«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Nous ne sommes pas tous des homofestivus

Je n’ai pas le goût de fêter

On souligne en fin de semaine le 40e anniversaire de la loi 101.

J’ai écrit qu’on « souligne » cet anniversaire, pas qu’on le fête.

Vous avez le cœur à la fête, vous ? Fêter la vigueur de notre langue nationale ?

Pas fêter au Festival de l’humour, au Rib Fest, aux fêtes du 375e, à la fête de la matante, ou à n’importe laquelle des 18 582 fêtes du Québec actuel, des fêtes pour s’éviter de réfléchir à ce qui est important.

Historique

La loi 101 fut, carrément, la loi québécoise la plus fondamentale, la plus structurante adoptée par l’Assemblée nationale depuis la fin de la Révolution tranquille.

Si vous êtes d’un certain âge, vous me donnerez raison.

Ceux qui étaient pour ont rarement été aussi fiers d’être des Québécois francophones.

Ceux qui étaient contre étaient si furieusement contre qu’ils démontraient eux aussi, par le fait même, l’importance de la loi.

Si vous êtes jeune, vous ne comprenez sans doute pas grand-chose à ce que je raconte et ce n’est pas de votre faute.

On ne vous a pas transmis le flambeau. Il s’est perdu en chemin. Ou plutôt, pour être plus juste, il a été dérobé.

La loi 101 voulait, très simplement, faire du français la langue « normale et habituelle » du travail, de l’enseignement, de l’État et du commerce.

C’était une loi de « décolonisation » politique et psychologique des Québécois.

Si on compare la scolarisation des enfants d’immigrants ou l’affichage commercial d’aujourd’hui à ce qu’ils étaient il y a 40 ans, les progrès ont été spectaculaires.

Le problème est que les reculs sont tout aussi évidents depuis 20 ans.

Certains voudraient que l’on parle seulement des premiers pour mieux dissimuler les seconds, qui sont en voie de faire du Québec un Nouveau-Brunswick version multiculturelle.

Acharnement

Dès son adoption, la loi 101 fut combattue avec acharnement par les anglophones d’ici, ouvertement aidés par le gouvernement fédéral et par la frange la plus colonisée du Québec francophone.

Ça n’a jamais vraiment cessé.

Ils ont obtenu son affaiblissement et, surtout, que les gouvernements successifs n’aient pas trop envie de rebrasser tout ça.

Que voulez-vous, quand la puissante minorité qui tient en otage le PLQ est aussi soutenue par Ottawa et par tous les Elvis Gratton du Québec, ça fait beaucoup de monde à la messe.

Les immigrants, eux, arrivent ici, c’est-à-dire au Canada, et voient bien qui est majoritaire. Mettez-vous un instant à leur place.

Nos jeunes, pour la plupart, ont eu le cerveau lessivé par le catéchisme du « vivre-et-laisser-vivre » – euh, pardon, du « live-and-let-live » –, qui pose que la moindre contrainte imposée au nom de quelque chose de plus important que notre petite personne est regrettable, voire intolérable.

« Bonjour, hi, je peux vous aider, can I help you ? »

Tout ça pour ça.


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