«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le « modus operandi » des spoliateurs (8)

Et si vous croyez avoir tout vu…

Legault = Charest, CAQ = PLQ. Dans les deux cas, c’est l’Oncle Paul qui tire les ficelles

Tribune libre de Vigile
samedi 26 novembre 2011
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Question : Quel rapport y a-t-il entre la crise mondiale, Sarkozy (lequel ?), Desmarais (Paul), Sirois (Charles), Legault (François) et le CAQ (le quoi ?) ?

Réponse : Bonne question. Écoutez bien, vous allez être surpris.

Je n’aurais jamais pensé qu’une crise mondiale comme celle que nous traversons puisse avoir des effets positifs, et encore moins qu’elle nous permette de faire des découvertes qui éclairent considérablement la situation politique chez nous.

Pourtant, c’est bien le cas. Laissez-moi vous raconter.

Il y a quelques jours, à la recherche de ma ration quotidienne d’informations sur l’évolution de la crise, je me rends sur un site alternatif américain, surtout fréquenté par les spécialistes des marchés financiers, et je tombe sur une manchette qui m’interpelle instantanément : « Sarkozy : La crise de liquidités qui vient de s’amorcer en Europe est attribuable à un problème insoluble de 30 000 milliards » [ma traduction].

Première surprise, le Sarkozy dont il est ici question, ce n’est pas Nicolas, c’est son demi-frère Olivier qui se trouve à être le grand patron de la division des services financiers mondiaux du Groupe Carlyle depuis 2008, ce que j’ignorais, mais que j’ai rapidement découvert en effectuant quelques recherches sur Google ». Ainsi, on apprend sur Wikipedia que « Pierre-Olivier Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Olivier Sarkozy, est un homme d’affaires franco-américain. Il est le demi-frère de Nicolas Sarkozy et est un dirigeant du groupe Carlyle ». Wikipedia offre un lien qui nous mène directement au Groupe Carlyle, « … une société d’investissement américaine fondée en 1987.

Basé à Washington D.C., il est présent dans de nombreux domaines d’activités, comme l’aéronautique, la défense, l’industrie automobile et des transports, l’énergie, les télécommunications et les médias. Ses investissements sont essentiellement situés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie du Sud-Est. Le groupe possède 89,3 milliards de dollars de capitaux propres et il emploie plus de 515 professionnels de l’investissement dans 21 pays.

Les différentes entreprises de son portefeuille emploient au total plus de 286 000 personnes dans le monde et Carlyle compte environ 1 100 investisseurs répartis dans 31 pays à travers le monde.

Le Groupe Carlyle est dirigé depuis janvier 2003 par Louis Gerstner, ancien patron d’IBM. Parmi ses dirigeants, de nombreuses personnalités se sont succédées, telles que George H. W. Bush ou encore Olivier Sarkozy ».

Notons au passage qu’il s’agit d’un groupe privé, donc qui n’est pas inscrit en bourse et n’est pas tenu de divulguer quelque information que ce soit sur la structure de son capital-actions.

Un peu plus loin dans le texte, on découvre une rubrique intitulée « Principaux investisseurs et conseillers » qui comporte une vingtaine de noms de personnalités issues des milieux d’affaires et de la politique, parmi lesquelles on a la surprise de découvrir les noms de Laurent Beaudoin (Bombardier) et Paul Desmarais (Power Corporation).

En effet, lorsqu’on examine la composition de cette liste, les autres noms qui y figurent sont ceux de personnalités politiques ou d’affaires américaines ou étrangères importantes. Que le Canada soit représenté par deux personnalités d’affaires est déjà surprenant compte tenu de l’importance relative de l’économie canadienne dans l’économie mondiale, et que ces deux personnalités émanent du Québec est un autre facteur de surprise.

Sans vouloir minimiser l’importance de MM. Beaudoin et Desmarais et de leurs entreprises, il reste qu’il y a d’autres grandes entreprises canadiennes dont on est surpris de ne pas trouver de représentants sur cette liste. Qu’on pense seulement aux groupes Thomson ou Weston.

Pour essayer d’y voir plus clair, j’ai consulté également la version anglaise de Wikipedia. Seule différence en ce qui concerne le Canada, c’est qu’on mentionne le nom de l’ancien premier ministre Frank McKenna du Nouveau-Brunswick (l’un des trois saboteurs de l’Accord du Lac Meech, et le premier à avoir renié sa signature) parmi la liste des conseillers politiques, ce qui peut d’autant mieux se comprendre lorsqu’on sait qu’il est membre du groupe Bilderberg (comme Paul Desmarais père s’il faut en croire Wikipedia et le site Argent de Quebecor dans un article assez railleur écrit un jour où PKP devait être « en maudit » contre Desmarais), et qu’il a été ambassadeur du Canada à Washington.

On constate donc que Carlyle est un lieu d’influence important au sein duquel
les Desmarais sont particulièrement bien introduits, et la présence d’Olivier Sarkozy au sein de ce groupe nous permet encore mieux de comprendre comment « l’empire » déploie ses tentacules.

Ainsi, en consultant l’annonce de la nomination d’Olivier Sarkozy au poste qu’il occupe présentement chez Carlyle, on découvre qu’il a réalisé un certain nombre de mandats importants, dont un pour la CIBC, une banque canadienne dont le président du conseil d’administration est nul autre que Charles Sirois.

***

On n’est évidemment pas surpris de voir tout ce beau monde baigner dans les mêmes eaux, mais le fait qu’on les y retrouve nous permet de comprendre qu’elles se rendent volontiers des petits services, du genre « Gratte-moi le dos, je te gratterai le tien », et que le genre de service qu’un Charles Sirois peut rendre à un Paul Desmarais pour le remercier d’avoir mis à sa disposition son carnet de bonnes adresses est d’aider François Legault à constituer rapidement avec sa CAQ une alternative à Jean Charest qui a désormais beaucoup trop de plomb dans l’aile pour se faire réélire.

L’hostilité de Paul Desmarais au mouvement indépendantiste est bien connue, mais jamais auparavant n’a-t-il mis tant d’efforts à s’assurer que le PQ ne prenne pas le pouvoir. La Presse fait tout ce qu’elle peut pour présenter Legault et la CAQ sous le jour le plus favorable. Encore hier, elle tirait une interprétation toute personnelle du dernier sondage CROP. À croire ce qu’elle écrit en grosses lettres, Legault consoliderait son avance…

Sauf que… Legault serait battu par Duceppe à la tête du PQ. Mais ça, c’est écrit en petites lettres. On ne s’attend évidemment à rien d’autre de La Presse. Mais ce genre de manipulation en dit long sur les intentions de ceux qui s’y livrent et trahit aussi l’importance que la question a pour eux.

Le refus de « l’empire » d’envisager une alternance indépendantiste et de chercher par tous les moyens d’en favoriser une autre ne peut s’expliquer que de deux façons. Ou bien il est convaincu que l’élection d’un nouveau gouvernement indépendantiste règlerait de façon définitive la question de l’indépendance du Québec à l’encontre de sa propre option, ou bien l’arrivée au pouvoir d’un tel gouvernement mettrait gravement en péril ses intérêts d’affaires.

Si sa motivation est essentiellement politique, la bonne nouvelle pour les indépendantistes, c’est que leur option se porte bien mieux qu’ils ne le pensent. Mais s’il est vrai que la conjoncture externe n’a jamais été plus favorable à l’indépendance, il y a encore loin de la coupe aux lèvres sur le plan interne.

Donc, sa motivation principale est essentiellement liée à la promotion et à la défense de ses intérêts d’affaires, et son engagement fédéraliste est subsidiaire, dans la mesure où il a toujours cru qu’il parviendrait plus facilement à ses fins dans un Canada fédéral que dans un Québec indépendant. Cette conclusion offre aux Québécois une grille de lecture particulièrement éclairante.

En effet, elle leur permet de voir tout d’abord que les intérêts d’affaires de « l’empire » sont non seulement différents des leurs, mais qu’ils y sont diamétralement opposés, et ensuite que « l’empire » est présentement engagé au Québec dans des activités qui revêtent pour lui un intérêt si vital qu’il est hors de question pour lui d’envisager la possibilité de l’élection d’un gouvernement à Québec qu’il ne serait pas en mesure d’influencer ou de contrôler.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner à quelques reprises à propos de « l’empire », et notamment au cours des dernières semaines
http://www.vigile.net/Le-Plan-Nord-et-l-Accord-de-libre ,
http://www.vigile.net/Power-Corporation-un-Etat-dans-l ,
http://www.vigile.net/Francois-Legault-le-prochain ,
http://www.vigile.net/L-empire-tente-une-manoeuvre-pour ,
http://www.vigile.net/Pleins-feux-sur-l-empire ;
http://www.vigile.net/Une-opacite-financiere-a-faire ,
http://www.vigile.net/Les-visees-du-federal-et-de-l

on ne peut pas reprocher à un loup d’être un loup, mais on peut certainement reprocher au berger de lui ouvrir toutes grandes les portes de la bergerie.

À cet égard, la responsabilité du gouvernement Charest est entière, et elle est d’autant plus grande que le loup s’avance masqué, en se cachant derrière une panoplie de sociétés écrans et d’intermédiaires plus ou moins anonymes qu’il manipule à loisir http://www.vigile.net/Anticosti-les-traces-de-Power-Corp , http://www.vigile.net/Anticosti-les-relents-nauseabonds , à la connaissance du gouvernement Charest.

Jean Charest est en fonction depuis le 29 avril 2003, soit depuis un peu plus de huit ans. Pendant toutes ces années « l’empire » s’est immiscé jusque dans les derniers recoins de l’État québécois pour faire en sorte que ses intérêts soient bien servis. Il a si bien réussi son coup et il y est si incrusté que son éviction lui causerait un tort irréparable.

En effet, un examen attentif des décisions prises sous le règne Charest non seulement au gouvernement mais au sein des organes qu’il contrôle, comme la Caisse de dépôts, Hydro-Québec et autres, permettrait de mettre en lumière toutes les transactions conclues à son avantage, donc nécessairement au détriment des intérêts du Québec et des Québécois.

Il n’a donc pas d’autre choix que de s’assurer du maintien de son contrôle et de son influence sur tout gouvernement appelé à succéder à celui de Jean Charest. Or le tort causé par Jean Charest à son propre parti est devenu irréparable, et même avec un nouveau chef, l’empire a compris qu’il ne parviendrait pas à reprendre le pouvoir.

D’où ce lapin que l’empire sort de son chapeau sous les traits de Charles Sirois, François Legault et la CAQ. Comme nous l’avons vu plus haut, Charles Sirois « en doit une » à l’empire. Et François Legault veut tellement devenir premier ministre qu’il a retourné sa veste péquiste en pensant que ses chances seraient meilleures s’il n’avait pas l’étiquette « indépendance » collée dans le front.

Sauf que… Advenant qu’il prenne le pouvoir, Legault découvrirait rapidement qu’il a les pieds et les mains liés. À la première velléité menaçante pour « l’empire », Sirois entrerait dans son bureau pour lui dire « Souviens-toi qui t’a fait roi », et François Legault découvrirait que s’il est premier ministre, il est d’abord le premier ministre de ceux à qui il doit ses fonctions avant d’être le premier ministre du Québec. C’est un scénario vieux comme le monde !

Pour les Québécois, la conclusion est très simple : Legault = Charest, CAQ = PLQ. Dans les deux cas, c’est l’Oncle Paul qui tire les ficelles.

Commentaires

  • incréduleco, 1er septembre 2012 23h54

    M. Le Hir, vous m’impressionnez fortement dans cet article ! J’ai été péquiste du début à la fin... Cependant, si je peux me permettre un commentaire, ces derniers m’ont fort déçus depuis quelques années... malheureusement. Je ne suis pas une universitaire, ni une "fin stratège politique" mais, je me qualifierais comme étant quelqu’un qui a vécu son époque de luttes syndicales, politiques ou autres. J’ai même été bénévole pour le PQ à plusieurs reprises ! Mais, il y a toujours un mais, un autre René Lévesque, j’en connais peu. Merci de m’avoir lue !

  • Éric Messier, 20 août 2012 00h49

    M. Le Hir, je me répète mais...
    MERCI MILLE FOIS AU NOM DE LA VÉRITÉ, nous diffusons vos précieuses informations le plus possible.
    Quel travail de journalisme vous faites là (sans être journaliste !)

    Allez donc donner un atelier à la FPJQ !

    Ce qui ne fait que mettre en lumière "l’étrangeté" du fait qu’aucun journaliste professionnel n’en parle.
    À moins que L’Aut’Journal en ait parlé ?

  • George Rahbani, 19 août 2012 20h18

    Beaucoup de la confusion avec les anglophones de Montréal de nos jours est qu’ils ne sont pas préparés à voir Pauline Marois et le Parti Québécois gagner les élections le 4 septembre, 2012.

  • mitch303, 17 août 2012 06h29

    tout ceci se rapproche de ce qu’explique François Asselineau en France dans ses conférences ....voir celle ci : http://www.dailymotion.com/video/xgbe81_qui-gouverne-reellement-la-france_news

  • Line Merrette, B.A.A., 15 août 2012 21h09

    Sirois était président de Téléglobe qui a fait une mégafaillite. (Transat en a fait une aussi je crois. Chapeau, le comptable agréé Legault. Et vous avez envie que vos droits fondamentaux soient à la merci d’un comptable ? Ben pas moi !) Quant à Télésystèmes, pas de quoi écrire à sa mère côté croissance et succès, si je me souviens bien.

    Mais le pire c’est la CIBC dont Sophie Cousineau a dit si je ne m’abuse que c’est la banque qui prend le plus de risques spéculatifs et fait les plus grosses pertes au Canada. La Caisse de dépôt est actionnaire !

    http://affaires.lapresse.ca/opinions/chroniques/200901/09/01-693615-mochetes-desesperees.php

  • Jean Lespérance, 14 février 2012 12h00

    Moi, je ne suis pas prêt à lancer la pierre à Paul Desmarais. Il faut bien comprendre que ça prend un empire pour nous protéger contre d’autres empires. Si on tombait sous l’emprise de Carlyle ou du frère de Sarkozi, croyez-vous qu’on serait mieux ? On deviendrait comme les colonies africaines,exploitées comme elles.
    Que ce soit un empire ou un autre, l’important est d’améliorer notre sort. On doit favoriser celui qui nous en donne le plus ou qui est prêt à nous en donner plus. Mais comment le savoir ? En l’interrogeant.
    En France, depuis presque toujours il existe la politique du partage des territoires dans les grandes entreprises.
    Cette politique ne se retrouve pas au niveau bancaire car même le territoire français est contrôlé par Goldman Sachs.
    Du côté politique, le peuple peut en retirer plus, mais du côté financier, impossible. Les banques contrôlent tout.
    Du côté financier,( les banques) on recherche le contrôle global, il n’y a pas de politique de partage de pays, de territoires, aucun.
    Il faut comprendre qu’il y a une hiérarchie, finance, pouvoir financier, entreprises, pouvoir économique et pays,pouvoir politique. Et il y a une subordination de l’un à l’autre.
    Le peuple est en bout de ligne. Or, portez attention à ce que je vous dis, on ne peut pas par le pouvoir politique contrôler le pouvoir économique et le pouvoir financier sans comprendre le système bancaire, le système monétaire. Ces deux systèmes ou ce même a la main mise sur tout.
    Les empires économiques ne sont rien en comparaison avec les empires financiers. Et pourtant ceux-là sont ignorés du peuple, des simples citoyens. Il faut voir plus haut de ce que l’on appelle les puissants de ce monde.
    Il faut reprendre le contrôle sur le système financier. On doit avoir comme premier objectif de contrôler les banques, ce premier pouvoir, celui qui est en haut de tous. Pour moi, M.Desmarais est un petit joueur dans l’échiquier mondial et lui faire porter le poids de tous nos problèmes est une erreur. Si on contrôle le pouvoir financier et qu’on protège nos grands du pouvoir économique, ils peuvent même devenir nos sauveurs.
    Il faut regarder les plus graves erreurs : La loi Pompidou de 1973, les Accords de Bâle, l’Accord de Lisbonne. Ici on a sûrement copié la loi Pompidou parce que tout à coup les taux hypothécaires sont devenus fluctuants.
    Notre plus grand exploiteur est le système bancaire. Il faut le comprendre à fond, donc pour les nuls, voir sur internet : L’argent-dette de Paul Grignon, Zeitgeist et l’explication de la fourberie bancaire internationale « L’État et les banques, les dessous du hold-up historique » qui explique très bien la crise grecque.Il faut se rappeler qu’un banquier ne produit rien, ne crée pas d’emplois ou si peu et qu’il gruge plus d’argent que les 3 paliers de gouvernement : fédéral, provincial et municipal.
    Je reconnais M. Le Hir que vous faites de l’excellent travail de recherche et je vous remercie.

  • LUCAS PARADIS (81PARADIS81), 30 novembre 2011 01h47

    y’était temps qu’on en parle ! merci Monsieur LE HIR

  • Huguette, 28 novembre 2011 18h17

    Ce qui m’inquète c’est même si on parle de Mr Desmarais sur différents blogues les journalistes ne font jamais enquête sur le monsieur.Soit ils savent tout ou il leur est interdit de fouiller dans ce coin là.Mais chose certaine il y a quelque chose là.Dommage les gens se mettent des oeillères et ne veulent pas croire.Un jour ils vont avoir une très grosse surprise mais peut être sera t’il trop tard pour tout le Québec.Ont fait rire de nous aujourd’hui avec ça mais un jour ils ne rirons plus.

  • Sylvie Baril, 27 novembre 2011 18h59

    Merci M. Le Hir de cet article. Bien franchement, je pensais que c’était tout du pareil au même, mais vous m’en donnez la confirmation. Finalement, Parizeau avait bien raison quand il disait qu’on avait perdu le référendum à cause de l’argent et du vote ethnique. Mais lui savait très bien de quoi il parlait. C’est certain que je ne voterai jamais pour le CAQ. Cependant, mon PQ ne cesse de s’écorcher vif. Je suis très perplexe face à une éventuelle élection, qui à mon avis va encore diviser le vote en faveur des maudits Libéraux.

  • Denis Julien de Lotbinière, 27 novembre 2011 15h38

    Je viens de réaliser que les couleurs du maCAQ de Legault sont les mêmes que celle du perroquet de la rubrique.Les perroquets ne répètent-ils pas que la voix de leur maître ? Au fait, vous connaissez le logo de la compagnie RCA Victor ?

  • M. Sylvain Tremblay, 27 novembre 2011 04h08

    Avez-vous remarqué que m. Le Hir n’a pas besoin d’écrire en anglais pour se faire lire au Canada ? et sûrement même aux États-Unis et en Grande-Bretagne, qu’on peut supposer, en plus qu’au Québec. Ni d’ailleurs d’avoir sa chronique médiatisée partout dans un journal ou magazine payant, avec rémunération. Il le fait bénévolement, sans même le titre de chroniqueur, dans une simple tribune libre d’une revue de presse en ligne, modeste, totalement gratuite. 999 lectures la première journée, soit 2 à 4 fois plus que le nombre habituel de lecteurs courants, simultanés, en ligne en journée. Et ce n’est pas un de ses records, j’en ai déjà remarqué de beaucoup plus spectaculaires.

    Thierry Meyssan non plus, qu’on peut lire en longue citation au commentaire d’André La Boissonnière, pour se faire lire comme un auteur à très grand succès aux États-Unis et dans tout le monde anglo-saxon, ainsi que dans le monde entier, en plus qu’en France, bien qu’il soit un peu plus organisé. Mais mon but n’est pas de comparer, seulement de montrer, à l’exemple de ces rédacteurs phénoménaux, que le fait d’écrire en français n’est absolument pas un handicap. ou un obstacle, pour se faire lire, tel qu’on essaie habituellement de le faire croire pour promouvoir et installer la langue anlaise au Québec, de même qu’au Canada, d’ailleurs, sauf que là, c’est déjà pas mal réussi - on voit ce que ça donne ! Que ce soit dans tout autre domaine, la science, les arts, et support, audio-visuel, c’est la même chose, le français n’a absolument pas à être mis de côté pour exprimer ce qu’on à dire et à faire. Ceux qui ne comprennent pas et qui veulent vraiment nous lire ou écouter vont sûrement se procurer les instruments nécessaires pour nous traduire, comme nous le faisons nous-mêmes avec toute autre langue. C’est comme ça que se répand le français, en l’utilisant. Si tous les francophones de l’Amérique du Nord s’exprimaient en francais dans la mesure du possible, nous ne serions pas actuellement en voie d’extinction. Le Gouvernement du Québec a une responsabilité primordiale là-dedans : cesser de promouvoir l’anglais et s’occuper du français, exclusivement, avec les langues autochtones qui nous appartiennent, dans la mesure du possible. La langue anglaise n’est pas une langue originale du Canada originel. C’est une langue imposée qui a de moins en moins sa raison d’être, à la condition que l’on s’occupe vraiment de parler la nôtre, plutôt que de faire perdurer indûment celle qui ne nous appartient pas.

    Maintenant, mon petit commentaire sur l’article. Je suis d’accord avec la conclusion que la Coalition n’est pas tellement différente de Parti libéral. Pour une fois que que ce dernier ne sera plus seul à convoiter le vote des anglophones et des allophones, je pense que c’est une bonne chose pour les partis souverainistes et indépendantistes.

    Au sujet de m. Charles Sirois, j’ai écouté une entrevue qu’il a fait à la radio cette semaine, où il a dévoilé ou admis qu’il avait introduit, ou participé à introduire, m. Charest comme chef du Parti libéral en 1998, mais qu’il ne l’avait plus jamais recontacté depuis, dans le sens qu’il n’avait pas de lien particulier avec lui ou avec le parti. Il a aussi dit que son association avec m. Legault en regard de la Coalition n’était que bénévole et que ça ne lui rapporterait pas un sou de plus à son bureau du fait que cette dernière entre au pouvoir. Autrement dit, qu’il n’a pas besoin de ça pour vivre, lui qui s’occupe d’une vingtaine de compagnies. Son implication politique actuelle serait tout à fait désintéressée, c’est ce qui ressort de ce que j’ai entendu dans cette entrevue, au grand scepticisme de l’hôte. Je me souviens aussi que m. Sirois, si je ne me trompe, aurait écrit un livre sur la privatisation d’Hydro-Québec.

    Nous sommes là dans les hautes sphères de la société que je ne suis pas vraiment en mesure de commenter, et c’est là, je pense, que des articles comme ceux de m. Le Hir nous aident à comprendre ce qui se passe. Nous n’y pouvons peut-être pas grand chose dans notre vie quotidienne, la petite vie, mais seulement le fait de savoir, en se donnant la peine de lire attentivement et de s’intéresser, déjà, ça coupe ces gens très forts et importants de la population, de sorte que leur crédibilité s’amoindrit considérablement lorsqu’ils veulent nous vendre quelque chose. Ils s’aperçoivent soudainement que nous en savons plus qu’ils ne le pensent et qu’ils ne peuvent plus nous imposer n’importe quoi. Et quand c’est le temps d’aller voter, c’est peut-être là où on a le plus de pouvoir, à la lumière de toutes ces informations pertinentes qu’on s’est donné la peine d’essayer de comprendre. Voter en toute connaissance de cause, c’est ça qui peut vraiment faire la différence, même si on perd. On ne nous achètera pas ! c’est ce qu’on peut se dire.

  • Patriote Laforest, 27 novembre 2011 01h17

    Bravo M.Le Hir,premièrement pour votre recherche ,car je n’étais pas au courant pour le demi-frère de Sarko,même si cela explique encore plus ses raisons d’aller en Libye.

    Deuxièmement ,de publier les vrais coulisses du pouvoir,car
    depuis trop longtemps les citoyens sont tenus dans l’ignorance.

    Il est temps de faire le constat de la société dans laquelle nous vivons ,aussi terrible soit-il.

  • Didier, 26 novembre 2011 23h06

    Monsieur Rancourt,

    Vous vous demandez ce que vient faire un banquier dans la galère de François Legault. Je pense que l’alliance d’un banquier et d’un homme d’affaires est quelque chose de tout à fait naturel.

    Deuxièmement, il semble que la nouvelle mode soit que les banquiers dirigent désormais les pays. Voici un article qui dit que c’est le cas en Italie et en Grèce présentement.

    http://www.polemia.com/article.php?id=4325

  • dinin, 26 novembre 2011 20h22

    la conclusion est fort simple, Paul Desmarais est partout, il est un des piliers de l’empire mondial, un parmis quelques autres, mais au Canada il est roi et maitre. c’est le véritable roi et quand on veut gagner au échecs c’est la piece qu’il faut mettre échec et matte, comment y parvenir ? squelettes dans le placard... activités frauduleuses... d’autres sont tombés avant lui. fermer la machine a propagande fédéraliste ferai faire des pas de géants a l’indépendence...

  • Cambronne, 26 novembre 2011 19h05

    Vous concluez votre article comme ceci : « Pour les Québécois, la conclusion est très simple : Legault = Charest, CAQ = PLQ. Dans les deux cas, c’est l’Oncle Paul qui tire les ficelles. »

    Alors, on pourrait renommer le parti de Legault-Sirois de GesCAQ.

  • Yves Rancourt, 26 novembre 2011 18h24

    Monsieur Le Hir,

    Ayant puisé pour l’essentiel aux mêmes sources que vous, je vous suis très bien dans les liens que vous avez réussi à établir. Mais, il y a quelque chose de troublant du côté de la CAQ et c’est la présence soutenue de Charles Sirois aux côtés de François Legault. Comme vous le dites si bien, Charles Sirois est le président actif du c.a. de la CIBC, mais il est bien plus qu’un quelconque banquier retraité qui aurait soudainement décidé de s’impliquer en politique pour occuper ses vieux jours ; il est membre du c.a. de cette banque depuis une quinzaine d’années et il est difficile de croire qu’il soit venu fonder un parti politique au Québec sans en avoir préalablement parlé à ses collègues du c.a. On peut donc logiquement se poser la question suivante, qu’aucun journaliste à notre connaissance ne lui a jamais posée : Charles Sirois serait-il en mission chez nous ? Si oui, quels seraient ses objectifs ?

    Monsieur Le Hir, il n’est peut-être pas interdit à un banquier de jouer un pareil rôle sur la scène politique mais, personnellement, ça me questionne beaucoup dans ma conception de la démocratie( "le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple", comme dirait l’autre). Je n’oublie pas non plus que ce parti va probablement contribuer à diviser encore plus le vote souverainiste et peut-être à repousser aux calendes grecques le projet d’indépendance nationale.

    Mes salutations respectueuses.

  • Didier, 26 novembre 2011 18h01

    "Jean Charest est en fonction depuis le 29 avril 2003, soit depuis un peu plus de huit ans. Pendant toutes ces années « l’empire » s’est immiscé jusque dans les derniers recoins de l’État québécois pour faire en sorte que ses intérêts soient bien servis. Il a si bien réussi son coup et il y est si incrusté que son éviction lui causerait un tort irréparable."

    Ce blitz du grand capital pour s’immiscer dans tous les recoins de l’État semble s’être effectué non seulement au Québec mais partout dans les principaux pays occidentaux suite aux événements du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Le grand capital semble se positionner afin de se protéger... probablement d’une vérité qui ne lui serait pas favorable.

  • Gérard Briand, 26 novembre 2011 17h50

    Pour appuyer vos recherches, Monsieur Le Hir, je vous suggère également de lire cet article fort intéressant paru déjà dans The Gazette sur les liens de la famille Desmarais et comment celle-ci entretient tous ceux ci à l’échelle internationale même durant les Fêtes de Noël au Domaine Laforest à Sagard, là où Monsieur Paul a sa "Cabane au Canada"...

    J’attire votre attention sur l’omniprésence de l’Honorable Lucien Bouchard : http://www.canada.com/montrealgazette/news/business/story.html?id=4cbb1faa-1fc2-4286-9564-c2e61f22722b

    qui encore tout récemment était présent de nouveau à Paris (à quel titre ?) lors de la remise de la Légion d’honneur à Madame Jacqueline Desmarais
    http://www.cyberpresse.ca/actualites/201111/08/01-4465640-jacqueline-desmarais-recoit-la-legion-dhonneur.php

    Il y a moins d’un an ce Paul Desmarais était reçu Chevalier Grand-Croix en présence du PM Charest :
    http://liesidotorg.wordpress.com/2011/04/30/des-confidences-de-n-sarkozy-qui-en-disent-long-sur-son-allegeance-aux-gros-financiers/
    http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/actualites/national/archives/2011/11/20111113-055401.html

    J’attire enfin votre attention sur ce dernier hyperlien quant à une lettre qu’adressait le député péquiste François Rebello à ce même Paul Desmarais quant à l’appui de TOTAL à l’une des seules 7 juntes militaires en Birmanie :
    http://www.francoisrebello.com/?p=597

    Bonnes lectures,

  • Denis Julien de Lotbinière, 26 novembre 2011 17h02

    Comment se finance le parti de Legault présentement ? On a le droit de savoir ! Il y a une loi électorale au Québec qui oblige les partis à la transparence. Quand se tiendra la campagne de financement officielle de la maCAQ ? Comment se fait-il que les cartes de membres soient gratuites ? Je pense qu’on le tient par les couilles monsieur LeHir.

    Le système de la couronne britano-canadienne qui fait du Québec sa colonie intérieure assume sa succession et Desmarais n’est pas loin.
    On voit Legault en première page du journal Le Soleil et de la Presse dès qu’il a une flatulence ou qu’il beurre ses rôties avec du miel ou du beurre d’arachides. Jean-Martin Aussant fait une conférence de presse pour annoncer la reconnaissance par le directeur des élections du Québec de son nouveau parti, il fait salle comble et à l’Université laval à Québec et à l’Université du Québec à Montréal et rien dans les médias. Là, on va devoir se questionner !

    J’étais présent au débat entre Aussant, Drainville et saillant à l’UQUAM jeudi dernier. La salle était pleine à craquer et on aurait pu casser la baraque toute la nuit tellement les jeunes étaient intéressés par le sujet soit l’accession du Québec à la souveraineté.
    Moi, je commence à en avoir marre des médias vendus qui nous répètent que la souveraineté n’intérresse plus personne.Attendez de voir l’assemblée publique qui va durer toute la nuit vendredi le 9 décembre. Ca commence à bouger au Québec et les médias de Gesca et de PKP ; on s’en...

  • Michel Dion (iiibooo sur Twiter), 26 novembre 2011 16h46

    Excellent M. Le Hir... Là on se rejoint. Un pantin est remplacé par un pantin, le changement de garde est déjà fait en haut lieu, on prépare l’arrivée de Monsieur Canada-II sur le tapis rouge !

    Il faudra resserrer les rangs, informer et politiser les gens. Une coalition des forces souverainistes devient urgente. Les fédéralistes attaquent sur 2 fronts : PLQ et CAQ. Espérant que le front CAQ n’est pas un piège pour le vrai débarquement PLQ...

  • Mona Simard, 26 novembre 2011 16h17

    J’ai pensé un temps que c’est par incompétence que Charest avait entrepris de céder au « privé » l’indépendance énergétique des Québécois. J’ai aussi imaginé que les convictions néo-libérales de notre grand bradeur national et l’inhérente vision à courte-vue qu’elles impliquent l’avaient amené à prendre des décisions impensables pour notre Nord et notamment Hydro. Toutefois, mes hypothèses ne me convaincaient pas moi-même. Votre exposé m’apparaît comme l’explication logique à la grande braderie qui nous ramènera bientôt à notre statut de colonisés d’avant les années ’60.
    Et Legault là-dedans ? Un autre roi-nègre en devenir.

  • 26 novembre 2011 15h52

    Deux petites remarques :

    1- Je n’ai aucune difficulté à croire ce que vous écrivez et j’irais même plus loin que cela en affirmant que la seule véritable enquête qui serait vraiment intéressante pour la population serait d’étudier à fond les liens qui existent entre les forces du marché et le gouvernement du Québec. Qui s’en met plein les poches chez nous grâce au bien commun ? On veut des noms, des faits,des chiffres. Seule une Chambre (haute) citoyenne dont les membres tirés au sort avec des mandats courts et non renouvelables pourraient faire ce travail et empêcher la corruption sur une base permanente.

    2 - Est-ce que vous croyez que Pauline Marois et son mari Claude Blanchet qui font partie de la classe des hyper riches pourraient nettoyer les écuries d’Augias ? J’en doute.

    Pierre Cloutier

  • André La Boissonnière, 26 novembre 2011 15h41

    (TIRÉ À PART DU RÉSEAU VOLTAIRE : http://www.voltairenet.org/Operation-Sarkozy-comment-la-CIA-a)

    La fabrication de Nicolas Sarkozy.. par la CIA

    Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d’un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l’Armée rouge, et d’Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique. Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.

    Sa mère est devenue la secrétaire d’Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l’Assemblée nationale.

    Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion » qu’Hollywwod devait porter à l’écran. S’appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d’un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d’alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l’Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

    En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l’administration centrale du département d’État des États-Unis. Elle l’épouse et s’installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c’est bien connu, son mari n’est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu’il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-sœur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d’État.

    À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d’autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n’est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

    En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.

    L’année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

    Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l’épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l’époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly. Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.

    Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s’empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu’il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.

    En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d’être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l’Intérieur. S’il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d’honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.

    À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l’unissent au porte-parole du gouvernement français.

    C’est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l’on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c’est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l’élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN des États d’Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.

    Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d’hier sont près de s’entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.

    La traversée du désert

    Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L’homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.

    En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n’en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l’homme le plus riche du pays).

    Dernier acte

    Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d’abord l’élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l’élimination du principal rival de droite et l’investiture du parti gaulliste à l’élection présidentielle, enfin l’élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d’emporter l’élection présidentielle.

    Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d’un promoteur immobilier. Avant de décéder d’une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d’un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.

    Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l’écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.

    Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l’Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et le renseignement intérieur qu’il utilise pour noyauter les grandes administrations.

    Il s’occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d’un député socialiste. Faisant fi de la présomption d’innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d’être l’assassin. C’est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l’Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l’île. Quoi qu’il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.
    Bien qu’Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n’a été trouvée contre lui. Étrangement, l’homme s’est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu’il sait.
    Nous révélons ici que le préfet Érignac n’a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, immédiatement exfiltré vers l’Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d’Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c’est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.

    Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées : Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l’élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.
    En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine [5], dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c’est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur.
    Villepin se défend de ce dont on l’accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique. La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.

    Reste à neutraliser les candidatures d’opposition. Les cotisations d’adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d’extrême gauche s’est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l’équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA [6]). Ce n’est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn [7].

    Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d’éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu’il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal.
    L’opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu’il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l’université, Condoleezza Rice [8].
    Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.

    Premiers jours à l’Élysée

    Le soir du second tour de l’élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet’s. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de « l’Union corse » est aujourd’hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d’invités s’y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.

    Puis le président élu s’offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s’y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.

    Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française. Le premier décret qu’il signe n’est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.

    Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l’ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).

    Nicolas Sarkozy s’appuie avant tout sur quatre hommes :
    Claude Guéant, secrétaire général du palais de l’Élysée. C’est l’ancien bras droit de Charles Pasqua.
    François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée. C’est un associé-gérant de la Banque Rothschild.
    Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique. Fils de l’ancien directeur de l’Agence juive. Ambassadeur de France à l’ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush.
    Alain Bauer, l’homme de l’ombre. Son nom n’apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe [9].

    Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l’indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l’indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

    Kouchner a débuté sa carrière en participant à la création d’une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d’Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d’Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l’ONU au Kosovo.

    Sous le contrôle de Wali, le frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis [10]. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA.
    Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

    Pour complèter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault [11].

    Nouvelle escapade durant l’été. Nicolas, Cécilia, leur maîtresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états-uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d’affaires italo-new-yorkais, sioniste et néo-conservateur pur sucre qui s’exprime dans Commentary, la revue de l’American Jewish Committee.

    La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier. Sous le nom américanisé « d’Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) [12] directeur d’un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden) [13]. Sans qualité personnelle particulière, il est devenu le 5e noueur de deals dans le monde et gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.

    La cote de popularité du président est en chute libre dans les sondages. L’un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l’attention du public avec de nouvelles « people stories ». L’annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l’artiste et ex-mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c’est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l’épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.

    Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont affaire ?

    Thierry Meyssan

  • PierreII, 26 novembre 2011 15h17

    Monsieur Le Hir quel travail de recherche.Ceci devrait être le lot de tous les journalistes s’affublant de ce titre.
    La lumière ne provient pas toujours d’où l’on pense.
    Merci M. Le Hir et merci à Vigile pour votre indépendance.

  • Mario Goyette, 26 novembre 2011 14h34

    Bonjour M. Le Hir

    Le faiseur de rois... nègres
    Qu’est-ce qu’il y a de mieux qu’un Québécois pour mâter le Québec ?
    Paul Desmarais a fait ses preuves comme recruteur de premiers ministres, autant sur la scène fédérale que provinciale, depuis qu’il fait dans la politique, soit depuis que ses revenus rentrent facilement avec ses placements dans les assurances et les banques. Son principal passe-temps est devenu celui d’intriguer et d’acheter des appuis politiques à ses favoris
    Source : Les affaires et la politique
    http://www.vigile.net/Les-affaires-et-la-politique

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