«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le livre dans un Québec indépendant

L’autoédition a progressé de 56% au Québec

Les auteurs québécois rejoignent la mouvance mondiale

Tribune libre de Vigile
mardi 12 septembre
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Dans un Québec indépendant, l’autoédition sera-t-elle tout autant ostracisée qu’aujourd’hui par le milieu (officiel) du livre ? Le programme « La Culture à l’école » exclura-t-il encore et toujours les auteurs autoédités ? Le Conseil des Arts et des Lettres du Québec refusera-t-il toute aide aux auteurs autoédités ? Le ministère de la Culture et des Communications reconnaîtra-t-il encore et toujours uniquement les auteurs édités par des éditeurs agréés laissant à eux-mêmes les auteurs autoédités ?

Une chose est certaine, cette discrimination systématique n’empêche pas la progression de l’autoédition qui me fait dire que le Québec rejoint enfin la mouvance mondiale dans ce domaine.

Selon les plus récentes « Statistiques de l’édition au Québec » compilées par Bibliothèque et Archives nationales du Québec, le nombre d’auteurs autoédités a progressé de 56% de 2008 à 2015. Le nombre d’œuvres autoéditées a augmenté de 45% passant de 333 en 2008 à 727 en 2015. Les œuvres autoéditées représentent 9% de l’ensemble des titres de tous les types d’éditeurs, le triple du pourcentage de 2008. Si l’on compare uniquement le nombre de titres des auteurs autoédités sur le nombre de ceux proposés par les éditeurs commerciaux, la part des titres autoédités grimpe à 12%. Au cours de cette période, on dénombre 3 219 auteurs ayant autoédité un total de 4 531 œuvres.

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Ces statistiques confirment la popularité croissante de l’autoédition au Québec. La Fondation littéraire Fleur de Lys, à l’origine de l’analyse des données de la BAnQ, estime qu’il s’agit d’une tendance ferme et non pas d’un simple effet de mode puisque la progression s’inscrit dans la durée.

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Le développement de l’autoédition s’explique en grande partie par celui des nouvelles technologies, notamment des logiciels de correction de textes et de mise en page, des plateformes web spécialisées et de l’impression à la demande.

Autrefois l’auteur devait contracter un à un et en personne chacun des services utiles à l’édition et à l’impression de son livre, à sa distribution et à sa diffusion, ou visiter lui-même chaque librairie pour la vente d’exemplaires. Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent à l’auteur de retenir tous les services nécessaires à l’autoédition de son œuvre dans un seul et même site web. Il peut aussi franchir lui-même chaque étape grâce sur une plateforme web d’autoédition automatisée, le tout dans le confort de son foyer.

L’autoédition fut longtemps associée à l’impression de centaines voire de milliers d’exemplaires dont les boîtes d’invendus encombraient le sous-sol ou remplissaient tout une garde-robes.

L’arrivée de l’impression à la demande à la fin des années 90 a tout changé. Désormais, les technologies numériques d’impression permettent de produire à un coût compétitif jusqu’à un seul exemplaire à la fois suivant la demande de chaque lecteur. Ainsi, chaque exemplaire imprimé est un exemplaire déjà vendu ; fini les invendus. Les micro-tirages de 10, 20, 30… exemplaires s’avèrent très utiles à l’auteur autoédité et même à l’éditeur traditionnel.

« L’autoédition dépasse l’édition

Aux États-Unis, les livres imprimés à la demande via Internet concurrencent le circuit éditorial traditionnel.

Les vraies révolutions sont souterraines. Ainsi apprend-on incidemment que, aux États-Unis, l’autoédition vient de dépasser l’édition traditionnelle. Autrement dit, le nombre de titres imprimés à la demande via Internet est supérieur au nombre de nouveautés publiées par les maisons d’édition classiques (plus de 285 000 titres contre 275 000 en 2008). C’est la première fois que cela arrive.

Source : Le Figaro, 4 juin 2009 »

Grâce à cette démocratisation de l’accès à l’édition, plusieurs auteurs ne se donnent même plus la peine de soumettre leurs manuscrits à l’attention des éditeurs traditionnels, constate la Fondation littéraire Fleur de Lys qui opère une maison d’édition et une librairie en ligne depuis bientôt 15 ans. La facilité avec laquelle l’auteur autoédité peut assumer son rôle d’entrepreneur ouvre toute grande la porte aux contacts directs avec les lecteurs potentiels.

Et même la mauvaise réputation faite à l’autoédition par le milieu éditorial traditionnel ne décourage pas les auteurs qui disposent maintenant de leur propre chaîne du livre.

Les statistiques réelles de l’autoédition au Québec sont sans doute plus élevées parce que la BAnQ rapporte uniquement les données du dépôt légal. En effet, plusieurs auteurs ne procèdent pas au dépôt légal de leurs livres, observe la Fondation littéraire Fleur de Lys.

L’organisme se réjouit de voir le Québec rejoindre ainsi la mouvance mondiale vers ce type d’édition mais soutient que le secteur québécois de l’autoédition devra se développer davantage pour intéresser et servir les auteurs d’ici. En effet, plusieurs auteurs québécois se tournent vers des entreprises étrangères d’autoédition, notamment américaines et françaises.

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