«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

À gauche toute ?

La convergence selon Lisée

mercredi 19 octobre 2016

Pierre Karl Péladeau avait amorcé un virage au Parti québécois vers la nécessité de la convergence souverainiste. L’idée était simple : si la souveraineté a une chance de l’emporter, toutes les forces doivent s’unir pour la Grande Cause. Il avait mandaté Véronique Hivon pour amorcer des discussions avec Québec solidaire et Option nationale.

À première vue, Jean-François Lisée agit dans la continuité de son prédécesseur avec sa proposition de convergence. Il a redonné le même mandat à madame Hivon, la péquiste-qui-n’est-jamais-abrasive, dès que sa santé lui a permis un retour. En apparence, celle-ci reprend le travail où elle l’avait laissé.

Virage majeur

Or, pour quiconque regarde cela de plus près, on ne parle plus du tout de la même approche en matière de convergence. Ayant mis de côté toute idée de référendum en vue de la prochaine élection, les dirigeants du PQ ne peuvent plus parler de convergence souverainiste. Il s’agit davantage d’une simple alliance stratégique des partis de gauche pour gagner les élections.

Le virage est majeur : ce n’est plus la convergence souverainiste, mais la convergence gauchiste.

Contrairement à plusieurs pays d’Europe où les alliances entre différents partis sont monnaie courante, notre système n’est pas tellement favorable aux collaborations entre partis. Chez nous, une telle coopération entre partis adverses a un caractère exceptionnel et doit correspondre à un moment exceptionnel.

Ce fut le cas au référendum de 1995 lorsque l’ADQ que je dirigeais a participé à la coalition du Oui. Attention, notre parti à l’époque a perdu des membres et des appuis. Il y a eu un prix politique à payer. Cependant, quatre ans après l’échec de Meech, la majorité des adéquistes dont je faisais partie a considéré que l’intérêt partisan devait être relégué au second plan.

Lorsque des moments de convergence semblables se produisent, vous entendez des formules fortes pour décrire le moment sacré. Du genre : « Il faut faire passer la patrie avant les partis. » En fait, faire passer le projet de pays devant les intérêts partisans était exactement le sens de l’appel de Pierre Karl Péladeau l’an dernier.

Battre les libéraux

En l’absence d’un appel plus grandiose ou d’une circonstance historique, tous les partis répondent à leur fonction de base : défendre leurs idées et essayer d’aller chercher le maximum de votes dans la population.

Quelle est donc cette « Grande Cause » au nom de laquelle les uns et les autres devraient se sacrifier un peu ? Mettre le PQ au pouvoir ? Faire de Jean-François Lisée le premier ministre ? Ce sont de bien nobles buts partisans pour le PQ, pas des appels de la patrie pour les autres partis.

On voit bien venir monsieur Lisée. Son appel au ralliement se fera autour de la nécessité de se débarrasser du gouvernement libéral qu’il qualifie de toxique. Or, les libéraux de Philippe Couillard risquent de s’en tenir à des gestes consensuels pour la fin de leur mandat. Rien pour provoquer l’opinion publique.

Quant à monsieur Lisée, pour générer une convergence à gauche, il sera piégé à multiplier les courbettes solidaires.


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