«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Je suis un terroriste !

Lettre d’anté-tombe à Paul Rose (1943-2013)

Tribune libre de Vigile
samedi 6 avril 2013
428 visites 2 messages

.

Du haut de la citadelle

La sentinelle tira

Par deux fois, et l’un chancelle

L’autre tombe, qui mourra ?

Celui qui croyait au ciel ?

Celui qui n’y croyait pas ?

Ils sont en prison

Lequel 
a le plus triste grabat

Lequel plus que l’autre gèle

Lequel préfèrent les rats

Celui qui croyait au ciel ?

Celui qui n’y croyait pas ?

Qu’importe comment s’appelle

Cette clarté sur leur pas

Tous les deux étaient fidèles

Des lèvres du coeur des bras

Un rebelle est un rebelle

Nos sanglots font un seul glas

.

Poème de Louis Aragon (extrait), La rose et le réséda
(© 1943, sous l’Occupation, et année de naissance de Paul…)

Suggestion : ouïr l’interprétation de Juliette Gréco (Olympia, 2004) de la chanson qui fut tirée de l’œuvre, sur une mélodie de Bernard Lavilliers

* * *

Dans le cadre des « Événements » d’Octobre, est-il vraiment nécessaire de le rappeler, les véritables criminels – et criminels de guerre pour le coup – sont et resteront à jamais, devant l’Histoire (affublée en l’occasion d’une grande Hache majuscule), les Pierre Elliott Trudeau et consorts.

Et tout particulièrement, parmi la meute, MARC LALONDE, son homme de main d’alors, toujours vivant d’ailleurs, et naguère toujours empressé à s’activer aux plus basses besognes. Surtout quand il s’agissait d’aveulir, d’atrophier ou de déstabiliser le peuple québécois. Dont il est pourtant, le croirait-on, l’un des fils.


Ce comportement porte un nom. Un nom ignoble.
Nous le connaissons tous.



Hélas nous, citoyens du pays de Félix Leclerc, avons la terrible manie, des Marc Lalonde d’hier aux Jean Charest d’aujourd’hui, de conférer les plus vigoureux pouvoirs aux individus les plus disposés à saper, sinon à nier, et avec le plus inouï des acharnements, la nation même dont ils sont issus.

C’est ce que le regretté Maurice Champagne appelait jadis la Violence au pouvoir.

Oui. Ce comportement porte un nom. Un nom monstrueux. Qui rappelle pour trois éternités l’odieux des hommes qui, contre toute dignité, auront osé par leur faire à le faire leur ce dit vocable.

Paul Rose s’est battu à poings nus. 
Contre des rois. Des rois nus et ridicules, certes. Des rois de valet. Mais hélas, des rois tout de même.

Alors hommage à toi, Paul ! 

Né le 16 octobre ( !) 1943 / disparu le 14 mars 2013.

Car pas plus toi que tes compagnons des landes de la Felquie n’étiez des « tueurs ».

Tout au contraire, vous fûtes des chercheurs. Des chercheurs opiniâtres. De Liberté.
 Liberté. Pour tous les Québécois.

Tout le contraire, quoi, de tous les Marc Lalonde – Ô honte ! – de la « famille » nationale. Puisque avec G.W.F. Hegel (Principes de la Philosophie du Droit, § 258, add.), j’en suis intimement convaincu, nous pouvons déclarer sans détour que :

« C’est un but absolu de la raison de faire de la liberté une réalité effective
(Es ist absoluter Zweck der Vernunft, daß die Freiheit wirklich sei) ».

Alors si c’est ça être terroriste, eh bien je confesse sur-le-champ, du haut de mes cheveux couleur de sel et de mes cinquante-six « automnes », que moi, Jean Luc Gouin, je suis un terroriste !

Requiescat in pace, Paul.
 Toi qui de fait auras vécu in pace toute ta vie durant. Ou peu s’en faut. Même hors cellule. Ou de garde-robe…

Pas vraiment rose, Paul, mon frère, cette vie là.

Reconnaissance, donc. Infiniment.
Les âmes bien nées se souviendront.

.

¡ No pasarán ! à tous les ennemis de la Liberté.

De la Liberté française. En Amérique.

.

Jean-Luc Gouin

Vieux-Québec, le 14 Mars 2013

(acheminé à Vigile le 6 avril suivant)

http://archives.vigile.net/01-4/jlg-octobre-ext.html

Commentaires

  • 19 juin 2013 16h06

    Chef d’oeuvre de poésie nostalgico-idéaliste d’outre-tombe.

  • André Vincent, 7 avril 2013 15h35

    Monsieur Jean Luc Gouin, je vous remercie infiniment de ce texte. J’ai salué Paul Rose bien bas, ici même, sur Vigile, et lui ai souhaité bon vent. Certains m’ont dit que je n’avais aucun sens politique, que ci et que ça. C’est peut-être vrai, mais tout comme vous je crois, j’ai un profond sens de la justice, et la même horreur de la bêtise.

    André Vincent

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