«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Denis Lessard pris en flagrant délit de « job de bras » pour le compte du PLQ

Denis Lessard, porte-parole des Libéraux ?

dimanche 17 novembre 2013

Madame Houda-Pépin aurait de la difficulté à travailler en équipe, nous apprend-on. Elle “coupe” la parole du Chef, en plein caucus… Elle peut être arrogante lorsqu’il s’agit de la cause qui lui tient à coeur : l’intégrisme religieux. Et puis après ? Même si c’était vrai ? Vous en connaissez beaucoup, des hommes et des femmes de principe, qui ne sont pas perçus comme “arrogants” de temps à autre ?

Denis Lessard va jusqu’à faire allusion à la relation qu’elle avait avec son mari, insinuant qu’elle exigeait de lui qu’elle la traite en ministre avec une simili-limousine… Vraiment, Denis Lessard, how low can you go ?

« Elle est devenue veuve il y a quelques années et ils [ses collègues] se souviennent de l’attention sans partage que lui portait son mari, un agronome à la retraite. Il la véhiculait partout à travers le Québec, dans une grosse Chevrolet Caprice noire, une simili-limousine pour la ministre qu’elle n’est jamais devenue.”

Une partie de la réponse de Tamy Emma Pépin :

“… dans ce torchon de Lessard, c’est que nous n’avons *jamais* eu de Chevrolet Caprice noire. Jamais. Ni ma mère, ni mon père, ni personne. Alors la prochaine fois que Monsieur Lessard fait une commande de dénigrement et décide de publier des attaques personnelles bidons dans son journal, il pourrait au moins avoir la décence, que dis-je, le professionnalisme, de vérifier les faits qu’avancent ses « sources ». Dégoûtant.

Dégoûtant, oui, de salir ce qui a sûrement été une merveilleuse histoire d’amour entre un couple entièrement dévoué à sa famille et au service public. (Je ne développerai même pas sur le caractère profondément sexiste de la remarque. Je vous laisse ça.)

De toute évidence, Denis Lessard a porté le crayon des libéraux hier, qui étaient en campagne pour s’en prendre à Fatima, démontrer qu’elle n’était pas une fille d’équipe et préparer les esprits à son exclusion du caucus. Objectif atteint ? Non. Totalement raté.

Au lieu de cela, Denis Lessard révèle toute la mesquinerie et la petitesse dont peuvent faire preuve les “machines politiques” (dans ce cas-ci, la “machine” du PLQ) qui se font les alliés d’une plume journalistique en quête de la Une de son journal.

Pour ma part, s’il y a quelqu’un à blâmer, visons davantage le Chef Philippe Couillard qui n’a pas su former une équipe de gens qui ont intérêt et le plaisir de travailler ensemble.

Dommage. Vraiment dommage… Parce que ce dont le Québec a besoin ces temps-ci, ce ne sont pas des élus qui encouragent le fiel, les injures et la bassesse purement partisane. On a Facebook, Twitter et les réseaux sociaux pour ça, là où une indignation passe pour un argument et où l’enflure verbale ne sert même plus la cause, quelle qu’elle soit.

Ce dont les Québécois ont besoin, c’est de se ressaisir, cesser de jeter de l’huile sur le feu, tenter de retrouver la raison, dissiper la confusion et retrouver leurs sens.

Le PLQ a passé à côté d’une superbe opportunité. N’oublions surtout pas que si nous nous retrouvons dans cette situation, c’est avant tout parce que le PLQ a refusé d’agir quand il en avait l’opportunité.

Ce qu’il a réussi à faire voir, cependant, c’est son côté mesquin exprimé clairement par certains de ses leaders, incarnation d’une “machine politique” en manque d’arguments, de sensibilité, de hauteur et de sens de l’État. (Idem pourrait être dit du PQ, en passant). Bien naïvement, je me serais attendue à plus que ça.

Le Parti libéral du Québec se perçoit comme le grand défenseur des libertés individuelles. Admettons. Alors qu’est-ce qui fait qu’il hésite tant à contrer le relativisme culturel, à mon sens, le plus pernicieux des outils dont disposent les adversaires de la liberté ? Le Chef du Parti libéral se serait-il accoutumé, lors de séjours outre-mer, à des pratiques intrinsèquement étrangères aux moeurs libérales occidentales ?

Et puis, le combat contre l’intégrisme religieux et contre la menace aux valeurs d’égalité entre les hommes et les femmes est JUSTEMENT un combat pour la défense des libertés individuelles. La liberté des jeunes filles et des jeunes femmes d’être égales devant la loi. La liberté des jeunes filles de rêver, d’explorer, d’accéder à leur plein potentiel, de créer, de redonner. La liberté de devenir une Fatima Houda-Pépin ou des Julie Payette.

Le relativisme culturel n’est pas l’ennemi du bien commun, ni de la “nation”, ni de l’intérêt public, ni d’une “collectivité” à laquelle fantasment les nationalistes. (Lire mon blogue Le droit de juger, mai 2013). Il est d’ailleurs fascinant de voir à quel point les plus doués d’entre eux réussissent à instrumentaliser le débat actuel pour poursuivre leurs fantasmes souverainistes, et encore plus fascinant de voir la rapidité avec laquelle bon nombre de personnes tombent dans le piège.

En réalité, le relativisme culturel est l’ennemi de l’individu ! Celui par qui les idées s’expriment, celui par qui les familles s’épanouissent, celui par qui la connaissance, l’entrepreneuriat et l’amélioration de la qualité de vie d’autrui est possible.

Voilà ce à quoi je m’attendrais d’un Parti libéral qui mériterait de porter son nom. J’attends toujours.


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