«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un flop

L’anglais intensif encore peu implanté

Cinq ans plus tard, seulement 15 % des élèves de sixième année suivent le programme

Cinq ans après l’annonce du gouvernement Charest, seulement 15 % des élèves de sixième année ont accès à un programme d’anglais intensif, a constaté Le Journal.

Selon les plus récents chiffres du ministère de l’Éducation, seulement 10 129 élèves de sixième année étaient inscrits au programme d’anglais intensif en 2015-2016, soit environ 15 %. En 2011, lorsque le premier ministre Jean Charest avait annoncé que ce programme serait offert à tous d’ici cinq ans, environ 10 % des élèves y étaient inscrits.

« Rien n’a changé ou presque. C’est bien dommage », lance Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents du Québec. Cette dernière rappelle que dans plusieurs milieux, les parents réclament la mise sur pied d’un tel programme.

Mais dans le réseau scolaire, la résistance a été vive. Des enseignants et directeurs d’école ont dénoncé la création d’un programme « mur à mur », mal adapté aux besoins de certaines écoles. Plusieurs ont aussi craint que ce programme nuise à la réussite des élèves dans les autres matières, dont l’enseignement est réduit de moitié.

En 2013, la ministre péquiste Marie Malavoy annonce que les écoles ne seront plus obligées d’aller de l’avant. Le réseau de l’éducation pousse un soupir de soulagement alors que des parents grincent des dents. « Il faut qu’il se passe quelque chose ! La recherche démontre que l’anglais intensif, c’est bon », affirme Mme Payne.

Sans réclamer l’imposition de l’anglais intensif dans toutes les écoles, cette dernière demande au ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, d’encourager les écoles à aller de l’avant en donnant accès à des outils qui ont été développés pour aider les écoles à mettre sur pied le programme. « Là, on est en train de regarder passer le train », déplore-t-elle.

Même son de cloche du côté de la Société pour le perfectionnement de l’enseignement de l’anglais (SPEAQ). « On est déçus, on est très conscients que les élèves n’auront pas tous les mêmes acquis au secondaire », affirme sa présidente, Gwenn Gauthier, qui estime que l’anglais intensif est « la meilleure façon » d’apprendre une deuxième langue.

Du côté des syndicats d’enseignants, on se réjouit plutôt que le gouvernement ait fait marche arrière. « On s’en allait dans un mur. Les conditions n’étaient pas au rendez-vous pour enlever 50 % des matières de base », affirme Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement.

Cette dernière affirme que les profs ne s’opposent pas à l’anglais intensif, mais qu’ils sont préoccupés par la réussite de leurs élèves dans toutes les matières.

Du côté de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, on se réjouit aussi du recul du gouvernement et on rappelle que cette annonce avait provoqué un « exode » des enseignants de cinquième et sixième année, qui ont préféré changer de niveau.

Qu’est-ce que l’anglais intensif ?

Le programme d’anglais intensif prévoit l’apprentissage de la langue de Shakespeare pendant la moitié de l’année scolaire. La formule peut varier d’une école à l’autre. À certains endroits, les élèves apprennent l’anglais pendant cinq mois consécutifs, alors que dans d’autres, l’anglais est enseigné pendant la moitié de la semaine ou du mois.

À géométrie variable

L’implantation de l’anglais intensif diffère beaucoup d’une région à l’autre. C’est dans la région de Québec où on retrouve le plus d’élèves qui suivent le programme.

Nombre d’élèves inscrits au programme d’anglais intensif (2015-2016)

  • Capitale-Nationale : 1437
  • Chaudière-Appalaches : 1348
  • Laurentides : 1150
  • Montréal : 1112
  • Montérégie : 1072

 

Chronologie

  • Février 2011 - Le premier ministre Jean Charest annonce que l’anglais intensif sera enseigné à tous les élèves de sixième année d’ici cinq ans.
  • Mars 2013 - Sous le gouvernement de Pauline Marois, la ministre Marie Malavoy met un frein à l’implantation de l’anglais intensif obligatoire.
  • Avril 2015 - Plusieurs acteurs du réseau scolaire demandent au ministre de l’Éducation, François Blais, de ne pas rendre l’anglais intensif obligatoire, comme l’avait laissé entendre son prédécesseur, Yves Bolduc.
  • Avril 2015 - Le ministre François Blais rétorque qu’il n’a pas l’intention d’imposer l’anglais intensif, mais il souhaite que le programme soit accessible à un maximum d’élèves.

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