«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La réaction de Jean-François Lisée est atterrante !

La loi 101 au cégep

Remue-méninges au PQ. De nombreux péquistes s’activent pour que le parti s’engage à appliquer une mesure inscrite dans le programme et qui consiste à étendre la loi 101 jusqu’à la fin du cégep.

Jean-François Lisée, pourtant adepte de la controverse tout au long de sa carrière, refuse une telle initiative qu’il juge trop polémique.

On pourrait rétorquer au chef du PQ que l’extension du français jusqu’à la fin du collégial correspond davantage à la culture du PQ que l’acharnement qu’il entretient à faire alliance avec Québec solidaire en vue de l’élection de 2018.

En effet, tout rapprochement avec Québec solidaire dont le programme se situe à l’extrême gauche dans le contexte politique québécois n’est-il pas plus étranger au PQ et plus controversé que de promouvoir l’enseignement en français pour tous les jeunes immigrants jusqu’à dix-huit ans ?

Combat perdu

La réaction de Jean-François Lisée est atterrante. En ce sens, qu’elle révèle que le combat pour confirmer et protéger le français, dont l’avenir est de plus en plus précaire au Québec, est en fait perdu.

Car quoi qu’on dise, les jeunes immigrants scolarisés en français jusqu’à la fin du secondaire sont attirés par l’anglais et seront encore plus nombreux à l’avenir à s’inscrire dans les cégeps anglophones.

On assiste déjà à l’anglicisation de jeunes francophones qui s’affichent fièrement d’être de leur époque. D’ailleurs, la ferveur pour la culture et la langue est jugée comme un sentimentalisme de vieux nationalistes nostalgiques, car dépassés par la mondialisation. Or celle-ci n’a-t-elle pas fait éclater l’État-nation et ses valeurs collectives au profit d’un salmigondis culturel engoncé dans un multiculturalisme faussement égalitaire ?

À long terme, les dés sont pipés au Québec pour le français. Un retour à un bilinguisme s’annonce. Amir Khadir en s’exprimant en anglais à l’Assemblée nationale afin de se faire comprendre par les anglophones et les allophones, sa future clientèle électorale, espère-t-il, a ouvert la porte. D’autres députés de comtés à majorité anglophone seront aussi tentés de s’exprimer en anglais à l’avenir. Pour se faire comprendre de leurs commettants, comme s’est justifié Amir Khadir.

Aucune concession

Le chef du PQ refuse de céder à ses militants qui expriment leur volonté de préserver le français pour éviter la controverse. N’est-ce pas un constat d’échec ? Avec cette façon d’envisager les années à venir où le recul de la langue sans mesures coercitives est inévitable, il faut abandonner une fois pour toutes ces velléités de s’affirmer en tant que majorité.

L’article 1 du Parti québécois doit donc disparaître. La souveraineté est à l’évidence un thème encore plus controversé que la loi 101. Dans l’optique de Jean-François Lisée, il devient donc risqué politiquement de laisser flotter au-dessus du Québec cette épée de Damoclès.

René Lévesque aurait préféré ne pas légiférer pour imposer le français. Il trouvait humiliant de voir nos compatriotes anglophones refuser d’apprendre la langue.

Désormais, l’humiliation est quotidienne. Défendre la langue provoque des haussements d’épaules, une impatience, une lassitude, voire une agressivité. L’air de dire ceci : arrêtez de radoter ; le folklore est terminé. Vive le bilinguisme institutionnel !


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