«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Déployer nos forces

Nouveaux défis et stratégie

L’indépendance à l’époque des grands blocs intégrateurs

dimanche 15 décembre 2013
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Politique fiction diront certains, mais l’expression « realpolitik extrême » m’apparaît plus juste pour qualifier ce texte qui m’a été inspiré par les présents échanges sur Vigile sur la stratégie indépendantiste. Il est aussi inspiré par la présente situation en Ukraine qui illustre la difficulté pour les pays qui en ont encore la volonté de faire respecter leur souveraineté. Nous nous trouvons en Ukraine face à un gouvernement élu, légitime, confronté à une opposition interne (soupçonnée d’être soutenue de l’étranger) que vient soutenir à son tour, passant par-dessus la tête de l’État national, toute une suite de représentants de puissances étrangères, au nombre desquels le ministre canadien John Baird. Imaginez une situation comparable aux États-Unis ! On se doute bien qu’une telle ingérence dans les affaires intérieures des États-Unis serait vite réglée soit par des emprisonnements, soit par des expulsions. Lorsqu’il s’agit d’intégrer de grands blocs multinationaux, une intégration qui recouvre outre l’aspect politique et économique, un très important aspect militaire mais dont on parle moins, comme dans les cas de EU-OTAN, ou ALENA-NORAD, la souveraineté nationale s’effrite et pèse de moins en moins lourd. Violer la souveraineté nationale se fait sous bien des prétextes, cela se fait en toute impunité et l’intégration se fait de gré ou de force. Que reste-t-il de la possibilité du Québec de décider de son avenir ?

Le PQ n’est pas le parti de l’oligarchie. Il est encore moins le parti « élu » du Canada. Comme parti de pouvoir, le PQ cherche néanmoins à garder son rang, c’est-à-dire de continuer d’être toléré par l’oligarchie et, au mieux, de s’en faire accepter à la marge.

Le PQ marche sur une corde raide. Pour préserver son potentiel d’être choisi dans les urnes, ce qui suppose un minimum d’acceptabilité par le Système, il doit payer son tribut à Mammon. C’est ainsi que pour exister là où il est, il doit multiplier les signes d’allégeance au système oligarchique. Exemple, la réduction des quotas d’immigration de 55 000 à 50 000, une façon de reconduire une politique d’immigration qui va à l’encontre de nos intérêts et qui devrait être révisée de fond en comble. Autre exemple, ne pas rouvrir le dossier du scandale des pertes de 40 milliards $ de la Caisse de dépôt et de placement, à l’époque libérale.

Inversement, obéissant à une autre logique, celle d’un parti dont les appuis populaires sont profonds et dont la crédibilité historique est acquise, il doit éviter que ses décisions à la limite des intérêts bien compris du Québec et parfois même contraire à ceux-ci, ne finissent par le séparer de sa base. La charte des valeurs québécoises le rapproche de sa base. Sur cette corde raide, condamné à servir tantôt le Québec et tantôt Mammon, le PQ conserve pourtant encore le pouvoir de déstabiliser le Canada et de créer un moment historique qui rendrait possible l’indépendance.

On peut certes se chagriner que le réel ne nous favorise pas davantage. Il faudra pourtant faire avec. La radicalisation du PQ, à moins de courir de grands risques, n’étant pas non plus dans les circonstances une option grande ouverte. Sur la corde raide, comme je l’ai dit plus haut, le moindre faux pas du PQ, réel ou fabriqué, est susceptible de lui faire connaître la médecine de cheval d’une « révolution orange » ou une de ses variantes. Et ce n’est pas de la blague. La présence de milliers de campeurs dans la rue, bien nourris, bien financés et déterminés à venir à bout du « racisme anti-immigrants » du Parti québécois n’est pas chose impossible au Québec. Comme ce type de « révolution », basée sur le mensonge même le plus grossier, est d’abord un événement médiatique fabriqué pour tourner en boucle dans le monde entier, il ne nous resterait plus qu’à faire le bilan des pertes. Et à l’histoire de déterminer qui était derrière et avec quel argent. Le réalisme politique nous interdit d’exclure la marginalisation du PQ par un tel coup de force.

Les manipulations de la vérité à grande échelle et les opérations sous faux drapeau sont de tout temps, mais elles sont devenues si courantes que le Québec ne peut croire qu’il peut s’en exclure pour le simple motif qu’il est le Québec et dans le ventre du système. Donc, cette éventualité constitue une grave menace qui pèse à la fois sur le PQ et sur l’avenir de la nation québécoise. Et, croyez-moi, les gestes de soumission du PQ à l’égard du système ne feront pas de lui un ami du système tant qu’il représentera une volonté même faible de diriger un État-nation francophone indépendant et non multi-culturaliste. Il ne sera pas l’ami du système tant qu’il résistera à devenir une copie conforme du parti Libéral que ne distingueront plus que des différences d’image pour fins d’alternance électorale programmée.

Advenant un coup de force contre le Parti québécois, une presse indépendantiste forte et bien organisée, qu’il importe donc de soutenir, pourrait agir comme contre-pouvoir médiatique et limiter les dégâts, mais rien n’est certain. Or, une fois que les électeurs les moins informés auront tournés le dos au PQ, influencés par une propagande irrésistible, ce ne sera pas pour joindre Option nationale, on peut aisément le deviner. Dans cette perspective, on peut comprendre la ligne rouge invisible que le PQ ne peut franchir si il veut éviter de prêter le flanc à l’ennemi et demeurer admissible au pouvoir. Par conséquent, voir lucidement ses compromissions faites en partie sous la contrainte du poids invisible de la pensée unique, ne devrait pas nous conduire à lui tourner le dos.

Dans le cadre d’une stratégie indépendantiste qui tient compte de l’état du monde, on ne doit pas perdre de vue que le Québec se trouve dans le ventre du système et ne peut faire progresser ses intérêts nationaux et populaires que dans le cadre d’une alliance intérieure construite sous le signe de la solidarité et de la cohésion nationale. Une alliance réunie par la mobilisation de tous les Québécois, de tous les patriotes, de droite comme de gauche. Il faut donc, comme beaucoup de penseurs de droite comme de gauche le prônent désormais, valoriser notre État-nation en opposition au mondialisme destructeur des souverainetés nationales, en particulier les plus petites et les plus faibles. Il faut à tout prix apprendre à agir dans un esprit de conservation de nos institutions nationales, les préserver du pire, car le jeu de l’oligarchie mondialiste est de détruire les lieux d’appartenance nationales qui se dressent sur son chemin.

À ce titre, je le répète, le PQ conserve un pouvoir de déstabilisation insoupçonné du système. Un pouvoir d’autant plus robuste que le PQ sera entouré d’une variété d’institutions travaillant sur d’autres fronts et formés d’individus qui, à part serrer les rangs et lui accorder l’exclusivité des urnes, travailleront à l’émancipation du Québec selon leur propre agenda, sans renoncer à leur propre lecture politique. Comme plusieurs autres, je suis d’avis qu’à l’époque actuelle du mondialisme politique anti-nation qui a fait naître de nouvelles menaces et de nouvelles contraintes, il sera absolument impossible de reconstruire une institution politique souverainiste ou indépendantiste de remplacement à vocation électorale de l’envergure et du potentiel du Parti Québécois.

Jean-Martin Aussant l’a compris. Il a donc quitté le parti qu’il avait fondé pour remplacer le PQ. On peut à juste titre reprocher à J-M Aussant de ne pas avoir voulu partager le fond de sa démarche et de son sentiment politiques avec les membres d’ON, laissant ces derniers se buter à la dure réalité pour comprendre à leur tour, éventuellement, qu’il s’agit d’une mission impossible.

À titre de membre d’Option nationale, je crois que ce parti devra se redéfinir profondément pour se présenter comme un parti politique à vocation non électorale (ou à vocation électorale facultative). Il s’agirait pour lui d’utiliser les forces qu’il peut rassembler pour jouer un rôle politique qui ne le priverait pas d’influence à coté du PQ, voire en son sein même. Nous sommes très nombreux à croire que le rôle politique du Parti québécois en faveur de l’indépendance est insuffisant, ces insuffisances ne pourraient-elles pas être supplées ailleurs et par d’autres ? Je pense que c’est effectivement la seule voie réaliste et praticable. C’est ici qu’ON pourrait intervenir de la façon la plus utile.

L’éducation et la formation politiques pourraient être parmi ses priorités. Il pourrait jouer un rôle indispensable en formant des dizaines de Falardeau et des dizaines de Bourgault qui, libres de l’exercice direct du pouvoir, pourraient en constituer une composante indirecte influente, capables de défendre dans toutes circonstances les intérêts nationaux du Québec.

Option nationale pourrait aussi regrouper des intellectuels et des militants pour produire des analyses de qualité. Nous avons besoin de « think tank » de l’indépendance. Décortiquer la rhétorique de l’adversaire d’une manière plus franche et plus approfondie que ne peut le faire le Parti québécois et alimenter et renforcer la presse souverainiste. Étudier et diffuser sur la question des nouveaux défis imposés aux souverainetés nationales par la présence accrue des grands blocs d’intégration. Dans ce cadre, également, suivre à la trace Québec solidaire, qu’Option nationale présente comme un parti souverainiste, ce qui est mis en doute par plusieurs. Il y aurait là une profonde réflexion à faire pour relever le niveau politique. La compréhension et la critique de la fausse dissidence et du faux nez indépendantiste de certaines organisations sont indispensables et il est clair que le PQ ne le faisant pas ou très peu, ce champ est libre et doit être occupé.

Plusieurs des intervenants réguliers et lecteurs de Vigile ont compris que l’indépendance n’est rattachée à un simple référendum gagnant et on commence aussi à comprendre que ce n’est pas non plus que l’affaire d’une élection. La stratégie de René Lévesque à Jacques Parizeau n’est plus une voie praticable dans le monde d’aujourd’hui. Il faut donc s’atteler à un travail concourant destiné à se déployer sur plusieurs fronts. Le PQ est à sa place sur le front électoral. Vigile joue un rôle avec d’autres sur le plan de l’actualité quotidienne. L’Action nationale, le Québécois, le SPQ libre et bien d’autres jouent aussi un rôle indispensable mais c’est encore trop peu. Dans ce déploiement d’initiatives, Option nationale doit trouver sa place. Il faut comprendre le Québec dans le monde pour comprendre que le Québec joue son existence. Les forces patriotiques n’ont pas le choix, elles doivent prendre et tenir une position particulière dans un déploiement général qui converge vers le renforcement national et l’indépendance.


Commentaires

  • Mathieu L BOUCHARD, 19 décembre 2013 01h27

    @ GV : Quels actes ? Si le seul acte en question est une démission, ça ne vous permet pas d’en conclure grand chose.

    @ Stéphane : oui, il y a eu des problèmes d’organisation du parti. D’ailleurs, en étant resté au parti (ou en y revenant), on peut constater quelques différences positives depuis juin.

  • 18 décembre 2013 16h55

    @ Mathieu L. Bouchard

    C’est basé sur les actes et non sur les paroles.

    GV

  • ssauve, 18 décembre 2013 16h46

    @ Mathieu Bouchard,

    Vous avez peut-être raison dans votre dernier commentaire. Je ne peux présumer de ses intentions.

    Chose certaine, pour avoir été actif au sein de l’un des exécutifs de ON, je peux témoigner qu’il y a eu un manque flagrant de communication et d’organisation entre la cellule de commande et les régions.

    Autre point : Pourriez-vous commenter sur la proposition de m. Verrier et de d’autres commentateurs ?

    Ca pourrait être constructif...

  • Mathieu L BOUCHARD, 18 décembre 2013 16h06

    Faut en inventer pas mal pour croire que Jean-Martin Aussant est parti en ne croyant plus à la pertinence d’ON. Le fait est que vous n’en savez absolument rien. Si JMA avait remis en question la pertinence d’ON, il y aurait eu des signes et j’en aurais entendu parler, et au moins une personne à l’interne aurait pu prévoir sa démission au moins deux jours à l’avance, d’une manière qui s’argumente.

  • Michel Bélisle alias Didier, 18 décembre 2013 10h21

    M. Verrier,

    Votre excellent article a l’avantage de faire en sorte qu’il faille se poser les véritables questions en pertinence avec une quelconque souveraineté du Québec.

    Et quand vous parlez de "grands blocs intégrateurs", il faut dire que le terme n’est même pas assez fort.

    Il n’y a qu’à penser à l’affaire Snowden qui a révélé une surveillance tout azimut de tous les citoyens sans exception au niveau du téléphone et de l’internet.

    Autrement dit, ces grands blocs intégrateurs sont à peine démocratiques.

    L’excuse que cette surveillance soit nécessaire pour protéger les institutions ne tient pas la route puisque les institutions ne s’en tiraient pas si mal avant cette surveillance.

    À noter que madame Marois n’a pas trop parlé lorsque l’affaire Snowden a été révélée. Elle ne s’est pas offusquée par rapport à cette surveillance qui touche les citoyens du Québec et qui est menée, d’après ces révélations, par les États-Unis en collaboration avec d’autres pays anglo-saxons dont le Canada.

    Ces atteintes à la démocratie aurait eu pour conséquence la destitution des têtes dirigeantes des pays impliqués dans une société vraiment démocratique.

    Le fait que ce ne se soit pas produit rend compte d’un pouvoir que l’on pourrait qualifier d’absolu.

    Dans un tel contexte, que vaut la souveraineté du Québec ? Que vaudrait la nouvelle liberté des citoyens du Québec si le grand bloc intégrateur continue de les surveiller ?

    Car il ne faut pas se cacher qu’il ne s’agit pas seulement de l’Assemblée nationale qui ne parle pas trop fort dans cette affaire de surveillance anti-démocratique mais bien des citoyens du Québec aussi semblent ne pas trop se formaliser de ça.

    Cela démontre que cette surveillance n’est pas pour protéger les institutions mais plutôt les DIVISIONS SOCIO-ÉCONOMIQUES INSTITUTIONNALISÉES avec lesquelles, malheureusement, une bonne partie de la citoyennerie semble d’accord.

    Au moins, avec ces révélations de surveillance anti-démocratique, on peut mieux juger de bien du monde, non seulement parmi nos décideurs, mais parmi beaucoup de nos concitoyens qui semblent se valoriser de la misère des autres.

    Encore une fois, cela démontre l’impact positif qu’aurait sur la démocratie le projet de revenu de citoyenneté universel que prônait le regretté syndicaliste Michel Chartrand.

  • Michel Bélisle alias Didier, 17 décembre 2013 13h52

    "La stratégie de René Lévesque à Jacques Parizeau n’est plus une voie praticable dans le monde d’aujourd’hui."

    Ce que vous dites est l’évidence même, surtout que la religion de l’argent a remplacé toute autre croyance, ce qui n’était pas le cas dans les débuts du parti Québécois. Et la jeune génération est embarquée de plain-pied dans cette religion de l’argent, n’ayant pas connu autre chose. Tout cela fait que les stratégies doivent changer.

    Et comme vous le décrivez bien, cette réalité est mondiale. Un récent article publié sur un site français met en relief cette nouvelle réalité qui est la nôtre aussi au Québec. L’article s’intitule :

    "Pour Noël comme pour les autres jours, allez dans la paix du fric"

    https://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article138820

  • Michel Matte, 17 décembre 2013 08h22

    Bravo M. Verrier, C’est une analyse très juste à rapprocher de celle de SPQ Libre ( http://www.vigile.net/Et-si-le-SPQ-Libre-avait-raison ).

    Bien sûr ON a apporté un vent de fraîcheur au discours indépendantiste. Mais la réalité des élections est venue nous rappeler à l’ordre et même le chef n’a pu se faire élire contre un membre de la CAQ.

  • jeancil, 17 décembre 2013 02h43

    N’oubliez pas que l’Ukraine est un etat artificiel comme le Canada et le Belgique d’aujoud’hui. Ella se divise en deux parts par deux langues et deux communeautes distinctes qui veulent s’independiser l’une de l’autre le plus tot possible.

  • GV, 16 décembre 2013 21h54

    @ D. Allard

    En politique il y a des réalités incontournables. Chaque État compte pour un vote aux Nations Unies, mais si je vous disais que les Îles Marshall n’ont jamais voté différemment des États-Unis, vous comprendrez tout de suite que les îles Marshall ne font pas le poids. Par contre, quand l’Allemagne a été privée de son armée, elle l’a tout de suite ressenti comme une injustice et elle l’a récupérée à la première occasion. Le Québec indépendant pourrait-il se doter de ses propres forces armées ? Le Québec pourrait bien essayer, mais a-t-il le poids pour constituer sa propre armée indépendante au nez d’armées voisines plus puissantes... On voit bien que l’armée du Québec pourrait être réduite à la quote-part de l’effort québécois à la « défense continentale ». Si on passe à l’Alsace. Quelle pourrait être sa latitude dans l’indépendance ? son armée ? supposant que la volonté des Alsaciens y soit.

    Pour les petits territoires revendiqués plus ou moins fortement par des ethnies traditionnelles souvent folklorisés, l’Europe a dans ses cartons de leur donner à toutes une souveraineté bidon et de faire disparaître graduellement en retour la France, l’Italie, l’Allemagne, etc. Avec cette Europe des régions, les États-nations disparaîtraient au profit de la diversité, une diversité gérée de loin dans la conformité. Les petites souverainetés ainsi créées ne feraient jamais le poids face au pouvoir européen et éventuellement face au despotisme d’un gouvernement mondial. De l’Europe des nations, une Europe déjà trahie, nous passerions définitivement à l’Europe vassalisée. C’est ce que François Asselineau voit venir et qu’il condamne. Là-dessus, Pierre Hillard va dans le même sens en détaillant jusque dans leurs racines historiques les plans de redécoupage de l’Europe en parcelles autonomes. Il y voit le chemin tout tracé de la dictature mondiale. Je vous laisse retracer les liens et vidéos sur Internet, si vous ne les avez pas déjà.

    D’un autre coté, pour le meilleur ou pour le pire, aucun pays constitué ne laisse aller de bon cœur une partie de son territoire, à moins d’y être contraint ou d’y trouver son intérêt d’une façon ou de l’autre. C’est à la population de la nation concernée, (j’emploie le mot nation même si toutes les revendications ne viennent pas de nations, si l’on se fie à Renan) de manifester sa volonté de sécession avec force, cohésion et longueur de temps que, grâce à un concours de circonstances favorables, voire imprévisibles, l’indépendance peut devenir chose acquise. Dans ce contexte, par ses caractéristiques nationales incontestables, son poids démographique et son territoire, le Québec est bien placé pour faire son indépendance et tenir ensuite sa place comme État nation. Le risque d’être la marionnette impuissante des nations qui l’entourent demeurera toujours, même indépendant, mais je crois qu’il aura suffisamment de poids pour pouvoir y échapper aussi. La latitude qu’il aura ensuite sera toujours une affaire de rapport de force.

  • GV, 16 décembre 2013 19h54

    @ Sylvain Tremblay :

    Vous écrivez : « Un peu comme vous le dites, monsieur Verrier, faire semblant d’être dissident mais propager la parole péquiste, encourager le vote péquiste. »

    Je ne propage pas la parole péquiste, mais j’ai choisi ce parti pour la journée des élections.

    Pourquoi ? Pour sourire le lendemain matin avec la majorité des Québécois qui partageront, pour une rare fois depuis longtemps, le sentiment d’une certaine puissance collective et d’une certaine fierté, pendant que le Canada se réveillera aux abois avec sa gueule de bois.

    GV

  • M. Sylvain Tremblay, 16 décembre 2013 16h37

    On ne devient pas dissident pour se rallier d’une autre façon à celui qu’on vent de quitter, à moins d’être moins exigeant. Dissident parce que l’autre allait trop loin.

    A t-on besoin d’un tel autre parti indépendantiste ? un leurre ! Moins que le PQ, ce n’est pas un parti indépendantiste comme tel, c’est autre chose. Un peu comme vous le dites, monsieur Verrier, faire semblant d’être dissident mais propager la parole péquiste, encourager le vote péquiste. Ce n’est pas un parti indépendant, ça, c’est un parti dépendant, un sous-parti, un leurre.

    Je sais qu’il y a de la bisbille à Option Nationale. Sans savoir pourquoi, de l’extérieur, je m’en doute, à lire des textes comme le vôtre, m. Verrier, et les hommages condescendants que vos supporters vous donnent. Désolant de lire ça !

    Je ne pense pas que le Parti Québecois aie besoin d’O.N., m. Verrier. Vous vous cassez la tête pour rien. C’est un parti dissident, pas un parti partisan. C’est différent, c’est autre chose, ça parle d’autres affaires que ce dont vous essayez de nous convaincre.

    Je me demande bien ce que des partisans du PQ font à ON.

  • Michel Bélisle alias Didier, 16 décembre 2013 16h33

    Les jeunes de 18 à 35 ans sont désormais bien intégrés dans le Système.

    La souveraineté du Québec est, du même coup, beaucoup moins populaire chez eux que chez leurs aînés.

    Les jeunes se posent moins de questions que les générations précédentes. Ils adoptent ce que le Système leur présente à tous les niveaux sans trop se poser de questions.

    Je connais un type qui m’a déjà dit une chose qui a peut-être du bon sens. Il m’a dit que même si les Québécois de souche avaient recommencé depuis l’an 2000 à faire plus d’enfants, il fut une époque de 1970 à 2000 où le taux de natalité avait baissé de façon inquiétante chez les Québécois de souche.

    Ce qu’il m’a dit, c’est qu’à 1.3 enfants par famille dans les années 1980 par exemple, on voyait tout de même bien des familles compter deux ou trois enfants. La différence, c’est qu’il y a eu beaucoup de couples sans enfant à un certain moment donné.

    Ce monsieur m’a expliqué que lorsque les gens ont moins d’enfants, ceux qui n’en ont pas du tout sont généralement des gens portés à se poser des questions, questions du genre où va le monde, où va le Québec, nos enfants auront-ils un avenir etc...

    Ceux qui ne se posent pas de questions ont des enfants, peu importe les circonstances.

    Ainsi, les enfants retenant des parents, beaucoup de jeunes d’aujourd’hui sont issus de familles où les gens ne se posent pas trop de questions.

    Cela expliquerait, selon lui, que le sens critique soit à la baisse chez les jeunes Québécois.

    Sans souscrire totalement à cette théorie, je dois admettre qu’il s’agit d’une possibilité expliquant le peu d’intérêt des jeunes vis-à-vis l’avenir du Québec.

    Les jeunes Québécois semblent bien s’acclimater aux grands blocs intégrateurs et tout ce qui va avec : américanisation, utilisation grandissante de l’anglais au Québec, musique québécoise de plus en plus en langue anglaise, société strictement tournée vers la consommation, les grandes chaînes américaines en tête, Wal-Mart, Target etc...

    Je disais dans mon commentaire précédent que dans une génération d’ici, la souveraineté ne serait plus possible, mais à bien y réfléchir, c’est peut-être beaucoup plus près que ça.

  • ssauve, 16 décembre 2013 09h16

    Excellente analyse monsieur Verrier ! Vraiment.

    Vous êtes dans la zone franche d’une stratégie efficace pour se donner un pays : Donner à Option nationale (mais aussi aux autres organisations indépendantistes) un rôle complémentaire à celui du PQ. Bravo.

    Vous l’avez bien dit, notre indépendance peut avoir ses grandes limites dans le contexte d’une oligarchie qui a la capacité de créer et briser les États nations.

    J’ai d’ailleurs la nette impression que le PQ a été « toléré » par cette oligarchie pour que, advenant la non-réalisation du Plan « A », l’on puisse avoir recours au Plan « B » alors que le Québec est « indépendant » mais qu’à l’intérieur des nouveaux blocs nord-américains (sans véritable contrôle de notre politique monétaire). D’ailleurs, cette intégration nord-américaine est dans les cartes depuis fort longtemps et madame Marois (et son époux) est "reconnue" comme une fidèle supporteur de ce modèle de développement.

    Option nationale pourrait en effet devenir un « think thank » de la souveraineté, comme vous le proposez. Mais pour être vraiment efficace et combler l’immense vide « tactique » au sein des forces souverainistes, il est URGENT qu’ON (et si elle refuse ce rôle, toute autre organisation indépendantiste) se donne le mandat de cartographier et d’arrimer les offres et les besoins de services/appuis des organisations/personnes oeuvrant pour la souveraineté .

    Le nouveau rôle d’ON (ou d’une autre organisation), pourrait par la suite être celui d’appuyer le processus d’arrimage entre les organisations indépendantistes de façon telle à ce que la qualité et la pertinence des collaborations aillent toujours en augmentant.

    De là, nous porterons une attention diligente au processus de libération du Québec en se donnant les objectifs, les cibles et l’approche requise pour mieux collaborer entre nous. Tout passe par cette collaboration. De cette division intestine qui nous a déchirée pendant si longtemps, le "Nous" s’incarne enfin en terre des francs.

    Donc, compte tenu de :

    1. la force démesurée de l’opposant ;

    2. l’urgence de se donner un pays dans le contexte d’une stratégie de dilution du Québec (dette et immigration massive) ;

    3. la grande difficulté, voire l’impossibilité de créer un autre vaisseau amiral de l’indépendance comme le PQ ;

    4. de la grande limite de nos ressources financières, médiatiques, humaines, etc. ;

    Nous devons nous donner l’objectif d’accroître le niveau de pertinence et d’efficience de nos collaborations (toutes organisations souverainistes confondues) destinées à la création d’un pays.

    Une unité tactique (apolitique) doit ainsi voir le jour.

    Son rôle : Activer le processus d’arrimage des forces patriotiques du Québec où chacune de ses composantes (SPQ libre, Cap sur l’indépendance, Action nationale, le Québécois, PI, etc.) prend une position particulière dans un déploiement général qui converge vers le renforcement national et l’indépendance".

  • D. Allard, 15 décembre 2013 23h30

    Bien que j’aie trouvé les propos de ce texte fort pertinents, je suis quelque peu resté sur ma faim. Le titre de l’article est empreint d’une bonne reconnaissance de la situation, à savoir que l’indépendance aujourd’hui ne se ferait définitivement plus dans le même contexte géopolitique qu’il y a environ vingt ou trente-cinq années de cela. Les quêtes identitaires nationales actuelles (Catalogne, Écosse, Alsace, Flandres, ...) me semblent être des tentatives nobles d’émancipation, mais vouées inexorablement à un destin sombre. Sans en avoir une connaissance étendue, je crois que le leitmotiv des analyses de M. François Asselineau, ancien Inspecteur Général des Finances et actuel chef de l’UPR, est que les particularismes régionaux peuvent certes affirmer leur indépendance face à l’État, mais ce ne sera que pour être plus aisément absorbés, dilués, formatés, par ces « grands blocs intégrateurs », dans le cas présent l’Union Européenne. Que fera un Québec indépendant au sein du futur bloc nord-américain, et, beaucoup plus vite qu’on ne le pense, en plein cœur d’une Union Transatlantique ? Qu’on me comprenne bien : je tient plus que tout à ma patrie, le Québec, mais je crois qu’il faudra initier une longue et pénible réflexion afin de s’assurer que nous ne nous débarassons pas de la tutelle canadienne que pour être plus aisément mis sous le joug du futur bloc nord-américano-européen. Je me rassure en me disant que notre rejet du multi/interculturalisme fait de nous un peuple difficilement assimilable, par quiconque.

  • Michel Dion (iiibooo sur Twitter), 15 décembre 2013 23h27

    Vous démontrez et exposez clairement ce que plusieurs ne peuvent ou ne veulent pas voir. Votre démonstration est très réaliste, et propose des solutions alternatives très intelligentes et intéressantes. Maintenant, il vous faudra convaincre les partis concernés, et cela nécessitera sûrement beaucoup plus d’arguments « canons » et une ténacité hors pair. Mais vous montez une table dressant une vue d’ensemble et une initiative de départ que nul ne peut ignorer.

    Vision juste et solutions intéressantes, bravo !

  • Yves Rancourt, 15 décembre 2013 21h32

    Monsieur Verrier,

    Votre texte est d’un réalisme étonnant, et ce d’un bout à l’autre. Bravo ! Vous comprenez plus que la plupart des gens la réalité politique d’aujourd’hui et la puissances des forces qu’il faudra contrer pour faire du Québec un pays. Je comprends aussi que vous souhaiteriez peut-être amener Option nationale à être davantage un mouvement de promotion de l’indépendance qu’un parti cherchant à se faire élire ; voilà le genre d’idée qui devrait être regardé de près et avec ouverture par les membres de ce parti.

    Un an avant de quitter ON, en février 2012, JMA disait que "le Parti québécois est le meileur véhicule pour réaliser la souveraineté". Il réalisait sans doute déjà qu’ON n’avait aucune chance de supplanter le PQ à ce titre et se disait même ouvert à une fusion.

    Vous abordez aussi brièvement la question de l’information. C’est probablement là où se jouera l’avenir de notre nation. Si on n’arrive pas collectivement à se donner un ou des média favorable(s) à la cause souverainiste et capable(s), par des analyses convaincantes, de rallier nos concitoyens à cette cause, il n’y a plus grand espoir. Vigile peut faire beaucoup à ce titre mais ça va prendre beaucoup plus pour contrer l’imposante machine de propagande mise en place par les médias fédéralistes.

    Salutations et bonne chance à vous.

  • ssauve, 15 décembre 2013 21h26

    Excellente analyse. La lecture de votre texte m’a permis de mieux comprendre le "real politik" derrières les compromisions du PQ au cours de la dernière année.

    Je retiens ceci de votre texte : "Il s’agirait pour lui [Option Nationale] d’utiliser les forces qu’il peut rassembler pour jouer un rôle politique qui ne le priverait pas d’influence à coté du PQ, voire en son sein même.

    Dans cet esprit, ne serait-il pas pertinent qu’ON joue de facon plus efficace le rôle que ne parvient pas à jouer une Organisation comme Cap sur l’indépendance ?

    Il est impérieux que nous nous donnions les moyens d’arrimer nos offres respectives de services (celles des organisations et des individus oeuvrant pour la souveraineté) afin qu’enfin, nous puissions harnacher nos forces vives pour la création de notre pays.

    En d’autres termes, il est urgent qu’une unité tactique soit créée et investie du rôle clé qu’est celui de cartographier et d’arrimer les offres et les besoins de services de l’ensemble des forces souverainistes.

    Dans un contexte où l’opposant est si puissant, il devient urgent de trouver les moyens efficaces de mieux nous complémenter.

    Le PQ ne parvient pas à rassembler, unir et activer ce mouvement solidaire pour la souveraineté. ON pourrait peut-être être le moyen. C’est bien dans ce parti que nous trouvons les plus allumés, les plus jeunes et souvent les plus convaincus de la nécessité de se donner un pays.

    Je ne comprends pas ce qui est difficile à comprendre dans la proposition précédente.

  • GV, 15 décembre 2013 20h37

    @ Francis Déry

    ON - reste à voir si l’idée trouvera des échos parmi les adhérents d’ON. Selon moi, ils ne peuvent que se poser des questions. La leçon politique du chef fondateur démissionnaire est pourtant claire.

    Ukraine - L’Europe est en panne économique. La pauvreté et l’indigence augmentent année après année et les perspectives d’avenir sont à l’avenant. Voir les dernières Eurostat. En contre partie, les imports-exports entre l’Ukraine et la Russie augmentent graduellement et notablement. La Russie est pour l’Ukraine le principal partenaire commercial. Pourquoi donc les Ukrainiens se battraient-ils pour rejoindre le camp des perdants ? Bon, c’est plus compliqué, peut-être, mais il y a une dimension idéologique orchestrée dans une volonté manifeste de détacher l’Ukraine de son partenaire historique. Mon propos n’était pas de traiter de la question de manière exhaustive, même si la question n’est inintéressante, mais de mettre en perspective la puissance de déstabilisation des forces américano-occidentalistes. J’y reviens.

    Un nombre impressionnant de personnalités sont venues servir un camouflet aux autorités légitimes de Kiev, en passant par dessus la tête de l’État pour aller soutenir les insurgés. Ceci au mépris des risques d’attiser les contradictions et de déclencher une guerre civile. Quelle façon étrange de la part de ces dirigeants politiques de traiter des affaires internes d’un pays indépendant. Dans « Accord de libre échange », il y a le mot libre. L’Ukraine a-t-elle la liberté de ses choix ? Tout se passe comme si l’Europe et les États-Unis avaient leurs agents dans les rues de Kiev. Ré-édition de la célèbre « Révolution orange » ?
    Je vous laisse retracer tous les liens internet vous-mêmes, si vous le désirez.

    C’est ce mépris manifesté très ouvertement et sans complexe pour les souverainetés nationales, en ce qui concerne les petits pays (et les pays où sommeillent des désaccords potentiels que l’on peut attiser), que certaines puissances, les puissances occidentales dirigées par les États-Unis en particulier, puisqu’il faut bien le dire, qui accroît la menace sur le Québec et qui rend vulnérable, éventuellement dans son existence même, un parti politique aussi inoffensif que le Parti québécois. C’est ce que mon exemple voulait illustrer. L’absence de principes auxquels on se tient dans la conduite des affaires du monde a atteint un sommet inégalé. Les petits pays sont plus que jamais à la merci de l’arbitraire des puissants qui se permettent impunément toutes les interventions.

    GV

  • GV, 15 décembre 2013 19h45

    @ Marcel Haché et Didier
    Même à son corps défendant le PQ est en quelque sorte condamné à ne jamais être le premier choix de l’oligarchie. En même temps, tant qu’il ne renonce pas à la souveraineté, il a le potentiel de déstabiliser le Canada et de créer des conditions qui pourraient rendre possibles pour le Québec l’accession à une certaine indépendance. Je précise, une « certaine » indépendance parce que les questions fortes qu’on associe à une vraie indépendance ne sont jamais abordées : forces armées et politique de défense, monnaie nationale et politique monétaire, etc.

    Mais je suis prêt à accorder un certain crédit à l’idée, présentée avec clarté par J-C Pomerleau, que le PQ fera sa souveraineté comme s’il faisait sa glace en patinant, au sein même du Canada. Rendu à une certaine étape, un référendum viendrait clôturer un passage déjà réalisé. Bref, pour les raisons qui se retrouvent dans mon texte, je pense que la meilleure option c’est que les Québécois élisent de nouveau un gouvernement majoritaire du Parti québécois. La maturité politique de la gauche patriote et de la droite patriote, de même que celle des dissidents au système pourrait les amener à tirer des conclusions semblables aux miennes.

    @ M. Yvan Parent
    Le PQ n’a pas le choix de se montrer soumis à ces puissances qui ont le pouvoir de le tolérer ou de l’écraser. Il demandera toutefois un mandat majoritaire pour réaliser certains changements à l’intérieur de certaines limites qu’il ne peut pas dépasser. Ce sera ça ou rien.

    GV

  • michel Guay, 15 décembre 2013 12h47

    Chaque citoyen se doit d’être individualiste ,nationaliste et internationaliste et les trois sont complémentaires et incontournables . Le nationalisme ne doit pas empêcher la liberté individuelle et ce même nationalisme ne doit pas brimer notre ouverture au monde . Mais des trois, le nationalisme intermédiaire est le plus important pour permettre et équilibrer les deux autres positions naturelles en nous libérant tous des anarchistes violents et des fédéralistes colonialistes.
    MICHEL GUAY

  • Francis Déry, 15 décembre 2013 12h23

    À titre de membre d’Option nationale, je crois que ce parti devra se redéfinir profondément pour se présenter comme un parti politique à vocation non électorale (ou à vocation électorale facultative). Il s’agirait pour lui d’utiliser les forces qu’il peut rassembler pour jouer un rôle politique qui ne le priverait pas d’influence à coté du PQ, voire en son sein même.

    Là, ça devient intéressant.
    Et je me permettrais de participer.

    Une telle redéfinition pourrait faire gonfler les rangs d’Option Nationale, sans affaiblir le PQ, et ultimement la marche vers l’indépendance.

    Pour l’Ukraine, la situation est plus complexe qu’on peut imaginer. Il faut connaître sa composition démographique et son histoire suite à la débâcle de l’empire russe, pour comprendre sa problématique avec le nationalisme.

  • Ivan Parent, 15 décembre 2013 12h20

    Voilà un article sensé et nous fait voir l’îlot qu’est le Québec dans cette mer agitée par les forces sournoises des banquiers, des financiers car ce sont là les vrais maîtres du monde sans compter les monstrueuses et puissantes multinationales. Ces entités ont souvent des budgets plus élevés que bien des états et régissent ces derniers pour leurs intérêts propres. Cette façon de voir a été élaborée il y a très longtemps, plus précisément dans les années 1780. Le recette fonctionne et il est quelquefois illégal d’en parler. Dans Vigile, si je mentionnais le titre de cette recette, on ne me publierais pas, c’est tout dire. Selon cette formule, décriée comme fausse mais qui affiche quotidiennement sa véracité par des faits, on tente avec un trop grand succès de réduire les états-nations à de vulgaires formations folkloriques. On fomente la formation de blocs plus faciles à contrôler(ex. l’Alena, la CEE, l’ASEAN, etc.). Les taux d’intérêts composés appliqués aux nations sont, pour ainsi dire, impossibles à rembourser. Par exemple, savez-vous combien le Québec paye d’intérêt à chaque année ?...et nous manquons d’argent pour la santé, l’éducation. La réponse ferait dresser les cheveux sur la tête d’un chauve ! Le système est ainsi fait que l’équilibre budgétaire n’est, en pratique, presque inatteignable sans réduire dramatiquement les services à la population et la rendre exsangue. Tout pour les banquiers. La recette dont je vous parlais précédemment préconise l’élimination ou la privatisation de ces services publics. La privatisation, les PPP, ça vous dit quelque chose ? Dans le cas des PPP ce n’est pas trois "P" qu’il faudrait utiliser mais bien quatre, les PPPP : Profits Privés, Pertes, Publiques. C’est toujours comme ça, ça n’a pas changé.

    Et pendant ce temps, le système nous laisse croire à notre liberté en laissant des pions sans réelle puissance faire semblant de régler des problèmes tout se remplissant les poches en passant. À la limite, les citoyens, si ils se tenaient, ils auraient la véritable puissance mais, au Québec, cette cohésion est illusoire. C’est du chacun pour soi. Pour améliorer les choses, certaines fortes têtes utilisent l’insulte pour faire passer leurs idées et souvent induire les gens dans l’erreur. Suicidaire !

    Ivan Parent

  • Michel Bélisle alias Didier, 15 décembre 2013 11h31

    "Imaginez une situation comparable aux États-Unis ! On se doute bien qu’une telle ingérence dans les affaires intérieures des États-Unis serait vite réglée soit par des emprisonnements, soit par des expulsions."

    Vous avez raison M. Verrier,

    Aux States et même ici au Canada et au Québec, les manifestants se feraient autrement tabassés d’aplomb par la police qu’en Ukraine.

    Je retiens aussi ceci de votre texte :

    "Le PQ n’est pas le parti de l’oligarchie. Il est encore moins le parti « élu » du Canada. Comme parti de pouvoir, le PQ cherche néanmoins à garder son rang, c’est-à-dire de continuer d’être toléré par l’oligarchie et, au mieux, de s’en faire accepter à la marge"

    Ce que vous dites, c’est que le pouvoir n’est pas vraiment aux mains de nos représentants élus. C’est pour cette même raison que je considère que les élections, telles qu’on les connaît, ne font que reproduire indéfiniment le statu quo social, politique et économique.

    C’est ce qui explique probablement pourquoi le PQ met la souveraineté en sourdine, le véritable pouvoir s’y opposant.

    Un autre point que vous soulignez :

    "C’est ainsi que pour exister là où il est, il doit multiplier les signes d’allégeance au système oligarchique. Exemple, la réduction des quotas d’immigration de 55 000 à 50 000, une façon de reconduire une politique d’immigration qui va à l’encontre de nos intérêts et qui devrait être révisée de fond en comble."

    Et très subtilement, le Système fait toujours passer le multiculturalisme comme un projet de gauche, alors que les plus grands partisans du multiculturalisme se retrouvent chez le patronat et dans les Chambres de commerce. Une façon de diluer les identités nationales, culturelles et ethniques à l’intérieur des pays pour arriver "enfin" au citoyen n’ayant d’autre identité que celle de producteur-consommateur devant répondre aux besoins du marché pour sa survie.

    On peut voir le poids incroyable qu’ont le patronat et les Chambres de commerce sur les politiques des gouvernements.

    Ensuite, vous dites ceci :

    "Comme plusieurs autres, je suis d’avis qu’à l’époque actuelle du mondialisme politique anti-nation qui a fait naître de nouvelles menaces et de nouvelles contraintes, il sera absolument impossible de reconstruire une institution politique souverainiste ou indépendantiste de remplacement à vocation électorale de l’envergure et du potentiel du Parti Québécois."

    Vous avez raison. Et c’est probablement la raison pourquoi madame Marois peut tergiverser autant qu’elle le veut, sachant qu’il est impossible à notre époque d’avoir un autre mouvement souverainiste de l’envergure du PQ.

    Et même que dans une autre génération, avec l’immigration qui va continuer (et évidemment, avec les immigrants qui ont un plus haute natalité que les Québécois de souche), la souveraineté sera devenue chose impossible.

  • Marcel Haché, 15 décembre 2013 11h30

    « Décortiquer la rhétorique de l’adversaire d’une manière plus franche et plus approfondie que ne peut le faire le Parti québécois et alimenter et renforcer la presse souverainiste. » Gilles Verrier.

    Un grand pas sera fait lorsque les indépendantistes consentiront, même si cela n’est pas facile, oh que non… que le P.Q. ne peut pas afficher et ne le pourra sans doute jamais, afficher le même « coupant » que ceux de Vigile ou d’O.N. Mais au-delà de l’action et de l’inaction, quelle importance si la fidélité reste vivante, les serments les mieux tenus n’ayant jamais eu besoin d’être prononcés…

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