«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

EXCLUSIF : demain, le Parti démocratique du Québec

Bon ! La blague a assez duré. J’ai apprécié votre sens de l’humour et la façon dont vous avez pris ce poisson d’avril facile à débusquer.

lundi 31 mars 2008

Je vous le raconte comme cela m’a été dit, le plus simplement et le plus naturellement du monde. Je tiens cela de deux sources, de chacun des deux partis concernés - le Parti québécois et l’Action démocratique -, des sources que je connais depuis assez longtemps et intimement pour vous garantir leur crédibilité.

L’homme d’affaires et ancien président de la Société générale de financement, Claude Blanchet, poursuit actuellement des pourparlers très discrets avec le chef de l’ADQ, Mario Dumont. Tant le bureau de Pauline Marois, présidente du PQ et conjointe de M. Blanchet, que celui de Mario Dumont, ont refusé de me confirmer l’existence de tels pourparlers secrets. Ils n’ont pas démenti non plus ! Se contenant de me répondre, après un silence suspect au bout de la ligne, que cela les surprendrait beaucoup. Que pourraient-ils dire d’autre ?

On me dit qu’une brochette de gens d’affaires proches des milieux nationalistes comme Claude Béland, Alban D’Amours, Henri-Paul Rousseau, de même que… Bernard Landry (tiens ! tiens…) sont tenus au courant de l’évolution des discussions. Comme toujours dans de telles discussions, les deux hommes - Blanchet et Dumont, mais comment croire que Madame Pauline Marois n’est pas tenue informée ? - sont d’accord sur un même constat.

Le débat sur les accommodements raisonnables et les projets de loi sur la citoyenneté québécoise posent aux deux partis un terrible défi. Comment l’ADQ peut-elle promettre aux Québécois que l’autonomie que le parti préconise pourra se réaliser dans un Canada de plus en plus centralisé ? Quant au Parti québécois, peut-il dire aux Québécois s’il a une solution crédible et efficace à la situation de dépendance politique croissante du Québec.

[L’idée n’est pas tellement nouvelle puisqu’elle se profilait déjà en filigrane du Manifeste L’Option, signé par René Lévesque, mais rédigé en 1967 par un groupe de militants sous la direction de Gilbert Paquette.]

On n’en est pas là bien sûr mais l’objectif de Blanchet et de Dumont est d’en arriver à une entente avant la prochaine élection quitte à mener une première campagne avec un duo Pauline Marois-Mario Dumont, un peu comme Québec solidaire a une direction bicéphale - Françoise David-Amir Khadir. On n’a pas encore abordé la question du nom du nouveau parti mais ce pourrait être quelque chose comme le Parti démocratique du Québec, le PDQ.

Il faut reconnaître qu’une alliance entre autonomistes et souverainistes offrirait une combinaison gagnante à laquelle les fédéralistes seraient bien en peine de résister…

***

Et si ce n’était pas un poisson d’avril ?

Bon ! La blague a assez duré. J’ai apprécié votre sens de l’humour et la façon dont vous avez pris ce poisson d’avril facile à débusquer.

Au fait, la référence à l’ancien ministre Gilbert Paquette est un clin d’oeil au petit livre fort intéressant - « La nécessaire alliance » - qu’il vient de publier aux éditions Les Intouchables. Sur la page de couverture, la photo de Pauline Marois et de Mario Dumont ne laisse aucun doute sur l’alliance dont il s’agit.

Mais cela faillit ne jamais être un poisson d’avril. C’était après les élections provinciales de novembre 1998. Mario Dumont déprimait. Lucien Bouchard déprimait. Tout le monde déprimait au Québec. Puis, lorsque Bernard Landry devient premier ministre, en mars 2001, on se dit que les cartes allaient être redistribuées. Au cours de l’été, j’ai parlé de cette « nécessaire alliance », de ce rapprochement entre le PQ et l’ADQ avec les deux hommes.

Mario Dumont ne va nulle part et il est exclu qu’il retourne au Parti libéral : les libéraux fédéraux ne laisseraient jamais faire ça. On a toujours poussé les autonomistes à la porte du Parti libéral. Et avec le PQ ? Après tout, Mario Dumont a fréquenté Jacques Parizeau et Lucien Bouchard pendant la campagne référendaire de 1995. J’en ai donc parlé avec Bernard Landry.

Celui-ci m’a regardé d’un air de dire : de quoi te mêles-tu ? Et il avait tout à fait raison. J’ai tout de même insisté et Landry de me répondre, d’un air agacé : je n’ai pas encore eu le temps d’y penser.

L’impression qu’il me reste de cette époque est que Mario Dumont aurait pu être intéressé à des discussions avec les péquistes. Mais Bernard Landry semblait avoir peur de lui. Ou s’en méfier. Toujours est-il que nous sommes toujours, en 2008, pris avec deux partis autonomistes qui se neutralisent l’un l’autre.

Mais ce n’était peut-être pas une très bonne idée après tout. Ni un bon poisson d’avril d’ailleurs…


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"La nécessaire alliance" - Gilbert Paquette

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