«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une liste de questions sans réponses à donner le vertige !

Chapitre 1

Henri-Paul Rousseau, le siphonneur de la Caisse de dépôt (2)

Le Québec, une république de bananes

Tribune libre de Vigile
vendredi 28 février 2014
3 414 visites 6 messages

Si vous n’avez pas lu l’Introduction, vous pouvez le faire ici

Le matin du 29 février 2009, la Caisse de dépôt annonçait en conférence de presse le montant des pertes qu’elle avait subies l’année précédente, dans la foulée de la crise financière mondiale et de la débâcle du papier commercial adossé à des actifs. Quarante milliards de dollars ! Quarante fois le coût de construction du stade olympique en 1976, une dépense jugée somptuaire et largement au-dessus des moyens du Québec en son temps.

On imagine donc le trou qu’une telle somme pouvait représenter dans le bilan de la Caisse, surnommée familièrement, et avec ce brin d’affection qu’on a pour les vieilles choses auxquelles on tient, « le bas de laine des Québécois ». Un quart des actifs accumulés par la Caisse depuis ses débuts en 1965 ! Une perte colossale !

Si le choc est rude et l’émotion grande sur le coup, la très habile campagne de communication – il faudrait plutôt parler de désinformation - mise en place pour camoufler des opérations douteuses et endormir les Québécois va rapidement y parvenir.

Cette campagne, c’est celle de ceux qui ont intérêt à ce que l’affaire soit rapidement étouffée : la direction de la Caisse au moment des événements, le gouvernement de Jean Charest, ultimement responsable de la situation devant la population, et, tapis dans l’ombre mais tirant toutes les ficelles, ceux à qui avaient profité les manoeuvres de la Caisse au cours des années précédentes et qui comptaient bien pouvoir continuer à le faire par la suite.

Car il faut comprendre qu’au delà des pertes directement attribuables à la crise financière, il y en a une autre partie, à ce jour inexpliquée, qui représente près de 30 % du total. Toutes les institutions financières comparables ont subi des pertes en 2008, mais aucune n’en a subi autant que la Caisse de dépôt et de placement du Québec.

Président de la Caisse de 2002 à 2008, Henri-Paul Rousseau n’est plus à la barre au moment de l’annonce de ces pertes. Il a annoncé son intention de quitter ses fonctions au mois de juin précédent (2008), mais a accepté de demeurer conseiller auprès de la direction jusqu’au 31 août pour « permettre une transition ordonnée » (sic) à son successeur [1]. Au début de 2009, selon le communiqué émis au moment de son départ, il passera au service de Power Corporation et de sa filiale de services financiers à titre de vice-président du conseil d’administration de chacune des deux sociétés.

Étonnamment, trois semaines avant que la nouvelle des pertes ne soit révélée, La Presse nous apprenait qu’Henri-Paul Rousseau avait « empoché une généreuse indemnité de départ » en quittant ses fonctions, en rajoutant « Et contrairement à la pratique répandue, la somme lui a été versée même s’il a quitté son poste de plein gré. »

En fait, la chose est si étrange qu’il vaut la peine de lire le reportage de Francis Vailles :

« Plus précisément, l’ex-PDG a reçu 378 750$ après avoir quitté l’institution, le 31 août 2008, selon les renseignements qu’a obtenus La Presse Affaires grâce à la Loi sur l’accès à l’information. L’indemnité était prévue dans son contrat d’embauche.

Par définition, une indemnité « est attribuée à quelqu’un en réparation d’un dommage, d’un préjudice », est-il écrit dans Le Robert, qui donne comme synonyme compensation, dédommagement.

Or, Henri-Paul Rousseau n’a pas été congédié, mais il est parti de son plein gré pour accepter un poste prestigieux chez Power Corporation, où il sera très bien rémunéré.

La Caisse est sous les feux de la rampe depuis quelque temps. Le 5 janvier, le PDG qui a remplacé Henri-Paul Rousseau, Richard Guay, a cédé son poste à la suite d’un surmenage. Ce départ survient alors qu’on s’attend à ce que les résultats de 2008 soient très mauvais, compte tenu de la dégringolade des marchés financiers et de la nouvelle dévaluation attendue du papier commercial. La publication des résultats est prévue à la fin février.

Ailleurs

La Presse Affaires a consulté les pratiques qui ont cours dans des entreprises en Bourse comme SNC-Lavalin, Transcontinental ou l’ex-Alcan. Aucune ne dédommage un cadre supérieur s’il part volontairement pour une autre entreprise.

Nous avons également soumis la situation à diverses personnes familières avec la rémunération des cadres supérieurs. La réponse est unanime : une telle indemnité est injustifiable.

En 10 ans de pratique, l’un des conseillers principaux en rémunération de Watson Wyatt, Robert Levasseur, n’a jamais vu ça, ni dans le privé ni dans le public.

« C’est la première fois que j’entends parler d’une telle chose. Normalement, pour avoir une telle indemnité, il faut que le départ soit exigé par l’employeur », dit-il.

Sans mentionner le nom d’Henri-Paul Rousseau, nous avons demandé l’opinion de l’ex-président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, qui est devenu récemment président du Mouvement d’éducation des actionnaires (MEDAQ), en remplacement d’Yves Michaud.

« C’est très surprenant. On peut comprendre qu’il y ait une telle indemnité quand le départ est décidé par l’employeur. Mais quand c’est l’inverse, c’est inadmissible », a-t-il dit.

Prévu dans son contrat

Le dédommagement de Henri-Paul Rousseau pour son éventuel départ était prévu dès 2002 dans son premier contrat d’embauche, accordé par le gouvernement de Bernard Landry.

L’indemnité avait été fixée à 24 mois de salaire si son départ avait lieu dans les quatre premières années de son mandat de 10 ans et 12 mois de salaire par la suite, est-il écrit dans le décret 607-2002, que nous avons obtenu.

L’indemnité n’est liée ni à la résiliation ni à l’achèvement de son mandat, nous confirme-t-on au secrétariat des emplois supérieurs du gouvernement.

« C’est bizarre que l’employeur récompense quelqu’un qui quitte avant la fin de son mandat. Je ne comprends pas. Une telle indemnité a pour effet de motiver la personne à quitter », a dit Claude Béland, qui n’aurait jamais accepté une telle chose chez Desjardins.

Même son de cloche de Robert Levasseur. « L’objectif de l’employeur est d’établir des conditions qui vise la rétention des cadres. Une telle indemnité va à l’encontre d’un principe de base », dit-il.

Selon M. Béland, une telle « prime de séparation » devait probablement faire partie des négociations pour attirer un gestionnaire de renom du privé dans le secteur public, où les conditions sont moins généreuses.

Étonnamment, le gouvernement de Jean Charest a, pour l’essentiel, reconduit cette clause en 2006 même si les conditions de travail d’Henri-Paul Rousseau avaient alors été significativement rehaussées.

La rémunération du PDG de la Caisse a alors été fixée au 75e centile du marché de référence, celui des grandes caisses de retraite canadienne.

C’est ce redressement qui a permis à M. Rousseau d’obtenir une rémunération de 1,9 million en 2006 et de 1,8 million en 2007, en incluant les diverses primes de rendement. » [2]

L’argument selon lequel le versement de l’indemnité avait été prévu par le premier contrat d’embauche n’a guère de poids. En droit, la notion d’indemnité est liée à l’existence d’un préjudice, et le seul possible en l’occurrence était la rupture du contrat par l’employeur.

Ce qui ne veut pas pour autant dire que Rousseau ait été congédié. Il est aussi possible, et sans doute beaucoup plus vraisemblable, que le gouvernement Charest en soit arrivé à la conclusion, après la débâcle du papier commercial, que le maintien en poste d’Henri-Paul Rousseau n’était plus défendable auprès de la population, et que, vu l’importance des pertes à être annoncées et sa propre responsabilité dans celles-ci, il valait mieux qu’il s’en aille et demeure le plus possible hors de portée des médias.

Souvenons-nous en effet que c’est la décision du gouvernement Charest de modifier la loi de la Caisse en 2004 pour qu’elle privilégie le rendement avant tout qui est à l’origine de ses embardées dans le papier commercial .

Comme se doit de le faire tout bon président et chef de la direction d’une entreprise, et à plus forte raison lorsque il est à la tête d’une institution de l’envergure de la Caisse de dépôt, Henri-Paul Rousseau, à tout le moins en en vertu de l’obligation fiduciaire qui lui incombait à ce titre, se devait d’informer le plus rapidement possible après la débâcle son actionnaire unique, le Gouvernement du Québec, alors dirigé par Jean Charest, de l’importance des pertes subies et des effets approximatifs qu’elles pourraient avoir sur le bilan de la Caisse pour l’année alors en cours.

Selon la loi, l’interlocuteur du président de la Caisse au gouvernement est le ministre des Finances, portefeuille alors détenu par Monique Jérôme-Forget. Et il est certain que, compte tenu de certains aspects très techniques des informations transmises et de leur intérêt stratégique pour le gouvernement, les plus hauts fonctionnaires du ministère avaient également été informés. D’ailleurs, s’ils n’avaient pas suivi d’heure en heure le déroulement de la crise depuis son tout début, ils auraient gravement manqué aux obligations de leurs fonctions.

On peut donc affirmer avec un très haut degré de certitude que le départ de Henri-Paul Rousseau de la Caisse est le résultat d’une décision qui ne lui appartient pas en totalité, d’autant plus que le gouvernement avait également de bonnes raisons de le souhaiter.

En effet, 2008, ce n’était un secret pour personne, allait être une année électorale au Québec, et le gouvernement Charest était alors minoritaire. Il était donc impérieux pour lui que les élections se déroulent dans un climat de la plus grande sérénité, ce qui n’aurait certainement pas été le cas si la population, et surtout les partis politiques d’opposition, avaient eu ne serait-ce qu’une idée de la gravité de la situation à la Caisse.

On comprend dès lors que plus cette situation était grave, plus il était impérieux d’écarter Henri-Paul Rousseau pour éviter qu’il ne soit trop directement mis en cause et tenté, pour se défendre, de se décharger de sa responsabilité sur le gouvernement dans la mesure où il avait agi sur ses instructions ou à sa pleine connaissance et acceptation.

Ce scénario a l’avantage de pouvoir expliquer à la fois le versement par la caisse de son indemnité contractuelle à Henri-Paul Rousseau, et son engagement par Power Corporation et sa filiale de services financiers.

Bénéficiaire des largesses du gouvernement, assis confortablement dans un des meilleurs fauteuils de la rue Saint-Jacques dont « l’honorabilité » le place au delà de toute portée critique sérieuse, et défendu fort opportunément sur la place publique par deux anciens premiers ministres (Lucien Bouchard et Pierre-Marc Johnson) à la solde de l’Empire Desmarais, il aura tout l’aplomb et le culot requis pour venir nous faire le coup de « la tempête parfaite » qu’il tiendra responsable des déboires de la Caisse lorsqu’il se présentera d’abord en mars 2009 devant un auditoire complaisant de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, et, deux mois plus tard, devant une commission parlementaire spéciale de l’Assemblée Nationale.

Son successeur intérimaire à la Caisse, Richard Guay, chargé sous Rousseau de la gestion de risque, quittera lui aussi l’institution dans des conditions jugées « mystérieuses » par au moins deux personnes qui connaissent bien l’institution. Le premier pour avoir siégé à son conseil pendant treize ans, c’est le cas de Claude Béland, l’ancien président du Mouvement Desjardins, et le second, Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance et ancien numéro deux de la Caisse.

Lorsque le départ de Richard Guay est annoncé dans les premiers jours de janvier 2009, avant l’annonce des résultats désastreux de la Caisse pour 2008, le journal Les Affaires, repris sur le site Finance et Investissement, titre :

Départ « mystérieux » de Richard Guay.

La démission de Richard Guay à la barre de la Caisse de dépôt et placement du Québec laisse plusieurs observateurs perplexes. Claude Béland, président du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires, croit que la fatigue n’est pas le seul élément en jeu.
La Caisse de dépôt a annoncé lundi que Richard Guay avait décidé de quitter ses fonctions pour des raisons personnelles, après avoir été mis au repos par son médecin le 12 novembre.

M. Guay avait pris la relève de Henri-Paul Rousseau le 30 mai 2008 à titre intérimaire. Il a été confirmé dans ces fonctions le 5 septembre.

Explication « surprenante »

Selon Claude Béland, l’explication du besoin de repos soulève des questions, en raison de la rapidité du départ de Richard Guay après sa nomination au poste de président. « C’est un peu surprenant. Est-ce qu’il était déjà fatigué au moment où on lui a offert le poste ? », s’interroge-t-il.

M. Béland exclut le manque de compétence de Richard Guay ou de mauvaises relations avec ses collègues pour expliquer sa démission. Il connaît Richard Guay pour avoir siégé treize ans au conseil d’administration de la Caisse de dépôt.

C’était un de nos meilleurs éléments, un homme brillant, qui connaît son métier parfaitement », précise-t-il. Selon lui, Richard Guay connaît très bien la Caisse de dépôt et ne peut pas affirmer avoir été surpris par l’ampleur des dossiers à gérer.

« Il y a quelque chose d’externe qu’on ne connaît pas et qui peut-être ne mérite pas qu’on le sache. Il reste quelque chose de mystérieux dans ça », dit-il, précisant préférer ne pas faire d’hypothèses.

Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance et ancien numéro deux de la Caisse, est lui aussi perplexe. « Richard a dû probablement constater que le défi était énorme et peut-être aussi qu’il aurait difficilement l’appui du conseil et du gouvernement pour relever le défi », a avancé M. Nadeau.

Selon lui, Richard Guay a convenu avec M. Brunet, peu avant Noël, qu’il valait mieux partir.

Le porte-parole péquiste des finances, François Legault, est lui aussi surpris de la tournure des événements. M. Legault réclame une enquête sur la nomination de Richard Guay.

Selon les adéquistes, le départ de M. Guay, qui s’ajoute à celui de M. Rousseau, au printemps dernier, démontre qu’il existe un malaise important concernant les résultats financiers de la Caisse.

Succession stable... et rapide

La Caisse se donne maintenant six mois pour trouver un nouveau président et chef de la direction. Le délai étonne Michel Nadeau.

Après tout, le comité de sélection qui a retenu Richard Guay parmi les finalistes pour le poste de président et chef de la direction avait évalué pas moins de 127 candidatures, et cela il y a moins de six mois, a fait remarquer M. Nadeau.

Claude Béland soutient que le successeur de Richard Guay devra être capable d’exercer un leadership « très fort », capable d’inspirer confiance à l’interne et aux déposants.

Il souhaite que le processus de sélection d’un chef permanent s’effectue rapidement. « Il faut que ça aille rapidement, il y a eu plusieurs candidatures, alors il y a dû avoir des finalistes », dit-il.

En entrevue à Radio-Canada, Pierre Brunet a expliqué que le conseil d’administration ne voulait pas lancer le processus de sélection avant la publication des résultats 2008 de la Caisse, en février ou en mars.

D’après le quotidien « La Presse », le premier choix du comité de sélection était Jean-Guy Desjardins, président de Fiera Capital, mais sa candidature aurait été bloquée par le gouvernement de Jean Charest à cause de ses allégeances adéquistes.

« Il arrive souvent que des comités de sélection choisissent des candidats de compromis ; des fois ça marche bien, des fois ça ne marche pas, a rappelé Michel Nadeau. Ce n’est pas une science exacte. » [3]

Richard Guay part avec une compensation généreuse (1 million de dollars), encore plus élevée que celle de Rousseau. Dans son cas, cependant, si le communiqué de la Caisse semble laisser croire que ce ne sont pas les occasions d’emploi qui lui manqueront, aucun poste particulier n’est mentionné, contrairement au cas de Rousseau qui quittait pour se joindre à Power Corporation.

Dans la foulée de ce départ, on annoncera celui de plusieurs cadres. D’ailleurs, certaines sources qui ont requis l’anonymat prétendent que son successeur, Michael Sabia, à son entrée en poste à la présidence de la Caisse en mars 2009, avait en mains une liste d’une cinquantaine de personnes à écarter.

De qui la tenait-il ? Pourquoi fallait-il les écarter ? Et surtout, pourquoi leur départ et leur indemnisation allaient-ils faire l’objet d’une entente confidentielle avec chacun d’eux, conditionnelle à leur silence sur leur expérience à la Caisse ? Qu’y avait-il à cacher ? À qui ? Pourquoi ? Qui cherchait-on à protéger ? Le gouvernement ? La direction de la Caisse ? Les membres du conseil d’administration ? Des tiers impliqués ? Des tiers intéressés ?

Il faut bien comprendre que dans une situation comme la perte de 40 milliards subie par la Caisse, une seule question sans réponse se trouve à légitimer toutes les autres, y compris les plus indiscrètes, les plus gênantes, et les plus blessantes pour ceux qui ont à rendre compte.

Si le gouvernement Charest a cru nécessaire, même si ce fut à son corps défendant, de lancer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, si cette commission a jugé utile de consacrer une part importante de ses travaux aux activités d’une grande centrale syndicale qui, même si elle a comme tout citoyen ou corps constitué l’obligation de se conformer à la loi, n’a de comptes à rendre qu’à ses membres, à plus forte raison est-il nécessaire que la population soit informée des circonstances dans lesquelles la Caisse de dépôt, le dépositaire de cette partie de son épargne destinée à assurer la sécurité financière la plus immédiate de ses vieux jours, a perdu 25 % de ses actifs en une seule année, alors que des institutions comparables, au moins sur le plan de leur vocation, n’en perdaient que 18 %.

Lorsqu’on en fait le décompte, la liste des questions que soulèvent les pertes de la Caisse en 2008 et les jeux d’écriture comptables à son bilan en 2008 et 2009 donne le vertige. Et cette sensation déjà fort désagréable ne fait que s’accentuer lorsque l’on comprend qu’une bonne partie de l’argent perdu n’est pas parti en fumée. Il n’a fait que changer de poche. Si la Caisse a subi des pertes plus importantes que les autres, c’est que les pertes de certains autres ont été moins importantes qu’elles n’auraient dû l’être. Quelqu’un, quelque part, en a profité. Qui ?

Lorsque vous vous rendez compte qu’il manque de l’argent dans votre portefeuille, vous commencez par vous demander si vous l’avez perdu ou si l’on vous a volé. Si la somme est importante, vous allez signaler le cas à la police et à votre assureur qui vont ouvrir une enquête.

Dans le cas de la Caisse, la perte est colossale, défie l’entendement, et les autorités à qui vous avez confié votre argent, qui en sont responsables, viennent vous parler météo (une tempête parfaite), comme on le ferait à des enfants ou des demeurés ! D’enquête, pas question ! Et chacun de s’en retourner vaquer tranquillement à ses affaires, comme si de rien n’était.

Dire que certains redoutent de voir le Québec devenir une « république de bananes » s’il fallait qu’il accède à l’indépendance ! Sans doute n’ont-ils pas mesuré à quel point il l’est déjà. Une république de bananes, c’est bien ainsi qu’on qualifie un régime (sans jeu de mots) qui se dispense de toute obligation de rendre des comptes à la population, pour le plus grand bénéfice de sa classe dirigeante ?


[1« Henri-Paul Rousseau quitte la Caisse de dépôt et placement du Québec », Conseiller, Le média des professionnels du secteur des services financiers au Québec, 2 juin 2008, http://www.conseiller.ca/nouvelles/henripaul-rousseau-quitte-la-caisse-de-depot-et-placement-du-quebec-13346

[2« Caisse : le législateur ne parle pas pour ne rien dire », Carnet de Michel C. Auger, Radio-Canada,
26 février 2009, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2009/02/26/116006.shtml?auteur=2094

[3« Départ « mystérieux » de Richard Guay », Les Affaires et Finance et Investissement, 6 janvier 2009, http://www.finance-investissement.com/nouvelles/gens-de-l-industrie/depart-mysterieux-de-richard-guay/a/19863

Commentaires

  • Huguette, 28 février 2014 20h06

    Moi,c’est quand j’ai vue Bouchard,le premier è se lever de peine et de misère pour aller au devant pour lui serrer la main j’ai comme imploser,j’était effondrée.C’est là que j’ai tout compris et je n’ai plus jamais eu confiance en Lucien Bouchard.
    Aller serrer la main de celui qui venait de nous faire perdre $40 milliards je n’en revenais pas.
    Comment un homme comme Desmarais peut il embaucher un homme qui vient de faire perdre $40.000.000.000.00 à ses patrons (compatriotes) pour venir travailler pour lui ?
    Aucun homme d’affaire ne ferait une chose pareil.
    Il y a quelque chose de diabolique dans cette affaire.C’est certain.Continuez votre bon travail.

  • Michel Bélisle alias Didier, 28 février 2014 10h44

    Vous savez monsieur Le Hir, les gens sont tellement de mauvaise foi que certains diront que vous êtes tout simplement jaloux des personnes dont vous dénoncez les agissements.

    Vous vous l’êtes certainement déjà fait dire.

    Ça démontre que bien des gens sont prêts à endosser n’importe quelle passe croche en autant que ça puisse aider à perpétuer le statu quo.

    Non mais, ça fait-y dur ! C’est-y assez déprimant

  • Norma, 28 février 2014 10h06

    Merci à vous monsieur le Hir pour le travail de moine afin d’éclaircir la disparition de l’argent placé par des petits épargnants québécois à la Caisse de Dépôt. Un jour les citoyens seront en mesure de faire la différence entre qui ment et qui dit la vérité chez les politiciens.

    Jean-Charest, ce fédéraliste du Parti Conservateur, vient se présenter au Québec sous la bannière libérale. Lorsqu’on scrute à la loupe ses agissements on se rend compte que tout ce qu’il cherche c’est de bayonner et d’appauvrir Québec.

    En bon magicien il fait disparaître 40 milliards de dollars avec son complice Henri-Paul Rousseau et ce sous le nez des québécois. Jean Charest encore au pouvoir fera en sorte que les rumeurs s’éteignent et que les Québécois se désintéressent rapidement de la question. Réussite totale car il remportera ses élections ’’les deux mains sur le volant’’. Je pense qu’il avait plutôt ’’les deux mains dans nos sacoches’’.

    À part quelques insoumis comme vous qui essayent de réveiller notre peuple et de défendre nos intérêts, si aucune mesure n’est prise par notre gouvernement (avec le Vérificateur général du Québec ce serait gratuit) l’histoire du plus grand vol du siècle passera aux oubliettes. Merci monsieur pour la générosité dont vous faites preuve de publier sur Vigile.net

  • SML, 28 février 2014 09h37

    Le PQ ne parle presque plus de souveraineté. Ils veulent gérer le Québec.
    Madame Marois sait bien que l’indépendance est illusoire avec l’état des finances publiques et le vieillissement de la population. Elle est plus féministe que nationaliste.
    http://www.gloria.tv/?user=98223

  • Fernand Lachaine, 28 février 2014 07h07

    Bonjour monsieur Le Hir,
    En lisant votre article sur la Caisse, je me demandais : Si les libéraux et les caquistes ont obligé Claude Blanchet et Pauline Marois à comparaître devant un comité de l’Assemblée Nationale concernant un "deal" avec le Fonds de Solidarité, pourquoi la même obligation ne serait pas appliquée à Henri-Paul Rousseau et à l’ex ministre Jérome-Forget de venir comparaître sur ce même comité pour expliquer toute cette affaire sur la perte de 40 milliards de dollars et sur le cadeau de départ de plus de 300,000 dollars attribué à Rousseau.
    Je suis sûr que le peuple québécois serait bien plus intéressé à connaître toute les détails sur la Caisse que le "deal" d’ailleurs déjà expliquer par monsieur Blanchet.

  • Francis Déry, 28 février 2014 06h59

    Ce qui ne veut pas pour autant dire que Rousseau ait été congédié. Il est aussi possible, et sans doute beaucoup plus vraisemblable, que le gouvernement Charest en soit arrivé à la conclusion, après la débâcle du papier commercial, que le maintien en poste d’Henri-Paul Rousseau n’était plus défendable auprès de la population, et que, vu l’importance des pertes à être annoncées et sa propre responsabilité dans celles-ci, il valait mieux qu’il s’en aille et demeure le plus possible hors de portée des médias.

    Congédié ou démissionné ?
    L’expression usuelle est qu’il fut "démissionné". En bon français, j’écrirais qu’il fut démis, mais langue de bois oblige. Sa prime vaut son silence. Parlerait-il qu’il perdrait aussitôt son poste de vice-président chargé de la surveillance du trafic entre les rues Saint-Antoine et Saint-Jacques.

    Richard Guay, un ancien contact me faisait remarqué qu’il pouvait être un officier de la Grande Loge du Québec et un Shriner mentionné sur le site défunt Rough Ashlar
    roughashlar.com/members/article_index/9990255121348.html‎

    Ce qui aurait pu être intéressant pour l’associer à Arthur Porter, mais ce n’est qu’un homonyme. J’ai retrouvé l’autre comme conseiller municipal de Montréal dans l’Équipe du Coderre.
    http://ca.linkedin.com/pub/richard-guay/55/b07/298

    Le site LinkedIn (interface anglaise seulement) déclare une foule de Richard Guay homonymes.
    L’ex de la CDPQ ne s’est pas fait missionnaire en Thaïlande.
    Ce n’est ni le VP Senior de Montrusco Bolton Investments, ni l’ancien VP du Groupe Melior et ancien VP aux banques Laurentienne et Nationale (chevauchement ?), qui est issu de l’UQAM,
    Mais bien celui qui se déclare "Professeur titulaire en finance chez UQAM". C’est lui qui devrait parler malgré sa généreuse prime, car son poste titulaire ne devrait pas être à risque. Sauf si l’UQAM dépend de généreux philanthropes québécois issus de l’Ordre Marchand.

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