«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

PARLONS STRATÉGIE

Il dérange qui, l’Appel citoyen du 20 mai ?

l’hiver dure longtemps au Québec...

Tribune libre de Vigile
samedi 17 juillet 2010
411 visites 1 message

Je ne m’exprime pas ici au nom du Collectif qui a initié l’Appel citoyen du 20 mai mais en mon nom.

Cet Appel est une façon parmi d’autres de promouvoir la convergence indépendantiste. Le Collectif qui l’a lancé ne prétend pas à l’exclusivité. Il présente des propositions, non un catéchisme, sur une manière de réaliser cette convergence et de s’entendre sur un essentiel commun. Cette manière et ces propositions sont discutables et discutées ; il faut bien partir de quelque part. Quelques idées sont originales, d’autres ont déjà été avancées auparavant, et le sont toujours, par des individus ou des groupes.

Beaucoup la souhaitent, cette convergence, mais certains se cabrent ou s’esclaffent dès que d’autres qu’eux-mêmes en proposent une version. Pourraient-ils expliquer en quoi il serait hérétique de ne pas attendre que les choses se fassent toutes seules ? Voilà des années que les choses ne se font pas toutes seules, autrement dit, qu’elles ne se font pas. Sommes-nous plus avancés ? Voilà des années que la mouvance indépendantiste tire en général plus souvent sur son propre camp que sur l’ennemi. Cela nous a-t-il rapprochés du but ? Les insultes et les injures fraternellement et mutuellement distribuées, sans tenir compte des incitations au décrochage, ont-elles fait naître un seul indépendantiste supplémentaire ?

Bien sûr que la convergence ne se réalisera que lorsqu’une part significative de la population sera suffisamment éveillée à la conscience nationale, mais cela ne sera possible que si la mouvance indépendantiste lui présente une image concrète de ce que signifie l’indépendance et constitue un front uni et crédible, condition peut-être insuffisante à elle seule — les circonstances, qu’on le veuille ou non, joueront un rôle non négligeable — mais dans tous les cas nécessaire. Pour y arriver, tous le disent, fort ou du bout des lèvres : la convergence et l’union sur un essentiel commun sont indispensables.

Ce n’est pas la première tentative du genre, ce ne sera probablement pas la dernière non plus. Il se pourrait même qu’elle échoue lamentablement — comme d’autres —, ce que d’aucuns, apparemment, ne déploreraient pas une miette.

Que les partis, les mouvements et même des personnalités connues tiennent à protéger leur fonds de commerce est normal : à elle seule, l’indépendance ne résoudra jamais tous les problèmes collectifs même si elle constitue la pierre d’assise. Chaque parti, chaque mouvement voire chaque personnalité peut nourrir une vision globale qui alimentera le jeu politique lorsque l’État souverain québécois aura vu le jour. Pour que cela devienne possible, il faudra tout de même que tous s’entendent pour accoucher de cet État... et reconnaître d’abord la souveraineté démocratique du peuple comme fondement de l’État et du gouvernement.

Pour ma part, je suis saturé de ces guéguerres entretenues pour des raisons obscures où ratiocinations et contorsions intellectuelles ne manquent pas d’air. Et je commence à croire, à tort je le souhaite, que l’insistance de l’Appel citoyen sur cette souveraineté démocratique du peuple en incommode plusieurs. Je n’ai jamais occupé de fonction politique mais suffisamment fréquenté le monde politique pour savoir que le peuple, ça ne réjouit la plupart des politiciens que lorsqu’il vote pour eux et se contente ensuite de se taire. Peut-être les indépendantistes sont-ils différents des autres, mais je ne parierais pas mon anorak là-dessus : l’hiver dure longtemps au Québec, même quand on n’est ni notable ni notaire...

Auteur : Raymond Poulin

Commentaires

  • Mario Goyette, 17 juillet 2010 11h35

    Bonjour M.Poulin
    Comme c’est curieux parfois de constater que certaines choses qui sont aussi évidentes que le nez au milieu du visage, passent inaperçues.
    Comme le choix du système politique britannique qui nous laisse le choix entre les libéraux et les conservateurs, mêmes minoritaires, jusqu’à la fin des temps.
    Mon intervention d’aujourd’hui est un cri du coeur que je tiens à partager et qui demande réparation, sans trop vouloir y croire.
    La semaine dernière, c’était 80 nouveaux miltaires québécois reçus à la Citadelle de Québec et hier, le joueur de hockey russe Andréi Markov qui lors d’une cérémonie pour recevoir la citoyenneté canadienne , à porter serment et allégeance à la Reine Élisabeth 2 et à la Monarchie britannique et cela malgré le rapatriement unilatéral de la constitution canadienne en 1982.
    Tous les Partis politiques québécois indépendantistes devraient adopter sur le champ dans leur programme le refus catégorique de perpétuer cette allégorie d’une époque révolue et utiliser les médias en diffusant des clips de cette cérémonie colonialiste hypocrite afin de bien faire comprendre qu’assez, c’est assez au risque d’aller au cachot, s’il le faut.
    http://www.cic.gc.ca/francais/pdf/pub/decouvrir.pdf

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