«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le Philippe Pétain de notre temps

Dogmatisme, Intolérance, Incompétence, Corruption, Usurpation et Trahison

Lettre à mon premier sous-ministre

Tribune libre de Vigile
vendredi 21 octobre 2016
562 visites 7 messages

- 

« À s’mer du vent de cette force-là
Tu t’prépares une joyeuse tempête.
Pt’être ben qu’tu t’en aperçois pas...
 »

Gilles Vigneault, Lettre de Ti-cul Lachance à son premier sous-ministre [1971]

- 

M. Philippe Couillard
Premier ministre du Québec

Incarnation du nationalisme québécois en vertu de votre fonction même, vous ne jurez que par le Canadian Nationalism. Champion et gardien de la Langue française en sol nord-américain, par votre fonction également, par cent et une manières vous considérez celle-ci, à toutes fins utiles, comme un simple idiome parmi d’autres. Cinglant et dogmatique dans vos opinions, d’ailleurs souvent impulsives et peu réfléchies (rigidité psychique), sinon solipsismiques à l’occasion, et rarement fondées rationnellement (intégrisme idéologique), et par là même extrêmement discutables (épithète clé de toute démocratie qui ne soit pas strictement nominale), vous stigmatisez jusqu’à l’ostracisme quiconque ne partage pas cet aveuglement qui vous habite en quasi-permanence. Bref, votre simplisme intellectuel – d’un funeste inouï – est tout simplement confondant.

Héraut des « vraies affaires » (services auprès de la population la plus démunie réduits à peau de chagrin en concomitance, cherchez l’erreur, avec une dette monstrueuse et incontrôlée), et toujours incapable à ce jour de saisir que le Non-Je éradique per se tous les Tu possibles (le Non-Je tue le Tu), vous êtes parvenu, monsieur, sur presque tous les plans de la vie collective, à réexpédier la nation québécoise cinquante – voire cinquante-sept ans – derrière le Nous laborieusement, opiniâtrement construit. Jusqu’alors.

Homme intolérant qui au surplus ne dédaigne point cultiver la détestation, vous dénoncez à tous vents l’intolérance. Vous vous présentez malgré tout, et non sans insistance, sinon ostentation, vous et vos troupes, comme des parangons de vertu, alors que le parti politique que vous dirigez « fièrement », né au XIXe siècle, est devenu à tous égards une institution vile et extraordinairement corrompue. Ce qui de mémoire d’homme – bien qu’en la matière j’accorderais sans renâcler un satisfecit à votre prédécesseur Jean Charest – est sans équivalent dans l’Histoire du Québec. Sous ce rapport, incidemment, est-il nécessaire de le rappeler, même les Taschereau et les Duplessis – voire le Bourassa première mouture (le second s’étant ‘contenté’ de jouer les naufrageurs) – peuvent aller se rhabiller.

En conséquence, monsieur le Premier ministre, cessons de noyer le béluga québécois dans les eaux frelatées de la rectitude politique en déclarant sur-le-champ, là-contre, et sans détour, que vous êtes un véritable fauteur de violence. Car un homme qui troque le scalpel aseptisé des interventions chirurgicales pour le bistouri de la dilacération furieuse du tissu social – comme si l’internat accordait le génie politique – est assurément un homme dangereux. Indubitablement dangereux. À savoir : qui saigne infiniment plus aisément son patient qu’il ne le soigne.

Votre gouvernance, franchement pathologique, confine à la schizoïdie. À la formation réactionnelle dans la meilleure, mais vraiment, dans la meilleure des éventualités. Et dans tous les cas de figure cliniques susceptibles d’expliquer votre « inco-errance » constitutive, et volontiers asociale (et je ne parlerai même pas, stricto sensu, de votre incompétence, qui est proprement prodigieuse), il s’agit en récurrence, objectivement parlant, il importe sérieusement d’en prendre acte, de comportements de trahison ouverte à l’égard de la Nation que vous aviez, n’est-ce pas, le mandat et de hausser, et de fortifier et de faire progresser vers un avenir en embellie. Et ce, dans la plus grande Liberté qu’il est naturellement autorisé d’espérer chez tout peuple digne de ce nom.

Philippe Couillard, il n’est plus possible de dissimuler votre personnalité politique. Qui est celle, permettez l’oxymore, d’un authentique usurpateur comme le Québec n’en avait jamais connu à ce jour. Soyons clairs : vous êtes le Philippe Pétain de notre temps.

Aussi, à titre de fils de la nation soumis contre sa volonté citoyenne la plus intime à cette déconstruction active, délibérée, méticuleuse et finement ciselée du pays de mes ancêtres (refondé au demeurant avec vision, panache et intelligence, labeur et courage aussi, chemin faisant, par les pères et les mères de la Révolution Tranquille), et bien que simple individu, par ailleurs, parmi plus de huit millions de compatriotes (une forme de Ti-cul Lachance version 2016, en quelque sorte), j’estime, en mon âme et conscience, et ce par-devers toute partisanerie ou petite politique politicienne de même eau, monsieur le Premier ministre, que vous êtes rien moins qu’un véritable criminel.

Si tant est qu’il soit rigoureusement exact (et je le crois) aux dires de l’illustre Breton Chateaubriand, qui, sa longue et honorable vie durant, du règne de la monarchie de droit divin aux soulèvements de 1848, en passant par la Révolution, la Terreur, l’Empire, la Restauration et les Glorieuses de Juillet, en aura vu et entendu plus que nécessaire que « l’ambition dont on n’a pas les talents est un crime ».

Sur ce, monsieur, c’est à la manière du grand Boris que je vous informe que « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’arme.

Et qu’ils pourront tirer ».

Jean-Luc Gouin
LePeregrin@yahoo.ca / Stadaconé, 16 Oct. 2016
Quantième du 46e anniversaire de l’invasion du Québec par la Canadian Army

Commentaires

  • Jean-Luc Gouin, 9 novembre 2016 17h51

    Re-Bonjour camarades et camaradesses,

    Re : D’un Donald Trump à l’autre

    Merci pour vos mots bienveillants.

    Je désire toutefois informer vigiliennes et vigiliens que j’ai revu cette lettre ouverte sous une forme légèrement plus nuancée.

    Quoique - rassurez-vous - certes pas moins vigoureuse.

    On pourra, si désiré, consulter cette version définitive, toujours chez notre très précieux Vigile, à la page numérique suivante.

    Merci.

    JLG,
    Ce rude lendemain de veille du 9 Novembre 2016

  • Jules Roche, 23 octobre 2016 16h30

    Juste à vous lire nous donne envie d’être de ce monde français.
    Revenez-nous avec d’autres textes aussi savoureux.

  • Mireille Deschênes, 22 octobre 2016 16h43

    Bonjour M. Gouin,

    Ça été une vraie jouissance de vous lire !
    En espérantque le plus de gens possible lise votre lettre à ce narcissique de PM. Merci.

  • Robert Lemieux, 22 octobre 2016 15h23

    Simplement merci pour ce texte qui dépeint très bien le représentant de la canadian affairs sous jacent à la grosse machine d’intérêt financier qu’est la Power corporation libéral.

  • RenéP., 22 octobre 2016 12h01

    Monsieur Jean-Luc Gouin,

    quelle belle plume vous avez ! Magnifique ! Avec un si grand talent, vous ne pouvez que récidiver pour le plus grand plaisir de vos lecteurs et la libération de votre pays, notre pays le Québec.

    Merci ! RenéP.

  • Adrien Forgues, 22 octobre 2016 11h56

    Le patriote en Vous sait utiliser la puissance des mots pour appuyer notre démarche vers la liberté. Que c’est réconfortant de vous lire ! Merci ...

  • Benoit Croteau, 21 octobre 2016 23h58

    Rien de mieux que la richesse de la langue française, surtout avec l’usage judicieux que vous en faîtes, pour décrire avec force un esprit politiquement troublé au service de pulsions meurtrières. Vous avez le courage d’un patriote M. Gouin. Merci.

Écrire un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document
Ajouter un document

Éviter les réponses à un autre commentaire, les commentaires s'appliquent au texte seulement.

Pas d'attaques personnelles ni de propos injurieux ou discriminatoires.

Vigile se réserve le droit de refuser tout commentaire sans avoir à justifier sa décision éditoriale.

Veuillez lire attentivement les consignes détaillées avant de soumettre votre premier commentaire.

Consignes détaillées

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2017: 60 000$
1 215$  2%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 18/02 Monique Chapdelaine: 100$
  • 18/02 Mario Fortin: 5$
  • 18/02 Germain Gauvin: 100$
  • 14/02 André Bouchard: 50$
  • 13/02 JRM Sauvé : 175$
  • 13/02 Robert Lecompte: 5$
  • 13/02 Laurent Chabot: 10$
  • 13/02 Gilles Thouin: 5$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!

Publicités