«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les deux langues officielles du Canada sont l’anglais et le traduit !

La langue française écorchée

Avantagés, Maxime Bernier et Steven Blaney se sont bien défendus dans le débat du Parti conservateur de mardi, tenu entièrement en français

La présentation d’un débat en français mardi à Québec dans la course à la direction du Parti conservateur aura été une véritable épreuve pour plusieurs candidats dont on retiendra plus la maîtrise boiteuse de la langue de Molière que les idées.

Pour l’expert du Journal Benoît Melançon, c’est plus le Parti conservateur qui ressortira amoché de la soirée de mardi que la langue française.

« Le Parti se dit national, mais arrive à Québec avec huit candidats dont on ne peut même dire s’ils comprennent réellement le français », déplore le linguiste.

Formule éteignoir

M. Melançon croit que la formule à 13 candidats n’avait rien pour aider à évaluer le français des aspirants-chefs.

Déjà au fait des grands thèmes, les candidats avaient pu préparer leurs réponses et les moins à l’aise s’en sont tenus à la lecture.

« C’était une formule qui n’avait pas de sens linguistiquement et politiquement. On ne connaît pas réellement leur programme et on ne sait pas non plus s’ils parlent français. C’était une lecture de textes décousue », analyse Benoît Melançon.

Pour ce dernier, excepté les francophones Maxime Bernier et Steven Blaney, seuls Chris Alexander, Michael Chong et Rick Peterson ont l’étoffe d’un chef bilingue. « Ce sont les seuls qui ont fait la démonstration qu’ils pouvaient débattre, croit l’expert de la langue française. Les autres ont répété les phrases creuses de leurs cartons et ont réussi à se tromper quand même, c’est inquiétant. »

Les candidats Blaney et Bernier ont profité de l’avantage évident qu’ils avaient en raison de la maîtrise du français, leur langue maternelle. Malgré cela, Bernier a été la cible d’attaques toute la soirée.

Parti bilingue ?

L’analyse du fait français était toutefois différente dans la salle où les militants et les députés présents refusaient de lancer la pierre aux candidats.

« Je connais les candidats et je savais que le niveau de français serait plus élevé que ce que les gens attendaient. Nos adversaires n’arrêtent pas de nous accuser de ne pas être assez bilingues, mais la réalité est tout autre », a indiqué le député Gérard Deltell, qui n’a toujours pas arrêté sa décision à savoir qui il appuierait.

L’experte du Journal Zita De Koninck refusait toutefois de parler de bilinguisme pour décrire ce qu’elle a vu sur la scène du Centre des congrès mardi soir.

« Le bilinguisme peut avoir plusieurs définitions, mais à part messieurs Alexander, Chong et Peterson, ce n’était pas fort. »

Le débat a attiré 400 personnes.

Les experts du Journal

Zita De Koninck

debat conservateur
Photo courtoisie

Zita De Koninck est spécialiste de la didactique des langues secondes ou étrangères. Elle enseigne au Département de langue, linguistique et traduction de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Laval.

Benoît Melançon

debat conservateur
Photo courtoisie

Benoît Melançon est professeur titulaire au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal et directeur scientifique des Presses de l’institution. Il tient également le blogue L’Oreille tendue.

Et ils se disent bilingues !

« Je suis la woua de l’inclusation. »

— Le candidat unilingue Deepak Obhrai, député de Calgary Forest Lawn (Alberta) depuis 1997

« Éréter de vous checaner ! »

— Erin O’Toole, à ses collègues

« Maxime è la mentaire ine la impostère. »

— Kellie Leitch, députée de Simcoe-Grey (Ontario) depuis 2011 et ex-ministre, qui voulait dire « Maxime est le menteur et l’imposteur. »

« Les autochtones vivre dans le pauvre. »

— Kellie Leitch

« Sans compromiser »

— Pierre Lemieux, député de Glengarry-Prescott-Russell (Ontario), qui voulait utiliser l’expression « sans compromettre »

« Je tiens à vous dire que je suis très fier des efforts que vous faites pour parler en français. Ils méritent une bonne main d’applaudissements. »

— Steven Blaney, qui félicite les candidats avec un anglicisme. L’expression « donner une bonne main d’applaudissements » est calquée sur l’anglais « to give a (good, big) hand (of applause) »

« En 1867, nous avone une constitutionne. »

— Brad Trost, député de Saskatoon-University (Saskatchewan) depuis 2004

« Security, liberty, problems, pro islam radical. »

— Brad Trost, pour un cumul de mots en « franglais » dans la même réplique


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