«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Hors de question pour eux de quitter le confort du Canada

Ils n’appuieront jamais le projet d’indépendance

Une vérité « honteuse »

Tribune libre de Vigile
mercredi 10 février 2016
686 visites 6 messages

On dira du discours qui suit que c’est du racisme, de la xénophobie ou un repli sur soi. On dira que je rejette les immigrants et que je hais les anglophones.

Évidemment ce n’est pas le cas. C’est à côté du sujet. Ceux qui me traiteront ainsi sont binaires, ils donnent dans la facilité, le raisonnement court. Et ils s’en foutent, ils sont majoritaires alors ils ont raison, pas besoin de réfléchir à ce qu’on fait.

En général les anglophones du Québec sont des canadians qui habitent dans une région francophone. Il sera toujours hors de question pour eux de quitter le confort du Canada pour s’aventurer à vivre en minoritaire parmi nous. La majorité des immigrants pensent de la même façon et on les comprend. Ils vivent au Canada et s’adaptent à la langue de la majorité.

Regardez la planète aujourd’hui, jamais aucune population dans la situation des anglophones au Québec n’a appuyé la séparation de leur pays. Objectivement ils n’ont aucun intérêt à le faire, alors ils ne le font jamais. Et ils ne le feront jamais. Pourquoi donc nous ici au Québec, on réussirait à les convaincre du contraire ? Quelle est cette pensée magique ?

C’est impossible. Il est temps de se rendre compte de ce qu’on fait. Il est temps de cesser cet électoralisme vain.

Il faut faire ce débat fondamental : il y a moyen de parler en notre nom, ceux pour qui l’indépendance est nécessaire, sans rejeter, dans le discours, ceux qui ne sont pas concernés. Tout ceux qui se disent canadiens d’abord se sentiront rejetés mais ce n’est pas le but, c’est une conséquence. C’est une nuance qui fait toute la différence.

Allons au fond des choses. Essentiellement, nous avons le devoir d’assurer notre existence et notre avenir, ce devrait être un réflexe. Lorsque l’indépendance du Québec adviendra, tous ceux qui ne sont pas de notre peuple (parce qu’ils refusent sa singularité et privilégient sa dissolution dans le Canada) se sentiront rejetés.

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Si on veut l’indépendance du Québec, on comprend que des gens se sentiront rejetés. Et alors, ce n’est pas notre désir. Ça devient leur problème, ils peuvent construire le pays avec nous, ils ne sont pas obligés de s’exiler.

Juste ça c’est insupportable. non, il ne faut pas penser comme ça. Au contraire nous avons le devoir, disent-ils, de leur tendre la main, de les convaincre, etc.

Le PQ veut faire la révolution sans bousculer personne alors il accepte de s’encombrer de toutes les considérations politiques connexes (comme cette conséquence déplaisante pour une petite partie de la population) qui finissent par le neutraliser.

Gens du PQ vous avez tort parce qu’en agissant ainsi vous négligez votre peuple, la grande majorité de la population pour qui on fait l’indépendance. Votre extrême sensibilité à l’égard des immigrants et des anglophones occupe tout votre temps, vous êtes devenus craintifs, vous vous empêtrez continuellement dans les pièges de l’ennemi et vous ne voyez plus clair. Pour tout dire, vous avez perdu le cap depuis tellement longtemps que vous avez oublié jusqu’à votre raison d’être.

**********

Notre conditionnement nous empêche de réfléchir de façon lucide. Pour ne pas déranger la quiétude des anglophones et pour ne pas « rejeter les immigrants » devons-nous endurer notre sort, devons-nous accepter notre mort lente sans réagir ?

Il n’y a pas d’échappatoire : voulons-nous oui ou non survivre comme société francophone ?

Bien des gens au PQ refusent absolument cette réalité, ils vont jusqu’à se battre pour tenir le discours multiculturaliste / interculturaliste, c’est dans leurs trippes, ils ont été conditionnés comme ça. Dans leur tête, chaque communauté ethnique peut avoir ses projets et se nommer sans gêne et sans remord, mais c’est interdit pour la plus grande communauté, 80% de la population.

Et on ne parle pas de n’importe quel projet, on parle de notre survie !

C’est fou n’est-ce pas ? Si ce comportement maladif n’est pas le résultat d’un fort conditionnement, est-ce une tare ? Pour ces gens intoxiqués, parler de nous, faire un projet pour nous, ça signifie rejeter les immigrants et ça les paralyse.

Un autre exemple de ce conditionnement : même si l’évidence crève les yeux ils refusent de questionner le taux d’immigration anormalement élevé au Québec comparativement au reste du monde occidental (c’est pratiquement du simple au double). Ils ne veulent pas être comparés au Front National français, ils sont extrêmement frileux. On leur a appris que ce n’est pas bien d’être nationaliste ou patriote, fier de son peuple, sauf si on est canadien ou américain.

Des gens me disent encore qu’au Québec nous avons besoin de cette grande masse d’immigrants pour soutenir notre économie. Quand je leur demande pourquoi ce n’est pas une nécessité pour les autres pays, ils restent interloqués, ils semblent se rendre compte de l’arnaque. Il faudrait continuer le raisonnement, leur ouvrir les yeux quant aux auteurs de cette arnaque et à leur dessein.

Tous les indépendantistes qui persistent à vouloir plaire aux immigrants et aux anglophones se battent inutilement pour trouver la quadrature du cercle. Leur projet est impossible. Ils nuisent donc au mouvement indépendantiste et sont même responsables de notre malheur parce qu’ils participent à ce processus qui nous tue lentement mais sûrement.

Les plus lucides au PQ savent bien cela mais ils diront qu’il faut acquérir le Pouvoir d’abord et qu’il est impossible de se faire élire sans le concours des immigrants et des anglophones. Ce qui est faux. 80 % de la population est francophone et dans les meilleurs jours, il y a plus d’indépendantistes dans la population que de voteurs pour le parti Libéral. Mais le PQ ne voit pas ça.

N’importe où ailleurs, avec une masse de gens approchant les 40% comme les souverainistes au Québec, ça serait amplement suffisant pour obtenir le Pouvoir et faire les changements souhaités. Mais le PQ ne voit pas ça.

Il faut changer les mentalités, tuer les tabous et affronter tous les jours la hargne des prostitués et des inconscients jusqu’à ce qu’ils comprennent notre action. Aujourd’hui, s’engager dans le combat pour l’indépendance du Québec, c’est ça.

Le seul qui a montré un peu de courage à cet égard, c’est Bernard Drainville avec sa Charte que même le PQ a malmené. Pourtant la population appuyait la Charte en majorité ; ce ne doit plus être le cas aujourd’hui car à l’époque, tous les médias l’ont décrié et ont fait dévier l’attention sur des détails qui ont fait dérailler le processus. Depuis ce temps la SRC, comme la plupart des autres médias officiels, ne manque pas d’occasion de rappeler cet "épisode sombre" du dernier règne du PQ.

Etre lucide c’est reconnaitre ses ennemis.

Si on est sérieux, si on veut vraiment l’indépendance, il faut cesser de mentir et faire face à la réalité. Il y a d’autres vérités à accepter, d’autres mentalités majoritaires à changer, comme ce déni de la malveillance constante du Canada à l’égard du Québec. Lisez le dernier texte de M. Gilles Verrier.

Commentaires

  • Marcel Haché, 11 février 2016 08h10

    Un Québec indépendant n’aurait aucune difficulté à se gagner la fidélité des nouveaux et des anciens « nouveaux arrivants »
    Tous ceux-là qui ont été accueillis un jour seront d’une fidélité exemplaire à l’endroit du Pays Québec, mais resteront nostalgiques du Canada pour une génération, le temps qu’ils comprennent que c’est Nous qui les avions accueillis.

    Mais entretemps, il faut prendre la réalité comme elle est : la fidélité des « nouveaux arrivants » s’adresse au Canada davantage qu’au Québec. Et si cette fidélité s’adresse « aussi » au Québec- tout le West Island prétend depuis longtemps être « aussi » québécois- cette fidélité ne s’adresse pas au Pays Québec mais à la province de Québec. Parmi les plus fidèles de la province de Québec, il y a les p’tites gangs à Couillard et Trudeau, dont souvent l’électorat des « souches » n’est pas la moins raciste parmi Nous. Oh que non…

    Le Pays Québec, ce n’est pas seulement Nous, bien évidemment, mais c’est Nous d’abord. L’Indépendance, c’est notre affaire à Nous d’abord.

    Plus le P.Q. va chercher à plaire à ceux dont la fidélité s’adresse d’abord au Canada, et plus il va désorienter (de fait, le plus il a désorienté) le seule électorat (Nous) qui se trouve « aussi » le premier concerné par l’Indépendance.

    Le plus rapidement le P.Q. va admettre l’immense faillite du nationalisme civique, le plus ses chances de revenir au Pouvoir seront grandes. C’est lui d’ailleurs, le nationalisme civique, qui a mis la table au « pays fantasmé », à l’indépendantisme « incantatoire », dont hélas, mille fois hélas, se satisfont ceux d’O.N., et qui voudraient marquer le pas du P.Q.

    Sans le Pouvoir, le dur Pouvoir, le sale Pouvoir, qu’importe, l’avenir et l’agenda même du P.Q. sont connus : il poursuivra solidement dans sa spirale descendante, cependant que l’Indépendance se transformera en courant d’air.
    Pas besoin de boule de cristal pour voir les choses venir. Suffit d’ouvrir tout grand ses yeux et ses oreilles, et un peu son cœur.

  • André Gignac, 10 février 2016 17h01

    Monsieur Bouchard

    Je suis très content que vous abordiez ce sujet ; j’espère qu’au congrès du PQ de fin février que les membres poseront des questions pointues, à cet effet, aux dirigeants de ce parti. Je tiens le PQ, rien de moins, complice avec le PLQ de l’assimilation programmée des Québécois avec cette immigration massive et de la détérioration du français au Québec.

    Avoir peur de passer pour des racistes lorsque c’est une question de vie ou de mort pour notre survie collective surtout pour un parti qui prône l’indépendance du Québec, c’est être vraiment déconnecté ou inconscient de la réalité québécoise tout simplement. Vous avez la plus belle preuve que le PQ est pour le maintien du statu quo actuel dans ce Canada multiculturel. Excellent texte !

    PS ; Comment se fait-il que Couillard n’est pas nommé un ministre francophone au lieu d’une anglo du West Island à l’immigration ? Elle ne m’inspire pas beaucoup confiance.

    André Gignac 10/2/16

  • Jean Brilland, 10 février 2016 15h45

    Monsieur Bouchard,

    Imaginez un Québec indépendant où notre nouvelle Agence de développement international du Québec a comme modèle d’affaire, celui d’appuyer le développement des régions/communautés/familles d’où originent nos immigrants.

    Nos immigrants diront oui à une telle idée.

    Je vous dirais qu’au moin 40 % des immigrants votera pour un parti indépendantiste qui pronera le développement des régions d’origine de nos immigrants.

    Pourquoi d’entrée de jeu, nous aliéner cette part importante de l’éléctorat ? C’est se peindre dans le coin et nous rendre la tâche beaucoup plus difficile.

    C’est surtout un manque de confiance et ultimement, de vision.

    PS : Je vous invite à rencontrer des indépendantistes qui sont immigrants, vous découvrirez leurs cordes sensibles.

  • Marcel Haché, 10 février 2016 10h47

    M. Bouchard.

    Machiavel expliquait au Prince qu’il avait le choix entre être aimé ou être craint. Il lui conseillait d’être craint, qu’il n’en serait que plus aimé.

    S’agit donc simplement, tout simplement, de renverser la situation qui Nous a toujours été faite…Vous avez raison, 80 % est une donnée amplement suffisante.

  • Gaston Carmichael, 10 février 2016 08h43

    110%, M. Bouchard. MINIMUM !

    Depuis des générations que les anglos et les allos votent contre nous à plus de 95%, et personne n’a jamais osé de les traiter de racistes et de xénophobes. Eux, ils votent pour leurs intérêts. À nous de faire de même.

    Si le vote francophone est la clé à notre pays, le corollaire, c’est que c’est dans les région que se gagnera le pays.

    Voici l’antithèse à votre discours. . Et, dire que Mme Marois endossait ce rôle de carpette

  • Michel Charlebois, 10 février 2016 07h57

    L’indépendance n’est pas un état de choses. C’est un devoir. • Václav Havel

    Le ROC et le Québec sont des cultures régionales rivales et on ne peut espérer la défection de nos voisins pour assurer notre survie au détriment de la leur. Les immigrants, comme dans n’importe quel pays dans une situation similaire, ont peur de faire les frais de l’indépendance. C’est à nous d’assumer nos responsabilités car a défaut de le faire les conséquences seront brutales et sans compromis ; la disparition complète de notre nation. C’est la Louisianisation ou la Manitobasation qui nous gette, et ce, dans le meillieure des cas.

    La situation à redresser ne concerne que les francophones du Québec, c’est à nous d’agir.

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