«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les provinces vont encore faire les frais de l’inconséquence du fédéral

La frustration des provinces

mercredi 21 décembre 2016

Pour la première fois depuis qu’il dirige le Canada, le gouvernement Trudeau resserre les cordons de la bourse. Et ce sont les provinces qui en font les frais. L’impossible entente sur la santé n’est pas un événement banal.

Le gouvernement fédéral a posé deux gestes centralisateurs : affamer les provinces dans un secteur névralgique et tenter d’imposer ses conditions dans une juridiction exclusive. Il n’en faudra pas beaucoup plus pour qu’on commence à rappeler la tendance centralisatrice du Parti libéral du Canada.

Financer les soins

Les provinces veulent à tout prix que les transferts fédéraux destinés à la santé croissent au moins au même rythme que les dépenses de santé. L’offre du gouvernement fédéral à trois pour cent de croissance annuelle signifie plutôt que la part fédérale dans le financement du système va diminuer.

La part du fédéral a déjà fondu de façon spectaculaire au fil des décennies. Aux débuts du système de santé, lorsque le fédéral a établi les bases de la gratuité des soins au Canada, Ottawa en payait environ la moitié. Aujourd’hui, la contribution fédérale représente seulement 21 %.

Avec la réduction annoncée, la part fédérale va sans doute passer sous les 20 %. Si ce gouvernement était obsédé par la gestion serrée des dépenses, cela expliquerait son refus. Mais disons que le dépensier gouvernement Trudeau devient bien suspect lorsqu’il joue au Séraphin.

Tentation centralisatrice

En parallèle, le gouvernement fédéral se cherche un chemin pour imposer ses propres priorités : la santé mentale et les soins à domicile. Il ne s’agit pas d’une juridiction fédérale. Même si ces priorités sont valables, d’aucune façon le Québec ne peut tolérer une telle intrusion.

C’est un encouragement à l’inefficacité. Le fédéral ne peut pas décider de privilégier les soins à domicile pour quelques années. Puis retirer l’argent et choisir une autre cible. Cette situation deviendrait absolument ingérable pour les provinces qui ont le devoir de planifier tous les aspects du système de santé.

De toute façon, tout le monde autour de cette table de négociation sait bien que le fédéral rêve de s’ingérer dans la santé depuis des décennies. Stephen Harper avait refoulé les visées centralisatrices pendant quelques années, mais elles sont toujours vivantes.

Si les provinces cédaient cette fois-ci et acceptaient le principe, les prochaines négociations deviendraient des coups de bélier d’ingérence fédérale et le secteur de la santé deviendrait le royaume des dédoublements.

Les provinces ont plusieurs raisons d’être frustrées. D’abord, ce sont elles qui essuient les reproches lorsque les soins de santé ne sont pas correctement financés. Deuxièmement, elles subissent les tentatives d’empiétement dans leurs compétences.

Il y a une troisième couille dans le potage qui doit irriter ceux qui pensent deux coups d’avance en matière de fédéralisme. Le fédéral dépense abondamment et s’endette. Un jour viendra où il faudra faire des sacrifices pour revenir à l’équilibre budgétaire.

Et quelle est la chose facile à couper à Ottawa ? Les transferts aux provinces. Facile d’imaginer que la prochaine élimination du déficit se fera encore largement sur le dos des provinces... comme la dernière fois.


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