«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

L’Appel Citoyen du 20 mai

Programme d’État et programmes des partis : deux choses différentes

Tribune libre de Vigile
samedi 12 juin 2010
413 visites 5 messages

Contrairement à ce qui a été mentionné dans quelques articles, dans
le texte de la proposition de l’Appel citoyen du 20 mai 2010 , le programme
d’État dont il est question ne remplace pas, ne contredit pas et ne
concurrence pas le programme électoral des partis qui adhéreraient à
l’Union : il constitue l’armature de ce à quoi s’engagent ces partis après
une victoire électorale de la coalition, soit ce qu’il faut pour qu’existe
légitimement, légalement et effectivement un État souverain, après quoi est
prévue la première élection de la députation d’un Québec devenu
indépendant.

Par conséquent, la proposition s’adresse à tous les citoyens qui veulent
s’y joindre parce qu’ils veulent avant toute chose leur État national, peu
importe qu’ils soient de gauche, de droite, du centre ou de la tangente.
Le jeu politique partisan s’y poursuivra après la naissance de cet État,
pas avant, ce qui permettra aux citoyens de s’être d’abord prononcés
exclusivement , pour la première fois, sur LA question fondamentale,
réponse qui ne pourra être récusée ou mise en doute par aucune autre entité
étatique ni aucune entité supra-nationale. Le peuple souverain se sera
choisi lui-même comme autorité suprême de l’État et aura chargé tous les
partis d’une seule mission : assurer la naissance de cet État. Après,
libre à chacun de reprendre ses billes.

Cette manière de procéder évite la dispersion des votes indépendantistes en
fonction des préférences sociales, économiques, idéologiques ou autres.
Compte tenu de la diversité (normale) des sensibilités et des programmes
politiques, tant qu’on se limitera aux élections usuelles pour décider de
la question nationale, tant qu’on voudra, en même temps, du même coup et
par le même vote, choisir un programme politique et une allégeance
nationale, on se condamne, au mieux, à des gouvernements disposant de
majorités suffisantes en sièges mais fragiles en voix, de sorte que, quel
que soit le parti alors au pouvoir, fût-il ouvertement et clairement
indépendantiste, il sera toujours identifié par l’ensemble de son programme
et appuyé ou rejeté, même en cas de referendum, surtout en vertu de cet
ensemble. Cela s’avère d’autant plus qu’il existe maintenant une pluralité
de partis dits indépendantistes.

Un objectif important de cette pétition est d’obtenir suffisamment d’appuis
pour amener les partis dits indépendantistes à adhérer à une coalition,
essentielle. On peut le constater : tant qu’ils ne se sentiront pas
invités par l’opinion populaire à pédaler plus vite, ils continueront de se
hâter à la vitesse de l’escargot, c’est le moins (le plus !) qu’on puisse
dire. Même les plus anciens semblent ignorer que « l’ambition perd son
maître et bientôt le fait périr ». Leur raison d’être, tous, ils sont
prêts à le jurer, « croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en
enfer », c’est l’indépendance. Eh ! bien, qu’ils le prouvent. À l’opinion
publique de les en convaincre.

L’APPEL CITOYEN du 20 mai 2010

Commentaires

  • Raymond Poulin, 14 juin 2010 10h07

    @ M. Robert Barberis-Gervais

    M. Barberis-Gervais, merci de votre compliment.

    Cependant, ensuite, vous ne cessez de dépriser Luc Archambault, l’un des initiateurs du Collectif et son secrétaire-coordonnateur, qui ne s’est d’ailleurs pas auto-proclamé unilatéralement.

    Vous vous servez d’échanges privés pour dresser des accusations publiques, en sachant fort bien que Luc Archambault, non seulement parce qu’il n’écrit plus dans Vigile mais surtout parce qu’il a le sens de l’honneur, ne brandira jamais sur la place publique une communication privée pour se défendre, encore moins pour attaquer. Je trouve le procédé pour le moins inélégant.

    Dictature, dites-vous. C’est attaquer ce que vous complimentez par ailleurs, comme si nous n’avions pas de libre arbitre. À ma connaissance, depuis le début, aucune décision n’a été prise par le secrétaire-coordonnateur sans d’abord être une suggestion (pas nécessairement la sienne) approuvée et, au besoin, modifiée par le Collectif citoyen du 5 mai. Cela n’a évidemment jamais empêché M. Archambault d’exprimer des convictions fortes, comme nous tous d’ailleurs. Je crois que vous connaissez suffisamment quelques-uns des participants pour savoir qu’ils n’auraient pas toléré l’autoritarisme et ne le toléreraient pas davantage ni maintenant ni plus tard. Nous avons tous la tête dure... et la couenne en conséquence.

    Vous êtes signataire du document et de la pétition, en appuyez le contenu et les objectifs en général. Par ailleurs, l’ensemble n’est pas un évangile coulé dans le béton précontraint. Il s’agit de propositions pour exposer les enjeux, susciter une prise de conscience le plus large possible afin que la réflexion s’étoffe, soit nourrie par quelque chose de substantiel, de manière à ce que se tiennent au besoin des débats de fond. Chemin faisant, il est fort possible et peut-être inévitable que tout cela soit modifié quelque peu selon les circonstances, l’avis en évolution des signataires et les considérations d’autres intervenants. Cela a été clair depuis le début et doit se concrétiser par une stratégie et des actions à définir éventuellement lors des États généraux du peuple souverain du Québec.

    Vous vous en prenez surtout à la forme et au style. On peut certes aimer ou pas celui de M. Archambault, comme on peut ou pas apprécier le vôtre ou le mien, question de tempérament. Considérant son point de départ, vous savez autant que moi, et pour cause, qu’il a été remanié. Ce n’est plus archambaldien en fait, mais autre chose qui n’est plus Luc Archambault. Cependant, je ne crois pas possible que la version finale d’un tel document puisse refléter le style de tous ceux qui y collaborent sans aboutir à une bouillie. Si vous consultez les commentaires laissés par les quelque cent cinquante qui l’ont agréé depuis quelques jours (et qui viennent de tous les milieux), il ne semble pas que le style les ait empêchés d’en bien comprendre la teneur. Vous n’écrivez pas comme cela, je n’écris pas comme cela, Jos Bleau non plus. Et alors ? Pinailler sur le style, c’est parfois davantage s’en prendre à un homme que discuter du contenu, ce qui fausse le débat. Vous ferez bien ce que vous voudrez de mon avis, mais je vous le dis comme je le pense : je réprouve le procédé.

    Quant au fond, j’endosse chacun des éléments de cet APPEL CITOYEN ainsi que sa logique d’ensemble. Ces propositions posent pour la premières fois dans l’espace public politique du Québec des éléments nouveaux, essentiels. Il s’agit là d’un apport collectif dont je suis fier. Nous avons exposé ce qui me semble être les germes d’un renouveau politique : faire pour une fois l’UNION de nos forces, celles de Luc Archambault comme les miennes, les vôtres, les nôtres, dans la diversité de ce que nous sommes, pour employer les mots de celui que vous dépréciez .

    Je compte sur vous pour contribuer à cette union autrement que vous le faites actuellement dans Vigile, certain que vous le pourrez tout en exposant les idées qui sont les nôtres pour les défendre, et les vôtres pour que nous en discutions. Et cela doit se faire dans le contexte courriel du Collectif d’abord, puisque vous avez accepté d’en être. Ensuite, si nous ne parvenons pas à nous entendre, la majorité fera foi de tout… et vous serez libre d’exprimer votre dissidence sur ce sur quoi nous nous serons entendus pour ne pas nous entendre au terme de la discussion par courriel. De manière confidentielle.

    Raymond Poulin

  • Claude G. Thompson, 13 juin 2010 17h27

    Monsieur Poulin

    Merci pour ce texte clair, d’une grande rigueur et qui m’incite à faire connaître ma position face à l’Appel citoyen du 20 mai.

    Mon implication dans le collectif du 5 mai me fut inspirée par les interventions de plusieurs participants à la tribune libre de Vigile qui, depuis quelques mois, nous répétaient que les citoyens devaient se réapproprier l’idée d’indépendance en réalisant qu’elle ne se ferait que s’ils s’en occupaient.

    Ma première intervention à ce sujet fut une « Lettre à Monsieur Le Hir » le 25 avril. Par la suite, je suis intervenu à quelques reprises pour répondre à d’autres intervenants dont monsieur Barberis-Gervais, qui aujourd’hui affirme que ma situation, par rapport à l’Appel citoyen du 20 mai, est fausse ou ambiguë.

    Ceux qui me connaissent bien savent que je n’ai jamais été un partisan de l’étapisme et que les référendums, à moins qu’il s’agisse d’une élection référendaire, m’inspirent encore moins confiance. Cependant, malgré la position plus ou moins claire du collectif du 5 mai concernant cette question, et malgré les critiques de certains d’entre nous concernant sa forme, par solidarité avec le collectif, j’ai accepté de le signer et le présenter sur Vigile, me rendant ainsi à la volonté de la majorité des ses participants.

    Chacun de nous, en tant qu’individu et citoyen, avons nos conceptions de ce qu’est la liberté d’expression et sommes en droit d’adhérer collectivement ou individuellement aux propositions qui nous sont faites à l’occasion du lancement d’un appel comme celui que nous avons lancé le 20 mai dernier.

    Aujourd’hui, il m’apparaît nécessaire de revenir sur les éléments qui me semblaient (et me semblent toujours) essentiels quant au désir qu’est celui des indépendantistes dont je suis, de vouloir faire « le pays). Ainsi sera clarifiée, je l’espère, ma position par rapport au collectif du 5 mai.

    “Pour nous citoyens, que signifie : « Les citoyens doivent se réapproprier l’idée d’indépendance en réalisant qu’elle ne se fera que s’ils s’en occupent »
    Les citoyens, c’est nous tous.

    Le « Ils » n’existe qu’en tant que la somme du je, tu, il. C’est tous ensemble que nous sommes les citoyens. Personne n’est au-dessus des citoyens parce que chacun de nous formons la nation. On nous a habitués à penser que les politiciens que nous élisons devraient bien faire les choses parce que le sachant mieux que nous. Or ce qui convient, c’est ce que nous, citoyens qui formons la nation et qui en sommes l’autorité démocratique suprême, voulons que soit cette nation. Nous ne devrions jamais oublier que même si nous laissons tout pouvoir au parlement, nous ne devons jamais renoncer au nôtre. En nous laissant endormir par la partisanerie et les idées de gauche / droite / centre /centre-ci /centre-ça / rouges / bleus / vert / etc., nous avons tendance à oublier qui nous sommes et à abandonner nos droits aux mains d’individus qui, comme nous, ne sont pas infaillibles et ont parfois tendance à s’arroger des privilèges que nous ne leur avons jamais consentis.

    L’heure est venue de revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à la raison même de notre existence en tant que peuple et nation, et de définir les bases de notre devenir en prenant conscience de ce que nous sommes et des droits que sont les nôtres.

    Ainsi, nous devrions tous être d’accord pour reconnaître que nous sommes une nation et admettre :

    1- La réalité du territoire national du Québec, actuellement appelé la « Province de Québec ».

    2- L’autorité démocratique suprême du peuple québécois, que collectivement nous sommes, nous rendant ainsi souverains sur notre territoire national.

    3- La primauté de cette autorité démocratique sur notre territoire national du Québec.

    4- L’irréductibilité du territoire national du Québec : le Québec étant indivisible et devant géographiquement demeurer tel qu’il est.

    Les gouvernements sont élus par le peuple, c’est-à-dire par nous, et si nous avons le sentiment qu’ils ne respectent pas notre volonté démocratique, nous sommes en droit d’exiger d’eux des changements d’orientation ou d’en mettre un autre en place lors d’une prochaine élection.

    Ainsi, dans le contexte actuel, compter sur un éventuel gouvernement pourrait vouloir dire que nous, le peuple souverain, conscient que nous sommes l’autorité démocratique suprême, réalisons qu’il est urgent d’unir nos forces afin d’élire un gouvernement indépendantiste qui aurait pour mandat de réunir une constituante, formée de tous les députés québécois ici même au Québec et a Ottawa, tous partis confondus, afin de rédiger la constitution qui garantirait nos droits, devoirs et privilèges, et qui règlerait les aspects légaux découlant de notre séparation d’avec le Canada, tout en s’assurant de la reconnaissance internationale du « Pays du Québec ».

    Face aux divisions partisanes qui peuvent affaiblir le poids politique des forces indépendantistes, deux solutions s’offrent à nous quant à l’élection de ce gouvernement :

    1- Soit l’appel à la mobilisation par l’union de nos forces citoyennes et politiques, pour la mise en place d’une coalition des tous les partis politiques souverainistes et la création d’un programme de gouvernement de coalition de souveraineté du peuple et de l’État Québécois.

    2- Soit l’appel à la mobilisation citoyenne, afin d’assurer l’élection du parti indépendantiste le plus susceptible de répondre à notre désir de réaliser l’indépendance nationale du Québec.

    Pour y arriver, nous devrons :

    1- Diffuser un appel au peuple conduisant à la mobilisation générale afin de faire l’union de nos forces pour mettre en marche l’une au l’autre des deux approches suggérées.

    2- Prendre individuellement conscience de nos responsabilités, dans l’esprit de la nation, à l’égard de notre droit à la souveraineté, en réalisant par quelles étapes nous devrons passer afin d’y parvenir.

    Une démarche comme celle-ci fait appel à la maturité des personnes qui désirent s’y engager et à leur sens des responsabilités. Une nation ne peut devenir forte et autonome que si les individus qui la composent sont habités par un sentiment d’appartenance et se savent pris en considération. Autrement, le sentiment d’appartenance fait place au repli sur soi et au mépris de la chose politique. Il y a donc, de la part de ceux qui désirent participer à l’élaboration et à la mise en place d’un projet de pays comme celui que nous poursuivons depuis si longtemps, la nécessité de réfléchir en profondeur sur les différents points énumérés, en gardant toujours à l’esprit les principes fondamentaux qu’ils mettent en lumière et qui se retrouveraient exprimés, expliqués et revendiqués dans un appel à la nation. Après plus de trois semaines maintenant, je réalise que bien des aspects de l’appel du 20 mai sont l’objet de questionnements ou d’avis contraires. Tant mieux, ça nous démontre de façon probante que la démocratie est en marche et qu’un débat d’idées sur les questions qu’il soulève s’ensuit, ce qui ne peut que nous amener à mieux définir ou à mieux préciser notre pensée. Je ne suis ni juriste, ni sociologue, ni constitutionnaliste. Les points de droit ou les questions relatives à la légitimité de l’état canadien, tout autant que celle du gouvernement québécois, devront être mieux définis et à cet égard, les objections de monsieur Barberis-Gervais ne sont pas sans être d’un grand intérêt.

    L’appel citoyen du 20 mai constitue une première tentative d’éveil pour y parvenir et, comme l’écrivait « Grand-papa » le 11 juin en réponse à monsieur Barberis-Gervais : [… il faut bien commencer quelque part…].

    Je ne renie donc en aucune façon ni ma signature, ni ma participation à l’appel du 20 mai, mais en même temps, je ne rejetterai aucune option qui irait dans un sens différent tout en me donnant le droit d’en juger et d’en discuter avec ses instigateurs.

    Claude G. Thompson

  • 13 juin 2010 17h20

    Monsieur Poulin

    Merci pour ce texte clair, d’une grande rigueur et qui m’incite à faire connaître ma position face à l’Appel citoyen du 20 mai.

    Mon implication dans le collectif du 5 mai me fut inspirée par les interventions de plusieurs participants à la tribune libre de Vigile qui, depuis quelques mois, nous répétaient que les citoyens devaient se réapproprier l’idée d’indépendance en réalisant qu’elle ne se ferait que s’ils s’en occupaient.

    Ma première intervention à ce sujet fut une « Lettre à Monsieur Le Hir » le 25 avril. Par la suite, je suis intervenu à quelques reprises pour répondre à d’autres intervenants dont monsieur Barberis-Gervais, qui aujourd’hui affirme que ma situation, par rapport à l’Appel citoyen du 20 mai, est fausse ou ambiguë.

    Ceux qui me connaissent bien savent que je n’ai jamais été un partisan de l’étapisme et que les référendums, à moins qu’il s’agisse d’une élection référendaire, m’inspirent encore moins confiance. Cependant, malgré la position plus ou moins claire du collectif du 5 mai concernant cette question, et malgré les critiques de certains d’entre nous concernant sa forme, par solidarité avec le collectif, j’ai accepté de le signer et le présenter sur Vigile, me rendant ainsi à la volonté de la majorité des ses participants.

    Chacun de nous, en tant qu’individu et citoyen, avons nos conceptions de ce qu’est la liberté d’expression et sommes en droit d’adhérer collectivement ou individuellement aux propositions qui nous sont faites à l’occasion du lancement d’un appel comme celui que nous avons lancé le 20 mai dernier.

    Aujourd’hui, il m’apparaît nécessaire de revenir sur les éléments qui me semblaient (et me semblent toujours) essentiels quant au désir qu’est celui des indépendantistes dont je suis, de vouloir faire « le pays). Ainsi sera clarifiée, je l’espère, ma position par rapport au collectif du 5 mai.

    “Pour nous citoyens, que signifie : « Les citoyens doivent se réapproprier l’idée d’indépendance en réalisant qu’elle ne se fera que s’ils s’en occupent »
    Les citoyens, c’est nous tous.

    Le « Ils » n’existe qu’en tant que la somme du je, tu, il. C’est tous ensemble que nous sommes les citoyens. Personne n’est au-dessus des citoyens parce que chacun de nous formons la nation. On nous a habitués à penser que les politiciens que nous élisons devraient bien faire les choses parce que le sachant mieux que nous. Or ce qui convient, c’est ce que nous, citoyens qui formons la nation et qui en sommes l’autorité démocratique suprême, voulons que soit cette nation. Nous ne devrions jamais oublier que même si nous laissons tout pouvoir au parlement, nous ne devons jamais renoncer au nôtre. En nous laissant endormir par la partisanerie et les idées de gauche / droite / centre /centre-ci /centre-ça / rouges / bleus / vert / etc., nous avons tendance à oublier qui nous sommes et à abandonner nos droits aux mains d’individus qui, comme nous, ne sont pas infaillibles et ont parfois tendance à s’arroger des privilèges que nous ne leur avons jamais consentis.

    L’heure est venue de revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à la raison même de notre existence en tant que peuple et nation, et de définir les bases de notre devenir en prenant conscience de ce que nous sommes et des droits que sont les nôtres.

    Ainsi, nous devrions tous être d’accord pour reconnaître que nous sommes une nation et admettre :

    1- La réalité du territoire national du Québec, actuellement appelé la « Province de Québec ».

    2- L’autorité démocratique suprême du peuple québécois, que collectivement nous sommes, nous rendant ainsi souverains sur notre territoire national.

    3- La primauté de cette autorité démocratique sur notre territoire national du Québec.

    4- L’irréductibilité du territoire national du Québec : le Québec étant indivisible et devant géographiquement demeurer tel qu’il est.

    Les gouvernements sont élus par le peuple, c’est-à-dire par nous, et si nous avons le sentiment qu’ils ne respectent pas notre volonté démocratique, nous sommes en droit d’exiger d’eux des changements d’orientation ou d’en mettre un autre en place lors d’une prochaine élection.

    Ainsi, dans le contexte actuel, compter sur un éventuel gouvernement pourrait vouloir dire que nous, le peuple souverain, conscient que nous sommes l’autorité démocratique suprême, réalisons qu’il est urgent d’unir nos forces afin d’élire un gouvernement indépendantiste qui aurait pour mandat de réunir une constituante, formée de tous les députés québécois ici même au Québec et a Ottawa, tous partis confondus, afin de rédiger la constitution qui garantirait nos droits, devoirs et privilèges, et qui règlerait les aspects légaux découlant de notre séparation d’avec le Canada, tout en s’assurant de la reconnaissance internationale du « Pays du Québec ».

    Face aux divisions partisanes qui peuvent affaiblir le poids politique des forces indépendantistes, deux solutions s’offrent à nous quant à l’élection de ce gouvernement :

    1- Soit l’appel à la mobilisation par l’union de nos forces citoyennes et politiques, pour la mise en place d’une coalition des tous les partis politiques souverainistes et la création d’un programme de gouvernement de coalition de souveraineté du peuple et de l’État Québécois.

    2- Soit l’appel à la mobilisation citoyenne, afin d’assurer l’élection du parti indépendantiste le plus susceptible de répondre à notre désir de réaliser l’indépendance nationale du Québec.

    Pour y arriver, nous devrons :

    1- Diffuser un appel au peuple conduisant à la mobilisation générale afin de faire l’union de nos forces pour mettre en marche l’une au l’autre des deux approches suggérées.

    2- Prendre individuellement conscience de nos responsabilités, dans l’esprit de la nation, à l’égard de notre droit à la souveraineté, en réalisant par quelles étapes nous devrons passer afin d’y parvenir.

    Une démarche comme celle-ci fait appel à la maturité des personnes qui désirent s’y engager et à leur sens des responsabilités. Une nation ne peut devenir forte et autonome que si les individus qui la composent sont habités par un sentiment d’appartenance et se savent pris en considération. Autrement, le sentiment d’appartenance fait place au repli sur soi et au mépris de la chose politique. Il y a donc, de la part de ceux qui désirent participer à l’élaboration et à la mise en place d’un projet de pays comme celui que nous poursuivons depuis si longtemps, la nécessité de réfléchir en profondeur sur les différents points énumérés, en gardant toujours à l’esprit les principes fondamentaux qu’ils mettent en lumière et qui se retrouveraient exprimés, expliqués et revendiqués dans un appel à la nation. Après plus de trois semaines maintenant, je réalise que bien des aspects de l’appel du 20 mai sont l’objet de questionnements ou d’avis contraires. Tant mieux, ça nous démontre de façon probante que la démocratie est en marche et qu’un débat d’idées sur les questions qu’il soulève s’ensuit, ce qui ne peut que nous amener à mieux définir ou à mieux préciser notre pensée. Je ne suis ni juriste, ni sociologue, ni constitutionnaliste. Les points de droit ou les questions relatives à la légitimité de l’état canadien, tout autant que celle du gouvernement québécois, devront être mieux définis et à cet égard, les objections de monsieur Barberis-Gervais ne sont pas sans être d’un grand intérêt.

    L’appel citoyen du 20 mai constitue une première tentative d’éveil pour y parvenir et, comme l’écrivait « Grand-papa » le 11 juin en réponse à monsieur Barberis-Gervais : [… il faut bien commencer quelque part…].

    Je ne renie donc en aucune façon ni ma signature, ni ma participation à l’appel du 20 mai, mais en même temps, je ne rejetterai aucune option qui irait dans un sens différent tout en me donnant le droit d’en juger et d’en discuter avec ses instigateurs.

    Claude G. Thompson

  • robert barberis-gervais, 13 juin 2010 13h20

    Si vous allez voir la liste des signataires de l’Appel citoyen du 20 mai, au numéro 27, vous lirez ce qui suit.

    27. 2010 05 29 - 13:32 Robert Barberis-Gervais - Écrivain, Ph.D. (1989) Université Laval - Longueuil - Québec -

    http://barberis-gervais.blogspot.com/

    D’accord pour une union des forces indépendantistes pour combattre la division des votes qui jusqu’ici a maintenu au pouvoir le Parti libéral de Jean Charest canadian corrompu et corrupteur.

    D’accord pour une action citoyenne qui conduise à une élection décisionnelle qui autorise le gouvernement du Québec à agir d’une manière souverainiste jusqu’à l’adoption de la Constitution d’un Québec indépendant.

    D’accord pour des États généraux du peuple souverain du Québec, pour enclencher un mouvement décisif de participation citoyenne qui fasse pression sur les partis.

    Pour qu’enfin s’exprime la volonté politique du peuple souverain du Québec.

    Intervenant sur Vigile.net et essayiste : voir « la gibelotte et autres essais » au lien ci-haut déposé.(fin du message)

    Je remercie vivement Raymond Poulin d’avoir expliqué le sens de son adhésion à l’Appel citoyen en le reformulant à sa manière dans le style vigoureux et clair qu’on lui connaît depuis toujours.

    Raymond Poulin,

    Vous êtes une des raisons qui font que moi aussi j’ai signé cet Appel citoyen malgré ma grande insatisfaction quant au texte lui-même et j’ai déjà commencé à m’expliquer là-dessus sur Vigile.

    Dans la description du processus suivi pour arriver à ce texte, mon nom est mentionné comme participant. Je veux que vous sachiez que ce processus a été sous le contrôle total de celui qui se nomme le secrétaire-coordonnateur et qu’il a accepté ou refusé souvent arbitrairement mes suggestions d’amendement et sans doute aussi celles des autres participants. Je ne parlerai pas de dictature mais le mot m’est venu à l’esprit. Il croit que sa pensée est tellement cohérente que le moindre mot soustrait devient un drame cosmique.

    Multiplier les Courriels (je crois bien qu’il y en a eu 40...) ne veut pas dire qu’il y a vraie collaboration. J’ai tellement lu et relu et relu sa prose indigeste que je suis devenu allergique à ce genre de déclaration. Amender la prose archibaldienne, c’est frustrant : c’est un travail à temps plein et en plus, un travail impossible.

    Mais il y a plus grave. Ayant relu la polémique Montmarquette-Achambault qui fait vingt pages de texte imprimé au titre : "L’erreur fondamentale du PQ : le référendum, une stratégie perdante", je me suis rendu compte que je penchais plus du côté du militant de Québec solidaire Montmarquette (qui fut un temps mon ennemi car je l’ai traité, hélas ! d’innocent). Et que je crois avoir vu une faille dans la pensée référendiste de Luc Archambault pour lequel, par ailleurs, j’ai la plus grande estime comme intervenant dans l’affaire de l’ex-beatle et le reste même si son style parfois me hérisse. Mais ce n’est pas seulement le style : c’est la pensée même qui me semble fausse. Je le prouverai bientôt car un autre travail urgent m’occupe en ce moment.

    Ce qui ne veut pas dire que le genre d’Appel citoyen comme celui que vous décrivez n’est pas pertinent au contraire. C’est pourquoi je l’ai signé...tardivement, vous l’aurez remarqué.

    Je ne répondrai pas à la réplique par Courriel qu’a faite Luc Archambault à mon article à propos de "Un Appel citoyen dans Vachon qui relève de la politique fiction", réplique qui révèle le même genre d’obstination que celle qui l’empêche de revenir sur Vigile ce qui place Claude G. Thompson dans une situation fausse et je me suis expliqué là-dessus avec lui.

    Archambault a insisté pour que je signe. Je me demande si aujourd’hui il ne regrette pas d’avoir tant insisté. L’histoire de Vachon, quant à moi, ce n’est pas grave. On est loin des élections générales. Quand on a vécu le tour de passe passe de Claude Morin en 1973 (je sais que vous n’êtes pas nécessairement d’accord sur ce sujet) comme je l’ai vécu et quand on a longuement réfléchi sur les conséquences de l’étapisme, on devient extrêmement coriace. On ne me refera pas le coup du "si on n’a pas gagné un référendum", l’Etat québécois ne peut agir décisivement en marche vers l’indépendance. C’est faux. L’Etat québécois peut agir et doit agir. Il faut que Pauline Marois et sa solide équipe le sache. Nous ne nous contenterons pas cette fois-ci d’un gouvernement "provincial".

    Avec mon amitié, je vous souhaite de bonnes vacances...à moins que vous ne donniez un cours d’été.
    Avez-vous remarqué que les cégeps de Montréal débordent d’élèves : 600 d’entre eux se cherchent une place. Espérons qu’ils n’iront pas s’inscrire à Dawson ou Vanier...

    Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 13 juin 2010

    p.s. C’est bien commode cette histoire de conflit avec Vigile. Ça permet de manipuler en coulisse et d’agir comme éminence grise... Pourquoi l’importance de l’objectif à atteindre et qui réclame des interventions directes ne conduit-il pas à un compromis ? Hélas ! un duel avec Bernard Frappier, webmestre de Vigile, à l’aube, ne règlerait pas le problème. Sommes-nous dans Alexandre Dumas ? Et l’Appel citoyen et l’indépendance, est-ce normal que ça passe après une querelle de fonctionnement ?

  • Normand Perry, 13 juin 2010 09h28

    Je tiens à signaler que j’ai appuyé ce texte et j’encourage très fortement tous les "vigilistes" à en faire de même. Un signal très fort doit se constituer maintenant. Voici le texte de mon appui :

    "Peuple du Québec, as-tu perdu tout sens de fierté pour ainsi te laisser traité encore aujourd’hui comme un colonisé sans jamais pouvoir rien dire sur ton sort et ton avenir ? Pourquoi laisses-tu encore le voisin venir dicter les règles de ta propre maison ? Qu’attends-tu pour démontrer que le maitre en ta demeure c’est toi ?

    Normand Perry - Philosophe, pamphlétaire et communicateur"

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