«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

« Non, l’Église ne nous a pas trahis. Au contraire, elle nous a sauvés ! »

À propos du « Québec tout détricoté »

L’Église catholique nous a-t-elle trahis ou sauvés ?

La géopolitique répond à cette question

Chronique de Jean-Claude Pomerleau
vendredi 19 août 2016
3 013 visites 13 messages

« Si vivre est persévérer dans son
être, les Canadiens-français ont besoin de savoir quel
est leur être national, et comment, à travers l’histoire,
il s’est formé.... Il n’est de synthèses historiques
que de provisoires. Ceux-là seuls qui ignorent
tout du métier d’historien, croient à l’histoire définitive. »
Lionel Groulx

J’ai longtemps souscrit à la narration que l’Église s’était compromise avec les Anglais et, de ce fait, nous avait trahis. C’était avant que j’entreprenne la lecture de notre histoire à partir de la grille géopolitique. Depuis, je suis arrivé à une autre conclusion à partir d’une question qui permet de départager l’essentiel de l’accessoire quand on aborde notre histoire. Qu’est-ce qui fut NÉCESSAIRE pour que notre nation française en Amérique survive au vent contraire de l’Histoire ?

Le rôle de l’Église comme institution politique dans notre histoire

De 1608 à 1759, grâce au rôle moteur de l’Église, la nation naissante prend son essor pour atteindre une masse critique qui va lui permettre de ne pas être anéantie par la victoire britannique contre la France sur notre territoire. La première conséquence de la défaite française, c’est le démantèlement des institutions politiques et de l’appareil de l’État naissant (Nouvelle-France), et la rupture du lien avec la France, ce que consacrent le Traité de Paris et La Proclamation royale en 1763. Que reste-t-il alors comme assise pour conserver notre cohésion de nation française face à un Empire qui veut nous assimiler ? L’Église de Rome et ses institutions.

Elle interviendra comme contrepartie de la couronne britannique dans l’Acte de Québec de 1774 (consenti parce que les Anglais ne disposaient pas d’un rapport de force si favorable face à un peuple qui avait atteint une masse critique et qui pouvait se joindre à la révolution qui menaçait au Sud). C’est cette institution millénaire experte dans ses capacités de structurer les sociétés - ce qu’elle fit d’ailleurs en Europe - qui avait joué un rôle si déterminant dans les premiers élans de notre nation.

En effet, à partir de l’Acte d’Union de 1840, l’Église va se mettre à jouer un rôle « cardinal » et assumer elle-même les missions patriotiques essentielles au développement de notre nation : peupler et mettre en valeur le territoire ! L’Église fut de 1840 à 1960 l’armature de la construction de notre État.

C’est sur les assises de cette Église et ses institutions que vont reposer nos espoirs réels (géopolitique) de conserver notre cohésion nationale (la langue et la foi ) tout en assurant notre développement. Ainsi, le fameux « modèle québécois » découle directement de la Doctrine sociale de l’Église. Elle s’est si bien acquittée de sa mission historique que, suite à ses 400 ans de contributions [1], de gains de potentialité par la contrainte (discipline sociale), cette nation va passer de la puissance à l’acte en 1960, un saut périlleux pour les « Abitants » vers l’État promis par Lionel Groulx en 1937 « Notre État français nous le voulons, nous l’aurons », et apparu de facto en 1960. Ce sera la Révolution tranquille.

Maîtres chez nous...

Mais pas tout à fait. Très vite les acteurs politiques vont faire le constat que ce demi-État annexé et réduit dans ses capacités d’agir n’offre pas toutes les garanties pour assurer la pérennité et la plénitude de notre nation. La quête de l’État souverain commence. Son élan sera brisé en 1980 et 1995.

Depuis, depuis nous sommes dans le reflux de l’histoire. Plus grave encore, le contrôle de notre demi-État nous échappe, et il est tourné contre nous depuis 2003, soit depuis la prise du pouvoir par le Parti Libéral, devenu par le choix de sa base électorale le parti de ceux qui se sentent davantage Canadiens que Québécois.

Pour une première fois depuis 1759, la nation est en danger réel. Ce qu’il faut constater c’est que notre demi-État semble sur le point de faillir là où l’Église avait réussi, c’est-à-dire sur l’essentiel : la progression et la cohésion de notre nation.

Mis à part les anecdotes et les faux choix (l’appel de joindre la Révolution américaine, la révolte des Patriotes de 1837 alors que le rapport de force ne nous était pas favorable), l’Église de Rome, comme institution politique, a joué un rôle historique déterminant dans l’ existence même de notre nation.

Simple constat géopolitique 101 :

Non, l’Église ne nous a pas trahis. Au contraire, elle nous a sauvés !

Le pourrait-elle encore ?

.....


[1Histoire de l’Église catholique au Québec de 1608 à 1970 (Éditions Fides)

Durant cette période, l’Église a rempli 2 missions temporelles et une mission intemporelle :

l’union organique entre l’Église et l’État...(p.15)
l’Église le corps social le mieux constitué (p.17).

Commentaires

  • pierre-yves dubreuil, 25 mars 16h07

    @Diane Gélinas

    ’’Je ne remets nullement en question vos affirmations géopolitiques... mais l’influence de l’église sur la démographie s’est faite sur le dos des femmes qui, sous peine de refus d’absolution à la confesse, ont enfanté 12, 15 et même 20 fois entre 16 ans et 40 ans. Alors, que ce soit la hiérarchie ecclésiale ou la paroisse locale, chaque homme d’église, à son niveau, a aveuglément fait abstraction des milliers de femmes qui mouraient en couche.’’

    Et grâce à elles et eux (gens de l’Église), nous résistons encore à un empire aux tendances sadiques (à un niveau de sadisme beaucoup plus élevé que votre simple curé).

    Certainement que si on ramène le débat à : ’’aimez-vous mieux accoucher de 20 enfants ou de 1 enfant ?’’, une nation dirigée par ce référendum ne vivrait pas longtemps. Pas plus d’ailleurs que ’’voulez-vous envoyez vos enfants et maris à la guerre ?’’.

    De toute façon, aujourd’hui, on constate partout les dommages causés à l’environnement dûs à la surpopulation et à la mauvaise gestion de l’État. Il serait un peu utopique de penser qu’une revanche des berceaux numéro 2 pourrait améliorer nos conditions de vie, dans de pareilles circonstances. Par contre avec les avancées en médecines et en organisation du travail, s’agirait-il de torture que de se poser comme objectif au moins le seuil minimal du maintient de la population ? Si je ne m’abuse, nous devons avoir au Québec le plus faible taux de reproduction au monde AINSI QUE le taux d’immigration parmis les plus élevé (90% de non-européens) !

    ’’Comme l’islamisme, présentement, se sert des femmes voilées dans des buts pas toujours « catholiques » !’’

    faut quand-même pas tout mettre dans un même sac.

  • Georges Tremblay, 25 mars 13h25

    Droit canon : « Il est interdit aux clercs de remplir les charges publiques
    qui comportent une participation à l’exercice du pouvoir civil. (État national- État civil)
    Ils ne prendront pas une part active dans les partis politiques
    ni dans la direction des associations syndicales,
    à moins que, au jugement de l’autorité ecclésiastique compétente,
    la défense des droits de l’Église ou la promotion du bien commun ne le requièrent. »

    L’Église Catholique a un rapport laïque avec l’État national et civil.

    Le lien avec l’État monarchique français fut aboli par la Révolution Française. Donc, la cohésion de l’Église avec la Nouvelle France fut détruite.

    Ce principe laïque fut entretenu dès la fondation de Québec. Toutes les institutions sociales furent financées par des institutions privées organisées par des femmes de la Cour. Qu’elles portaient des noms de Saints et de Saintes catholiques a rien à voir avec une décision de l’Église. Qu’elles furent dirigées par des congrégations religieuses indépendantes fut strictement pour des raisons financières. Les religieuses acceptaient de travailler sans salaire. Pas de nation Québécoise sans ces religieuses. C’est parce que ces institutions étaient privées que les religieuses pouvaient y être actives en respect avec le droit canon.

    Après la conquête, le Vatican n’avait plus contrôle sur le clergé au Canada. Ce clergé était fortement divisé et autant affecté par la stratégie du "diviser pour régner" britannique.

    Ce n’est pas le symbole du Vatican que Duplessis a accrocher au mur de l’Assemblée Nationale, au beau milieu des 9 symboles de l’Église Anglicane (toujours présents). C’est un simple crucifix.

    Le crucifix ne représente aucune Église particulière. Tandis que le symbole du Vatican, avec ses trois couronnes et la croix, représente l’Église catholique tout comme les 9 symboles avec leurs couronnes et croix représentent l’Église Anglicane. Si Duplessis avait voulu représenter les liens de l’État avec l’Église Catholique, il aurait accroché le symbole du Vatican.

    Le crucifix ne représente pas une Église, bien au contraire. Il représente le sort de celui qui prêchait la séparation de l’État et de l’Église (le Sanhedrin). On lui a posé une croix d’épine sur la tête et un écriteau qui met en garde le peuple du sort qui lui est réservé s’il ose prendre lui-même sa souveraineté. De l’Empire romain à l’Empire Britannique.

    Remarquez comme on a entendu souvent des demandes de le retirer, depuis la Commission sur les Accommodements Religieux , mais jamais de demandes de retirer les 9 symboles de la monarchie anglicane qui l’entourent.

    Ce geste symbolique de Duplessis avec le concours de l’Église est le message le plus puissant de notre décolonisation. L’Église s’est elle-même retirée, à nous de retirer les autres Églises de notre État national.

    Au nom de notre culture laïque traditionnelle et indéniable. Même la constitution multiculturelle fédérale doit, par ses propres règles, non seulement l’accorder mais offrir tous les moyens de le supporter.

  • Gilles Verrier, 23 mars 23h52

    On me permettra de rajouter ceci :

    1- Si les 92 résolutions (quête d’un gouvernement responsable) étaient largement appuyées depuis 1834 chez les Canadiens (Nous), le passage à l’insurrection armée était en revanche loin d’être acquis. Certains auteurs voient dans le passage à la violence de la lutte des patriotes les provocations incessantes des Club anglophones de Montréal, tel le Doric Club. Autrement dit, des patriotes mal préparés seraient tombés dans le piège des provocations qu’on leur tendait. On ne mettra pas un point final à la controverse, mais à l’instar de M. Carmichael, je vais à mon tour y aller d’une spéculation : Et si les patriotes n’avaient pas répondu à la provocation pour continuer à la place leur combat parlementaire et populaire (souliers de beus et ceintures fléchées), où en serions nous aujourd’hui ?

    Quoi qu’il en soit, pour coller autant que possible au réel historique, la défaite inévitable des patriotes, qui ne faisaient pas le poids, produisit une vague de répression qui cloua la population littéralement sur place, vitrifiée dans un champ de ruines comme sous l’effet d’une bombe atomique. Adieu audace, veaux, vaches et cochons... La table venait d’être mise pour l’Acte d’Union, commandée par le Rapport Durham. Ça s’est passé très vite.

    2- C’est dans ces circonstances de revers historiques qui mettaient en péril tous les espoirs nationaux (et républicains pour être juste) que notre église catholique, peuplée des nôtres, soutenue par les nôtres et souvent par les plus humbles des nôtres, les nôtres n’ayant d’ailleurs plus nulle part où aller sauf chez les Anglais ; cette église aux dimensions tant populaires joua un rôle historique salvateur. Je ne suis pas inspiré ici par la défense de la religion mais par ce qui fait que notre histoire est la nôtre, notre fière épopée. J’écris : Seule institution à vocation nationale laissée encore debout par la répression, l’église organisa les relevailles. C’est ainsi que virent le jour l’un après l’autre (sans parler des hôpitaux et autres réalisations) un chapelet de collèges qui éduquèrent dans la rigueur classique, sans faire de vagues, une nouvelle génération d’intellectuels canadiens français. En sortirent Lionel Groulx, Marie-Victorin, l’abbé Lortie, Léon Gérin, et tant d’autres qui, à leur tour, permirent généreusement en en jetant les assises intellectuelles, l’effervescence de la Révolution tranquille. Et c’est lorsque le fruit fut enfin mûr qu’il se gâta très prématurément. C’est en tout cas l’analyse sur laquelle je me suis déjà exprimé dans Vigile et ailleurs.

    3.- Nous sommes passés radicalement de l’amour de l’église à la haine irrationnelle de l’église. Les combats contre les excès de l’église, justifiés ici et là, n’en finissent plus dans leur dimension inquisitoire. L’anti catholicisme primaire, la laïcité comme avatar de la franc maçonnerie, le refus d’assumer et d’embrasser notre histoire tel qu’elle fut représentent le rejet du noyau de notre existence continuée. Certains, pas nécessairement nos meilleurs amis, cherchent à favoriser la séparation des Québécois de leur passé plutôt que de les aider à l’assumer et à le comprendre dans la sérénité. La réconciliation des Québécois avec leur église, leur monstre intérieur, leur bonhomme sept heures, est fondamentale si ils veulent un jour vivre et agir comme un peuple mature et libre.

  • 23 mars 10h04

    @ Gaston Carmichael, 22 mars 23h14

    « La question qui se pose : Si l’Église aurait été expulsée en 1759, aurait-on pu survivre quand même, mais autrement ? »

    La réponse est non.

    La nation a conservé sa cohésion nationale grâce aux institutions de l’Église de Rome qui ont servis d’armature d’état sur lequel repose l’existence même de la nation.

    La proposition républicaine de 1837 , eut elle été effective, menait à la marginalisation (territoriale) et l’assimilation (État bilingue) de la nation. Elle s’est révélé une utopie idéaliste, ignorant la réalité des rapport de forces en présence, d’où l’Acte d’union de 1840. Heureusement l’Église , devenu patriotique, était là pour nous ramasser et poursuivre les missions premières de l’État : peupler et mettre en valeur le territoire.

    Je rappelle que ma lecture de l’histoire est géopolitique et que à cet égard l’Église de Rome est apprécié comme une institution politique (armature de l’État) majeure dans notre histoire.

    JCPomerleau

  • Gaston Carmichael, 22 mars 23h14

    Après la conquête, les britanniques ont rapidement constaté que la loi du nombre jouait contre eux. Les "canadiens" étaient si nombreux par rapport à eux, qu’ils savaient quel sort les attendait s’il n’arrivaient pas à forger des alliances.

    Le catholicisme était alors banni de toutes les colonies britannique. L’Église eu alors à faire face à une sorte d’ultimatum : Vous nous aidez, ou vous partez ! C’est alors que pour assurer sa propre survie, l’Église a accepté le Pacte Colonial. Par ce pacte, l’Église s’est engagée par son influence idéologique à conserver la loyauté des Canadiens à la couronne britannique en échange du maintien de ses privilèges.

    Ces privilèges incluaient bien sûr le maintien du catholicisme, des églises, et des curés. Aussi, on leur accordait le monopole sur l’éducation des conquis, avec interdiction de créer un ministère de l’éducation. Bien sûr, l’éducation qui fut donné devait respecter le Pacte Colonial.

    En 1837, le peuple entier était prêt à se mobiliser. Si l’Église n’aurait pas menacé d’excommunication tout ceux qui pensaient à se rebeller, l’Histoire aurait sans doute basculer. Au lieu de cela, ils ne furent que quelques dizaines à défier les curés, et ils furent facilement écrasés. Merci à son "influence idéologique", que l’Église a mis au service des britanniques.

    En 1867, lorsque le parlement du bas-Canada eu à voter sur la proposition de confédération qui minorisait les "canadiens " dans ce nouveau pays que serait le Canada, l’Église y a mis tout son poids pour faire avaler cette couleuvre aux "canadiens".

    Alors oui, on a survécu. Mais on a survécu en tant que perpétuels colonisés, ce que nous sommes encore aujourd’hui. Merci à notre Très Sainte Mère l’Église.

    La question qui se pose : Si l’Église aurait été expulsée en 1759, aurait-on pu survivre quand même, mais autrement ?

  • Mike Deschamps, 22 mars 17h50

    @Diane Gélinas
    Comme la religion occidentaliste et son culte de la marchandise auquel les femmes du monde occidentale sont soumises. Cette religion et ses dogmes (laicité, multiculturalisme, vivre-ensemble, droits de l’Homme (pas de la femme :-) etc...a transformé les femmes en objet de marketing sexuel. Cette religion pour reprendre les termes de Mr Dostie, vous domine avec autant d’obscurantisme que l’on constate dans toutes les religions qui estiment posséder la "Vérité".

  • Diane Gélinas, 22 août 2016 15h54

    Y a-t-il une coïncidence ici à l’effet que ce ne sont que des hommes qui commente votre article ?

    Je ne remets nullement en question vos affirmations géopolitiques... mais l’influence de l’église sur la démographie s’est faite sur le dos des femmes qui, sous peine de refus d’absolution à la confesse, ont enfanté 12, 15 et même 20 fois entre 16 ans et 40 ans.

    Alors, que ce soit la hiérarchie ecclésiale ou la paroisse locale, chaque homme d’église, à son niveau, a aveuglément fait abstraction des milliers de femmes qui mouraient en couche.

    En tant que femme, je rejoins l’affirmation de Monsieur Gaëtan Dostie ci-haut : « L’église ne nous a ni trahi, ni sauvé mais dominé avec autant d’obscurantisme que l’on constate dans toutes les religions qui estiment posséder la "Vérité". »

    Comme l’islamisme, présentement, se sert des femmes voilées dans des buts pas toujours « catholiques » !

    Voilà pourquoi la question de tous les types de voiles islamiques provoque des réactions si épidermiques chez les Québécoises jadis sacrifiées à l’autel du catholicisme, bien plus que tous les autres signes religieux ostentatoires.

  • Yves Petit, 22 août 2016 13h02

    Votre synthèse est juste, M. Pomerleau. Je n’ai jamais pensé autrement. Il est évident que l’Église Catholique d’après la conquête a bien jouée ses cartes. Heureusement, le peuple a suivi et il s’est multiplié rapidement, ce que nous ne faisons plus, tout pris que nous sommes dans l’individualisme et le matérialisme ambiant.

    Je disais récemment à un ami patriote que nous n’avons pas eu besoin de loi 101 ni d’aucune autre loi pour prendre les Cantons de l’Est aux Anglais. Notre démographie triomphante, notre force de travail et notre foi en Dieu ont fait le travail.

  • Marcel Haché, 22 août 2016 08h07

    L’Empire des empires fut anglais. Tous les autres empires, français, belges et néerlandais, allemands, italiens, portugais et espagnols, d’autres aussi, tous ces empires (coloniaux) furent en orbite autour de l’Empire anglais. Et même l’Empire chinois, l’Empire du Milieu, comptant pourtant déjà 200 millions d’individus lors de sa rencontre avec l’Empire anglais, devint lui aussi un satellite de cet empire (l’Angleterre était composé de 6 millions d’individus), empire sur lequel, disait-on, le soleil ne se couchait jamais.

    C’est à ce puissant Empire anglais que Nous avons résisté, qui Nous promettait une prompte assimilation alors que Nous n’étions pas même un million d’individus en 1850. Et c’est à l’Empire américain que Nous survivons encore, qui resterait par ailleurs totalement indifférent au fait que Nous abdiquions ou que Nous triomphions…

    Ni le ciel, ni Rome ou Londres, ni même Paris, ne sont pour rien à notre survivance. L’Église de Rome ne vint pas davantage à notre secours qu’au secours des acadiens lors du grand dérangement, et pas davantage qu’elle ne vint jamais, plus tard, au secours des juifs lors de l’Holocauste. Comme souvent pour bien des nations, la nôtre a été sauvée par le bas clergé, cependant que le haut clergé a dû ruser, c’est-à-dire qu’il n’a pas hésité tantôt à Nous sauver et tantôt à Nous trahir.

    La paroisse Nous servit longtemps de mosquée. Ce fut pour Nous un formidable lieu de rassemblement. Car, quoi qu’en disent nos perroquets… notre nation n’a pas toujours été divisée…comme elle l’est maintenant. En quelque sorte, c’est elle-même qui s’est sauvée, par sa communion et sa réunion.

    Et c’est elle seule qui se sauvera encore si c’est sa destinée. Rien n’est encore assuré dans un sens ou dans l’autre… cependant que nous devrions constater que Nous sommes divisés et vulnérables.

  • Jean Claude Pomerleau, 21 août 2016 20h22

    La question qui fonde ma démarche est : qu’est qui fut nécessaire à l’existence même de notre nation.

    Suite à 1760 et l’annexion de 1763, les défis géopolitiques qui se posaient à la nation étaient démographique et territoriale. Et il importe de comprendre qu’ils étaient existentiels pour la suite de l’histoire.

    Démographique  : la revanche des berceaux, sans l’un des plus haut taux de fécondité au monde jusqu’à la rupture de 1960, le souveraineté ne serait même pas envisageable aujourd’hui hui.

    ’’ La démographie c’est le destin.. A Comte

    ’’ La démographie, la ligne de flottaison.’’ F. Braudel

    Bien sure, relevé ce défi démographique supposaient d’immenses sacrifices, mais ils étaient nécessaires. L’essentiel, le reste est accessoire.

    Territoriale. nous avons acquis les deux tiers de notre territoire (Abitibi en 1898 et Ungava en 1912) grâce aux missions colonisatrice de l’Église de Rome :
    ...
    Le Pays du Lac-Saint-Jean. Esquisse historique de la colonisation.

    ]Histoire de l’Abitibi-Témiscamingue - Depositum

    Les lois de l’extension des frontières du Québec de 1898 et de 1912, la Convention de la Baie James et du Nord québécois et la Première Nation Abitibiwinni (Jacques Fréchette)

    CANADA, Parlement, 1898 : « 61 Victoria, Chapitre 3. Acte concernant la délimitation des frontières nord-ouest, nord et nord-est de la province de Québec. [Sanctionné le 13 juin 1898] ». Actes du Parlement de la Puissance du Canada : 49-50. Samuel Edward Dawson, Ottawa.

    (...)

    CANADA, Parlement, 1912 : « 2 George V, Chapitre 45. Loi à l’effet d’étendre les frontières de la province de Québec. [Sanctionnée le 1er avril 1912] ». Statuts du Canada : 307-309. Charles Henry Parmelee, Ottawa.

    (...)

    FRANCK, Thomas M., Rosalyn HIGGINS, Alain PELLET, Malcolm N. SHAW et Christian TOMUSCHAT, 1992 : « L’intégralité territoriale du Québec dans l’hypothèse de l’accession à la souveraineté », in Québec, Commission d’étude des questions afférentes à l’accession du Québec à la souveraineté, Exposé et études. Vol. 1 : Les attributs d’un Québec souverain : 377-461. Assemblée nationale, Québec.

    (...)

    QUÉBEC, Assemblée législative, 1912a : « 2 George V. Document de la session No. 116. A.D. 1912. Réponse à une adresse de l’Assemblée législative, en date du 6 mars 1912. Pour : Copie de tous arrêtés ministériels, documents et correspondance concernant l’annexion des territoires de l’Ungava à la Province ». Documents de la Session. Vol. IV : Réponses aux adresses pour l’année 1912. Louis V. Filteau, Québec.

    QUÉBEC, Assemblée législative, 1912b : « 2 George V, Chapitre 7. Loi concernant l’agrandissement du territoire de la province de Québec par l’annexion de l’Ungava. [Sanctionnée le 3 avril 1912] ». Statuts de la Province de Québec : 51-54. Louis-V. Filteau, Québec.

    https://www.erudit.org/revue/raq/2013/v43/n1/1024476ar.html?vue=biblio

    ...

    La discipline sociale étaient dure (la vie avec des saints est un enfer) mais encore là, était elle nécessaire.

    Je rappel que ma lecture de l’histoire est géopolitique.

    JCPomerleau

  • Gaëtan Dostie, 21 août 2016 11h31

    Cher Monsieur Pomerleau,
    Votre vision est sûrement tout à fait classique, mais surtout statique.

    L’église ne nous a ni trahi, ni sauvé mais dominé avec autant d’obscurantisme que l’on constate dans toutes les religions qui estiment posséder la "Vérité".

    Cette église a au contraire causé un tort considérable en instituant un régime de peur, d’ignorance, voire de répression même ici au Québec L’appauvrissement de notre littérature après la répression d’Ignace Bourget en 1868, avec l’excommunication des membres de l’Institut canadien de Montréal, et l’obligation de voter pour la "Confédération" sous menace d’excommunication pour le chef de l’Opposition à Ottawa, jusqu.à l’aube de la Révolution tranquille, est si éloquent que vos propos en sont ceux d’un aveuglement stratégique. Vous défendez l’indéfendable.

    Il y a chez Vigile, des relents de cet esprit "missionnaire" que Groulx représente bien même s’il n’est que la continuité de certains ses prédécesseurs. Vigile se complaît-il que dans cette arrière-garde, défendant un catholicisme qui n’a bien peu à envier à ce qui se vit chez une partie des croyants actuellement en guerre sainte,

    Votre vision, monsieur, n’éclaire personne sinon vous confortez vous dans ces certitudes qui actuellement, chez d’autres, tuent !

    Gaëtan Dostie

  • François A. Lachapelle, 21 août 2016 10h24

    Excellent article Jean-Claude Pomerleau dans la continuité de l’article de Richard Le Hir intitulé " Le Québec tout détricoté ".

    Vous écrivez, je cite : « Qu’est-ce qui fut NÉCESSAIRE pour que notre nation française en Amérique survive au vent contraire de l’Histoire ? » Vous mentionnez entre autre l’effet structurant de la doctrine sociale de l’Église de Rome dans la social-démocratie de la "révolution tranquille" de 1960. Intéressant.

    Je poserais une autre question inspirée de la précédente : dans l’évolution du Québec AVEC la "révolution tranquille", qu’est-ce que l’Église de Rome du Québec avec sa hiérarchie et sa structure politique interne appuyéeS sur la Loi des Fabriques et ses marguillers n’a pas fait ou compris pour adapter aux nouvelles valeurs des Québécois la DOCTRINE de l’Église de Rome ?

    Autre question : pourquoi de 1960 à aujourd’hui, la désaffection de l’Église de Rome au Québec a-t-elle été vécue par des millions de Québécois.es comme une libération, comme une protestation, comme un rejet d’un immobilisme dans une doctrine autoritaire ?

    Est-ce que tous les Québécois.es qui ont pris leur distance du religieux, consciemment ou en mimétisme de la tendance, sont tous dans l’erreur ?

    La présente réflexion lancée par Richard Le Hir du "Québec tout détricoté" oblige et c’est ce que ton article fait avec pertinence. Il faut garder les fenêtres ouvertes.

  • Jean Claude Pomerleau, 20 août 2016 13h53

    (un ajout)

    Ce n’est pas notre histoire qui est honteuse, ce sont ceux qui la narrent ainsi.

    « Nous ne pouvons pas ne pas vouloir que l’histoire conduise à nous. » - Claude Habib, historien

    Depuis la Révolution tranquille, la narration de notre histoire est passé de glorieuse (sous l’Église) à honteuse (sous les laïcs). Une rupture qui prends maintenant l’allure d’une fatalité.

    « L’histoire étant la politique du passé et la politique de l’avenir » Saint Auclair

    Et, « la philosophie de l’histoire : instrument plus ou moins inconscient de la volonté de puissance collective » - Herder.

    Comment imaginer qu’une nation ainsi enfermée dans le dénigrement d’elle même, puisse se projeter avec puissance dans l’avenir. Le défi qui se pose pour notre nation est celui de refaire corps avec son histoire. Et cela commence par la reconnaissance du rôle primordiale joué par l’Église comme institution politique qui a porté et façonné notre nation durant des siècles.

    JCPomerleau

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