«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Disparition prédit du PQ...

La FQS a-t-elle tort ou raison ?

Tribune libre de Vigile
dimanche 20 août
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Dans son analyse méticuleuse sur la possible disparition prochaine du PQ, la Fédération des Québécois de Souche évoque d’excellents arguments à travers un texte bien étoffé. Cependant, je m’interroge. Est-ce que la vision de ce groupe peut être biaisée par leurs profondes convictions ? Est-ce que la synthèse peut être erronée par une analyse monolithique basée sur leur idéologie ? Je m’explique.

Extrait UN de la revue Le Harfang d’août 2017 : « Certains trouvaient notre dossier trop dur envers ce parti soi-disant nationaliste et niaient que le PQ soit devenu un des promoteurs du Grand Remplacement, chargé d’enrober de bleu la pilule visant à nous faire disparaître en tant que peuple. Nous disions grosso modo que côté multiculturalisme et imposition de la diversité, PLQ et PQ s’entendaient comme larrons en foire, surpassés seulement par Québec Solidaire que Jean-François Lisée souhaite émuler. « Mais non ! Le PQ ne veut pas notre disparition, au contraire ! » s’exclamèrent quelques aveugles qui n’ont jamais pris le temps ou eu le courage d’écouter ce que leurs chefs affirment »

Si l’on observe avec un regard superficiel de premier niveau, oui PLQ et PQ semblent s’entendre comme larrons en foire. Mais pourquoi ? Si l’on creuse cette vision et que l’on tente d’aller plus loin, un contexte spécifique ou une réalité factuelle actuelle pourrait expliquer ce fait.

Le PQ et le PLQ courtisent un électorat et tous deux ont besoin de votes pour être élus et avoir le pouvoir. Si l’on veut avoir du succès avec la vente d’un produit, ce produit doit répondre à un besoin en demande. Et qui décide de la demande ? En regardant la question en ce sens, nous pouvons avoir une réponse plus profonde du pourquoi de cette position politique actuelle du PQ.

Malheureusement, le Québec de 2017 n’est plus le Québec de 1970 ou 1976. Son visage a complètement changé. Montréal, avec sa nombreuse population, et ses variétés ethniques et culturelles, présente une demande très différente des régions. Un parti politique peut-il espérer gagner ses élections en ne répondant pas à la demande de sa populeuse métropole multiculturelle ? Voilà la question.

Extrait DEUX de la revue Le Harfang d’août 2017 : « Lisée a décidé de mettre fin aux spéculations et de balayer du revers de la main tout doute que certains pourraient entretenir lors du Congrès National tenu les 10 et 11 juin dernier. Il a en effet demandé qu’il y ait moins de candidats et députés canadiens-français au Parlement et s’est engagé à réduire le nombre de candidats canadiens-français aux prochaines élections et, tout cela, au nom de la diversité. Etonnant, car seule une des 20 propositions de Paul St-Pierre Plamondon, le jeune immigrationniste qui conseille Lisée, avait été rejetée par les militants, soit celle des quotas dans la fonction publique, soit l’imposition de la discrimination positive. On comprend donc que les appartchiks vont à contre-courant de leurs propres militants, ce qui ultimement mènera à la fin du PQ annoncée dans notre précédent numéro. »

Je comprends, comme la FQS, que cela peut paraître décevant de vouloir limiter les candidats canadien-français, mais est-ce le prix à payer pour rester dans la course ? Je reviens au principe de l’offre et de la demande. Si le PQ ne répond pas aux demandes de cette nouvelle réalité de 2017, n’est-ce pas l’équivalent de courir sciemment à sa perte ?

Exemple : si je n’ai que des pommes et des oranges à offrir et que ma clientèle potentielle désire aussi des raisins, des clémentines, des kiwis, des abricots, etc., et que mon concurrent, lui, offre, ce que cette clientèle demande. Que se passera-t-il ? Je serai acculé à la faillite. Cette analogie peut paraître simpliste, mais si j’offre à mon électorat seulement ce que moi j’aime, et non ce qu’il désire, je disparaîtrai.

Soit on plaît à la métropole et on se met à dos les régions, ou soit on plaît aux régions et on se met à dos la métropole élargie. Cela peut paraître encore simpliste de se limiter à des comparaisons géographiques uniquement, la réalité étant différente. Mais on se retrouve toujours avec ce spectre : en plaisant à un, on déplaît à l’autre. Soit on tente de charmer les communautés culturelles et le Québécois de souche nous boudent, soit on veut plaire aux nationalistes et les mondialistes s’offusquent, et les inverses sont tout aussi vrais. Quel virage doivent prendre les stratèges du PQ ? Sont-ils devant un cul-de-sac ?

Personnellement, je ne voudrais pas être un stratège de JFL, tous doivent s’arracher les cheveux. Tant je comprends qu’il tente de faire des compromis pour se donner une chance en 2018, tant je vois ce mur qui semble inévitable.

Bref, j’ai l’impression que le PQ est rendu à une intersection, et que peu importe la direction qu’il prendra, il y a un mur au bout de chaque chemin. Un vieux dicton dit que si l’on court deux lièvres à la fois, on les perdra tous les deux. Est-ce actuellement la position « forcée » du PQ-Lisée ?

La FQS a peut-être raison, mais l’explication de cette possible disparition semble plus large que leur vision. Quelqu’un voit-il une solution à cette impasse ? Non, on ne peut exclure Montréal du Québec...

Commentaires

  • Michel J. Dion, 26 août 17h54

    Les faits se confirment, un sondage Léger de ce matin met le PQ en 3è position avec 22%.... La CAQ talonne toujours le PLQ, et la CAQ domine maintenant dans les régions. Comme déjà dit, jouer la carte d’un nationalisme fort, a propulsé la CAQ... et le PQ lui, traine son boulet au pied : cette gauche multiculturelle qui l’enlise de plus en plus. Désolant.

    À quand un réveil du PQ-Lisée ?

    Couillard pourrait déclencher des élections prématurément...

    VOIR : http://www.journaldemontreal.com/2017/08/26/legault-et-la-caq—cimentent-leur-remontee

  • Sylvain Meunier, 21 août 16h39

    Je suis de ceux qui croient que le PQ est le seul responsable de ses déboires et à tel point que je me demande s’ils veulent revenir au pouvoir. Eux qui auront même de la difficulté à faire l’opposition, partis comme ils sont.

    Tu ne cours pas deux souris à la fois sinon au risque de tout perdre...

    Le PQ fait maintenant parti de l’establishment, depuis un certain temps sans doute mais encore bien plus depuis l’arrivée de Lisée comme chef. Lorsque le seul argument qu’il te reste pour te faire élire est la haine des citoyens vis-à-vis les libéraux et que tu ne défend plus tes principes, il ne te reste plus grand chose.

  • Michel J. Dion, 21 août 11h15

    En réalité, Pierre Falardeau avait tout compris...
    (écoutez cette vidéo svp) Merci.
    https://www.youtube.com/watch?v=jSfC9hc4ZfI

  • Éric Veaudor, 20 août 20h04

    En effet c’est inquiétant... mais courir après des votes en voulant favoriser tout le monde fait très peu pour le bien et la libération d’un peuple. Par hasard je suis tombé sur l’entrevue de Drainville avec la FQS au 98,5 (?), et Drainville nie carrément l’existence des Québécois... il y a tendre la main aux autres, en étant debout et il y a la haine de soi. De nombreuses têtes du PQ font dans la haine de soi...quand on défend les minorités et qu’on crache et nie sur l’existence des siens il faut se poser des questions !

    Il faut dire aussi que nous sommes en changement de paradigme et le PQ y survivra probablement pas, mais le nationalisme oui. Un peuple doit se respecter et s’assumer et il survivra même sans État... c’est pas idéal, mais entre cela et la disparition...

    Le PQ veut le pouvoir, c’est tout, il ne veut plus donner un État aux Canadiens-français pour que ceux-ci s’épanouissent, et l’électoralisme en faveur de tous les peuples sur un même territoire est désastreux... tant qu’à y être on redéfinira les frontières.

    La FQS existe à cause de cette haine de soi des dirigeants du PQ, ils sont un groupe marginal mais selon moi ils ont raison sur de nombreux points... par contre leur bût n’est pas de créer un état et n’est pas électoraliste donc ils ne jouent pas sur le même terrain que le PQ mais je crois qu’ils sont fort utiles pour faire réfléchir. Ils remettent de l’équilibre dans la balance (qui penche toujours du même côté), c’est au PQ d’appliquer une logique national qui bénéficie tous, tout en maintenant un foyer et des politiques qui favorisent la majorité d’abord et cela passe par la reconnaissance de l’ethnie Canadienne-française et la volonté de la maintenir tout en respectant les autres... non pas en favorisant l’émergence de 70 000 identités parallèles.

    Présentement on est loin de cela, et le PQ est le seul responsable de sa chute.

  • François Ricard, 20 août 17h33

    M. Dion, Vous nous forcez à un examen de conscience fort douloureux.
    La FQS, comme bien d’autres groupes et personnes, croient que l’on se donne un pays par un référendum ou une élection référendaire. Rien n’est plus faux.
    Un référendum ne fait pas un pays.
    Un pays, comme une maison, se construit petit à petit. Une fois la maison construite, on pend la crémaillière. On a recours à un référendum. Mais le pays doit d’abord exister. Le fait précède le droit. Nous devons dès maintenant oeuvrer à la construction d’un pays réel. Sa reconnaissance viendra plus tard. Et comme le disait Gérard Bergeron, « l’état devenait ce qu’il faisait ». C’est ce que M. Lisée compte faire, je crois. Et ce que de trop nombreux indépendantistes ignorent.

  • Gaston Carmichael, 20 août 17h02

    Vous savez, M. Dion, vous avez raison. Et la FQS aussi. Où que vous y voyez une certaine contradiction, c’est que vous avez des objectifs différents.

    L’objectif de la FQS est l’indépendance. Pour vous, M. Dion, votre objectif est de prendre le pouvoir à la prochaine élection.

    Prendre le pouvoir sera effectivement nécessaire si on veut un jour réaliser l’indépendance. Toutefois, cela ne doit pas nécessairement se faire lors de la prochaine élection. Si on veut récolter, il faut d’abord semer. Et cela, peut très bien se faire par un opposition forte et dynamique. Il faudrait toutefois avoir la volonté pour ce faire.

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