«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

« Le Parti québécois n’est pas sorti de l’auberge »

L’inaccessible convergence ?

À 18 mois de la prochaine élection, le temps court pour le Parti québécois. Depuis la démission de Pierre Karl Péladeau, en mai 2016, le PQ est passé de 30 % à 25 % des intentions de vote.

Sur sa droite, la CAQ continue de lui ravir une part importante du vote nationaliste. Sur sa gauche, chez Québec solidaire, à quelques jours de son congrès et ragaillardi par l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois, l’idée d’une alliance électorale ponctuelle avec le PQ divise les troupes.

Au PQ, elle divise aussi le caucus. Les amours entre les deux formations sont difficiles et les préliminaires tendus s’éternisent. Face au « monopole » libéral, une autre idée circule. Celle de déloger les libéraux en négociant une triple allian­ce PQ-QS-CAQ ou, encore, une convergence PQ-CAQ. Le tout reposant sur une promesse commune de modifier le mode de scrutin.

L’idée a le fâcheux défaut d’oublier un détail essentiel, soit que l’ultime motivation de la CAQ est de remplacer le PQ comme option au PLQ et non de lui lancer une possible bouée de sauvetage.

Repères

En attendant le choix des militants de QS sur une convergence même minimale avec le PQ, la patience des péquistes s’effrite. Pour le moment, leur seule certitude est que, sous Jean-François Lisée, l’engagement­­ à tenir un référendum sera évacué de la prochaine campagne.

Or, miser seulement sur le thème du « bon gouvernement » est une arme à double tranchant. Les libéraux­­ seront certes privés de leur « épouvantail » habituel, mais le résultat sera d’opposer le PQ et la CAQ comme seule solution de rechange au gouvernement Couillard. Le risque étant de continuer à diviser le vote francophone au profit des libé­raux.

Bref, le Parti québécois n’est pas sorti de l’auberge. Privé de sa raison d’être originelle, il cherche ses repères. Coincé dans l’opposition depuis 2003, sauf pour le bref gouvernement Marois, on le sent aussi miné par l’instabilité provoquée par l’enfilade étonnante de six chefs depuis le départ de Jacques Parizeau.

Miracles

Face au PLQ, une forme d’alliance PQ-QS sans fusion reste pourtant l’option la plus prometteuse. Si elle s’avère impossible, les péquistes devront espérer une campagne imprévisible au point de leur permettre de doubler la CAQ à l’élection du 1er octobre 2018. Se contenter de miracles est toutefois un pari hasardeux.

La division tenace du vote francophone fait aussi que le principe connu selon lequel les gouvernements finissent par se défaire eux-mêmes ne tient plus la route au Québec. Dans ce contexte, une première option pour le PQ est de se coller le nez sur les sondages. Malheureusement, les programmes politiques en forme de courtepointes clientélistes sont très à la mode.

Aux antipodes, une deuxième option est de se renouveler sans renier ses principes fondateurs : souveraineté, langue française, ouverture sur le monde et social-démocratie. Mais encore­­ faut-il s’en souvenir. Encore faut-il y croire malgré des vents contraires.


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