«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le Far-West au Québec ! Sergio Leone se frotterait les mains

Il était une fois en Abitibi

L’évasion d’Orsainville : C’est une affaire d’État !

La quadrature du cercle

Chronique de Richard Le Hir
jeudi 19 juin 2014
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Avez-vous remarqué comment on cherche à fixer notre attention sur les détails de l’évasion d’Orsainville alors que personne ne parle de l’élément le plus important, soit le maintien des trois évadés dans le même centre de détention même APRÈS que les autorités carcérales et le juge Dionne aient été mis au courant de leur projet d’évasion ? On aurait voulu leur faciliter la tâche qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Et en général, quand « tout se passe comme si… », c’est qu’il y a de fortes chances que les choses se soient effectivement passées comme ça.

Pendant que tous les yeux sont braqués sur Québec, les « vraies affaires » se passent ailleurs, en l’occurrence en Abitibi d’où sont originaires les trois évadés.

Étrange contrée que l’Abitibi. Je l’ai découverte pour ma part il y a exactement trente ans, en mai 1984, dans des circonstances que je n’oublierai jamais, et vous allez vite comprendre pourquoi.

J’étais alors vice-président aux communications du « Groupe La Laurentienne » et de « La Laurentienne, mutuelle d’assurances », et j’étais basé à Québec. Nos bureaux étaient situés sur la Grande-Allée, à deux pas de l’Assemblée Nationale. Au niveau du Groupe, je relevais de Claude Castonguay, l’ancien ministre de la Santé et père de notre régime d’assurance-maladie, devenu président deux ans plus tôt.

Dans le cadre de notre plan pour hausser le profil et la notoriété du Groupe La Laurentienne au soutien de ses ambitions, j’avais suggéré à Claude Castonguay de miser sur l’implantation de l’entreprise en région pour générer des retombées de presse favorables en tenant les réunions du conseil d’administration alternativement dans les différents grands centres régionaux du Québec, et en organisant un coquetel de presse à l’issue des réunions auquel étaient également conviés les édiles locaux. Cette formule avait connu un franc succès, tout le monde y trouvait son compte.

Bien entendu, elle avait rapidement rallié le soutien enthousiaste des membres du conseil d’administration originaires des régions qui y voyaient l’occasion d’accroître leur rayonnement personnel, et lorsque vint le tour de l’Abitibi, Jean Perron*, alors dirigeant de Normick-Perron, un fleuron local de l’industrie forestière, nous avait promis un accueil aussi spectaculaire que chaleureux à La Sarre. Il allait tenir promesse.

Mon rôle dans l’organisation de l’événement m’avait valu de faire le voyage en compagnie des dirigeants du Groupe et des membres du conseil jusqu’à La Sarre dans le jet privé nolisé pour l’occasion. Nous étions au début du mois de mai, et la météo était au rendez-vous. Le printemps avait été particulière précoce et il faisait 28C, du jamais vu à pareille date alors.

Après la réunion et la réception, le frère aîné de Jean Perron, Michel, nous invita, M. Castonguay et moi, à passer la nuit à sa maison des Îles Mouk-Mouk comme il l’appelait, quelque part au fond des bois sur un lac qui lui appartenait au nord de La Sarre. Pour le retour à Québec, pas de problème, il nous reconduirait à Rouyn en hélicoptère le lendemain (le 8 mai), et nous pourrions prendre un vol régulier pour Québec. C’est ainsi que je découvris que l’hélicoptère faisait partie intégrante du mode de vie en Abitibi.

Après une soirée à bavarder du développement de l’Abitibi, une nuit des plus confortables, et un vrai petit-déjeûner de bûcheron, nous partîmes en hélicoptère, Michel Perron aux commandes. Il se plaisait à nous faire admirer les paysages de la région lorsqu’il tendit soudain son casque d’écoute à Claude Castonguay en lui faisant un signe énergique de se le passer sur la tête.

Assis sur la banquette arrière, je me rappelle avoir vu les épaules de ce dernier s’affaisser lorsqu’il parvint à saisir le sens des informations qu’il entendait. Quelques minutes plus tard, il se tourna vers moi en me tendant l’écouteur. Le bruit du rotor dans la cabine rendait toute conversation impossible, mais à l’expression de son visage, je compris que c’était très grave.

Le casque bien rivé sur la tête, je parvins à comprendre à mon tour ce qui les avait tant bouleversés. Le poste de radio que l’hélicoptère syntonisait transmettait les détails de la fusillade alors en cours à l’Assemblée nationale. L’ancien député et ministre qu’était M. Castonguay « prenait ça personnel ».

Je suis retourné en Abitibi plusieurs fois par la suite pour des raisons professionnelles, fort heureusement dans des circonstances moins dramatiques, et j’ai vu la région se développer progressivement au fil des années, au gré des cycles d’exploitation des richesses naturelles. Sur place, on comprend bien toute la pression que peut exercer l’alternance des phases d’expansion et de contraction sur le tissu économique et social, et comment elle peut favoriser l’apparition d’activités au mieux marginales et, au pire, criminelles.

Rajoutez à cela un territoire immense, une faible concentration de population et des mouvements migratoires importants en fonction des besoins de main-d’œuvre, le côtoiement étroit et continuel du licite et de l’illicite, et vous comprenez comment l’Abitibi a pu devenir un terreau fertile pour le développement des activités criminelles des trois évadés d’Orsainville qui exploitaient par ailleurs commerces et entreprises en apparence tout ce qui a de plus légitimes comme Pavage Val d’Or, ce qui les mettait en contact, et en relation, avec les pouvoirs politiques locaux.

Les trois évadés d’Orsainville avaient été arrêtés dans le cadre de « l’Opération Écrevisse » pour meurtre et trafic de stupéfiants. Initialement, le procès pour meurtre devait se dérouler à Montréal, et il apparaissait donc vraisemblable qu’ils y seraient également jugés pour le second chef. Mais TVA nous apprenait le 17 février dernier que le juge Richard Grenier de la Cour supérieure de Québec avait fait droit à une requête frappée d’une ordonnance de non-publication pour que le procès pour trafic de stupéfiants ait lieu à Québec.

Il faut donc comprendre que les termes de cette requête peuvent avoir eu une incidence importante sur le cours des événements subséquents. En quoi les fins de la justice ou de l’administration de la justice, ce qui n’est pas la même chose, se trouvaient-elles mieux servies par la tenue du second procès à Québec ? La tenue des deux procès à Montréal aurait justifié le transfert des évadés dans cette ville où leur plan d’évasion n’aurait pas eu les mêmes chances de succès. Encore un élément qui s’est trouvé à favoriser leur évasion.

N’oublions pas non plus que l’Opération Écrevisse a permis d’identifier deux juges qu’on soupçonnait d’avoir frayé avec les milieux criminels pour satisfaire les besoins de leur consommation personnelle de cocaïne. L’un d’entre eux, de la Cour du Québec, a rapidement été mis hors de cause, mais le second, le juge Michel Girouard de la Cour supérieure de Rouyn, devra faire l’objet d’une enquête publique à la suite d’un comité d’examen composé de trois juges dont deux juges en chef. Comme le rapportait TVA le 12 février dernier, « Les membres du comité ont décidé que l’affaire en cause pourrait s’avérer suffisamment grave pour justifier la révocation du juge. »

Pour la magistrature, la gravité de la consommation de cocaïne par un juge se trouve multipliée par le risque que sa dépendance puisse devenir pour ses fournisseurs un moyen d’exercer sur lui du chantage pour l’amener à rendre des décisions favorables à leurs « amis ». On voit ainsi comment un geste perçu comme banal par plusieurs peut se trouver à compromettre toute la chaîne de la justice, la crédibilité du pouvoir judiciaire, et son autorité morale.

D’autres opérations policières importantes ont eu lieu au cours des dernières années qui sont riches d’enseignements sur la situation qui prévaut en Abitibi. Ainsi, dans le cadre de « l’Opération Cyprès », la GRC était parvenue, en 2003, grâce à un agent infiltré dans les milieux criminels et mafieux, à mettre le grappin sur un trio dangereux constitué de Serge Blais, Denis Lajeunesse et Michel DeLuca qui faisaient des affaires avec les grands trafiquants colombiens. Ils préférer plaider coupable dès la fin de leur enquête préliminaire pour minimiser les dégâts dans la preuve contre eux était dévastatrice.

Ce trio faisait également affaires avec la mafia italienne de Montréal. Dans le milieu, certains prêtent même à Serge Blais une expertise particulière dans le blanchiment d’argent.

Or ce dernier est un natif de Rouyn dont le frère, Yvan Blais, est à la tête d’une importante entreprise en Abitibi, Technosub, spécialisée dans la fabrication de pompes sur mesure destinées à l’industrie minière, et depuis peu, aussi pétrolière. L’entreprise est maintenant implantée partout au Canada, comme en fait foi le site de l’entreprise. On y apprend également que l’entreprise sera présente en septembre prochain au « Oil Sand Trade Show and Conference », qui se tiendra à Fort McMurray en Alberta, au cœur de l’exploitation des sables bitumineux.

Cette entreprise compte parmi ses principaux actionnaires, outre Yvan Blais, le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (F.T.Q.), et le Fonds régional de solidarité Abitibi-Témiscamingue, société en commandite. Parmi ses administrateurs, retenons le nom de Marcel Boutin, président de Hélico Store Inc. Siègent également au conseil quelques autres représentants du Fonds de solidarité.

Sur Linkedin , vous découvrirez que Marcel Boutin a été vice-président Valorisation du portefeuille à la SGF en 2003 et 2004, et par la suite conseiller à la haute direction du Fonds de solidarité de la FTQ, de 2004 à 2009.

Mais le plus intéressant pour les fins du présent article, c’est son entreprise Hélico Store Inc. Sur le site, la première chose qui vous saute au visage c’est sa spécialisation dans les hélicoptères Robinson, comme celui qui a servi à l’évasion d’Orsainville, et dont elle est le distributeur exclusif au Québec selon la page de Marcel Boutin sur le site Linkedin. Quel « hasard », tout de même !

Si vous êtes en train de vous dire qu’Hélico Store a du recevoir quelques visites de la SQ depuis l’évasion, vous n’êtes sans doute pas dans l’erreur.

Et si vous faites un rapprochement entre les informations contenues dans le présent article et ce que vous avez entendu à la Commission Charbonneau sur les liens de la FTQ et du Fonds de solidarité de la FTQ avec certaines personnes du milieu de la construction réputées pour leurs rapports avec le crime organisé, la mafia et le PLQ, vous vous dites sûrement qu’il y a là des pistes à explorer.

Rajoutez là-dessus la diffusion par la Commission Charbonneau de l’enregistrement de la conversation téléphonique entre l’ancien premier ministre Jean Charest et l’ancien président de la FTQ Michel Arsenault dans un geste d’une gravité sans précédent, sans parler de l’affaire Brandone, et vous comprenez que nous sommes en face d’une véritable affaire d’État dont nous sommes loin de comprendre encore tous les tenants et aboutissants.

Et puis, petite cerise sur le gâteau, serez-vous bien surpris si je vous dis que l’entreprise Technosub sera une importante bénéficiaire de la relance du Plan Nord, tout juste annoncée par le gouvernement Couillard ? Et, cerise par-dessus cerise, si je vous dis qu’une autre importante bénéficiaire de cette relance sera Imerys, une filiale de l’Empire Desmarais spécialisée dans l’extraction et la transformation de minéraux industriels qu’on trouve en abondance dans le sous-sol du nord Québécois ?

Il faut aussi lire cette petite note qu’on trouve sous Imerys dans Wikipédia :

« Imerys a annoncé en 2013 vouloir - via une filiale ad hoc nommée PyraMax Ceramics LLC - se lancer dans la fabrication de « proppants » synthétiques (céramiques) destinés à remplacer le sable dans les fluides de fracturation utilisé pour la fracturation hydraulique permettant l’exploitation de certaines ressources en énergies fossiles dites « non conventionnelles » (pétrole non conventionnel et gaz profonds, gaz de schiste). Ces produits devraient être fabriqués dans une usine en construction (en 2013) à Wrens (en Géorgie aux États-Unis) pour produire du gaz de schiste américain. L’entreprise qui dispose de plusieurs brevets annonce une capacité de 225 000 t/an via deux lignes de production qui devraient être prêtes à produire en 2014. »

Une affaire d’État, vous dis-je !

* En effectuant les recherches pour ce texte, j’ai découvert que Jean Perron venait tout juste de décéder, il y a à peine trois semaines. Quelle coïncidence !

Pour suivre la progression de ce dossier dans Vigile, veuilles consulter mes deux chroniques précédentes si ce n’est déjà fait :
Le gouvernement Couillard dans l’eau bouillante
Ça ressemble de plus en plus à une affaire d’État

Commentaires

  • Robert Lagueux, 7 juillet 2014 11h08

    UNE AFFAIRE D,ETAT...EN EFFET. Il existe un problème particulier à la Cour Supérieure de ...CORRUPTION. Lors d’un procès que j’ai intenté à la Financière Banque Nationale vers l’an 2000,le juge GAÉTAN PELLETIER avait aidé les procureurs de celle-ci à déposer un fichier-client falsifié. Lequel ne portait pas ma signature.

    J’ai appris récemment qu’il y avait eu une fraude sur la CONFORMITÉ. l’avocat Guy Roby avait fait retenir un montant de 125000 sur mon compte personnel afin que je retire la poursuite judiciaire que j,avais intentée contre la FBN. Guy Roby est maintenant premier vice-président CONFORMITÉ et VÉRIFICATION INTERNE à la Financière Banque Nationale.

    LES CONTENTIEUX DE LA BN ET DE LA FBN SOT IMPLIQUÉS DANS DES RELATIONS ILLICITES AFIN D’INFLUENCER LE COURS DE CERTAINS PROCÈS

  • 1er juillet 2014 18h55

    Depuis le 7 avril 2014, j’ai décidé de ne plus parler de politique. J’ai même promis de tenter de me mettre au travail pour devenir un bon Canadien. Ça fait que en ce premier juillet, j’ai décidé de me cuire des cheeseburgers sur BBQ, en buvant de la Coors Light et en écoutant CHOM FM. Malheureusement, entre une chanson des Queen et des Led Zeppelin, un invité m’a dit : faits attention à la listériose. Mon problème est que j’ai compris : faits attention à Lise Thériault. J’ai respiré par le nez pour tenter de rester canadien et ne pas parler de politique, comme j’avais promis. J’ai plutôt éclaté, mis la radio à CIBL et chialé après le PLQ et Lise Thériault. Cette blondinette m’a sérieusement interpellé lors de sa visite de Londres en mars 2012 dans l’intention de rencontrer des groupes spécialisé dans la lutte contre la corruption dont le Transparency International qui se retrouverait sous le chapeau du Center for International Private Entreprise (CIPE) géré par la Chambre de commerce des États Unis. Un groupe qui serait, selon Therry Meyssan, une couverture pour les activités d’intelligence économique de la CIA et un outil de communication pour contraindre des États à modifier leurs législations dans le sens de l’ouverture de leurs marchés. Le CIPE se focaliserait en plus sur la diffusion de l’idéologie capitaliste libérale et la lutte contre la corruption.

    Je ne sais pour les évadés, la mafia et le PLQ. Je sais seulement que le problème débute ou la Commission Charbonneau perd sa juridication : l’intertenational (des liens avec un réseau économique qui serait sous l’oeil de la CIA travaillant main dans la main avec des corporations pour le contrôle des ressources naturelles, de l’énergie, de l’eau... afin de préserver l’hégémonie de l’oncle Sam.

    Cela dit, il y a quelques minutes j’ai du abandonner des recherches sur la Toile (impossible d’accéder à l’information) autour d’un ministre de la Justice québécois dont une rumeur en ferait un serviteur de la CIA en 1966 (est-ce avant ou après les élections du 12 juin 1996). Un dossier qui laisse croire que la SQ de l’époque aurait collaborée avec l’agence de renseignement.

    Ou en somme-nous en 2014 ?

    Votre dossier mérite un traitement de faveur.

    Encore merci.

  • Lise Pelletier, 22 juin 2014 15h22

    Bonjour M. Le Hir,

    Que pensez-vous de la dernière alors que les 3 évadés ont été repris., tous au même luxueux condo situé au 10e étage dans le Plateau.

    De là à se demander comment ils ont pu devenir de si grands criminels avec si peu de jugeote.

    Mais le plus drôle c’était d’entendre aujourd’hui à LCN par une commentatrice qui a parlé au propriétaire qui dit ne pas les connaître et que selon lui, ils étaient locataires depuis 3 semaines.
    Comme leur départ planifié et orchestré date du 7 juin, si je sais compter ça donne 2 semaines. Une vraie comédie burlesque.

    J’ai l’impression que leur retour a été aussi bien planifié que leur départ afin de redorer l’image ternie d’une ministre Thériault qui en a bien besoin. Mais à l’écouter parler, c’est peine perdue, elle est si nulle.

    Couillard a bien appris sous Charest à se servir des femmes comme paravent pour s’occuper des vraies affaires avec tous ses complices en arrière-scène.
    Telle que celle-ci, la ministre nous annonçant à la veille du week-end qu’elle compte procéder par décret pour la nomination du directeur de la SQ, elle est là la vraie raison de cette fausse évasion pour discréditer M. Laprise. Attendons le rapport du juge Bouchard, je mets un petit 2$ là-dessus.

    C’est tellement gros comme manœuvre que s’en est risible.

    La pieuvre de l’argent et du pouvoir est gigantesque et elle ne sera satisfaite que le jour où elle aura tout pris.

  • Jean Lespérance, 20 juin 2014 10h28

    L’énigme est à moitié résolue. Pourquoi ? Si Lise Thériault dit que quelqu’un lui a menti concernant cette évasion, qui d’autre que le directeur de la prison lui a menti ?
    Et quel est le mensonge ? Le directeur lui a menti en disant qu’il avait reçu l’ordre ou l’autorisation du juge Louis Dionne de les mettre en sécurité minimum, ce que le juge Louis Dionne dément. Et si les deux, (le directeur de la prison et Dionne) savaient qu’une évasion se préparait et qu’ils l’ont facilitée, les deux sont coupables et complices. Il n’y a aucune autre explication possible. En de telles circonstances, les deux devraient être accusés mais qui va porter des accusations si le Premier Ministre n’intervient pas ? Si la SQ et la GRC ont reçu l’ordre de ne pas s’en mêler, c’est que les intérêts supérieurs de la nation l’exigent. Et si l’appareil d’état ( le système judiciaire et correctionnel) est en péril, c’est parce que les 3 comparses font chanter le système judiciaire et correctionnel. À moins qu’on fasse chanter le Premier ministre lui-même et que celui-ci ait donné l’ordre à tout le monde de ne rien faire, ce qui est une hypothèse peu probable. Donc si celui-ci n’agit pas tout en ayant le pouvoir d’agir, c’est que de toute évidence, il en a reçu l’ordre. Et qui donc est en mesure d’avoir une telle influence sur le parti, sinon celui qui détient les cordons de la bourse du parti. Et de qui s’agit-il sinon de l’homme le plus riche de la province ? Conclusion : je somme le Premier Ministre de s’expliquer.

  • Jean Lespérance, 20 juin 2014 00h00

    Affaire d’État, pourquoi ? Parce que derrière cette évasion, l’État par l’entremise du pouvoir judiciaire au plus haut niveau semble être impliqué et y avoir participé en fermant les yeux. Si le politique ment par l’entremise de Lise Thériault et ne fait pas enquête sur une possible collusion entre le service correctionnel et le pouvoir judiciaire, c’est qu’il y a une collusion entre les trois et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a un consentement tacite de la part de la ministre Thériault.
    Savoir qu’un complot d’évasion existe et ne rien faire pour renforcer la sécurité de multiples façons et assurer la présence des accusés au procès est un acte de grossière négligence dans l’exercice de sa profession.
    Dans une province comme la nôtre, peu de personnes sont assez fortes et assez puissantes pour paralyser l’État.

    Il n’y a en définitive que deux probabilités ou deux forces capables de paralyser un gouvernement, ces deux forces sont le pouvoir de l’argent sur l’État et le pouvoir du chantage sur l’appareil judiciaire.

    Dans une république de bananes, c’est un cas classique, il n’y a rien de surprenant compte tenu du très haut degré de corruption.

  • Luc Ménard, 19 juin 2014 16h35

    Effectivement, il y a une suite de faits troublants dans votre enquête.
    Je me dois toutefois de dire que vous en etes encore à l’hypothese d’un affaire d’état.
    Vous le dites vous même et je vous cites

    « Vous comprenez que nous sommes en face d’une véritable affaire d’État dont nous sommes loin de comprendre encore tous les tenants et aboutissants. »

    Il manque trop de faits, de détails et de liens factuels prouvables pour en conclure immédiatement à l’affaire d’état
    Des questions fondamentales restent en suspend :
    1- Pourquoi l’évasion ?
    2- Quelle est l’évidence du lien des Desmarais avec l’évasion ?
    3- Pourquoi à ce moment ?
    4- Quels sont les liens prouvables entre eux et le PLQ ?
    5- Entre eux, Philippe Couillard et/ou l’establishment du PLQ ?
    6- En quoi, cette évasion mets en danger la stabilité de l’état ???

    je pourrais ajouter d’autres questions mais où je veux en venir c’est qu’il est trop tot ( pas que j’aimerais pas ca qu’il y ait une confirmation de cela) pour conclure à la Grosse affaire d’état....
    Vous le dites aussi dans le fond...le film n’est pas fini...prudence....

  • Mario Goyette, 19 juin 2014 16h34

    Chronique d’une évasion annoncée.
    A qui profite cette évasion, voilà la question ?
    Ne comptez surtout pas sur Radio-Canada et Gesca La Presse pour nous aiguiller sur ce méga scandale, on préfère nous inonder de détails anodins alors que les plus hautes sphères politiques sont sous la loupe.

    L’évasion d’Orsainville : C’est une affaire d’État !
    "Nous sommes en face d’une véritable affaire d’État dont nous sommes loin de comprendre encore tous les tenants et aboutissants."
    TVA nous apprenait le 17 février dernier que le juge Richard Grenier de la Cour supérieure de Québec avait fait droit à une requête frappée d’une ordonnance de non-publication pour que le procès pour trafic de stupéfiants ait lieu à Québec.

    L’évasion de Québec aurait pu être évitée, selon un ex-directeur de prison

    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2014/06/19/003-arthur-fauteux-ancien-directeur-prison-evasion-quebec.shtml

  • P. Lépine, 19 juin 2014 15h35

    Vous m’avez fait voir des scènes de ce film "Il était une fois dans l’Ouest" que je n’avais pas vu, ou dont je n’avais pas souvenir.

    Merci Monsieur LE HIR pour ce très édifiant article, et de m’avoir permis de revoir cet excellent film !

    Un article à conserver !

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