continuer ainsi impunément...


    Merci pour votre courage et votre rigueur M. Le Hir, c’est inspirant.

  • Sylvain Meunier, 14 avril 2015 08h54

    Très bon texte et tout aussi troublant, ne trouvez-vous pas une similitude entre cette affaire et celle du CHUM ? En effet, tout le monde connaissait les déboires d’Arthur Porter à Détroit et pourtant, il fut embaucher malgré tout. Cette fois il s’agit de la Canadian Royalties, poursuivie par « des actionnaires mécontents et ses partenaires d’affaires qui la poursuivent pour non-respect d’entente, fausses représentations, omissions et transactions illégales. » Comment se fait-il que Philippe Couillard semble encore une fois accoquiné avec eux tout comme il l’avait été avec Porter ? Se poser la question est d’y répondre...

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