«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Règne de la broche-à-foin

Des services secrets dignes d’une comédie, selon l’opposition

OTTAWA | L’indiscipline au sein du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) révélée par notre Bureau d’enquête fait croire aux partis d’opposition qu’Ottawa n’en fait pas assez pour protéger les informations sensibles.

« C’est excessivement inquiétant. Ces agents sont censés assurer la sécurité des Canadiens. C’est grave », tranche Pierre Paul-Hus, porte-parole conservateur en matière de défense nationale.

Données sensibles

Le Bureau d’enquête révélait hier qu’un employé sur huit du Service canadien du renseignement de sécurité s’est vu reprocher son imprudence l’an dernier. Ces manquements incluent la divulgation sans autorisation des informations sensibles, la prise du matériel du SCRS ou la difficulté à rester discret quant à son emploi au sein de l’organisation.

L’opposition officielle fait le parallèle entre ces révélations et la vente du fournisseur d’équipement militaire Norsat à des intérêts chinois en juin.

« Nous doutons [du] raisonnement du gouvernement libéral dans tout ce qui touche à la sécurité nationale », résume M. Paul-Hus. De plus, un projet de loi libéral prévoit accorder aux services secrets le droit de recueillir et de conserver de l’information sur de simples citoyens, prévient le NPD.

« [Le projet de loi concernant des questions de sécurité nationale] C-59 donne le feu vert au SCRS pour garder plus d’informations délicates sur les Canadiens. C’est déjà inquiétant pour la protection de la vie privée, le minimum serait qu’on fasse plus d’efforts pour protéger ces données », préconise Matthew Dubé, porte-parole du NPD en matière de sécurité publique.

« C’est une vraie risée. Le SCRS se compare davantage à la Panthère rose et à Austin Power qu’à James Bond. Ça fait broche à foin », critique pour sa part Michel Boudrias, porte-parole du Bloc québécois en matière de sécurité publique, qui se demande si le SCRS a suffisamment formé ses agents.

Prises au sérieux

Le cabinet du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, a précisé que le gouvernement est « engagé à assurer le secret des informations protégées ». Toutes les brèches dans les procédures sont « prises au sérieux », assure-t-on du même souffle.


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