«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La gauche historique vient de comprendre. Enfin !

La direction de QS doit se dissocier des propos de Dalila Awada


Respectivement président et secrétaire du SPQ Libre


« Pour les commu­nautés racisées au Québec, l’ennemi est double. Il s’incarne à la fois dans le néolibéralisme et dans le racisme. Le Parti Québécois, aujourd’hui, porte en lui ces deux bêtes », déclarait Dalila Awada, au micro du congrès de Québec Solidaire, le 21 mai dernier.


Nous ne pouvons laisser passer ces propos sans réagir. Mme Awada n’est pas une simple intervenante. Elle est une personnalité médiatique, consacrée par deux apparitions à l’émission Tout le monde en parle. Elle prétendait s’exprimer au nom des « communautés racisées » du Québec et ses propos ont été repris par tous les grands médias d’information.


Nous aurions été en droit de s’attendre à ce que les porte-parole de QS se démarquent publiquement de cette déclaration. À notre connaissance, il n’en fut rien.


Est-ce à dire que QS partage l’analyse de Mme Awada ? Passe encore qu’on qualifie le PQ de parti néolibéral. Nous pouvons en débattre et nous avons déjà réfuté cette accusation. Mais présenter le Parti Québécois comme « l’ennemi » des « communautés racisées » parce qu’il porte en lui la « bête » du racisme est d’un autre ordre.


C’est la pire insulte qu’on peut adresser aux quelques 90 000 membres du Parti Québécois. C’est tout-à-fait inacceptable !


On peut être en désaccord avec la Charte de la laïcité et son approche républicaine – et critiquer les dérives xénophobes qui se sont exprimées – au nom d’une approche multiculturaliste ou de toute autre approche, cela fait partie du débat public au Québec, mais également ailleurs dans le monde.


On peut critiquer le refus du Parti Québécois d’appuyer la demande de création d’une commission sur le racisme et la discrimination systémique et ne pas souscrire à son analyse qui y voit une manœuvre politicienne libérale.


Mais on ne peut feindre d’ignorer les 20 propositions, qu’il a mises de l’avant en février dernier pour lutter contre la discrimination et le racisme et favoriser l’intégration à l’emploi, et le traiter de « porter en lui la bête » du racisme !


 


Pour une véritable « feuille de route »


Que de telles accusations émanent de partis fédéralistes ne sauraient surprendre. À de multiples reprises au cours de son histoire, le peuple québécois – et les partis politiques qui le représentaient – ont dû y faire face, particulièrement chaque fois qu’il relevait la tête et qu’il cherchait à secouer l’oppression séculaire qui l’afflige.


Dans l’histoire récente, ce fut le cas, pour mémoire, lors de l’élection de 1976 du Parti Québécois, de l’adoption de la Loi 101 en 1977 et des référendums de 1980 et 1995.


Mais que de telles accusations proviennent d’une organisation-sœur, d’un parti-frère, qui affirme être engagé dans la même lutte de libération nationale est totalement inadmissible.


En fait, derrière cette question, on trouve en filigrane deux stratégies politiques. Ou bien les « communautés racisées » et les autres communautés ethniques s’inscrivent dans la lutte de libération du peuple québécois, en y faisant valoir leurs revendications et leurs droits, ou bien elles font le jeu, consciemment ou inconsciemment, des fédéralistes en souscrivant à la politique du multiculturalisme canadien et à l’État post-national de Justin Trudeau.


Pour que les membres des différentes communautés ethniques s’identifient à la lutte d’émancipation du peuple québécois, il faut qu’elles prennent connaissance de cette domination historique et, surtout, de la réactualisation des différentes facettes – économique, politique, culturelle et constitutionnelle – de cette dépendance.


De son côté, la majorité francophone doit reprendre à son compte les justes revendications des membres des communautés ethniques.


Aux partis politiques indépendantistes de documenter l’oppression des francophones et des communautés ethniques, de la traduire dans un programme politique et d’établir la « feuille de route » commune pour atteindre l’émancipation sociale et nationale.


À première vue, nous sommes très loin de ce but avec le « refroidissement » actuel. Mais un premier pas vers le « réchauffement » est impérativement que la direction de QS se dissocie des propos de Mme Dalila Awada.


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