«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Pee-Wee fait couler de l’encre

Justin Trudeau fils caché de Fidel Castro : la dernière folie des réseaux sociaux

samedi 3 décembre 2016

"Nous pleurons avec le peuple de Cuba la perte d’un leader remarquable" : une "profonde tristesse" qui avait fait jaser... Le communiqué signé Justin Trudeau, une poignée d’heures après le décès de Fidel Castro le 25 novembre, avait provoqué des réactions scandalisées dans l’opposition canadienne. Un éloge funèbre pour le moins... élogieux, en contraste avec les réactions très mesurées des autres chefs d’Etat occidentaux :

"Fidel Castro, leader plus grand que nature, a consacré près d’un demi-siècle au service du peuple cubain. Révolutionnaire et orateur légendaire, M. Castro a réalisé d’importants progrès dans les domaines de l’éducation et des soins de santé sur son île natale. Bien qu’il fût une figure controversée, ses supporters et ses détracteurs reconnaissaient son amour et son dévouement immenses envers le peuple cubain, qui éprouvait une affection profonde et durable pour ’el Comandante’."

Aussitôt, de nombreuses personnalités politiques de droite - et une foule d’anonymes - s’étaient acharnées sur Twitter via le hashtag #TrudeauEulogies, rédigeant des hommages pince-sans-rire aux pires monstres de l’histoire moderne ("Oussama Ben Laden était certes une personnalité controversée, mais sa contribution à la sécurité aéroportuaire est sans précédent").

Et soudain, le doute a envahi internet

D’autres se sont attardés sur des détails très personnels du texte de Justin Trudeau : "Je sais que mon père était très fier de le considérer comme un ami, et j’ai eu l’occasion de rencontrer Fidel lorsque mon père est décédé", écrit ainsi le Premier ministre canadien. Et très vite, de curieux montages photo ont commencé à fleurir à travers l’internet mondial :

Et tout à coup, c’est limpide. Si Justin Trudeau n’a pas pu s’empêcher de verser une larme à la mort de Fidel Castro, c’est que celui-ci était... son père biologique. "Ils se ressemblent, et Margaret Trudeau a un lourd passif d’aventures extraconjugales", argumente Bobby sur Twitter.

Boxeur, beau gosse, pro-cannabis : la Trudeaumania déferle sur le Canada

En 2014, auprès du "National Post", Margaret Trudeau avait salué l’accueil "chaleureux" du président cubain, un homme "charmant". Et le Lider Maximo n’a-t-il pas l’air bien paternel lorsqu’il soulève bébé Justin sur son épaule, en 1976 ?

Bon, en réalité il ne s’agit pas de Justin, qui avait déjà 4 ans à l’époque, mais de son frère cadet, Michel (ce qu’a confirmé à Radio Canada un photographe présent à ce moment). Alors fouillons plus loin.

Si l’on utilise Faceswap (la célèbre application pour échanger et mixer deux visages), certes, c’est frappant. Mais ce n’est toujours pas une preuve.

Pétition pour un test de paternité

Autre argument : Justin Trudeau n’est pas franchement le portrait craché de son père officiel, Pierre-Elliott Trudeau (lui aussi Premier ministre du Canada en son temps). Sans compter que ce dernier mesurait 1,73 m, quand Fidel Castro et Justin Trudeau tutoient plutôt le mètre 90 sous la toise... 

L’application Faceshine, qui calcule le ratio de similarité entre deux visages, donnerait plutôt elle aussi du grain à moudre à la théorie... Mais on sent bien que toute la science des enquêteurs du web ne permettra pas d’aller beaucoup plus loin sans pratiquer un test de paternité en bonne et due forme. Et ça tombe bien, c’est justement ce que réclame une pétition lancée cette semaine sur le site Change.org.

Certes, avec 318 signatures, la mobilisation de l’opinion publique semble encore un peu faible pour espérer faire trembler Ottawa et faire triompher la vérité. Ce qui est dommage, car, comme le souligne Daylan, d’Edmonton, Justin Trudeau pourrait devenir l’exemple de tout un peuple en admettant qu’il est le premier chef de gouvernement latino-canadien de l’histoire du pays...

CANADA. Pourquoi Justin Trudeau nous fait "capoter"

Autre élément qui permet de douter de la bonne volonté de Justin Trudeau : il ne se passe guère une semaine sans que le juvénile Premier ministre, chouchou médiatique et véritable phénomène internet à part entière, ne soit la cible d’articles fantaisistes destinés à drainer du clic et de l’argent faciles sur des sites de fausses actualités, comme le note BFMTV : "Trudeau et Obama s’embrassent par accident au dîner de la Maison-Blanche", "Trudeau va interdire Pokémon Go au Canada", "Trudeau distribue du cannabis pour Halloween"...

Décidément, plus l’ère de la post-vérité progresse, plus il devient tristement improbable d’espérer trouver un jour une réponse aux vraies questions.


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