«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Reprenant une proposition de Vigile de 2013, JFL veut confirmer le statut de langue d’État que le français détient depuis 1663

PARTI QUÉBÉCOIS

Franciser sans diviser

Jean-François Lisée abandonne des pans du projet de loi 14 pour mener les combats les plus productifs, dit-il

jeudi 12 janvier

Afin de ne pas diviser la population québécoise, le Parti québécois de Jean-François Lisée larguera une bonne partie des éléments du projet de loi 14 du gouvernement Marois visant à renforcer la loi 101, ne retenant que l’essentiel aux yeux du chef péquiste : soumettre les entreprises de 25 à 49 employés à la Charte de la langue française.

 

«  Je veux des victoires. Je ne veux pas avoir raison sur tout. Il faut choisir ce qui est le plus productif, ce qui va donner plus de résultats pour le français  », a affirmé Jean-François Lisée au cours d’une entrevue éditoriale au Devoir où il a présenté les mesures pour renforcer la langue française contenues dans la nouvelle «  proposition principale  » du parti. Ce nouveau programme, qui remplace la proposition principale adoptée en 2011 sous Pauline Marois, sera présenté au Conseil national du PQ samedi à Québec.

 

«  Il y a des mesures qui peuvent avoir du sens, qui peuvent se démontrer mais qui donnent très peu de rendement, de résultats, mais beaucoup de division  », a souligné le chef péquiste.

 

Il en veut pour exemple une disposition du projet de loi 14 qui aurait enlevé le statut de municipalités bilingues à celles qui ne comptaient plus un nombre suffisant de citoyens anglophones. Ce droit institutionnel, octroyé au moment de l’introduction de la Charte de la langue française en 1977, est «  un symbole  », estime Jean-François Lisée, puisqu’une municipalité qui n’a pas de statut bilingue peut tout de même choisir de s’adresser en anglais à ses habitants, comme c’est le cas de Montréal. «  Le coût politique d’enlever ce symbole n’est absolument pas compensé par un gain net dans la francisation au Québec.  »

 

 

 

L’autre mesure coercitive que Jean-François Lisée veut abandonner, c’est de retirer aux militaires francophones basés au Québec le privilège d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise. «  Est-ce qu’il faut dépenser du capital politique pour quelques centaines de personnes  ?  » s’est-il demandé en répondant par la négative. «  Il faut choisir ses combats.  »

 

Remettre en question le droit des étudiants francophones ou allophones, issus de l’école française, de fréquenter le cégep anglais est du même ordre. Là encore, «  le rendement n’est pas assez grand par rapport à la division que ça provoque  ». Cette mesure figurait dans la proposition principale de 2011, mais elle avait été écartée par le gouvernement Marois.

 

Pour renforcer la présence du français au Québec, la clé, selon Jean-François Lisée, c’est d’augmenter le nombre de Québécois qui parlent le français par la sélection des immigrants et en exigeant que les étudiants qui fréquentent le cégep anglais ou les universités McGill, Concordia ou Bishop aient une bonne connaissance du français.

 

Le facteur le plus important pour l’avenir du français au Québec, c’est la composition linguistique de l’immigration, estime Jean-François Lisée. Ainsi, tous les immigrants que sélectionne le Québec, qui sont issus de l’immigration dite économique, y compris leurs conjoints ou conjointes, devront posséder une connaissance intermédiaire ou avancée du français avant même de débarquer au Québec. C’est une condition «  éliminatoire  », a-t-il dit. Quant aux réfugiés, ils devront s’inscrire à un cours pour apprendre le français tout en étant rémunérés pour ce faire. Un échec n’entraînera toutefois pas leur expulsion, comme le propose la Coalition avenir Québec. Enfin, le droit à la francisation pour tous sera inscrit dans la loi.

 

En matière d’enseignement, Jean-François Lisée a signalé que de 25 % à 30 % des Québécois anglophones âgés de 18 à 40 ans se disent unilingues anglais. «  Il faut que tous nos diplômés au cégep, y compris les anglophones, démontrent une capacité linguistique en français pour avoir du succès dans le monde du travail  », a-t-il fait valoir. Le PQ propose d’instaurer une épreuve uniforme de français dans tous les cégeps, français ou anglais. Les cégépiens anglophones seraient incités à suivre une session dans un cégep francophone.

 

De même, pour contrer l’attrait du cégep anglais chez les étudiants provenant des écoles francophones, les cégeps français seraient appelés à leur fournir un «  parcours  » d’anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un cégep anglais.

 

Les universités anglophones seraient invitées à faire de la connaissance du français une condition d’obtention du diplôme pour leurs étudiants québécois. En outre, elles pourraient offrir une initiation au français aux étudiants de l’extérieur du Québec.

 

La proposition principale veut faire du français la langue de l’État, des municipalités et des organismes publics et parapublics. Le droit de vivre et de travailler en français serait inscrit dans la Charte des droits et libertés. «  Il faut tourner le dos au bilinguisme institutionnel  », juge le chef péquiste. Mais il veut tout de même éviter «  le rationnement de l’exception  » qui permet aux citoyens de recevoir des services en anglais.

 

> Lire la suite de l’article sur Le Devoir


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