«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Était-ce bien nécessaire ?

Duchesne ferme la porte

Québec n’a pas l’intention de légiférer sur le droit de grève des étudiants

vendredi 16 août 2013

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, ferme la porte : pas question de légiférer pour octroyer le droit de grève aux étudiants des cégeps et des universités.

« Nos priorités sont ailleurs ; on a suffisamment de travail comme ça », a statué Pierre Duchesne, vendredi, à l’occasion d’une entrevue. Le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, devra se montrer persuasif pour convaincre le ministre de changer d’idée. M. Beauchesne prépare une résolution unanime de la part des 48 directions de cégeps qui demandera au gouvernement d’adopter une loi conférant le droit de grève aux associations étudiantes.

À clarifier

La première ministre Pauline Marois et son ministre s’étaient pourtant montrés disposés à discuter du droit de grève des étudiants, en février, à quelques jours de la tenue du Sommet sur l’enseignement supérieur. « Il va falloir parler de démocratie étudiante », avait déclaré Mme Marois à l’Assemblée nationale.

Au même moment, cégeps et universités imploraient le gouvernement d’intervenir. « On dit au gouvernement : il y a un vide juridique, il faut clarifier la situation », avait confié la rectrice de l’Université de Sherbrooke, Luce Samoisette.

La Sommet de février a eu lieu et la démocratie étudiante ne fait pas partie des cinq chantiers qui ont été lancés.

« Il n’y a pas eu de discussion élaborée sur la démocratie étudiante ni consensus, retient Pierre Duchesne. On a mis en place cinq chantiers, c’est ça notre priorité. Le Sommet a permis de mettre fin à la crise étudiante », dit-il.

Pas favorables

La Fédération des cégeps aura également du mal à convaincre les partis d’opposition à l’Assemblée nationale. « On n’est pas favorables à octroyer le droit de grève. L’équilibre des droits démocratiques qu’ont les étudiants, le droit d’association, la formule Rand qui leur permet d’avoir des revenus ; on ne pense pas qu’il y ait déficit démocratique », estime le député Stéphane Lebouyonnec, de la Coalition avenir Québec.

À son avis, donner le droit de grève aux étudiants reviendrait à ignorer les droits des étudiants qui veulent assister à leurs cours. « Ils ont payé pour un service. On ne veut pas les empêcher d’exercer leurs recours. »

Le vide juridique invoqué par les cégeps pour plaider en faveur d’une loi n’émeut pas le député de La Prairie, qui fut lui-même président de l’Association des étudiants de l’École polytechnique en 1984.

« On comprend le point de vue de la Fédération des cégeps. Ils ont peut-être été traumatisés par les événements. C’était exceptionnel. L’équilibre qu’il y a à l’heure actuelle permet une meilleure flexibilité », estime M. Lebouyonnec.

Les libéraux se sont eux aussi farouchement opposés à toute nouvelle législation sur le droit de grève aux étudiants. Il n’a pas été possible de parler au député libéral chargé de cette question.


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