«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Quand PeeWee cautionne la barbarie en refusant de la nommer par son nom

L’affaire du clitoris tranché

On apprenait tout récemment que le gouvernement de Justin Trudeau entendait réécrire le Guide de citoyenneté canadienne publié par Ottawa.

Jusque-là, c’est normal. Chaque parti politique a sa conception de la citoyenneté et cherche à l’implanter lorsqu’il est au pouvoir.

Un tel document est bien plus important qu’on ne le croit. Il dévoile la vision du pays de ceux qui l’écrivent. Il faut peser chaque mot qu’on y trouve.

Barbare

C’est peut-être pour cela que les changements révélés sur la nouvelle édition du Guide suscitent quelques remous.

Remettons les choses en contexte. En 2011, le gouvernement Harper avait entrepris une refonte de ce guide. On y trouvait un ajout important : on y qualifiait l’excision de pratique barbare.

C’était une manière de dire que le Canada s’opposait frontalement à certaines pratiques qui, quel que soit le contexte, sont humainement inacceptables et ne sauraient s’excuser au nom du relativisme culturel.

C’était aussi un signal envoyé à ceux qui voudraient devenir Canadiens : ceux qui ne partagent pas une horreur absolue devant cette pratique ne sont pas les bienvenus.

À l’époque, Justin Trudeau avait chigné. Le mot barbare le faisait tiquer. Il souhaitait dire les choses autrement. Il préférait la formule « totalement inacceptable ».

Il avait subi une petite tempête médiatique. Si l’excision, c’est-à-dire l’ablation du clitoris, n’est pas barbare, qu’est-ce qui est barbare, alors ? Justin Trudeau avait dû reculer.

Sauf qu’il n’avait manifestement pas changé d’idée. Au fond de lui-même, le terme barbare le dérangeait encore. C’est sans doute ce qui explique sa disparition de la nouvelle édition du guide fédéral. Ce n’est pas anecdotique.

Comment, dès lors, certains journaux ont-ils pu accuser ceux qui ont rendu compte de cet important changement de vocabulaire de colporter des « fausses nouvelles » ?

Et comment ont-ils pu accuser ceux qui ont lié ce changement de vocabulaire à la prise de position antérieure de Justin Trudeau de trafiquer la réalité ?

On a beau comprendre que la presse internationale donnerait le Bon Dieu sans confession à saint Justin, il y a quand même là un fait politique indéniable.

Redisons-le : le gouvernement Trudeau, pour l’instant, a décidé de ne plus utiliser le terme barbare pour qualifier l’ablation du clitoris.

Personne ne s’imagine que Justin Trudeau a de la sympathie pour cette pratique. Mais il se garde une petite gêne quand vient le temps de la qualifier.

Multiculturalisme

À travers cela, c’est la philosophie du multiculturalisme canadien qui se révèle.

C’est d’abord et avant tout une machine à broyer la culture du pays d’accueil. Il la traite comme un folklore parmi d’autres qui ne devrait jamais s’imposer.

C’est aussi une machine à banaliser des symboles culturels absolument régressifs. Le Canada est un pays qui cherche à faire passer le niqab pour un symbole positif de la diversité et de l’émancipation des femmes.

Faut-il se surprendre que le Canada de Trudeau, dans cet esprit, renonce à qualifier de barbare l’ablation du clitoris ?


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