«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Pour la reconnaissance officielle du BQ aux Communes

Le retour du Bloc à Ottawa

Faut-il vraiment avoir 12 députés ?

Ce sont les électeurs qui reconnaissent les partis

Chronique de Gilles Paquin
dimanche 29 novembre 2015
1 072 visites 4 messages

Selon les conservateurs et les libéraux fédéraux, les partis politiques doivent faire élire au moins 12 députés pour être reconnus par la Chambre des communes. Cette « règle interne », souvent citée depuis la dernière campagne électorale, est pourtant fort contestable. Deux chercheurs de la bibliothèque du parlement ont d’ailleurs fouillé consciencieusement les archives du parlement afin de trouver l’origine de cette coutume. Ils en sont arrivés à conclure « que ces questions relèvent d’un domaine relativement obscur du droit et de la pratique parlementaires et qu’il n’existe que peu de règles précises en la matière » à Ottawa.

Selon ces chercheurs, les députés indépendants et les petites formations politiques étaient « considérés comme des aberrations » depuis la naissance de la Confédération jusqu’au milieu des années 30. Tout le système favorisait le bipartisme. Lorsque les parlementaires ont semblé résignés à accepter l’existence de groupes d’élus « importuns » en 1940, le premier ministre Mackenzie King s’est « prononcé avec force contre le fait d’accorder la reconnaissance à des tiers partis », écrivent-ils.

Le Bureau de régie interne de la Chambre des communes, c’est-à-dire le comité de gestion des services aux parlementaires, alors composé de députés libéraux et conservateurs, a finalement adopté un règlement interne à ce propos en 1963. De manière tout à fait arbitraire ils ont décrété qu’un parti politique devait faire élire au moins douze députés pour que le Bureau daigne le reconnaître à la Chambre des communes. L’objectif était clairement d’empêcher la prolifération des tiers partis, en refusant de leur accorder les mêmes droits qu’aux deux autres, même s’ils avaient obtenu l’appui de centaines de milliers d’électeurs.

Le document de 21 pages rédigé par Michel Bédard et James R. Robertson, de la Division du droit et du gouvernement, a été révisé en octobre 2008 et se trouve encore sur le site web de la Bibliothèque du parlement. Il raconte l’histoire peu glorieuse de la tardive reconnaissance des tiers parti dans le parlement fédéral canadien et des limites que les deux grands partis ont maintenues pendant une soixantaine d’années avant d’accepter l’inévitable présence de nouvelles formations politiques
On peut consulter le document intégral en cliquant ici : http://www.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublications/bp243-f.htm

Ce règlement hérité du bipartisme du siècle dernier est en fait une manière de faire taire la dissidence, tant chez les députés égarés hors des formations traditionnelles que parmi les électeurs qui osent remettre en question « l’ordre naturel » de la politique fédérale. En brimant les droits des députés qui ont le malheur d’être associés à un tiers partis, c’est en fait à tous les électeurs de certaines circonscriptions que le Bureau de régie interne s’en prend.

En réalité, l’ordre naturel des choses c’est que les électeurs « reconnaissent » les députés et leurs partis lorsqu’ils les élisent démocratiquement. Ce sont les électeurs qui choisissent leurs représentants au parlement et non pas un obscur comité de gestion qui siège à huis-clos. Qui sont-ils donc pour s’arroger le pouvoir de sanctionner le choix du peuple ? Qui sont-ils pour prétendre que les 10 députés du Bloc Québécois et l’élue du Parti Vert n’auront pas un service de recherche, le même droit de parole et le même budget que leurs homologues des autres partis ? Qui sont-ils pour décider que les 1,4 million d’électeurs de ces 11 circonscriptions n’ont pas le droit d’être aussi bien représentés que les autres ?

L’absurdité de cette règle interne faisant qu’un député est plus ou moins légitime selon le nombre de personnes élues sous la même bannière est à sa face même une aberration. Peu de voix ont jusqu’ici dénoncé cette règle désuète, mais il est temps de le faire à l’aube d’une nouvelle session parlementaire. C’est d’ailleurs le devoir du président de la Chambre des communes que de protéger les droits des députés, surtout quand il s’agit de leur liberté d’expression à titre de représentants de leurs concitoyens.

Si les parlementaires libéraux et conservateurs cherchent encore à imposer cette règle arbitraire des millions d’électeurs comprendront que les deux vieux partis veulent tout simplement museler le Bloc québécois et le Parti Vert. Ce pacte indigne n’a aucune légitimité puisqu’il tente de justifier l’existence de deux classes de députés.

Cette tyrannie de la majorité est d’autant plus odieuse que le parti au pouvoir prive ainsi des députés de l’opposition de leur principal moyen d’action, soit la liberté d’expression nécessaire à l’exercice d’une saine critique de la conduite du gouvernement. Déjà, les libéraux et les conservateurs des années 20 et 30 n’appréciaient guère voir des députés du CCF, des socialistes et des créditistes rompre l’harmonie qui existait entre eux. Mais leurs héritiers ont encore plus mal réagi, une trentaine d’années plus tard, lorsque des élus indépendantistes sont arrivés au parlement fédéral.

« Le fait que le Bloc vise à faire sortir le Québec de la Confédération a sans doute influé sur l’attitude du public et des milieux politiques à son égard », écrivent
Bédard et Robertson. Les deux vieux partis ont spontanément retrouvé les vieilles manigances héritées de l’époque où ils étaient les seuls à décider de la marche à suivre dans cette enceinte.

Les assemblées législatives de toutes les provinces sont plus respectueuses des choix démocratiques des électeurs :

En Saskatchewan et en Nouvelle-Écosse, il suffit de faire élire deux députés pour obtenir la reconnaissance du parti. En Colombie-Britannique et au Manitoba les partis doivent avoir au moins quatre députés ; au Nouveau-Brunswick c’est cinq élus ou 20% du vote exprimé ; en Alberta c’est 4 députés et 5% du vote ; au Québec c’est 12 députés ou 20% du vote, mais un parti qui n’atteint ni l’un ni l’autre obtient tout de même des fonds de recherche, le droit de siéger dans les commissions parlementaires et le droit de poser des questions en chambre.

Commentaires

  • Gilles Verrier, 9 décembre 2015 23h46

    @ l’auteur

    Voici ce que j’écrivais sur l’inutilité du Bloc il y a plus d’une décennie.
    Comme mes positions n’ont pas été retenues, je m’en réjouirais si le bloc avait contribué depuis à un minimal progrès de la cause de l’indépendance. Or à la relecture il y peu de choses à retrancher de ce que j’écrivais. La suite des choses m’aura donné raison sans me donner l’occasion de m’en réjouir.

    http://vigile.net/archives/ds-souv/docs/02-3-18-verrier.html


    Le Bloc québécois n’a plus sa place

    Le peuple québécois aura déjà agi en peuple souverain dès qu’il aura refusé d’être représenté par un régime qui ne le reconnaît pas

    Gilles Verrier
    Tribune libre 18.3.2002

    Profitons du répit pour réfléchir un peu à ce qu’on fera en 2004, quand il faudra se remettre à décider de façon plus individuelle. La souveraineté non réalisée, Chrétien parti, votera-t-on encore pour un Bloc québécois qui ne sera pas capable de jouer efficacement le jeu du Canada ? Acceptera-t-on que l’idéologie souverainiste colore encore pendant cinquante ans le paysage politique canadien, sans grand espoir de se réaliser concrètement mais bloquant tout le reste ?
    Christian Dufour, La Presse 28 oct. 2000
    Vous êtes peut-être de ceux qui ont voté Bloc aux dernières élections. Vous pourriez aussi l’avoir fait sans grande conviction et sans trop d’espoir. Rassurez-vous, vous ne seriez pas seul dans ce cas. Le scepticisme à l’égard du Bloc est palpable dans la population, mais il y a plus. Les chiffres en font foi : l’abstentionnisme a connu un hausse notable de 9,2% à l’occasion de la dernière élection fédérale.(1) En somme, abstentionnisme et scepticisme composent le tableau d’un net accroissement du détachement des Québécois pour la pratique électorale fédérale. Cette tendance serait-elle l’aboutissement logique du sentiment d’appartenance exclusif des Québécois pour leur vraie patrie ? Un sentiment d’appartenance qui se vivrait de plus en plus mal dans l’ambiguïté entretenue(2) et qui, dès lors, s’accompagnerait d’une désaffection à l’égard de la politique de notre oppressant voisin ? Pire, se pourrait-il que cette désaffection canadienne continue à progresser contre l’avis de toute l’élite souverainiste ?

    Si la tendance qu’annonce la dernière élection se maintient, les Québécois pourraient rompre individuellement, mais de façon de plus en plus massive, le contrat de citoyenneté qui les lie au Canada. Faudrait-il alors soutenir cette tendance ou la décourager ? Y a-t-il lieu d’encourager le décrochage canadien ou s’il faut le prévenir ? Quelle place faut-il accorder dans notre réflexion à ce que la présence du Bloc à Ottawa puisse contribuer à rendre ce pays plus tolérable pour les Québécois ?

    Voilà sans détour comment se pose la question que peu de souverainistes acceptent pourtant de discuter froidement, soit en mettant de coté la personnalité attachante des députés du Bloc ou les conclusions toutes faites. Ayant moi-même abordé ce sujet délicat avec des militants qui affirment en privé trouver très peu de raisons rationnelles pour soutenir la présence du Bloc à Ottawa, ils me conseillèrent néanmoins de ne pas aller plus loin. L’élite souverainiste, vous savez ! Il faudrait craindre le désaveu de toute l’élite souverainiste, la perte de salaires des élus du Bloc, la perte de dizaines d’emplois et tutti quanti.

    Foin de ces considérations lorsqu’il s’agit du destin d’un peuple ! Il faut prendre acte de la tendance populaire à tourner le dos à Ottawa, à nier à cette capitale étrangère le droit de nous représenter. S’il y a dans cette tendance le germe de la fronde indépendantiste, on pourrait alors supposer que le peuple québécois aura déjà agi en peuple souverain dès qu’il aura refusé massivement d’être représenté par un régime qui ne le reconnaît pas. Dans cette perspective de déblocage, que nous vaudrait de maintenir le Bloc à Ottawa ?
    Refuser de voter aux fédérales

    Une aspect essentiel de l’éducation à faire auprès de nos compatriotes consiste à faire appel à leur sens de la dignité et de l’éthique pour qu’ils refusent de voter aux élections fédérales. Cet abstentionnisme n’exprimerait qu’une saine et salutaire volonté de s’affirmer comme peuple : un acte de libération. Ottawa n’est pas le siège de notre gouvernement ni de notre État. Il convient de rappeler encore et encore que la chaise vide qu’il nous faut occuper n’est pas celle d’un parlement édifié sur le refus de notre reconnaissance nationale, mais celle des Nations Unies, là où nous serons reconnus par tous les peuples.
    Des taxes que nous ne voulons plus payer

    Certes, nous payons des taxes à Ottawa. C’est peut-être l’argument le plus souvent invoqué pour justifier le Bloc. Or, nos représentants bloquistes ne détiennent aucun pouvoir national et n’ont par conséquent aucun pouvoir sur l’usage que l’on fait de nos taxes. Par leur présence ils ne font que cautionner leur utilisation dans un contexte qui s’oppose le plus souvent à nos intérêts. Le premier geste de souverainistes conséquents devrait être de cesser toute participation politique à l’extorsion monétaire à laquelle se livre un État qui ne détient pas de légitimité constitutionnelle. Du coup, il faut affirmer que la légitimité est supérieure à la légalité, le droit ne peut prévaloir que s’il est édifié sur des fondements légitimes. Nous sommes forcés de contribuer de nos deniers à ce Canada dont les derniers grands gestes, hautement symboliques du rejet de notre existence, sont une Constitution imposée et l’adoption de la Loi C-20.

    Ce tissu d’injustices qu’est le fédéralisme canadien explique que, au-delà de toute contradiction apparente, l’on puisse faire appel au sens de l’éthique du citoyen pour l’encourager à passer outre à son devoir d’électeur. Nous croyons que la gravité du mépris national dans lequel le Québec est tenu justifie amplement cette forme de résistance. De surcroît, l’abstentionnisme est loin d’être sans valeur politique. S’il prend une forme organisée et il devra prendre rapidement cette forme, s’il est soutenu par un discours approprié, il pourrait contenir en lui-même un acte d’indépendance politique. Le peuple québécois doit plus que jamais s’affirmer devant le Canada et devant le monde comme une entité politique indépendante. L’abstentionnisme politique pourrait être la réponse nationale du Québec à l’organisation illégitime d’élections fédérales sur notre territoire. Bien orchestrée, la campagne abstentionniste exposerait l’illégitimité de l’État fédéral comme jamais ce ne fut possible auparavant. Car, les dernières années en sont une preuve éloquente, la pédagogie de la souveraineté sera toujours inopérante si elle procède d’un discours souverainiste lesté d’une pratique fédéraliste.

    Affirmation encore curieuse pour certains, notre sujétion nationale prend sa source dans le régime colonial qui, en dépit de plusieurs réaménagements venus ponctuer l’histoire de notre minorisation, demeure le cadre de fer de notre négation(3). Conséquence de cette injustice inscrite dans les fondements même du Canada, le fait d’occuper les banquettes du parlement canadian ne nous accorde aucun droit comme peuple. Persister à y figurer mine la crédibilité de la cause souverainiste. Le manque d’esprit de conséquence des souverainistes fait d’eux d’inoffensifs trouble-fête. On n’hésite plus à les taxer de "charmants rêveurs"(4) et le risque s’accroît de transformer une cause nationale en funeste plaisanterie : une cause vidée de son essence, qui ne tient plus que de la manœuvre politicienne. Le peuple québécois est prêt à s’engager dans une pratique politique imprévue par la Constitution canadienne, une pratique politique indépendante et originale. Par le refus de participer, les Québécois cesseront de cautionner ce marché de dupes qu’est le parlementarisme canadien.
    Sortir du sentier de l’amenuisement et reprendre la voie de la fierté

    Les militants et les députés du Bloc québécois ont beaucoup du mérite. Ils ont fait leur possible à Ottawa. Conséquemment, la tendance abstentionniste qu’il conviendrait de propulser à l’avant-plan ne vise nullement à les discréditer ou encore à les blâmer personnellement. Loin de là. Pourtant, il faut le dire, la voie dans laquelle ils se sont engagés nous détourne de notre responsabilisation nationale. L’action du Bloc québécois est une machine à créer des illusions, ce parti prétend faire des choses qu’il ne peut pas faire. Comme beaucoup d’autres, Claude Morin et Michel Sarra-Bournet(5), croyaient en 1997 que le Bloc pourrait empêcher la répétition de 1982. Or, la Loi C-20 est arrivée et, comme chacun le sait, le Bloc ne put rien empêcher.

    Il est temps de tirer la ligne sur une expérience qui comporte des aspects positifs, mais qui, pour l’essentiel, a nui à notre cause. La pratique du fédéralisme embrouille les enjeux plutôt que de les clarifier et entretient des illusions funestes.
    Cinq raisons de réclamer la dissolution du Bloc québécois

    1. Caution du fédéralisme. Participation au fédéralisme canadien, donc caution à la constitution illégitime de 1982 et au monarchisme. Nous soutenons qu’il y a une contradiction irréductible entre un discours souverainiste et une action fédéraliste, cette dernière ayant pour effet de vider le sens du premier.

    2. Impossibilité de faire ce qu’il prétend faire. La deuxième raison tient du divorce entre la volonté affirmée de défendre les intérêts du Québec à Ottawa et l’incapacité de le faire. Si les intérêts du Québec pouvaient être défendus à Ottawa, la souveraineté ne serait pas nécessaire. L’échec du Bloc, car c’est un échec, fait mentir ses défenseurs, prouve la nécessité de l’indépendance et le caractère délétère du Bloc pour notre cause.

    3. Supprime l’urgence. Sert de coussin entre l’action du fédéral et le Québec. S’employer à convaincre les Québécois que le Bloc est utile supprime le sentiment d’urgence.

    4. Politique inutilement diviseuse. Le Bloc québécois préconise une politique qu’il qualifie lui-même de « progressiste ». Cette politique ne peut faire l’unanimité des souverainistes qui comptent dans leur rang des gens de toutes orientations politiques. Comme ces politiques ne seront jamais appliquées, il est inutile de passer par les arbitrages difficiles visant à les établir. Tout ceci ne peut que diviser nos forces. La seule chose qui importe est de faire du Québec un pays et laisser ensuite les Québécois choisir leurs représentants politiques.

    5. Conflit d’intérêts. En étant à la fois juge et parti de sa continuité ou de sa disparition, le destin du BQ est objectivement séparé de celui du peuple québécois. Il est, sous cet angle, en conflit d’intérêts. À la rigueur, cette anomalie serait contournée si le BQ était la créature du Parti québécois, mais il ne l’est pas. D’ailleurs, tous en conviendront, jamais le Parti québécois n’aurait lancé ce parti.

    Par effet de renforcement de la crédibilité du fédéralisme, la présence du Bloc à Ottawa contribue à repousser l’échéance de la souveraineté, voire même à rendre douteuse sa nécessité. Voilà pourquoi les Québécois devraient réclamer la dissolution de ce parti dans les meilleurs délais.

    Faire l’indépendance, c’est mettre le fédéral hors du Québec. L’indépendance pourrait commencer dès la prochaine élection ou la prochaine série de partielles. Cette phase de la lutte est immédiatement à la portée des forces souverainistes. Quoi qu’il en soit, l’abstentionnisme est une force en gestation et pourrait être de plus en plus soutenue par les souverainistes conséquents. Le Bloc québécois ferait donc bien de vérifier de quel coté souffle le vent. Ce parti sera-t-il celui qui viendra expliquer au petit peuple la légitimité du fédéralisme canadien ? Il n’est pas trop tard pour choisir entre une fin honorable et une autre qui pourrait l’être beaucoup moins. Dans un cas comme dans l’autre, il se pourrait que les jours de ce parti temporaire soient comptés.

    NOTES

    (1) S’il est vrai que la participation aux élections a chuté partout au Canada au cours des quatre dernières élections, il faut retenir que la participation au vote des électeurs du Québec lors de l’élection de 2000 a chuté de 9,2% par rapport à l’élection de 1997 et de 11,1% par rapport à la moyenne des trois élections précédentes. La chute de participation des Québécois aux élections par rapport à celle de l’ensemble des électeurs du Canada moins le Québec est considérable puisque la diminution moyenne de la participation des neuf autres provinces n’est que de 1,1% pour la même période. Malgré l’augmentation du nombre d’électeurs de près de 300 000, entre 1997 et 2000, 240 000 électeurs de plus ont refusé de voter pour constituer un total de près de 2 000 000 qui ont refusé de voter au fédéral. Pour plus de détails, consulter le site d’Élections Canada http://www.elections.ca/gen/rep/37g/table4_f.html

    (2) « Le principal obstacle à la souveraineté du Québec est lié à l’identité ambivalente des Québécois, à leur double appartenance canadienne et québécoise, et à leur difficulté de se projeter collectivement dans la souveraineté politique du Québec.(…) Et si la confusion de bien des Québécois n’était que le reflet de l’ambiguïté des leaders souverainistes ? » Pierre Drouilly, sociologue, La Presse, 6 mai 2000

    L’ambiguïté serait donc entretenue par les leaders souverainistes alors que les électeurs dans une proportion croissante et sans qu’on les y encourage, auraient décidé d’y mettre fin.

    (3) Notre lutte de libération ne peut se ramener à un « contentieux Canada-Québec » alimenté par les « revendications traditionnelles du Québec » qui remonteraient à une quarantaine d’années. Cette approche tient du négationnisme historique qui enferme notre lutte dans les cadres d’un dysfonctionnement administratif. Je doute que la population veuille se mobiliser pour un réaménagement administratif au sommet. Le seul projet emballant c’est l’indépendance.

    (4) « Les souverainistes peuvent bien accepter tous les prix que le Canada officiel leur décernera, mais qu’ils nous permettent de leur dire que c’est l’une des raisons pour lesquelles leur souveraineté ne se fera jamais. Parce qu’il est évident que l’un des buts essentiels des honneurs attribués par le Canada à ses citoyens, l’un des résultats objectifs de leur attribution est d’attacher davantage ces citoyens au Canada. Cela vaut tout particulièrement pour les Québécois dont l’identité se caractérise par un déficit chronique de reconnaissance et qui sont donc particulièrement sensibles à ces honneurs. » Christian Dufour, Les souverainistes ne sont-ils que de charmants rêveurs ? Le Devoir, 12 septembre 2000.

    Pour le Bloc, le défi semble être de constituer « la plusse meilleure loyale opposition » que la Canada n’a jamais connu. « Montrons leur qu’on est capable ! »

    (5) « En fait, le Bloc dérange. Ses adversaires ont compris qu’il symbolise la crise profonde du régime et qu’il donne aux Québécois un instrument politique indispensable. Si, par exemple, un tel parti avait existé en 1980-1981 le coup de force constitutionnel Trudeau-Chrétien aurait été impossible. Éliminer le Bloc équivaudrait à priver les souverainistes et leurs partisans d’une voix à Ottawa, et à confier un pouvoir exorbitant sur l’avenir du Québec à des gens qui lui ont déjà tant nui et qui rêvent toujours de le "remettre à sa place" une fois pour toutes. » Claude Morin, Le Devoir, 27 janvier 1997.

    « Enfin, parce qu’il s’exprime au sein même du parlement canadien, le Bloc québécois pourra neutraliser le "plan B" d’Ottawa qui a pour unique but de susciter la crainte chez les Québécois afin qu’ils renoncent à voter OUI au prochain référendum. » Michel Sarra-Bournet, La Presse, 16 septembre 1997

    (notre soulignement pour les deux citations - Commentaire : Les souverainistes ne sont-ils que de charmants rêveurs ?)

  • Laure Bouvier, 8 décembre 2015 20h12

    Le Bloc a été créé par Bouchard en réaction aux événements que l’on sait. Que cette formation ait perduré est non seulement surprenant mais aberrant. Surprenant parce que le Bloc n’a aucunement fait avancer la cause de l’indépendance du Québec et aberrant parce qu’il a même été le jouet des adversaires de l’indépendance. Eh oui ! Demandons-nous pourquoi le gouvernement fédéral tolère en son sein des députés dont le but est la destruction de la fédération canadienne. C’est insensé.
    La réponse est évidente : c’est parce que cela est dans son intérêt. Le Bloc ne peut en aucun cas diriger le parlement ni même exercer une influence importante au parlement. La présence du Bloc enlève tout simplement aux Québécois l’importance du rôle qu’ils devraient normalement exercer au sein de la confédération. Tolérer la présence du Bloc, c’est en quelque sorte amoindrir pour ne pas dire contrôler l’influence du Québec à Ottawa. C’est ainsi que sans s’en rendre compte semble-t-il, le Bloc a servi à nourrir les hésitations des Québécois en leur faisant croire qu’il défendait leurs intérêts. L’indépendance se fera au Québec par des Québécois... un jour, peut-être, quand nous cesserons d’avoir peur.

  • Claude Giroux, 2 décembre 2015 07h37

    Mon observation n’est peut-être pas relatif directement à l’article. Mais je crois que Duceppe a fait une erreur monumentale en démisionnant après les élections de 2011. Ce fut une véritable claque au visage, certes, mais 14 ans en poste peut rendre un parti complaisant...Son retour cette année a donc, sans doute, été perçu comme de l’opportunisme.
    L’élection massive du NPD a été, bien sûr, rien d’autre que le fait de la personnalité de Jack Layton. Concrètement, même s’il étit demeuré en vie, les électeurs québécois auraient rapidement compris que ce parti n’offrait ou ne défendait rien de concret pour le Québec. Si Duceppe était demeuré en poste comme chef, même défait, il aurait eu l’occasion de démontrer que : le NPD n’était pas la réponse pour le Québec ; que le Bloc avait toujours sa place ; et il est bien probable que le PLC, ce qui est incroyable, n’aurait pas obtenu les 40 sièges lors des dernières élections. Et que le Bloc, donc, aurait obtenu beaucoup plus de sièges que les 10 obtenus. Et Duceppe aurait sans doute été réélu.
    Ce qui demeure inconcevable, c’est que le NPD a été rejeté de par sa position sur le Burqua ; que le Bloc s’y opposait et que, en fin de compte, le PLC, qui partage la même position que le NPD, ait quand même obtenu la majorité des sièges dans la province.
    Ceci, je suppose, est un autre bel exemple de la "logique" des électeurs québécois.

  • Jean Brilland, 1er décembre 2015 09h33

    Monsieur Paquin,

    Le Bloc ne peut et ne doit siéger à Ottawa, à moins qu’il ait une stratégie claire, cohérente et intégrée (à celle des partis indépendantistes du Québec) pour :

    (I) accroitre de facon significative l’intérêt des québécois pour l’indépendance du Québec ; et,

    (II) unir de facon significative les forces vives oeuvrant pour l’indépendance du Québec (à partir des régions qui ont élu un député bloquiste(?)).

    Or, cette stratégie n’existe pas actuellement. Les députés sont distraits par la "patente fédérale". Ils s’opposent au lieu de s’affirmer. L’indépendance n’est pas à demander, elle est à faire.

    De même, dans le contexte où nous avons été témoins :

    (1) d’un nombre important de taupes au sein du PQ (ou indépendantistes mous) depuis 40 ans ;

    (2) de la déconnection des politiciens avec la réalité terrain (avec comme effets : conservatisme d’approche, mauvaises priorités, professionalisation de la profession de politicien, absence du citoyens dans le processus décocratique, etc. ;

    (3) de la vitesse et de la puissance de l’attaque des fédéralistes/néolibéraux (dette, austérité, immigration/anglicisation, privatisation, formattage des consciences (jeunes), etc) ;

    (4) du manque de cohésion/ synergie des forces vives de l’indépendance ;

    Je crois que nous en sommes à l’étape cruciale de devoir changer notre angle d’approche par rapport à la facon d’aller chercher l’indépendance du Québec (et des Québécois !).

    Pour ce faire, des hommes comme Péladeau (peut-être), doivent urgemment concentrer leurs énergies et leur intelligence à :

    A. La création d’un Centre de recherche sur l’indépendance (avec des fonds privés - on ne peut attendre la prochaine élection) ;

    B. La création d’un point d’appui (unité tactique) au service des forces vives de l’indépendance ;

    C. L’identification - l’appui - la promotion de projets porteurs favorisant des changements structurels pour l’indépendance (exemple : Monorail Trensquébec) ;

    D. L’identification de mesures originales pour multiplier "les allumeurs de réverbères" au Québec (http://www.lelacstjean.com/Politique/2006-10-13/article-1620390/COMMENTAIRE-Entre-la-famille-et-la-politique-Stephan-Tremblay-a-choisi/1 ) - si le Bloc veut avoir un effet positif, il doit innover et sortir des sentiers battus - Les québécois aiment les gagnant...c’est leurs forces et...., leurs faiblesses.

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