«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Introduction à la géopolitique du pétrole et du gaz dans les Amériques (2001-2017)

Tribune libre de Vigile
jeudi 16 mars
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Grâce aux avancées technologiques au début du XXIe siècle, les Amériques connaissent une nette croissance de la production de pétrole et de gaz au fil des années. Cette montée en puissance rapide s’explique par l’augmentation des prix du pétrole, entre 2004 et 2008, qui a légitimité la mise en valeur d’importantes réserves qui, jusque-là, restaient inaccessibles. Ce boom énergétique concerne essentiellement le Canada, les États-Unis, le Brésil et l’Argentine.

Au prix d’une lourde pollution de l’environnement, le Canada et les États-Unis se livrent à une course à la production pétrolière et gazière grâce à la technique de la fracturation hydraulique. Cette technologie consiste à envoyer dans les nappes d’hydrocarbures un mélange d’eau et de produits chimiques sous pression afin que la roche libère les hydrocarbures. Au Canada, les immenses gisements de sables bitumineux de l’Alberta permettent au pays de disposer de la troisième place mondiale en terme de réserves prouvées de pétrole pour un total de 175 milliards de barils. Les États-Unis, de leur côté, possèdent la deuxième réserve mondiale de gaz derrière la Russie et devant la Chine grâce aux gisements du Texas, de la Louisiane et de Pennsylvanie. Grâce à l’abondance du gaz de schiste, dès 2009, les États-Unis deviennent le premier producteur mondial de gaz. Le pays compte plus de 50 000 forages de ce genre sur son territoire. Selon les estimations, les réserves américaines de pétrole de schiste, quant à elles, s’élèveraient à 2 000 milliards de barils.

Désireux de tirer un meilleur profit de leurs gisements, le Canada et les États-Unis négocient activement pour connecter leurs immenses réserves de pétrole au marché mondial. C’est pourquoi, ils discutent pour la création d’un oléoduc géant de 2 735 km, le « Keystone XL », qui relierait l’Alberta aux raffineries du golf du Mexique. Ce projet soulève de vives polémiques. Les opposants estiment que le transport d’hydrocarbures serait néfaste et dangereux pour la santé. Ils avancent l’argument que l’exploitation des sables bitumineux à longue distance engendre d’importants besoins en énergie et donc généreraient un grand volume de gaz à effet de serre. Les partisans du projet, quant à eux, mettent en avant le fait que les États-Unis pourraient réduire leur dépendance énergétique et que des milliers d’emplois pourraient être crée dans le pays. Le Canada, qui exporte un million de barils chaque jour vers son puissant voisin américain, mène un lobbying intensif auprès des États-Unis pour faire accepter le projet. L’oléoduc permettrait à l’Alberta d’exporter vers les raffineries du Texas un million de barils supplémentaire par jour.

Conscient que les États-Unis sont fortement dépendants du reste du monde en matière de pétrole, ce qui limite sa liberté d’action, le gouvernement américain cherche à remédier à cette situation. Le 31 mars 2010, le président Obama annonce un vaste plan destiné à multiplier les forages offshore pour le pétrole ainsi que le gaz naturel. Le but de cette politique est de produire davantage sans toucher aux ressources naturelles du territoire américain. Le plan met fin au moratoire mis en place par les précédents présidents américains. Il autorise l’exploration sur une zone côtière allant du Delaware à la Floride. Il permet également les forages tout le long de la côte atlantique, dans le golfe du Mexique et au nord de l’Alaska. Dans ce contexte, les États-Unis, tout comme le Canada, s’intéressent activement à l’exploration de l’océan Arctique en vue d’y exploiter ses gisements d’hydrocarbures dont le volume est estimé à 160 milliards de barils. Par exemple, en 2015, le gouvernement américain autorise la compagnie Shell à forer du pétrole et du gaz dans l’Arctique. La présence accrue d’entreprises dans cette zone vient accroître le trafic maritime ce qui rend le contrôle des axes de communication stratégiques pour les États qui cherchent à exercer une influence sur l’Arctique. Par exemple, le contrôle du détroit de Béring s’avère indispensable. Les pays se disputent également le sous-sol. Par exemple, il existe un contentieux entre le Canada et la Russie en Mer de Beaufort, dans une zone de 10 000 km2, susceptible de comporter d’importants gisements d’hydrocarbures. Allié des États-Unis et du Canada dans le cadre de l’OTAN et, deuxième espace maritime mondiale derrière les États-Unis, la France entend également jouer un rôle dans l’Arctique. Par exemple, en 2011, 1 600 soldats français, canadiens et américains s’entraînent ensemble au Québec. Ils débarquent à la Baie-James car cette zone se caractérise par un climat arctique.

Cependant, la mise en valeur des ressources en pétrole et en gaz dans la zone arctique restent encore aujourd’hui très hypothétique. En effet, la région n’a fait l’objet d’aucune prospection de grande envergure. De plus, même si les activités de recherche s’intensifient, les glaces sont loin d’avoir totalement fondues. Contrairement au golfe du Mexique, les conditions naturelles de l’Arctique sont très difficiles. Il n’y a pas une mer calme favorable à l’implantation de plateformes pétrolières et gazières. La politique active du gouvernement américain pour soutenir la mise en valeur des ressources en hydrocarbures donne des résultats tangibles. En 2013, les États-Unis exportent plus de pétrole qu’ils n’en n’importent. En 2015, ils deviennent le premier producteur de pétrole au monde.

Le Brésil, quant a lui, a découvert en 2006 une série de gisements de pétrole dans sa Zone Économique Exclusive (ZEE). Ils se situent au large des côtes des États de l’Espirito Santo, de Rio de Janeiro, de Sao Paulo, du Parana et de Santa Catarina. L’exploitation des premiers puits offshore a débuté en décembre 2010 par la compagnie nationale brésilienne Pétrobras. Les réserves sont estimées à 80 milliards de barils. Pour protéger ses infrastructures, qui s’avèrent hautement stratégiques pour l’économie du pays, le gouvernement brésilien achète à la France quatre sous-marins d’attaque Scorpène en 2008. L’Argentine, de son côté, possède la troisième réserve mondiale de gaz de schiste, avec 22 000 milliards de m3, derrière les États-Unis, la Chine et le Mexique.

L’activisme des États d’Amérique en matière énergétique a conduit la France à s’interroger sur ses propres réserves. En effet, les géologues ont supposé que le sous-sol des côtes d’Amérique du Sud étaient similaires à celui des côtes du golf de Guinée, riche en hydrocarbures. Un premier gisement de 300 millions de barils de pétrole finit par être découvert en 2011 au large de la Guyane dans la Zone Économique Exclusive française. Cette nouvelle encourage la compagnie pétrolière française Total a poursuivre les explorations pour y découvrir des gisements plus abondants.

Pour conclure avec ce bref panorama, les Amériques s’imposent comme un important producteur de pétrole et de gaz dans la monde. Grâce au gaz de schiste des États-Unis, la production de gaz naturelle des Amériques s’avère même supérieure à celle du Moyen-Orient. Cependant, les Amériques ne constituent pas un « nouveau monde » en matière énergétique. Les ressources du Moyen-Orient restent les plus importantes connues au monde, tant pour le pétrole (63%) que pour le gaz (35%), et s’avèrent très faciles à extraire. Le faible coût d’exploitation permet au Moyen-Orient de générer des profits colossaux y compris quant le prix du baril est au plus bas. Grâce à l’OPEP, les pays de cette région du monde conservent une importante marge de manoeuvre sur les prix des hydrocarbures, notamment à la baisse, qui leur permet de mettre à genoux les Amériques si besoin. L’OPEP a déjà agit de la sorte au milieu des années 1980 ce qui a conduit l’industrie pétrolière louisianaise offshore à entrer dans une crise majeure.

Bibliographie :

ANDLAUER Alexandre, HECKER Christophe, Gaz et pétrole de schiste : révolution planétaire et déni français, Laffont, 2015, 257 p.
BICKIS Ian, Nouvelle demande d’approbation de tracé pour Keystone XL, La Presse, 16 février 2017, 1 p.
GAZZANE Hayat, Les États-Unis deviennent le premier producteur de pétrole du monde, Le Figaro, 12 juin 2015, 1 p.
LAFFONT Nicolas, 1 600 guerriers de l’Arctique débarquent à la Baie-James, Journal Métro, 28 février 2011, 1 p.
Le Figaro, Russie : exploitation d’un nouveau gisement dans l’Arctique, 21 septembre 2016, 1 p.
Le Monde, Du pétrole découvert au large de la Guyane française, 9 septembre 2011, 1 p.
LOZACH Anaïs, États-Unis : découverte du plus grand gisement de pétrole depuis 30 ans, Zonebourse.com, 10 mars 2017, 1 p.
NODÉ-LANGLOIS Fabrice, Pétrole : la production des États-Unis a dépassé les importations, Le Figaro, 14 novembre 2013, 1 p.
NORMAND Geneviève, La fracturation hydraulique responsable de centaines de séismes en Alberta, Radio-Canada, 18 novembre 2016, 1 p.
Radio-Canada, Les fluides de fracturation hydraulique nocifs pour les poissons, 25 janvier 2017, 1 p.

Commentaires

  • Ludovic MARIN, 22 mars 16h46

    Bonjour M. François A. Lachapelle,

    Je vois à travers les deux commentaires que vous avez publié sur mon article que vous faites une fixette sur l’Arabie Saoudite face aux États-Unis. Avez-vous au moins remarqué que je parle de l’OPEP et non pas de l’Arabie Saoudite dans mon texte ?

    Pour mémoire, l’OPEP comprend les pays suivants :
    - Algérie : deuxième réserve de gaz en Afrique.
    - Angola
    - Gabon
    - Libye
    - Nigéria : première réserve de pétrole et de gaz d’Afrique.
    - Équateur
    - Venezuela : première réserve de pétrole au monde.
    - Arabie Saoudite : deuxième réserve de pétrole au monde.
    - Émirats arabes-unis : septième réserve de pétrole et de gaz au monde.
    - Irak : cinquième réserve de pétrole au monde.
    - Koweit
    - Quatar : troisième réserve de gaz au monde
    - Indonésie

    Pourquoi est-ce que justement je parle de l’OPEP ? Toute simplement parce qu’à eux seuls, les pays membres de l’OPEP concentrent la majorité des ressources en pétrole et en gaz disponible sur la planète. Ils sont organisés en un cartel, l’OPEP, qui fixe unilatéralement le prix à l’échelle mondiale des marchés du pétrole et du gaz. Au sein de l’OPEP, l’Arabie Saoudite occupe une place décisionnelle importante puisqu’elle dispose d’énormes ressources pétrolières face aux autres États membres. Elle influence donc la position de l’ensemble du cartel. Bien que producteurs de pétrole et de gaz, les États-Unis ont des réserves nettement inférieures à celle du total cumulé de l’ensemble des pays de l’OPEP. Dans le domaine des hydrocarbures (pétrole/gaz), les États-Unis sont un nain face à l’OPEP. Les pays membres du cartel veillent étroitement à continuer à maîtriser les prix du gaz et du pétrole car ils tirent de ces énergies d’énormes profits. Ils ont donc lancé une guerre des prix en mettant sur le marché d’énormes quantités d’hydrocarbures entre 2014 et 2017, ce qui a rendu la technologie de fracturation hydraulique très difficile à rentabiliser pour les États-Unis. Les pétroliers américains n’ont aucun « pricing power », c’est-à-dire une capacité à fixer les prix, en matière de pétrole et de gaz. Ils ont décidé de réagir en mettant à leur tour d’importantes quantités d’hydrocarbures sur le marché mondial pour tenter de toucher au portefeuille de l’OPEP. Cette stratégie s’est avéré inefficace pour une seule raison : la technologie de fracturation hydraulique des Américains est bien plus coûteuse à mettre en œuvre que le simple forage dans les pays de l’OPEP. Les États-Unis ont besoin que le baril ne descende pas en-dessous de 70 $ le baril. À l’inverse, l’OPEP supporte un prix du baril inférieur à 40 $. Le cartel continue donc à faire d’importants profits quel que soit le prix du baril, ce qui n’est pas le cas des pétroliers américains.

    Les prix bas du pétrole et du gaz sur le marché mondial engendrent des marges basses pour les Américains et donc des difficultés à développer leur secteur de l’énergie. Pourquoi croyez-vous donc que le programme électoral de Donald Trump prévoit de soutenir le secteur pétrolier américain si tout allait si bien aux États-Unis ? Tout simplement parce que les acteurs américains du pétrole et du gaz de schiste ont un coût de production supérieur à celui des pays de l’OPEP. Le gouvernement Trump soutient l’activité du secteur pétrolier et gazier américain pour qu’il survive face à un marché mondial beaucoup plus compétitif. Le résultat de la guerre des prix entre les États-Unis et l’OPEP entre 2014 et 2017 est donc clair. Le cartel remporte la victoire.

    Comme toujours, j’appuie ma démonstration sur des sources vérifiables. Je propose donc à tous les lecteurs une série d’articles récents à lire ci-dessous pour mieux connaître la situation du marché mondial du pétrole ainsi que du gaz et comprendre en quoi les États-Unis, mêmes s’ils disposent de ressources en hydrocarbures non négligeables, sont faibles face à l’OPEP.

    Bibliographie :

    Guillaume Errard, « La chute du pétrole entraîne une cascade de suppressions d’emplois », Le Figaro, 21 janvier 2015, 1 p.

    Hayat Gazzane, « Pétrole : les fermetures de puits s’accélèrent aux États-Unis », Le Figaro, 4 février 2015, 1 p.

    Bilan, « Riyad a gagné la guerre du pétrole », 3 mars 2016, 1 p.

    L’Usine Nouvelle, « Quand les pétroliers se demandent comment gagner à nouveau de l’argent... », 21 avril 2016, 1 p.

    Réseau Voltaire, « Le prix bas du pétrole impacte les États-Unis », 7 juin 2016, 1 p.

    Spoutnik, « Production pétrolière : l’Arabie saoudite passe devant les USA », 19 septembre 2016, 1 p.

    Le Huffington Post, « Accord "historique" des pays de l’Opep pour réduire leur production de pétrole (et soutenir les prix) », 5 octobre 2016, 1 p.

    Connaissance des énergies, « États-Unis : les réserves de pétrole et de gaz révisées à la baisse », 15 décembre 2016, 1 p.

    Paris Match, « Sitôt investi, Donald Trump met le paquet sur les énergies polluantes », 20 février 2017, 1 p.

    Réserve de pétrole au Venezuela (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serves_de_p%C3%A9trole_au_Venezuela - consulté le 22 mars 2017).

    Réserve de pétrole au Nigéria (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serves_de_p%C3%A9trole_au_Nigeria - consulté le 22 mars 2017).

    Économie du Quatar
    (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_du_Qatar#Le_puissant_secteur_des_hydrocarbures - consulté le 22 mars 2010).

    Réserve de pétrole en Irak
    (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serves_de_p%C3%A9trole_en_Irak - consulté le 22 mars 2017).

    Énergie aux États-Unis
    (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_aux_%C3%89tats-Unis#R.C3.A9serves_de_p.C3.A9trole - consulté le 22 mars 2017).

    Économie des émirats arabes unis (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_des_%C3%89mirats_arabes_unis - consulté le 22 mars 2017).

  • François A. Lachapelle, 21 mars 18h11

    @ Ludovic Marin
    Je vous donne raison. Je m’excuse pour le ton agressif. Je vous prie d’omettre ma 1ère phrase.

    À défaut de ne pas citer mes sources, je vous prie de remarquer que je cite de nombreux faits qui sont difficiles à nier.

    Une question à vous poser pour laquelle j’aimerais vous lire.

    Voici : Vous affirmez dans votre dernier paragraphe, je cite : " Grâce à l’OPEP, les pays de cette région du monde conservent une importante marge de manoeuvre sur les prix des hydrocarbures, notamment à la baisse, qui leur permet de mettre à genoux les Amériques si besoin."

    Question : si les Monarchies du Golfe persique "conservent une importante marge de manoeuvre etc" alors pourquoi ces pays de l’OPEP ne mettent pas à genoux maintenant les Amériques, surtout les États-Unis ?

    Rappel : les pays de l’OPEP produisent 33% des 90 M de baril/jour. Autre point : une baisse du prix du pétrole comme actuellement qui tourne autour de 50$ USD pénalise aussi les bénéfices des putschistes. Depuis déjà 3 ans, le budget annuel de l’Arabie saoudite est déficitaire entre 100 et 50 G USD.

    Qu’en pensez-vous ?

  • Ludovic MARIN, 21 mars 01h57

    Bonjour M.François A. Lachapelle,

    Pour commencer, merci de votre intérêt pour mon article.

    La contradiction est un élément important pour faire avancer la réflexion.

    Cependant, votre commentaire se contente de critiquer pour critiquer et n’apporte rien de neuf car :

    1/Vous ne citez aucune référence (livre, article...) pour permettre aux lecteurs d’aller se faire leur propre idée alors que je le fais pour chaque sujet que je traite.

    2/votre ton agressif à mon égard dès la première ligne de votre commentaire ne confère aucun poids supplémentaire à votre propos.

    Par conséquent, merci de bien vouloir vous abstenir de commenter négativement des articles si vous n’êtes pas en mesure d’indiquer explicitement aux lecteurs de Vigile vos sources.

    Cordialement.

  • François A. Lachapelle, 19 mars 17h02

    L’article de Ludovic Marin est très incomplet, même trop rose bonbon. Les faiblesses de l’Arabie Saoudite sont majeures et nombreuses : elles sont financières pour le budget du pays ; elles sont sociales avec la famille des Saoude composée de 4000 personnes à payer à rien faire ; elles sont géo-politique avec une perte d’influence régionale causée par la montée de l’Iran, causée par la guerre avec le Yémen et causée par leur perte de poids décisionnel mondial dans le prix du baril de pétrole.

    Si le Canada peut doubler sa production de pétrole en 5 ans passant de 2,5 millions de baril/jour à 5 millions, l’Arabie Saoudite possède-t-elle cette même option ?

    Revenons à quelques éléments de l’article de Ludovic Marin.

    « Grâce à l’OPEP, les pays de cette région du monde conservent une importante marge de manoeuvre sur les prix des hydrocarbures, notamment à la baisse, qui leur permet de mettre à genoux les Amériques si besoin. L’OPEP a déjà agit de la sorte au milieu des années 1980 ce qui a conduit l’industrie pétrolière louisianaise offshore à entrer dans une crise majeure. »

    Question : comment en 2017, les pays de l’OPEP dont l’Arabie Saoudite peuvent-ils mettre à genoux les Amériques lorsque les États-Unis sont devenus des exportateurs nets de pétrole et de gaz ?

    L’auteur se contredit entre le début de son exposé et sa conclusion. Je cite son texte en début du 3e paragraphe : «  Désireux de tirer un meilleur profit de leurs gisements, le Canada et les États-Unis négocient activement pour connecter leurs immenses réserves de pétrole au marché mondial. C’est pourquoi, ...  »

    L’Arabie Saoudite aussi subit de graves inconvénients causés par la baisse du prix du baril de pétrole. On est plus en 1973 alors que le baril de pétrole est passé de 2$ à 17$/baril en 5 mois.

    Question : combien de revenus annuels perd l’Arabie Saoudite avec un baril de pétrole autour de 50$ au lieu de 100$ ? réponses trouvées sur internet sous la forme d’un déficit budgétaire annuel du Gouvernement : 2015 = déficit budgéraire de 98 GUSD, 2016 = 79 GUSD et 2017 = 53 GUSD

    Ces déficits s’appliquent à des dépenses budgétaires annuelles d’environ 200 GUSD.

    C’est l’instabilité sociale qui est la plus préoccupante en Arabie saoudite. La famille royale des Saoude est composée de 4000 personnes payées à rien faire. La majorité de ces privilégiés se divertissent dans les loisirs dont des voyages à l’égranger avec des suites impressionnantes à 5 étoiles et plus. Il existe des vidéos youtube montrant comment les princes saoudiens se divertissent sur la Cöte d’Azur, dans la Cité de Londres, à Paris sur les Champs Élysées, dans les casinos de Yong-Kong, etc.

    Le tiers des 30 millions d’habitants du pays ne sont pas saoudiens ; ils agissent en remplacement de la main-d’oeuvre spécialisée inexistante pour construire tous les immeubles luxueux que les pétro-dollars permettent. Allez voir le site internet de l’Université de Médine : le coursus est exclusivement religieux, Coran, sharia, hadiths. Ce n’est pas cette université qui produit beaucoup d’ingénieurs, d’informaticiens et de spécialistes de la santé.

    Actuellement, l’alliance stratégique (Pacte de Quincy 1945 renouvelé en 2003 par Bush fils) entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite est en train de se diluer au profit du QATAR où les É.U.A. ont établi leur plus grosse base militaire hors les États-Unis.

    Pourquoi les É.U.A. se désintéressent-ils de l’Arabie Saoudite ? a) ils remplacent le pétrole de l’Arabie par le pétrole de l’IRAQ b) la stabilité sociale de l’Arabie Saoudite est plus problématique ; depuis de nombreuses années le bras politique, rôle joué par la famille royable Saoude, est en équilibre fragile avec le bras religieux des Molas ; de plus sur le plan religieux, la minorité chiite en Arabie est inquiétante pour la famille Saoude. c) il y a la guerre entre l’Arabie Saoudite et le Yémen d) la levée des sanctions contre l’Iran augmentera la présence commerciale et diplomatique de l’Iran dans la zone, grand pays de 80 millions d’habitants instruits contrairement aux gens du désert de l’Arabie Saoudite devenus des nouveaux riches oisifs et intriguants.

    L’Arabie Saoudite est un baril de poudre avec sa structure économique mono-industrielle à 90%. Les lieux saints de Médine et de La Mecque sauvent temporairement la mise de l’Arabie Saoudite.

  • pierre-yves dubreuil, 18 mars 17h48

    très intéressant et bien écrit !

    jusqu’à quand le pétrole restera le premier enjeu géo-stratégique ?

    est-ce que le lithium deviendra la prochaine ressource la plus prisée (pour les piles) ?

    On connait toute la pollution et les dommages sur la santé que peut engendrer le moteur à essence, surtout dans les villes. Et l’extraction va devenir de plus en plus coûteuse.

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