«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

LIbre-échange Canada/États-Unis

L’erreur stratégique impardonnable de notre élite économique québécoise

Le Canada est devenu une colonie américaine

Tribune libre de Vigile
mardi 27 juin
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L’Empire américain a mis le grappin sur le Canada et sur le Québec avec le traité de libre-échange Canada-U.S.A.

La classe politique québécoise, notamment les nationalistes québécois du Parti Québécois(1), ont fait l’erreur stratégique la plus grave de toute l’histoire de la nation québécoise, en permettant l’adoption du traité de libre-échange Canada-USA.

Sans le Parti Québécois, ce traité infâme n’aurait jamais pu être adopté, le PQ a livré sur un plateau d’argent la souveraineté économique du Canada et du Québec à l’empire américain. Le traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis a été ratifié le 2 janvier 1988. Il a brisé l’axe économique Est-Ouest canadien, pour le substituer à l’axe Nord-Sud états-unien(2).

Abandonnant ainsi la souveraineté économique du Canada et du Québec face aux américains, cet infâme traité a ouvert toute grande la porte pour transformer le Canada en une colonie américaine.

L’élite politique du Québec de l’époque est coupable d’une erreur stratégique impardonnable envers la nation québécoise. La nouvelle classe politique québécoise, aujourd’hui, continue de défendre bec et ongles, le traité de libre-échange Canada-USA-Mexique, et le nouveau traité de libre-échange Canada-Union Européenne. Un vote clownesque et inutile a eu lieu à L’Assemblée Nationale du Québec, mercredi le 14 juin 2017, la ratification du traité de libre-échange Canada-Union Européenne.

Le traité entrerait en vigueur au Québec même sans la ratification de l’Assemblée Nationale du Québec, la nation québécoise ne détenant aucune souveraineté. Les 24 députés du Parti Québécois ont brillé par leur abstention lors du vote pour sa ratification par l’Assemblée Nationale du Québec. Les trois députés de Québec Solidaire et les deux députés indépendants Gaétan Lelièvre et Martine Ouellet ont voté contre. (3) Le traité de libre-échange Canada-Union Européenne avait déjà obtenu la sanction royale au Canada le 16 mai 2017.

L’article 7 du projet de loi No 99, adopté à l’Assemblée Nationale du Québec le 30 mai 2000(4), ne permettra en aucune façon à la dite assemblée de rejeter des clauses de l’entente de libre-échange Canada-Union Européenne concernant les domaines de compétence provinciale. L’Assemblée Nationale est soumise aux traités internationaux adoptés pour l’État fédéral, même sans son accord. Aussi lontemps que le Québec ne sera pas indépendant, il n’aura que seul choix de se soumettre aux diktats de l’État fédéral.

Voici l’article en question :

« 7. L’État du Québec est libre de consentir à être lié par tout traité, convention
ou entente internationale qui touche à sa compétence constitutionnelle.
Dans ses domaines de compétence, aucun traité, convention ou entente ne
peut l’engager à moins qu’il n’ait formellement signifié son consentement à
être lié par la voix de l’Assemblée nationale ou du gouvernement selon les
dispositions de la loi.

Il peut également, dans ses domaines de compétence, établir et poursuivre
des relations avec des États étrangers et des organisations internationales et
assurer sa représentation à l’extérieur du Québec. »

Le résultat de cette erreur impardonnable ? La nation québécoise, en plus de devoir faire son indépendance du reste du Canada, doit maintenant aussi la faire face à l’empire américain.

Gaétan Bouchard, Montréal le 26 juin 2017

(1) Voici un extrait d’un article de l’Aut’journal :

« Dans son exposé, M. Parizeau souligne avec fierté le rôle décisif joué par le Parti québécois – c’est-à-dire par Bernard Landry et lui-même – dans le processus qui a mené à la conclusion de la nouvelle génération d’accords négociés et signés sous l’égide des États-Unis. Cet appui sans faille a permis la réélection de Brian Mulroney en novembre 1988, et la nécessaire ratification par le Parlement fédéral, dès décembre, de l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis (ALE) signé furtivement quelques mois auparavant. M. Parizeau aime à rappeler que « sans cet appui sans faille » du Québec, l’accord n’aurait jamais pu être ratifié et qu’il n’y aurait jamais eu d’ALE ni par la suite d’ALENA »


http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=100&noj=208

(2)

« Nous avons construit ce pays de l’est à l’ouest et vers le nord, nous l’avons bâti sur une infrastructure qui a résisté de façon délibérée à la pression continentale des États-Unis, pendant 120 ans nous l’avons fait. Avec une seul signature, vous avez renversé les choses, vous nous avez coincé dans l’influence nord-sud des États-Unis ; et ceci nous réduira, j’en suis sûr, à une colonie des États-Unis, parce que lorsque les leviers économiques disparaissent, l’indépendance politique disparaît également. »

John Turner, ancien Premier ministre libéral du Canada, s’adressant à Brian Mulroney, ancien Premier ministre conservateur du Canada, qui a signé le traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis, qui fût ratifié le 2 janvier 1988.
Histoire du Canada dans le nouvel ordre mondial de 1867 à 1993 par Éric Granger : https://youtu.be/Qn3ijjksiXc

(3) http://quebec.huffingtonpost.ca/2017/06/14/assemblee-nationale-ratifie-accord-avec-europe-pq-sabstient-_n_17101270.html

(4) http://bit.ly/projetLoi99

Commentaires

  • Danielle Gagnon, 30 juin 09h24

    La dépendance économique du Québec aux USA n’est qu’une couche de colonialisme parmi toutes les autres. Les Québécois sont des colons par :

    - La Loi sur l’Assemblée nationale http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/A-23.1
    1. Établit la séparation des pouvoirs entre les doigts d’une même et seule main.
    2. Garantit l’immunité parlementaire et prévoit assumer les frais de justice si l’immunité venait à faillir.
    3. Promet aux députés et à leurs descendants des rentes héréditaires indexées annuellement de 3%. http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/Sh...
    4. S’adapte au goût du jour par la possibilité que les élus ont d’écrire et de voter les lois qui s’appliquent à eux et à leurs mandats comme fondement légitime de la corruption et du détournement.

    - Par la Loi 99
    CONSIDÉRANT que le peuple québécois, majoritairement de langue française, possède des caractéristiques propres et témoigne d’une continuité historique enracinée dans son territoire sur lequel il exerce ses droits par l’entremise d’un État national moderne (Une monarchie constitutionnelle moderne ?) doté d’un gouvernement, d’une assemblée nationale et de tribunaux indépendants et impartiaux ; (La séparation des pouvoirs n’existe pas dans le système politique du Québec : nomination partisane, immunité parlementaire, gouvernance de lobbys, confusion et copinage entre le législatif et l’exécutif, entre l’exécutif et le judiciaire. Impunité du gouvernement qui ne fait pas respecter ses Loi et Normes. Comme aucune législation ne s’oppose à ce qui est en vigueur dans l’État québécois, l’énoncé donc repose donc sur l’existant.) http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/E-20.2

    -  La constitution canadienne
    La Constitution du Canada de 1867 a été pensée par 36 représentants de la reine d’Angleterre et des provinces canadiennes dont 6 représentants du Québec (2 anglophones, 3 SIR francophones et un Français sans titre britannique), alors le Québec comptait le tiers de la population canadienne, il n’obtient que sixième de la représentation dont 1 francophone n’ayant pas de titre britannique.
    http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/cnd-peres-confederation.htm

    - Le Québec une colonie internationale de l’industrie de l’extraction qui autorise l’évasion fiscale.
    http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/M-13.1

    En quoi l’indépendance de l’État du Québec sortirait le peuple de son statut de colon ? La Loi 99 fonde sa légitimité sur la participation aux élections générales alors que le peuple n’a jamais confié aucun pouvoir à l’État du Québec. La Loi électorale place les parlementaires en conflits d’intérêt. À aucun moment le peuple ne s’est prononcé sur la Loi de l’Assemblée nationale qui permet l’usurpation et la prédation des richesses naturelles.

    Pour sortir de son état de colon, le peuple québécois doit affirmer sa souveraineté sur son territoire et son État avant d’en confier la gestion à n’importe quel gouvernement. Il se trouve dans le Québec mourant qu’une certaine élite intellectuelle et professionnelle s’unit autour de l’indépendance de l’État. Cette même élite refuse de reconnaître la souveraineté du peuple en déniant l’urgence que le peuple se dote d’une constitution reflétant ses aspirations. L’indépendance du Québec n’a de sens que si elle inclut la proclamation de la souveraineté du peuple par la constitution du peuple. Sans l’appui des intellectuels la souveraineté du peuple ne se réalisera pas ! Sans l’appui du peuple, l’indépendance de l’État restera un rêve de demis civilisés. Soumis à une double, triple colonisation, la nation québécoise n’a d’avenir qu’en la réunion de son élite intellectuelle et sa force laborieuse.

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  • Jean-Claude Michaud, 27 juin 19h10

    Je pense que vous avez en partie raison et en partie que vous sous-estimez les bienfaits qu’on eu pour le Québec le libre-échange Canada-USA.

    Si c’est vrai qu’économiquement le Canada et le Québec sont devenus plus dépendant des USA, nous avons aussi prospéré et su sortir notre épingle du jeu. Cependant, les Américains par moment deviennent comme en ce moment protectionniste quand ça fait leurs affaires et dictent les règles et bafouent les ententes.

    Nous pouvons questionner le libre-échange avec les pays comme la Chine qui ne sont pas des démocraties et n’ont pas les mêmes salaires. Tout comme le libre-échange avec l’Europe qui sera contraignant pour nous et plus questionnable avec la distance entre continent.

    Le président Trump veut renégocier et nous avons intérêt à bien négocier et à revoir pour régler certains litiges définitivement cette entente. Dans le cas que nous n’arrivions pas à un accord, il faudra fixer des tarifs douaniers à nouveaux et continuer de commercer avec eux avec cette contrainte. L’Amérique du sud peut aussi être un marché intéressant pour nous latin du nord.

    La fin du libre-échange avec les USA rendrait plus nécessaire une union douanière entre le Québec et le Canada en cas de souveraineté du Québec.

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