«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La chatte « coco » sort du sac ! « Toute personne qui adhère au Parti communiste devient automatiquement membre de QS »

Françoise David exclut l’idée de changer de camp

dimanche 30 mars 2014

Françoise David ne sera pas celle qui permettra à Pauline Marois de former un gouvernement majoritaire, si jamais, le soir du 7 avril, la chef péquiste ne réussit pas, de justesse, à obtenir le chiffre magique de 63 sièges.

En entrevue à La Presse Canadienne, Mme David a exclu catégoriquement l’idée de faire partie d’un gouvernement péquiste, dans un geste destiné à lui permettre de former éventuellement une majorité. Et ce, même en y mettant ses conditions. Et même si on lui déroulait le tapis rouge.

« Je n’entrerai pas dans un gouvernement péquiste. C’est totalement exclu », a tranché la femme de gauche, qui d’ailleurs ne renie pas son passé de communiste.

Dans le même esprit, elle rejette d’emblée toute forme de coalition ou de fusion entre Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ), quel que soit le scénario du 7 avril.

Comme en 2012, elle s’engage, par contre, en cas de gouvernement péquiste minoritaire, à marcher aux côtés de Mme Marois « chaque fois qu’elle voudra faire passer un projet de loi qui ira dans le sens du progrès social, de la justice sociale et de l’écologie ».

La plus grande crainte de la coporte-parole de Québec solidaire, ce n’est pas l’élection d’un gouvernement minoritaire, quel qu’il soit, mais un faible taux de participation le 7 avril. Elle craint que « les gens soient tellement découragés de tout ce qu’ils ont entendu en campagne électorale autour des questions d’intégrité qu’ils décident de rester chez eux au lieu d’aller voter. Ce serait la pire des solutions », selon la députée de Gouin, persuadée que QS prendra un jour le pouvoir.

Pour en arriver là, cependant, la formation qui ne compte actuellement que deux députés, avec Amir Khadir, et dont la popularité semble confinée à certains quartiers de Montréal, devra convaincre les Québécois de s’éloigner du centre de l’échiquier politique, là où ils votent traditionnellement, pour accepter de prendre un sérieux virage à gauche.

Ancienne communiste

Excellente communicatrice à la voix posée, Françoise David a donné à Québec solidaire une image modérée, pragmatique, axée sur le gros bon sens et la compassion. Pour un peu, on oublierait le côté plus radical de son parti.

Cette ancienne communiste se dit parfaitement à l’aise avec le fait que son parti est intrinsèquement lié au Parti communiste du Québec. Toute personne qui adhère au Parti communiste devient automatiquement membre de QS.

Mais si les communistes sont nécessairement solidaires, l’inverse n’est cependant pas nécessairement vrai. Enfin, Mme David préfère cultiver un certain flou sur le sujet.

Car si on lui demande de dire où elle se situe sur le plan idéologique, elle hésite, puis lance : « Je suis quelque part entre la social-démocratie et ’’À gauche toutes !’’. J’étais communiste dans ma jeunesse », mais c’était il y a 40 ans, précise-t-elle.

Désormais, elle ne veut plus se « laisser enfermer dans une définition » et préfère fuir « les grandes déclarations théoriques ».

La députée tient à se faire rassurante, quant aux orientations que prendrait un gouvernement solidaire : « On ne nationalise pas les dépanneurs ! », promet celle qui prône une « économie plurielle », qui ferait une large place à l’économie sociale et aux coopératives.

Quant à savoir quel pays représente à ses yeux le modèle à suivre pour un éventuel gouvernement solidaire, elle en nomme plusieurs : la Finlande, pour l’éducation, la Bolivie et l’Équateur pour leur modèle de constituante, la Nouvelle-Zélande, pour le contrôle des prix des médicaments.

Mme David cherche en fait à minimiser l’importance et l’influence de l’aile communiste, qui forme pourtant un collectif au sein de son parti, un fait qu’elle réduit au rang d’« anecdote ».

Sur un total de 15 000 membres à QS, « il y a quelques dizaines de personnes qui sont membres de ce qui est encore le Parti communiste du Québec ».

Et ce sont de « très bons militants, très loyaux. Pourquoi on les empêcherait d’être membres de Québec solidaire ? », s’interroge Mme David.


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