«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Hum !

La maladresse, devenue bourde, devenue cauchemar

vendredi 4 novembre 2016

La politique est imprévisible. Lorsque Jean-François Lisée a commenté l’affaire Sklavounos, il se sentait bien à l’aise, rien de cela ne concernait son parti. Sûr de lui, il pouvait se permettre de jouer avec une allumette pour brûler un peu les doigts de ses adversaires libéraux.

Il en a trop mis, parlant du devoir de la police d’avertir le parti d’une enquête sur un député. Il voulait sous-entendre que le premier ministre savait quelque chose. Il était loin de se douter qu’avec son allumette en main il s’apprêtait à entrer dans un nuage de propane.

Qui aurait pu penser que, quelques jours plus tard, les liens de proximité entre la police et le gouvernement allaient se retrouver à l’avant-scène d’une controverse d’espionnage des journalistes ?

Problème politique

La lune de miel de Jean-François Lisée est sérieusement en train de se briser sur cette histoire de surveillance de journalistes. Il se retrouve avec un triple problème.

1. Son porte-parole en matière de sécurité publique Stéphane Bergeron a dû se retirer de ses fonctions pour avoir passé une commande à la SQ qui s’est transformée en espionnage de six journalistes.

2. La commission d’enquête qui vient d’être instituée va gratter dans cette histoire qui fait mal paraître le PQ.

3. Toute cette saga autour du travail policier va donner aux adversaires de monsieur Lisée mille occasions de lui remettre sur le nez sa vision de la proximité entre pouvoir politique et corps policiers.

Trop de stratégie ?

Monsieur Lisée nous a donné un exemple de ses forces qui peuvent devenir de graves faiblesses. Des gens qui ont déjà travaillé avec lui me racontaient à quel point il génère des idées pour marquer des points politiques immédiats. Dans le langage politique, on appelle cela « gagner la journée ».

Sauf que le fin stratège s’égare parfois dans des sentiers sinueux dans le but de gagner la journée, mais, en faisant cela, il s’égare de la route principale. Au point de départ, personne n’aurait pu prévoir l’émergence de l’enjeu policier dans cet automne. Néanmoins, le chef péquiste paye aujourd’hui pour l’imprudence de son propos sur la police.

Ce que monsieur Lisée doit espérer maintenant, c’est que cette nouvelle commission d’enquête découvre d’autres cas de surveillance journalistique à d’autres époques que sous le PQ. Compte tenu des pouvoirs étendus qui sont conférés à une telle commission, il est probable que des exemples supplémentaires soient déterrés.

Cependant, dans le scénario où la commission concluait que la seule occasion d’une incursion de la SQ dans le travail des journalistes fut sous les ordres du péquiste Bergeron, le PQ se retrouverait avec un joli bonnet d’âne. Gênant pour le chef Lisée qui est lui-même journaliste et qui faisait partie aussi du gouvernement Marois.

Les ennemis du PQ attaqueront le manque de jugement du chef ou pire encore l’accuseront de rêver au contrôle politique de la police. Pour éviter de voir sa position définie par ses adversaires, monsieur Lisée a le devoir de rapidement clarifier sa pensée en la matière.

 


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