«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

À gauche comme à droite, on doute

L’unité contre les fédéralistes vaut mieux

Contre les frileux !

Tribune libre de Vigile
mercredi 23 novembre 2016
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Voici quelques réflexions à propos du tout récent Conseil national de Québec solidaire (QS), qui vient juste de se terminer. C’était en fin de semaine. Je suis très heureux d’y avoir participé. J’y étais comme délégué de ma circonscription, dans QS, soit celle de Lévis, puisque je suis également membre de cette formation. J’en suis même un des membres fondateurs.

J’y étais aussi avec un tract du Parti communiste du Québec et qui affirmait notre position en faveur de l’unité des indépendantistes, y compris avec le PQ. J’avais en plus un mandat des membres de QS, dans ma circonscription, pour justement défendre lors de ce Conseil national le principe des alliances.

Le tract du PCQ fut bien reçu lors de sa diffusion. À un moment donné, quelqu’un m’a interpellé d’un « Quel courage ! ». Je me sentais en effet un peu tout seul, par moment, face à d’autres qui étaient carrément contre le principe des alliances. Mais la bonne humeur et l’ouverture des gens participant au Conseil m’ont rassuré.

Quand les demandes d’amendements à la proposition principale du comité de coordination national se sont mis à s’accumuler pour mettre des embûches à une éventuelle alliance avec le PQ, ma première réaction fut de dire : voilà le sectarisme qui réapparaît encore une fois.

Qui y allait des droits des autochtones, qui de l’inclusion, qui du féminisme, ... comme s’il fallait absolument faire la morale à un allié potentiel, « affirmer ses valeurs » au risque de heurter un allié politique nécessaire pour battre les Libéraux et dans lequel on manifeste plus de doutes que de véritable volonté de s’unir.

Puis j’ai réfléchi à ces conditions. Il me semble que le PQ n’aura pas de misère à les remplir : déjà il a négocié la Paix des Braves avec les Cris. Ghislain Picard, qui est chef des Premières Nations du Québec et du Labrador, fut chaudement applaudi par les délégués du Conseil national du PQ, à Sherbrooke, en 2015, après que celui-ci se soit déclaré comme étant un « souverainiste pour " sa propre nation ". Tous les délégués se levèrent alors debout pour l’applaudir. Il venait juste, en surplus, de dire à ces délégués-ées que les relations entre les Premières nations et les différents gouvernements du PQ, qui s’étaient succédés, avaient été de loin supérieures à celles de tous les autres gouvernements dirigés par d’autres partis, au provincial, comme au Fédéral, et qu’il espérait que cela pourrait même aller plus loin avec un éventuel autre gouvernement du PQ.

Madame Hivon ne semble pas, d’autre part, vouloir lâcher le morceau par rapport à la demande pour créer une commission d’enquête sur le sort fait aux femmes autochtones par les policiers à Val d’Or. Là-dessus, comme sur plusieurs autres questions, les positions du PQ, ainsi que celles de QS, se recoupent. C’est important de le rappeler.

Sur l’inclusion, Maka Kotto et Djemila Benhabib sont des immigrants qui peuvent témoigner de l’ouverture du PQ face aux nouveau arrivants. Bien sûr, tous et toutes n’ont pas forcément la même définition de ce que peut vouloir dire le terme " inclusion ". Cela pourra toujours faire partie des négociations.

Sur le féminisme, la création des garderies à 5.00 $ montre bien que ce parti a à cœur le sort des femmes. Il a fait élire la première femme Première Ministre du Québec. Dans les structures du parti de nombreuses femmes participent depuis longtemps, bien avant la création de Québec solidaire, à la vie politique. Il a amené plusieurs candidates à l’Assemblée Nationale.

Alors, je me suis finalement dit que sans doute les obstacles principaux à l’unité sont levées. Encore faut-il que le PQ y souscrive et qu’il manifeste plus ouvertement les qualités que veulent le voir affirmer les militants de Québec solidaire. Il ne devrait pas avoir honte de le faire. Malgré quelques ratés de droite au pouvoir, ses politiques progressistes qui ont fait évoluer le Québec (« Nous leur devons beaucoup », me disait encore récemment une camarade de Québec solidaire) devraient être plus affirmées et leur rappel devrait rassurer les militants de Québec solidaire et les futurs électeurs.

La suite du Conseil était consacrée à la campagne du 15.00 $ comme salaire minimum et aux changements démocratiques souhaités pour animer la vie du parti. La question des violences policières contre les peuples autochtones capta aussi l’attention des délégués-ées.

Sur le dossier de la hausse du salaire minimum à 15$, je me suis levé une fois de plus pour suggérer, « comme obsédé de l’unité », qu’étant donné que le PQ appuyait aussi cette revendication des mouvements syndicaux et populaires, il y aurait opportunité d’appeler les militant-e-s de ce parti à travailler plus en équipe avec ceux de Québec solidaire « de manière à ce que la collaboration qui se manifeste à l’Assemblée Nationale se répercute (aussi) à la base ». Il y en a sans doute qui devait trouver que je ne lâchais vraiment pas le morceau dans le dossier des alliances. De fait, quand on croit à quelque chose, il faut rester cohérent.

Comme Madame David, je suis moi aussi sorti du Conseil national heureux du ton généralement très respectueux des débats, même si j’avais parfois, durant ce Conseil national, le sentiment d’être parmi les seuls à vraiment défendre l’unité sans condition. Globalement, cela se termine bien. C’est le plus important. Que des conditions aient finalement été adoptées ne devrait pas nuire aux négociations à l’intérieur du OUI-Québec et le PQ tel qu’il est maintenant est sans doute bien capable d’être à la hauteur à cause de son histoire et des politiques de gauche qui l’ont marqué, bien au delà des critiques qu’on peut aussi lui addresser.

Je suis heureux de ma participation à ce Conseil et de la confiance que les gens de Lévis m’avaient donné pour représenter ce qu’une assemblée de la base, où étaient invités tous les membres de Chaudière Appalaches, soit notre région, avait tranché, à savoir, que l’unité et notre présence au OUI-Québec valaient mieux que le repli et la chaise vide.

Comme communiste et indépendantiste, j’ai été content de participer aux débats qui feront de Québec solidaire une organisation plus ouverte aux alliances avec les autres indépendantistes, surtout avec le Parti Québécois. Les Libéraux fédéralistes, ces vrais néolibéraux et les plus marquants représentants du 1 %, n’ont qu’à bien se tenir. Tout n’est pas réglé pour autant, mais c’est certainement un très bon pas en avant.

Commentaires

  • Lise Reid, 26 novembre 2016 11h02

    S’ouvrir au dialogue est toujours bénéfique pour tout le monde.

  • Stephane Russell, 25 novembre 2016 09h14

    Typiquement communiste, qu’ont-ils à faire du Québec ces communistes, tant que leur cause avance ? Comme pour le catholicisme, ils n’hésiteront jamais à sacrifier ce pion qu’est le Québec sur leur échiquier mondialiste, dès que l’opportunité se présentera. Allons Québec, ne sait-on plus discerner le loup du bon berger ?

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