«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Et vite, pendant qu’il est encore temps !

IDÉES

L’avenir du français n’est pas garanti… Agissons pour qu’il le soit.

vendredi 27 janvier

Le diagnostic est cruel. D’après Statistique Canada, d’ici moins de 20 ans, la population de langue maternelle française au Québec, évaluée à environ 79 % en 2011, chutera selon toute vraisemblance sous la barre des 70 %.

 

Cela, pendant que l’anglais continuera assurément d’exercer sa puissante force d’attraction auprès des allophones, notamment sur l’île de Montréal où les francophones, y compris de langue d’usage, sont presque déjà passés sous le seuil symbolique de 50 %.

 

Au Canada anglais, le déclin annoncé du français ira en s’accélérant, alors que la proportion de francophones hors Québec passera normalement de 3,8 % en 2011 à… 2,7 % en 2036. Voilà toute une douche froide jetée sur la vision fantasmagorique de la francophonie canadienne que propagent les Jean-Marc Fournier de ce monde !

 

Une obligation de garantie

 

Ces données alarmantes sonnent la fin de la récréation. Qu’attendent donc nos élus pour se remettre au travail ? N’ont-ils pas le devoir absolu de veiller à mettre en oeuvre les mesures structurantes qui garantiront — je dis bien garantiront — aux Québécoises et Québécois qu’au strict minimum, le poids démographique du français, soit environ 80 %, sera encore le même dans un siècle ?

 

Il ne suffit pas d’ergoter sur la beauté de notre langue commune pour assurer son avenir. Il ne suffit pas non plus, hélas, de mener des campagnes de promotion et de sensibilisation. Les demi-mesures, les voeux pieux, les courbettes législatives vis-à-vis du Canada et de ses tribunaux qui, depuis 40 ans, massacrent à la tronçonneuse notre loi 101, tout cela ne nous a jamais menés nulle part !

 

Des objectifs clairs

 

À moins de se résigner à laisser le Québec français se marginaliser et se folkloriser inexorablement, il incombe à nos dirigeants de recourir sans attendre à tous leviers utiles de l’État québécois afin de parachever la reconfiguration institutionnelle entamée par Camille Laurin. Puissent-ils tout d’abord fixer des objectifs clairs en termes quantitatifs, pour le maintien et la progression démographique du français dans tous les domaines de la vie civile, notamment dans le monde du travail et en ce qui a trait à la francisation des nouveaux arrivants. À ma connaissance, tel exercice ne semble jamais avoir été tenté avec sérieux.

 

Ensuite, pour atteindre ces objectifs, une foule de moyens efficaces et légitimes n’attendent qu’à être mis en place : fin définitive du bilinguisme institutionnel ; francisation obligatoire des nouveaux arrivants ; application de la loi 101 au cégep et aux moyennes entreprises ; révision du statut bilingue de certaines institutions publiques qui, dans les faits, ne remplissent plus les critères prévus par la loi ; financement équitable des institutions d’enseignement supérieur françaises et anglaises selon le poids démographique des deux communautés linguistiques ; réinvestissement majeur dans les budgets de l’OQLF, etc.

 

Et puis il y a, certes, le recours à l’indépendance nationale. Au point où nous en sommes, cette issue apparaît sans doute comme la plus porteuse pour la suite de notre monde.

 

Quoi qu’il en soit, l’heure n’est plus à la tergiversation. Il n’y a pas d’excuse pour se défiler de l’obligation de garantie dont nous sommes débiteurs à l’égard des futures générations de francophones.

 

Si, collectivement, nous avons été assez brillants pour construire les plus grands barrages hydroélectriques du monde, pourquoi diable serions-nous incapables de trouver ensemble le moyen d’assurer à long terme la vitalité de notre langue et de notre culture communes ?

> Lire l’article sur Le Devoir


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Langue française — la « dynamique du déclin »

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