«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

PKP contre-attaque

Le très fédéraliste Empire Desmarais c. Le très indépendantiste PKP

La guerre éclate au grand jour

Les Québécois vont devoir choisir leur camp

Editorial de Vigile
dimanche 19 juillet 2015
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En écrivant mon dernier éditorial dans lequel j’établissais un parallèle entre l’ancien premier ministre Honoré Mercier et le nouveau chef de l’Opposition officielle Pierre Karl Péladeau, et en soulignant les machinations fédéralistes dont avait fini par être victime Honoré Mercier, je ne me doutais pas que, quelques heures plus tard, la guerre larvée dans laquelle nous sommes plongés depuis l’entrée de PKP en politique allait éclater au grand jour.

Déjà, depuis plusieurs mois, et notamment depuis l’automne dernier lorsque PKP s’en était pris à l’Empire par la bande sur sa page Facebook en soulignant le conflit d’intérêts dans lequel s’était trouvé et se trouvait encore à ce moment-là Michel Plessis-Bélair, le vice-président du conseil d’administration de Power Corporation, tout au long des dix années qu’il avait siégé au conseil d’administration d’Hydro-Québec, il était évident qu’il ne suffisait plus que d’une étincelle pour mettre le feu aux poudres.

Au cours des dernières semaines, les escarmouches se sont multipliées, prenant même un tour judiciaire comme nous l’apprenait hier PKP lui-même sur sa page Facebook, dans une vigoureuse réplique au journaliste Vincent Marissal de La Presse pour les propos qu’il tenait dans sa dernière chronique, particulièrement insidieuse et vicieuse, à propos d’un prétendu climat d’intolérance en train de se développer au Québec, dont PKP serait la cause.

Soulignons d’abord le précédent que constitue cette réplique. Avant Facebook, le message de PKP serait passé par le filtre censeur des médias, et il ne nous en serait parvenu qu’un vague écho, vidé de tout son mordant.

Non seulement PKP parvient-il sur Facebook à livrer son message sans filtre, mais il est mieux couvert par les médias que s’il s’en remettait seulement à eux pour le faire, grâce à sa façon de procéder qui constitue en elle-même une partie de la nouvelle. De plus, PKP « tire » fort. Il est rendu à plus 47 000 amis Facebook et ce nombre est en croissance constante et rapide depuis un an. Plus les mois vont passer, plus ce nombre va croître, et plus sa force de « traction » va augmenter.

Venons-en à son message :

Et si ?

Et si le chroniqueur vedette Vincent Marissal, du quotidien La Presse, propriété de Power Corporation du Canada, allait plus loin dans son raisonnement – si ceci lui est permis – et l’amenait à se poser la question suivante : Et si cette « radicalisation », dont il déplore le nouvel épanouissement, pouvait aussi être la responsabilité de la direction de Gesca et de certains de ses journalistes ?

À cet effet, je lui soumettrais quelques éléments récents qui auraient pu retenir son attention étant donné le nombre et la proximité temporelle de leur avènement.

Le journal pour lequel il travaille a dû s’excuser à 3 reprises en quelques semaines seulement à la suite de reportages faux et mensongers à l’endroit autant de Julie que de moi.

Ses collègues Lysiane Gagnon, Denis Lessard et Nathalie Petrowski – pourtant peu néophytes dans le métier – ont dû faire l’objet de correctifs à la suite de mise en demeure que Julie et moi avons dû faire parvenir au grand quotidien.

De simples vérifications auraient facilement pu éviter d’atteindre à notre réputation. Mais comme disent les Américains : « Don’t let facts interfere with a good story » surtout lorsqu’elle comporte des histoires contre le chef du parti politique qui prône l’indépendance du Québec alors que le propriétaire de votre journal fait la promotion du fédéralisme canadien, la perspective tout à fait contraire.

Si vous les avez manqués, voici donc les liens des excuses effectuées par la direction de votre journal. Ai-je à spécifier que l’espace consacré est sans commune comparaison avec les opinions précédemment publiées par vos collègues que nous avons dû faire rectifier par voie de mise en demeure.

Par ailleurs et contrairement à ce que vous prétendez dans une simplification outrancièrement abusive, je ne suis pas contre les anglais, contre les fédéralistes et je ne fais pas dans le ressentiment ...

Je défends mon option politique, celle de faire du Québec un pays parce que je crois que ce projet politique de plusieurs décennies enrichira la grande majorité des Québécoises et des Québécois et permettra ainsi l’émancipation complète des citoyens de ce pays. Ils pourront prendre l’ensemble de leurs décisions tout comme le font les citoyens de centaines d’autres pays, dont les pays qui se sont proclamés indépendants plus récemment.

En vertu de vos principes, il faudrait se taire et cesser de se défendre en relatant les faits qui sont ceux qui existent. Oui, Gesca votre employeur appartient à Power Corporation du Canada. Oui, son président du conseil est le gendre du premier ministre canadien Jean Chrétien et oui, feu Paul Desmarais était un ardent fédéraliste sans complexe et qui avait déjà exprimé l’exigence d’être fédéraliste pour rédiger les positions éditoriales de ce journal.

Voici l’extrait pertinent d¹une entrevue qu¹il accordait au magazine français Le Point dont le lien est joint :

« Quelle est la ligne éditoriale de La Presse ?

C’est mon fils André qui est chargé de La Presse. Notre position est connue : nous sommes fédéralistes. Ça nous a valu des conflits très durs. Au final, on est arrivé à un compromis : je ne dois pas intervenir dans le journal. Le point de vue des séparatistes peut apparaître, mais la ligne éditoriale est fédéraliste. Il n¹y a pas d’ambiguïtés. Si le Québec se sépare, ce sera sa fin. Moi, je suis attaché à la liberté et à la démocratie. Bien sûr, notre directeur de la rédaction est fédéraliste. Mais c¹est lui qui mène son affaire. Je ne l’appelle pas pour lui dire ce qu¹il doit faire »

Il peut donc apparaître curieux, pour le moins, que nous occultions la réalité de ce journal et des intérêts politiques et économiques de son propriétaire.

Est-ce que mentionner ces faits réels participe à la radicalisation ? J’en serais bien étonné.

Mais s’attaquer systématiquement à ce que je suis et ce que j’ai réalisé avec la mauvaise foi caractérisée de ce journal, sombrant dans les faussetés et les mensonges, altérant la réalité, m’apparaît y participer.

M. Marissal m’accuse de faire une fixation sur la famille Desmarais. Et si c’était Gesca qui faisait une fixation sur Péladeau ? Je vous invite à faire une recherche sur le traitement qualitatif et quantitatif des journaux de Gesca à mon sujet durant les dix dernières années et plus, vous ne pourrez autrement conclure que de fixation à mon endroit.

Mais tout ça évidemment est fait dans le plus grand souci de la transparence, le besoin d’informer la population et le pur angélisme de la recherche de la vérité ...

Et voici le texte de Marissal auquel il répondait :

Les chauffards de l’autoroute 2.0

« Suis-je le seul à remarquer un étrange phénomène de radicalisation dans le ton et le propos d’une certaine frange du mouvement indépendantiste québécois ? », demandait Gabriel Nadeau-Dubois, il y a deux jours sur sa page Facebook.

Non, Gabriel, tu n’es pas le seul. Je remarque aussi, comme mes collègues au demeurant, une montée de hargne chez certains indépendantistes, dont l’avatar est décoré du Oui de 1995, ce qui ternit d’ailleurs autant ce logo censé être positif que la cause qu’ils défendent.

Je remarque, moi aussi, une résurgence de ce type de militantisme sectaire et fielleux depuis l’élection de Pierre Karl Péladeau à la tête du Parti québécois. Ce dernier ne peut évidemment être tenu responsable de tous les écarts et autres dérapages de quelques crinqués des réseaux asociaux, mais de toute évidence, son arrivée a réveillé la « frange » dont parle Gabriel Nadeau-Dubois.

M. Péladeau entretient lui-même le ressentiment. Il semble que ce soit toujours la faute de quelqu’un si le Québec n’est pas indépendant, s’il est asservi au fédéralisme, s’il n’a pas tous les pouvoirs, etc. C’est la faute aux Anglais, aux fédéralistes, aux libéraux de Philippe Couillard et, évidemment, à Power Corporation, à Gesca ou à la famille Desmarais. M. Péladeau tombe souvent dans le « Nous contre eux », phénomène dont se plaint aussi Gabriel Nadeau-Dubois, qui est devenu la cible préférée de militants radicaux (je présume que ce sera moi aujourd’hui…) depuis qu’il a osé émettre quelques critiques nuancées sur le rapport entre le mouvement souverainiste et les minorités. Rien de surprenant. Avant lui, Pierre Céré a aussi été chahuté pour avoir tenu sensiblement le même discours. Sur Twitter et Facebook, Pierre Céré dit avoir subi un véritable lynchage 2.0 organisé et coordonné.

Alexandre Cloutier a déplu à bien des militants, lui aussi, y compris à certains de ses collègues députés, en répliquant à PKP lorsque celui-ci a dit que la démographie et l’immigration faisaient perdre une circonscription par année au PQ.

Est-ce que ces militants ont le monopole de la détestation de tous ceux qui ne pensent pas comme eux ? Bien sûr que non (à ce stade-ci de la chronique, ils ont toutefois déjà cessé de lire pour mieux me détester), mais ils sont très visibles, ces jours-ci, sur les réseaux sociaux.

Leur fiel n’est d’ailleurs pas réservé uniquement aux « traîtres » des autres clans (ou présumés appartenir à un autre clan). Même à l’interne, ça joue dur et on ne tolère pas la dissidence. Julie Hébert, étudiante en droit et présidente d’un comité régional des jeunes du PQ à Montréal, a elle aussi eu droit au peloton d’exécution virtuel parce qu’elle a osé sortir du rang lorsque PKP a offert ses « sympathies » à Philippe Couillard à l’annonce de la mort d’Arthur Porter. On lui a suggéré de changer de parti, d’arrêter de brailler, on lui a reproché son manque de loyauté, etc. Mme Hébert a, apparemment, commis le péché de ne pas avoir appuyé PKP dans la course à la direction. « En démocratie, faut savoir se rallier », lui a écrit un autre péquiste sur Twitter. Ce n’est pas faux, mais une vraie démocratie tolère la dissidence, le doute et les questions.

Que Gabriel Nadeau-Dubois, donc, se fasse planter après son passage à l’émission 125, Marie-Anne n’a rien de surprenant.

Il faut toutefois mettre les choses en perspective et se méfier de l’effet grossissant des médias sociaux. En particulier de Twitter, qui demeure plutôt confidentiel, avec moins de 15 % de Québécois inscrits. Une tempête sur Twitter, c’est impressionnant, mais les vagues sont tout de même circonscrites dans un bassin restreint.

En fait, ce n’est pas le ton hargneux des militants au créneau qui étonne et déçoit dans une affaire comme celle impliquant Gabriel Nadeau-Dubois, c’est le silence de la très grande majorité des autres qui n’osent intervenir pour appeler à plus de nuance.

Twitter, c’est comme une autoroute : on ne remarque que l’enragé qui coupe tout le monde, le doigt d’honneur porté bien haut et la pédale au fond, alors que la majorité reste bien coite derrière son volant en écoutant le dernier bulletin météo.

Cela dit, je suis d’accord avec Gabriel Nadeau-Dubois : ce genre d’enragé nuit terriblement à l’image du PQ et ne fait rien pour faire avancer la cause.

Marissal

Au collège, autrefois, on apprenait à faire des analyses de texte, un exercice que je trouvais particulièrement rebutant les premières années. Avec le temps, j’ai appris tout ce qu’il pouvait révéler des intentions de l’auteur par le ton employé, les mots choisis, la façon de les assembler, le mode argumentaire, le style, l’utilisation ou non du mode interrogatif, à quelles fins, etc.

Je vous ferai grâce de toutes mes conclusions, mais je vous invite seulement à observer comment, dans le texte de Marissal, la juxtaposition d’expressions ou de mots comme « militantisme sectaire et fielleux » « radicalisation », « détestation », « ressentiment », « intolérance », « manque de loyauté », « brailler », « fiel », « hargneux », « enragé », etc., crée une impression négative que le lecteur associera ensuite au PQ et à son chef. Le vrai fiel, il est là, et Marissal révèle ici tout son talent de propagandiste qui explique à lui seul à quoi il doit son poste de chroniqueur à La Presse.

C’est le sbire de service de l’Idée fédérale et de l’Empire Desmarais pour

« [...] détruire l’image favorable de Pierre Karl Péladeau et de Julie Snyder dans l’esprit des Québécois en les faisant mal paraître. Il a déjà commencé à le faire dans les deux cas. Tous les moyens les plus variés, tous les coups les plus bas, toutes les attaques les plus viles, seront bons pour y parvenir, y compris des moyens illégaux comme l’expérience l’a démontré et comme Jean Chrétien s’en est lui-même vanté - To hell with the rules ! Au diable les règles ! - dans une entrevue accordée à un hebdomadaire de Dundee pendant le référendum écossais l’automne dernier. L’unité du Canada est en jeu, la fin justifie les moyens. »

comme je l’écrivais dans mon dernier éditorial.

Et souvenez-vous de cet aveu de Jean Pelletier, l’ancien maire de Québec et chef de cabinet de Jean Chrétien dans son témoignage à la Commission Gomery pour justifier la violation des règles en 1995 : « Quand on est en guerre, on va-tu perdre le pays à cause d’une virgule dans la loi ? », Devant la même Commission, Chuck Guité, ce haut-fonctionnaire et ancien militaire chargé de l’administration du programme des commandites, avait aussi utilisé le mot « guerre » pour décrire l’opération entreprise par le gouvernement fédéral contre « les séparatistes » après le référendum de 1995. Dans la bouche d’un ancien militaire, l’utilisation de ce mot n’avait certainement pas un autre sens que son sens premier.

Dans un tel contexte, vous comprendrez facilement que les appels de Marissal à la « modération » et au « sens des nuances » ne sont que tartufferie et invitation à se soumettre pour être mieux tondu.

L’Empire Desmarais

À moins que je ne me trompe lourdement, la soumission passive n’est pas dans le caractère de Pierre Karl Péladeau, et sa réplique à Marissal en est la meilleure preuve. Non seulement répond-il avec aplomb, il contre-attaque en faisant ce qu’aucun dirigeant du PQ n’a jamais osé faire aussi directement avant lui. Il désigne clairement l’ennemi, l’Empire Desmarais et son Idée fédérale, ce que même Jacques Parizeau n’avait pas fait. Le soir du référendum de 1995, il s’était limité à dénoncer l’influence de « l’argent », commettant ainsi une injustice envers ceux qui en ont et qui ne sont pas dans le camp des Desmarais, comme PKP.

En nommant ainsi l’Empire Desmarais, non seulement précise-t-il clairement la source de la menace pour le Québec et les Québécois, mais il rend possible l’adhésion au projet indépendantiste de toute une frange de l’électorat que son identification à gauche rebutait.

Le patriotisme

Avec cette intervention, Pierre Karl Péladeau vient de redéfinir la lutte pour l’indépendance. Il vient de la tirer des griffes de ceux qui cherchent, au profit d’intérêts autres que ceux du Québec et des Québécois, à l’étouffer dans une dialectique primaire gauche/droite. Pierre Karl Péladeau est un patriote. Le patriotisme n’est pas une affaire d’argent ni même d’ethnie, c’est une affaire d’enracinement, d’attachement, d’identification (à distinguer d’identité), et de solidarité.

Les Québécois vont devoir choisir leur camp et certains vont trouver l’exercice difficile. Vincent Marissal en tremble déjà. Le bon-ententisme est une posture tellement plus confortable, même si le prix en est très élevé.

Commentaires

  • Richard Le Hir, 2 septembre 2015 18h33

    Réponse @ M. Thibaud,

    Je retiens de votre message que vous serez parmi les nôtres lorsque le moment venu sera venu, comme le disait Félix Leclerc.

  • Jean-François Thibaud, 1er septembre 2015 22h36

    Moi, depuis le cautionnement de l’invasion de la Libye par le Bloc et depuis le couronnement de Monsieur Péladeau au PQ, et de sa politique d’extrême-droite économique, j’ai décidé que je me retirais de tous les camps Monsieur Le Hir. Je ne voterai pas et j’attends de voir comment le PQ avec PKP entends convaincre la population du Québec de leur faire confiance.

    Pour les rapports de force historique, la place de Desmarais etc, je vous suis sans problème. Mais le problème, c’est que les politiques d’extrême-droites économiques préconisées partout en occident désormais subordonnent les états au capitalisme financier prédateur. Parizeau aurait pu relativement, en 95, si il avait fait l’indépendance, faire des choix sociaux éclairés. Maintenant, les états occidentaux ont abdiqués leur souveraineté aux profits des banques et des guerres perpétuelles de l’OTAN.Les Grecs viennent de goûter à la médecine du FMI et leur référendum a été roulé dans la merde.

    Le citoyen s’en tape de cette pseudo-souveraineté de pacotille.Tout ce qu’il veut, c’est le nouveau Iphone.

    Si vous réussissez à prendre le pouvoir et faire un référendum, je serai au rendez-vous....Mais....Je suis convaincu que vous aller vociférer pendant quatre ans et perdre les prochaines élections.Tant qu’à se faire fourrer par les capitalistes, le citoyen ordinaire préfère la version originale anglo-saxonnne.

    J’attends de voir si mon commentaire va être censuré.

  • Charles Hamel, 3 août 2015 14h53

    Je ne sais pas si, en étant honnête avec cette intervention, je suis un radical. Mais je ne suis pas un ultra-fédéraliste qui joue. Je fais un constat clinique de la géopolitique. Le Canada n’est pas une nation amie, alliée, voisine. C’est la nation de nos conquérants. Il n’y a pas de minorités anglophones au Québec. Il y a une majorité anglophones au Canada qui habitent la province de Québec. Nos adversaires ( fédéralistes francophones, collabos, anglais, allophones, etc.. ) n’accepteront jamais le projet de pays. Cela équivaudrait pour eux à un recul, une perte, une véritable amputation identitaire. Un traumatisme. Ce territoire que nous occupons, nous francophones, ils l’ont gagné par les armes, puis consolidé par l’argent. De quel droit certaines de leurs possessions, pourraient-elles leur être arrachées ? C’est cela, la mentalité de nos adversaires. Cessez ce spectacle de qui est le plus beau et gentil.

  • Charles Hamel, 3 août 2015 14h06

    Il faut tout de même, faire face à l’idée que si nous sommes indépendantistes nous sommes contre les fédéralistes. Je me demande, jusqu’où c’est un spectacle pour convaincre les lunettes roses, que les indépendantistes sont beaux et gentils et les fédéralistes sont laids et méchants. Je ne comprend pas la stratégie ici, qui est de nier un choc des deux cultures inévitable tout en répétant sans arrêt que nous ne voulons rien déranger. Non, c’est une guerre et tous les coups sont permis. Mais encore, il faut réveiller le peuple et lui rappeler qui est l’adversaire. Il semble qu’il faut même commencer par réveiller le chef du PQ. Mais, je ne sais pas jusqu’où c’est de la finesse stratégique pour les imbéciles ce genre de discours et que lui-même n’y crois pas.

  • Louis Pilon, 29 juillet 2015 02h16

    Merci Monsieur Le Hir pour ce texte-analyse d’une grande profondeur, et amplement étayé par des faits vérifiables. Respect également pour la profondeur de vos convictions souverainistes. Nous en avons besoin.

  • Guy Pruneau, 29 juillet 2015 00h10

    Les fédéralistes sont simplement frustrés que les indépendantistes (certains, du moins) commencent enfin à appeler les choses par leur nom. S’il faut éviter les insultes gratuites - car, comme le dit l’Évangile, c’est ce qui sort de la bouche de l’homme qui souille l’homme, parole que plusieurs devraient méditer, à commencer par les animateurs de radio poubelle - il est par contre justifié - et plus que temps, pour les indépendantistes - d’appeler un chat un chat. À cet égard, Vigile peut jouer un rôle capital.

    Dans cet esprit, et puisque c’est la guerre, comme le dit monsieur Le Hir, on pourrait penser à traiter officiellement de collabos et de carpettes ceux qui jouent précisément ce rôle, et en prenant soin de le démontrer. Et il ne suffit pas de le dire avec force, mais de manière à attirer l’attention, au moins autant que PKP le fait avec Facebook. (Et en parlant de Facebook, il me semble qu’il serait souhaitable que Vigile se dote d’une page Facebook, et se remette à utiliser son compte Twitter...)

    Par exemple, l’Aut’journal a déjà décerné un prix Cugnet. Pareillement, peut-être que Vigile pourrait décerner chaque mois, disons, un prix Pierre-Laval pour le Canadien français de service collabo exécutant de basses œuvres, et un prix Philippe-Pétain pour le collabo stratège de plus haut niveau, dont le premier récipiendaire pourrait être un autre Philippe ? Pour le corrompu du mois, il y a tellement de possibilités : le prix Jean-Charest, le prix Richard-Nixon, le prix (insérer le nom de votre mafioso favori) de l’employé du mois de la famiglia libérale... Quand aux extrémistes de la guerre sainte contre le Québec, le prix Oussama-ben-Laden pourrait leur être réservé.

    En outre, il serait temps que les indépendantistes apprennent à retourner leurs déclarations contre les fédéralistes avec la même efficacité que ceux-ci le font contre les indépendantistes. Combien de fois avons-nous entendu la fameuse déclaration de Jacques Parizeau, qu’il est inutile de citer pour savoir de laquelle on parle, justement parce qu’elle a été rendue trop célèbre par les fédéralistes ? À l’inverse, par exemple, je ne m’explique pas qu’on ait si peu entendu la citation de Pierre Pettigrew [« On veut éviter aux Québécois de coucher dans la niche à chien. Nous, nous invitons les Québécois à être dans la maison avec les maîtres de la maison. »] qui compare essentiellement les Québécois aux chiens et les autres Canadiens aux maîtres de maison, bel exemple de déclaration de carpette qui me semble autrement plus scandaleuse que celle de Jacques Parizeau et qui exprime tellement bien la quintessence du paradigme fédéraliste actuel (je ne voulais pas gaspiller le mot « pensée »).

    Il y a aussi ce dont il faut éviter de parler. Ainsi, j’espère ne plus jamais entendre un porte-parole indépendantiste parler d’association ou de partenariat. C’est comme dire qu’on veut faire l’indépendance sans la faire. On n’est alors pas loin de s’excuser de proposer l’indépendance. Voilà une belle condition perdante, pour parler comme Lucien Bouchard.

  • Jean Simoneau, 27 juillet 2015 15h55

    Ça fait longtemps qu’en voyant un texte signé Marissal j’arrête de le lire . Pour moi, il n’a aucune crédibilité. D’ailleurs, c’est la même chose pour la Presse. Un organe de presse hypocrite du parti libéral.

  • Marcel Haché, 23 juillet 2015 07h48

    À force de ne jamais questionner la légitimité des fédéralistes, les libéraux se sont donnés des airs de dignité.Voilà le grand tort- le plus grand, plus grand même que le référendisme-voilà le grand tort des indépendantistes.

    Du moins Vigile ne laisse pas faire...

  • sml, 22 juillet 2015 16h16

    Ah oui, ce Vincent Marissal qui toujours l’air d’un chien battu quand il énonce ses ’vérités’. C’est tout de la bullshit...

    Dire que les libéraux écoutent ça religieusement...
    Le Québec peut bien sombrer vers la destruction...
    GESCA-Powercorp. en sont responsables.
    http://gloria.tv/media/QM1Nm22GqDN

  • Chantale Lapierre, 22 juillet 2015 09h33

    Quand M. Parizeau a parlé d’argent, il faisait le lien avec le non respect de la loi référendaire qui mettait un frein aux dépenses du camp du Oui ou du Non.
    M. Chrétien n’a pas respecté la loi québecoise sans AUCUN SCRUPULE. On aurait pu faire annuler le résultat du vote pour cette raison mais on aurait eu droit à des faussetés comme seul Chrétien sait le faire. Il a attaqué un homme en lui brisant des dents sans aucune sanction et continue à marcher la tête haute. On a assermenté des immigrants avant terme pour leur donner droit de vote référendaire.

    LA COMMISSION GOMERY A DONNÉ RAISON À M. PARIZEAU MAIS ON NE LE DIT PAS ET M. MARRISAL ET CIE NE LE MENTIONNENT PAS ET ON SAIT POURQUOI...

  • Jean Claude Pomerleau, 21 juillet 2015 07h47

    Dès la nomination de Pierre Karl Péladeau à la présidence du CA d’Hydro-Québec, le clash s’annonçait : Péladeau c. Desmarais.

    Et les lignes de force se précisaient :

    « Pierre-Karl Péladeau, en acceptant de relever ce défi, n’ignore pas qu’il participe à un rééquilibrage des forces à la fois politique, économique et médiatique, terrains dominé depuis très longtemps par l’Empire Desmarais. »

    http://vigile.quebec/Un-milliardaire-patriote

    Or, n’en déplaise aux idéalistes, ce sont exactement ces 3 rapports de forces que nous devons assumer pour faire avancer le projet de souveraineté,

    Le clash actuel démontre clairement que Pierre Karl Péladeau représente un danger réel pour le statu quo et les intérêts du Clan Desmarais. Dans ce contexte où les deux camps, fédéraliste et souverainiste, s’engage dans une ultime bataille, les souverainistes n’ont d’autres choix que d’appuyer sans réserve et solidairement le chef du camps souverainiste.

    C’est aussi dans ce contexte des rapports de force assumés que les masques tombent.... Ce qui risque d’être le cas, particulièrement pour Québec Solidaire. De quel coté campera ce parti, allié objectif du PLQ : Péladeau ou Desmarais ? Le milliardaire patriote ou le milliardaire prédateur ?

    JCPomerleau

  • Marcel Bernier, 21 juillet 2015 04h20

    On va arrêter de se gratter le bobo ! Nous savons tous que certains journalistes, tant du côté de Radio-Canada que du côté de Gesca, servent littéralement de mercenaires pour véhiculer une orientation politique bien précise. C’est de bonne guerre, et tout a été dit à ce sujet !

    Que les Desmarais veillent conserver leur ascendant sur la vie économique québécoise et continuer à amasser de beaux dollars du Dominion, nous pouvons comprendre cela. Cette famille de faillis (le patriarche a fait chou blanc avec sa compagnie d’autobus et a dû déposer son bilan) a voulu redorer son blason en utilisant toutes les ficelles disponibles à cet effet.

    En disposant d’hommes et de femmes-liges dans les officines où se transigent les décisions qui comptent, cette famille a su amasser des milliards, et j’ai même lu quelque part que les fils veulent doubler leurs gains et leurs avoirs dans un futur pas si lointain.

    Ce procédé, s’il peut s’avérer judicieux quelques fois, se trouve à la limite de la légalité (et je dirais même plus traverse la ligne rouge de la légalité) car certains jouissent d’informations privilégiées dont les autres joueurs, dans la joute économique, ne bénéficient pas.

    Surtout, n’oublions pas que le Parti libéral du Québec est littéralement une succursale de Power Corporation ; n’oublions pas que les Couillard, Hamad, Heurtel, David et consorts de ce monde sont aux ordres de cette famille, qu’ils administrent des milliards du Trésor québécois et qu’il est si facile de privilégier les intérêts de ceux qui nous ont permis d’accéder au cénacle de la prise de décision. Cela se passe comme ça un peu partout de par le vaste monde (mais surtout dans les républiques de bananes…).

    Là où le bât blesse, c’est d’avoir vu un Desmarais et un Chrétien s’allier dans la plus grande fraude qui puisse exister pour un peuple qui lutte pour son autodétermination : la fraude référendaire.

    Là où le bât blesse, c’est de voir le plan bien arrêté de ces lascars de vouloir faire du Québec une province comme les autres dans le grand tout canadien en démantelant l’État québécois sous des prétextes fallacieux.

    Là où le bât blesse, c’est de constater que les libéraux s’acharnent vicieusement sur un homme et sa future femme pour les empêcher de jouer leurs rôles dans notre vie politique.

    En fait, pour bien faire et pour leur apprendre les bonnes manières, il serait juste et équitable de remettre en faillite ces oligarques : c’est faisable et ce serait une bonne leçon à leur servir.

    On n’est plus au temps de Robespierre, mais il reste qu’il faudra bien un jour régler nos comptes. L’adage le dit bien : « Tout ce qui traîne se salit. »

  • RD, 20 juillet 2015 23h47

    1) Vous devriez aussi réaliser qu’il y a une grande violence verbale dans le fait de traiter les souverainistes québécois de « séparatistes », car c’est les associer aux actes terroristes et sanguinaires commis par des séparatistes un peu partout sur Terre.

    La culpabilité par association, ça vous dit quelque chose ? Il y a des gens d’origines diverses dans ma parenté, et le terme « séparatistes » les effraie, car là où ils (eux ou leurs parents) sont nés, les « séparatistes » ont tué beaucoup de monde. Ce n’est pas pour rien qu’ils détestent les « séparatistes » en général, et c’est fort sciemment que bien des fédéralistes nous traitent de « séparatistes » voulant « détruire » le Canada (alors qu’on veut juste sortir pacifiquement de la fédération).

    2) Quant à Lucie Laurier et GND à l’émission « 125, Marie-Anne », il n’y a pas eu d’altercation entre eux. Une altercation, c’est un échange de propos VIOLENTS. Ce n’est pas du tout ce qui s’est passé entre eux. Ils ont eu un échange poli, ferme et civilisé.

    3) Enfin, j’ai un cousin ultra-fédéraliste qui s’est déjà vanté de s’amuser à jouer au « séparatiste intolérant » sur les réseaux [a]sociaux (afin de nuire à l’image des souverainistes). Alors, ce qu’on peut lire sur internet, il faut en prendre et en laisser. Surtout en laisser… !

  • Marius MORIN, 20 juillet 2015 19h43

    Oui independence ! J’en ai marre des expressions « séparatistes », « souverainistes » et péquistes ». Le but des Québécois n’est pas de se séparer et de détruire le Canada, mais d’affirmer son autonomie, sa souveraineté, son indépendance. Le but du Québec n’est pas de briser le Canada, mais de devenir un pays, un État souverain. Le but du Québec est de se réapproprier ce qui lui appartient, le droit de voter ses lois, de percevoir tous ses impôts et de signer ses accords et traités internationaux. Les Québécois ne veulent voler rien à personne. Ils ne veulent qu’exercer, comme peuple, leur droit à l’autodétermination. Les Québécois veulent arrêter leur dépossession tranquille. Seul un Québec uni peut y arriver. La tâche est colossale. PKP et les Québécois doivent se préparer à de nombreuses « guerres secrètes » minutieusement organisées par le reste du Canada, pour faire peur aux Québécois francophones, anglophones, allophones et autochtones. La route sera ardue et longue… mais il en va de la survie de notre peuple.

  • Lise Séguin, 20 juillet 2015 18h20

    Je pense que le temps de rendre des comptes est arrivé. Comme on n’a pas toutes et tous une mémoire infaillible, retournons à l’histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière. L’historien est calme et pondéré et laisse parler les document d’archives. Les textes ne laissent aucun doute sur les faits que de tout temps nous, Québécois, peu importe les variations de nom qu’on nous a donnés, avons été floués à tous points de vue, dès l’apparition de Britanniques en sol Canadien. Ces héritiers d’une race supérieure (auto-proclamés) n’ont eu de cesse de vouloir nous soumettre, que-je, nous exterminer. Vous en doutez ? Rafraîchissez-vous la mémoire en relisant l’histoire. Si vous êtes pressé, consultez les 3 livres noirs du Canada anglais de Normand Lester. L’auteur encapsule les faits saillants des relations anglos-francos. Ça suffit, le vase est plein ! Le temps est venu de s’affirmer, de s’affranchir. On a été trop bons.

  • Jacques Lamothe, 20 juillet 2015 18h18

    Les journalistes de Gesca ne sont pas de vrais professionnels dans leur pratique. Ils ne sont jamais neutres dans le traitement de la nouvelle. Ils sont comme la tour de Pise, ils penchent toujours sur le même bord...sur celui du dominion « canadian ». Que PKP les attaque de plein front, c’est de bonne guerre. Ils ne fait que les démasquer au grand jour.

  • Ouhgo, 20 juillet 2015 15h56

    " les Franco-Québécois représentent "... Ici, M. Nantel, pas d’accord avec votre expression de "Franco-Québécois". Les Québécois sont de langue française, en vaste majorité. Les minorités sont "quelque chose_québécois : anglo, sino, hispano-québécois.
    Des franco_quelque chose, il y en a en Ontario, au Manitoba, en Sask., en Alberta...des minorités de langue française... pas au Québec, n’est-ce pas ?

  • Jean-Jacques Nantel, ing., 20 juillet 2015 12h39

    La première chose que fait un voleur qui vous détrousse est de vous répéter : ¨Ne bougez pas ! Ne dites rien ! Restez calme !¨. C’est exactement ce que font le Canada anglais et nos fédéralistes quand ils se plaignent de la supposée radicalisation des indépendantistes.

    Pour couper court à ce genre de tactique, les indépendantistes devraient toujours se tenir sur un terrain moral ferme quand ils discutent de leurs revendications en posant par exemple la simple question : ¨Est-ce à eux ou est-ce à nous ?¨ Si quelque chose appartient aux autochtones, qu’on le leur donne ! Si quelque chose appartient aux Anglophones, qu’on le leur laisse. Si quelque chose appartient à telle ou telle minorité, qu’on le lui donne. Mais si quelque chose appartient aux Franco-Québécois, qu’on le leur donne !

    C’est tout simple, les Franco-Québécois représentent 78% de la population et ont donc droit à 78% des budgets, des gros emplois, des gros salaires, etc. Et si ce n’est pas le cas (ce ne l’est pas), la chose MORALE à faire et à revendiquer, c’est de corriger cette injustice.

    Puisque la morale joue en notre faveur, pourquoi ne pas l’utiliser à fond ?

  • ghislain m dionne, 20 juillet 2015 11h34

    Excellent éditorial et justesse de vos propos. Certains Conficius anciens et modernes ont déjà dit que plus un mensonge est gros, plus de naifs et entripés les croiront.

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