«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

L’agenda politique du gouvernement Couillard : démanteler la démocratie québécoise

Tribune libre de Vigile
dimanche 12 mars
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Depuis son accession au pouvoir en avril 2014, le parti Libéral de Philippe Couillard a travaillé sans relâche, une loi à la fois, à démanteler les institutions démocratiques et les droits des citoyens au Québec.

Dès le départ, la loi 28 du ministre Pierre Moreau, adoptée sous le bâillon en avril 2015, a aboli les organismes de développement régional comme les conférences régionales des élus (CRE) et les conseils régionaux de développement (CRD). Ces institutions permettaient aux citoyens des régions d’influencer le type de développement qu’ils désirent voir chez eux. Devant le tollé suscité par l’annonce de ce démantèlement, le gouvernement de Philippe Couillard est resté impassible. Ce n’était qu’un début.

Impossible d’ignorer les mesures de « restriction budgétaire » qui ont retranché plus de 4 milliards de dollars des secteurs névralgiques de la société comme la santé, l’éducation, la culture, l’environnement, l’emploi et la solidarité sociale. Les conséquences de cette politique d’austérité se traduisent par une précarité économique pour le plus grand nombre et une baisse de la qualité des services offerts aux citoyens – ces services qui font la force d’une société démocratique. Le démantèlement des services publics sape les valeurs de participation collective à la prospérité et à la vie communautaire essentielles pour bien vivre ensemble.

Ensuite la loi 106, adoptée sous le bâillon en décembre 2016, est venue accorder aux industries pétrolières et gazières la préséance sur les municipalités en matière de droit d’accès au territoire et à l’eau afin de leur permettre d’effectuer des forages avec ou sans fracturation hydraulique à peu près partout au Québec. Elle donne également à l’industrie le droit d’exproprier les propriétaires qui ne voudraient pas accueillir ces forages sur leurs terres. La loi 106 a été adoptée en faisant fi de l’opposition unanime du monde municipal, des groupes environnementalistes et de la majorité des Québécois et Québécoises, qui refusent de voir l’industrie du gaz et du pétrole de schiste s’installer chez nous.

Comme si ce n’était encore pas assez, le gouvernement de Philippe Couillard s’apprête, avec le projet de loi 102, à modifier le rôle du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE) de manière à pouvoir restreindre ses analyses . Et il a fallu une action vigoureuse du Conseil québécois du droit de l’environnement (CQDE) pour que soient retirés du texte de ce projet de loi deux amendements qui allaient priver les citoyens de tout accès à l’information face aux projets industriels.

Et ce n’est pas fini. Avec le projet de loi 122, le gouvernement s’apprête maintenant à retirer aux citoyens le droit de mener des référendums dans leurs municipalités. Comme il est plus facile de contrôler quelques élus municipaux que toute une population, la table est mise pour la réalisation de projets dépourvus d’acceptabilité sociale. Les permissions accordées à Pétrolia et Questerre de mener des forages avec fracturation hydraulique à Anticosti et dans la vallée du St-Laurent en sont des exemples.

Le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) à Montréal est un autre exemple des dérives que peut occasionner le type de gouvernance en vase clos qu’affectionnent les Libéraux. Des milliards de dollars en fonds publics seront accordés sans consultations à des entreprises amies du régime pour un projet qui ne répond ni aux besoins de la population en matière de transport collectif, ni aux objectifs de la transition énergétique et de la lutte contre les changements climatiques. Et c’est encore une fois l’ensemble de la population qui paiera la facture et qui en subira les conséquences.

En réprimant, par ses manœuvres antidémocratiques, le désir légitime de la population québécoise de bâtir une économie viable et de sauvegarder un environnement sain et sécuritaire, le gouvernement de Philippe Couillard sème les tempêtes. Celles des foules en colère, en plus de celles du climat.

Comité vigilance hydrocarbures de L’Assomption

Commentaires

  • Richard Lemieux, 27 mars 18h56

    Concernant le projet de loi 122 qui retire le droit au référendum aux citoyen des municipalités, je suis étonné de constater qu’on en soit rendu aussi bas. Mme Boucher, alors mairesse de Ste-Foy avait fait des représentations auprès de l’union des municipalités dans les années 1980 pour faire abolir ce droit au référendum. Pourquoi ? Parce que les citoyens avaient oser s’opposer à son projet de construire Son hôtel de ville.

    Après un second référendum, elle a réussi à construire son hotel de ville, mais sa ville est depuis disparue...

    D’après le résumé que vous en faites, le gouvernement Couillard a des ambitions sans commune mesure avec le relativement petit hotel de ville de Mme Boucher. Quiconque a un peu de flair politique voit bien quel est l’agenda à long terme de M. Couillard.

    Moi qui ai toujours rèvé pour le Québec de nombreux référendums comme en Suisse et en Californie... C’est pas demain la veille.

  • yves corbeil, 13 mars 21h15

    Que se pase-t-il avec notre ’’Charlie Couillard’’

    http://blogues.radio-canada.ca/politique/2015/01/12/charlie-couillard

    La liberté d’expression, est-ce seulement pour les autres, enfin ceux qui habitent pas au Québec.

    Il est de plus en plus cynique le clown triste qui dirige la province. La tolérance de son intolérance face à la liberté d’expression dans notre société démocratique, eh oui on n’est encore en démocratie même si ça ne semble plus le cas depuis 2003. On a la couenne dure en tabarnacle pour être encore deboute avec ceux-là qui détruise le Québec pour sauver des ’’cennes’’ esti des cennes sur le dos des vieux pour des canettes de liqueurs à matin. Ça me lève le coeur la liqueur de ces pauvres gens pour qui y reste rien d’autres comme bonbons de l’état qui les à pris en charge en fin de parcours.

    Y va arriver un jour ou on va devoir le squatter le pouvoir pour se faire comprendre, parce que ceux qui l’ont et ceux qui aspirent à l’avoir y font rien entre deux campagne électoral arranger avec le cash des riches qui tirent les cordes des marionnettes qui mettent en place.

    Couillard tu es un minable, un minable toi et ta gang de plante verte qui branle la tête à l’assemblée faute d’avoir rien à dire de constructif qui naturellement ne va pas avec la ligne de parti qui est en mission.

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