«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une enquête publique s’impose !

Des enregistrements font mal paraître la Caisse de dépôt

« Il faut que tu arrêtes ce discours de panique à tout le monde et aux clients »

mardi 5 novembre 2013

Des enregistrements jamais rendus publics de conversations téléphoniques entre des gestionnaires de fonds impliqués dans la débandade des papiers commerciaux, qui a entraîné la disparition de quelque 40 milliards $ du bas de laine des Québécois, il y a cinq ans, laissent entendre que la Caisse de dépôt et placement du Québec a contribué à sa propre perte durant cette crise.

Notre Bureau d’enquête a réussi à mettre la main sur ces enregistrements inédits et tenus secrets jusqu’ici, qui jettent un éclairage nouveau sur une crise sur laquelle le gouvernement libéral de l’époque a trop rapidement enquêté, malgré l’immense impact pour les épargnants québécois.

Encore aujourd’hui, l’Autorité des marchés financiers du Québec (AMF) refuse même de confirmer l’existence de ces enregistrements.

Il en ressort pourtant que la Caisse de dépôt a participé à son propre malheur dans cette crise des papiers commerciaux (PCAA) :

• Les gestionnaires de la Caisse ne voulaient pas croire, jusqu’à la dernière semaine, leurs confrères du milieu financier qui les avertissaient de la crise imminente.

• Le gestionnaire de la Caisse qui négociait avec d’autres banques ne connaissait pas très bien les titres qu’il négociait, malgré l’importance des sommes concernées.

• En vendant sans stratégie une trop grande partie de son portefeuille de papiers commerciaux non bancaires, la Caisse a créé de l’inquiétude sur les marchés et moussé la crise.

• La Caisse a utilisé des centaines de millions de dollars pour soutenir le marché des papiers commerciaux non bancaires alors que les autres investisseurs l’abandonnaient.

• Jusqu’au dernier moment, des banques ont tenté de refiler leurs papiers commerciaux à haut risque à des clients, en sachant que cet investissement perdait vite de sa valeur.

« Je ne peux pas sortir, d’une manière ou d’une autre. Moi, je suis mort la gueule ouverte », lance un vice-président de la Caisse, témoignant du niveau de panique qui prévalait à ce moment-là.

Ces conversations enregistrées contredisent une partie des témoignages des hauts dirigeants de la Caisse de dépôt devant la commission spéciale des finances publiques, convoquée par le gouvernement libéral après le gâchis (à lire en page 4).

Conversations enregistrées

Les gestionnaires de fonds importants comme la Caisse et la Financière Banque Nationale ou la CIBC Wood Gundy (deux autres institutions impliquées dans la crise) ont des lignes téléphoniques dont les conversations sont enregistrées quand elles sont utilisées par leurs dirigeants et négociateurs sur les parquets de négociations.

Ces enregistrements sont faits et conservés pour des raisons de conformité aux règlements des marchés financiers.

Selon toute vraisemblance, les courtiers finissent par oublier qu’ils sont enregistrés.

Rendus publics en Ontario

Au Québec, malgré deux demandes formelles d’accès à l’information, l’Autorité des marchés finan­ciers a refusé de rendre publics son rapport d’enquête sur les PCAA et les conversations enregistrées.

Nous avons réussi à obte­nir certaines de ces conversations après de longues démarches auprès des autorités des valeurs mobilières de l’Ontario.

C’est en Ontario qu’a eu lieu l’unique procès des acteurs impliqués dans cette crise, soit celui de la firme Coventree, qui avait vendu à la Caisse de dépôt la majeure partie de ses papiers commerciaux toxiques.


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