«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Rita Lagafeuse

Gaston Lagaffe, version libérale

Lors de mon court passage à l’Assemblée nationale, j’occupais une banquette juste derrière l’actuelle députée de Bourassa-Sauvé, Rita de Santis. J’ai longtemps eu un préjugé fort positif envers cette dame au curriculum vitae fort élogieux.

Cependant, en observant la ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques, elle ne cesse plutôt de m’impressionner par son manque de jugement. Elle cumule les erreurs et chaque fois qu’elle ouvre la bouche, elle place son gouvernement dans l’embarras. En voici quelques exemples, chronologiquement.

8 avril 2016

Appelée à commenter les montants d’argent qui étaient exigés aux ministres libéraux en 2009, elle s’est exprimé ainsi :

Un objectif de financement de 150 000 $, c’est « des peanuts », selon elle, surtout si on compare avec ce qui se fait ailleurs au pays. —Rita de Santis

Je peux vous assurer que ramasser autant d’argent, ce n’est pas une mince tâche et contrairement à bien des pays, le Québec a fait le choix de mettre un plafond sur les dons et d’exclure les entreprises ainsi que les organisations de la possibilité de contribuer aux partis politiques.

20 mai 2016

Madame de Santis, alors invitée à prendre la parole durant un événement réunissant une centaine de personnes des milieux d’affaires, scolaires et communautaires de Montréal-Nord, s’est exprimé sur son passé d’immigrante lorsqu’elle était en 6e année du primaire et qu’elle apprenait le français et l’anglais. Expliquant les difficultés qu’elle a vécues, elle a tenu ces propos controversés :

« Ma maîtresse m’a dit : ma chérie, tu ne vas jamais réussir dans la vie, tu parles avec un accent italien. Toute personne qui parlerait à un enfant comme elle m’a parlé devrait être tuée, massacrée, jetée je ne sais pas où. » - Rita de Santis

Bien que les propos de son enseignante de l’époque n’étaient pas des plus brillants, la réponse de la ministre était, disons-le, un tantinet exagérée.

8 Juin 2016

En 2015, le Parti libéral a refusé de rembourser une somme de 3500 $ exigée par le Directeur général des élections, plaidant que les délais de prescription qui était alors de 5 ans étaient expirés.

« Dans la lettre, le DGE a lui-même dit que ce sont des demandes hors prescription, a dit la ministre. Il a dit qu’il n’y a aucune obligation légale de faire ce paiement. » — Rita de Santis

Bien que légalement, elle a raison, rappelons que cette déclaration a été faite en même temps que le gouvernement proposait par le projet de loi 101, d’étendre les délais de prescription pour dons illégaux. Rappelons que cette demande était une recommandation du rapport de la commission Charbonneau.

9 février 2017

Lors de la période de questions, la ministre de Santis est interpellée par les trois partis d’opposition, qui réclament des modifications au mode scrutin, insistant pour y inclure des éléments de proportionnalité. Notre valeureuse ministre a répondu en ces termes :

« À date, le système que nous avons nous sert bien » — Rita de Santis.

C’est connu, un gouvernement élu avec un mode de scrutin n’aura que bien peu d’intérêt à changer un système qui lui a permis de gagner, parlez-en à Justin Trudeau. N’en demeure pas moins que la candeur de la réponse de la ministre m’a fait bien rire. Il n’y a pas à dire, elle est franche et directe.

21 février 2017

Mais la cerise sur le sundae est survenue aujourd’hui. Le commissaire à l’éthique terminera son mandat de 5 ans et le gouvernement voudra nommer un remplaçant à ce poste. Vous comprendrez que pour occuper cet emploi, le candidat choisi devra faire preuve d’une parfaite neutralité dans ses allégeances politiques. On exige la même chose du Vérificateur général du Québec et du Directeur général des élections pour ne nommer que ces fonctions. Cependant, notre bonne ministre n’a visiblement pas la même vision de la situation : 

« Je pense à une personne que je trouvais vraiment fantastique, a-t-elle dit. J’en avais parlé avec l’opposition. La pauvre personne a fait une indiscrétion. Elle a fait un don de 100 $ au PLQ. Ça l’a disqualifiée. Moi je trouve que ça, c’est triste. » — Rita de Santis

Allo ? Comment une ex-donatrice du PLQ pourrait évaluer de façon neutre, du moins dans la perception populaire, un cas de manquement à l’éthique en provenance du parti libéral ?

Vite un remaniement

Heureusement pour le gouvernement Couillard, madame de Santis n’a pas beaucoup d’occasions de s’exprimer publiquement. Néanmoins, elle met très (trop) régulièrement sa formation politique dans l’embarras. Je me suis cherché une expression populaire pour conclure et qui résumerais bien ma pensée. Jamais deux sans trois ? Troisième prise, retirée ? Malheureusement, aucune expression ne me permettrait de résumer cinq erreurs de communication en moins d’un an. Je vous suggère, Monsieur le Premier Ministre, de procéder à un remaniement et d’offrir à un(e) député(e), l’opportunité de devenir ministre. Le comté de Bourassa-Sauvé est un Château-Fort libéral, vous n’avez rien à perdre en vous débarrassant de votre Gaston Lagaffe.


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